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07/06/2007 Pour faire le point sur la question, ARGENT a sondé cinq spécialistes qui se prononcent sur la proposition faite par Claude Garcia.

 

Contre la privatisation d'Hydro

 

Gabriel Ste-Marie, économiste à la chaire d’études socio-économiques de l’UQAM et spécialiste des questions énergétiques.

 

Hydro-Québec est une vache à lait pour le Québec. Ce qu’elle verse, via ses dividendes et taxes, équivaut à la somme des impôts payés par les 300 000 entreprises privées au Québec. Hydro permet de développer l’économie de nos régions grâce aux 20 000 employés qui soutiennent l’activité locale. De plus, les bas tarifs d’Hydro donnent au Québec un avantage comparatif qui a incité de nombreuses entreprises énergivores à venir s’installer comme les alumineries.

 

«Si les tarifs sont relevés, Alcan, par exemple, pourrait fermer et se délocaliser, entraînant une crise économique majeure pour la région du Saguenay-Lac-St-Jean», explique l’économiste.

 

Oui, les Québécois payent leur électricité moins chère qu’en Ontario ou dans certains états américains. Par contre, les tarifs pratiqués chez nous, sont les mêmes qu’en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington ou encore au Manitoba. Eux aussi produisent leur énergie grâce à l’hydro-électricité.

 

Pour le spécialiste, dans une situation de monopole, ce sont les coûts de production qui doivent déterminer le prix de l’électricité et non les tarifs du marché. Or, aujourd’hui, Hydro-Québec facture déjà l’électricité 2,5 fois son coût de revient. Dans ce contexte, hausser les prix est une nouvelle forme de taxation doublée d’une politique fiscale régressive qui affecterait d’avantage les plus démunis.

Pour la privatisation d'Hydro

 

Jean-Luc Landry, président de Landry Morin, société de gestion de portefeuilles et président de Northstone Power Corporation, une société qui produit de l’électricité en Alberta.

 

La proposition de Claude Garcia permet d’amener un débat. Aujourd’hui les tarifs sont trop bas et le gaspillage est important. Cette situation est symptomatique de la tendance du gouvernement à sous-tarifer ses services comme l’électricité, l’assurance automobile, les garderies ou encore les études supérieures. Pour réduire la dette, on ne pourra pas faire l’économie d’un grand débat sur la question.

 

La privatisation entraînera une meilleure efficacité. Pour cela il faut établir un vrai marché libre comme en Alberta ou aux États-Unis et non un monopole privé contrôlé par la Régie de l’énergie. En Alberta, le marché est libre. Dans certaines villes, le consommateur paie plus cher son essence qu’au Québec. Par contre, le gouvernement redistribue une partie de cet argent. Il est préférable de tarifer les services à leur prix et user du système fiscal pour amener une justice sociale si l’on veut.

 

«Mieux vaut envoyer des chèques que de réglementer tout le monde dans différentes sphères d’activités comme au Québec», lance M. Landry.

 

M. Landry partage l’évaluation de Claude Garcia qui estime à 130G$ la capitalisation d’Hydro-Québec en cas de privatisation. Cependant, si la nouvelle société est encore un monopole soumis à la Régie de l’énergie, sa valeur en sera affectée. Qui va acheter les actions d’une société alors qu’il n’existe aucune garantie sur le rendement de son capital ? Le mieux est donc de tout déréglementer.

 

Les hésitants

 

François Dupuis, économiste en chef au Mouvement Desjardins

 

La privatisation d’Hydro est le dernier recours à envisager. Hydro est un actif du Québec, l’électricité doit rester dans le domaine public. Avant d’en arriver à une telle extrémité, il serait préférable d’augmenter les tarifs de façon graduelle. Non seulement les tarifs sont trop bas mais la politique dégressive actuelle favorise le gaspillage : plus on consomme moins on paye. En relevant les tarifs, le gouvernement aurait ainsi à sa disposition de l’argent supplémentaire pour réduire la dette et financer les services publics.

 

À quel niveau faut-il relever les prix ? Aujourd’hui, au Québec, dans le secteur résidentiel, la moyenne du kWh est de 6,5 cents contre 10 à 11 cents en Ontario et 12 cents pour l’ensemble de l’Amérique du Nord. Pour rejoindre le niveau de Toronto, Claude Garcia propose de relever de 4 cents, le prix du kWh. Un chiffre excessif aux yeux de François Dupuis. Selon ses calculs, une hausse de 2% en plus de la hausse annuelle décrétée par la régie de l’énergie pourrait générer à terme des revenus supplémentaires de 20 à 25G$ qui irait au Fonds des générations.

Jean-Thomas Bernard, professeur à l’Université Laval

 

Au lieu de privatiser Hydro pour rembourser la dette, la voie royale est de pratiquer une hausse des tarifs pour faire grimper les dividendes et renflouer les caisses du gouvernement. Pour se rapprocher du voisin Ontarien, il suggère une hausse de 30% même si politiquement le sujet n’est pas vendeur. Est ce qu’un monopole privé fonctionnerait mieux qu’un monopole public s’interroge le spécialiste. L’avantage c’est que le gouvernement aurait de la difficulté à demander des mandats spécifiques à une société privée comme il le fait avec Hydro-Québec.

 

«J’attaque rudement l’argument qui veut que le Québec perdrait son avantage comparatif en cas de hausse des tarifs d’Hydro», indique M. Bernard. Pour lui, cela revient à accorder des subventions indirectes.

 

«L’électricité que l’on vend à 4,1 cents le kWh à une aluminerie, on pourrait l’exporter à 8 cents», souligne-t-il. Par ailleurs, l’avantage comparatif du Québec n’est plus ce qu’il était. «Ainsi, pour les nouveaux sites hydro-électriques, à l’étude, comme La Romaine, on parle de 10 cents du kWh alors qu’une nouvelle usine au charbon aux Etats-Unis revient à 6,5 cents le kWh», explique Jean-Thomas Bernard.

 

Carlos Leitao, économiste en chef chez Valeurs Mobilières Banque Laurentienne

 

La privatisation d’Hydro est politiquement risquée. Le gouvernement perdrait des plumes dans la bataille. Une position intermédiaire serait d’envisager une privatisation partielle avec une partie du capital allouée au public. Reste à voir l’appétit des investisseurs dans un tel scénario.

 

«Une participation majoritaire du gouvernement, qui garderait les commandes de la société, risque d’inciter les investisseurs institutionnels à aller voir ailleurs», soutient Carlos Leitao. Par ailleurs, il existe déjà un moyen de réduire la dette via le Fonds des générations. Le plus utile et le plus facile, sur le plan politique, serait donc d’augmenter les exportations d’électricité d’Hydro pour gonfler le Fonds des générations. Dès 2010, Québec entend déjà utiliser les bénéfices majorés d’Hydro liés à l’augmentation de ses exportations pour allouer chaque année en moyenne, jusqu’en 2025, 400M$ au Fonds des générations.

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  • 2 months later...
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Le Fonds des générations ralenti Hydro

20 août 2007 | Presse Canadienne

 

 

Les contributions d'Hydro-Québec au Fonds des générations, qui vise à réduire la dette du gouvernement, commencent à peser sur la rentabilité de la société d'Etat.

 

 

 

Pendant les six premiers mois de 2007, Hydro a versé 143 M$ en redevances à Québec à ce titre. D'ici la fin de l'année, elle aura versé environ 260 M$. En 2008, les redevances prendront pleinement effet et leur montant passera à pas moins de 535 M$ par année.

 

 

Au premier semestre 2007, ces versements ont constitué "un élément très significatif" dans la hausse de 10,4 pour cent des dépenses d'Hydro-Québec, a convenu son vice-président aux finances, Daniel Garant, lors d'une conférence de presse téléphonique, lundi.

 

Cette nouvelle charge a contribué à faire reculer les profits nets de la société d'Etat, qui se sont chiffrés à 2 G$ au premier semestre, en baisse de 19,6 pour cent par rapport aux 2,6 G$ enregistrés pendant les six premiers mois de 2006. Au deuxième trimestre, le bénéfice net a été de 635 M$, contre 1,4 G$ en 2006.

 

Il faut dire que la plus importante part du déclin des profits d'Hydro s'explique par la cession, en 2006, de sa participation dans Transelec, au Chili, qui avait procuré à l'entreprise un gain net de 813 M$. Au deuxième trimestre 2006, la société avait aussi inscrit un gain de change non récurrent de 234 M$. De plus, elle a augmenté cette année ses achats d'électricité (169 M$) et déboursé davantage en frais financiers, en raison principalement de la hausse des taux d'intérêt (125 M$).

 

Hausse des exportations

 

La comparaison défavorable avec 2006 camoufle donc une solide performance au chapitre des revenus, qui ont bondi de 13,2 % au premier semestre pour s'élever à 6,6 G$.

 

Les ventes d'électricité au Québec ont atteint 5,4 G$ au premier semestre, en hausse de 602 M$, tandis que celles à l'extérieur de la province ont presque doublé en un an, passant de 560 à 967 M$.

 

Au Québec, les températures plus froides l'hiver dernier, les hausses tarifaires et le prix élevé de l'aluminium, qui a bonifié la valeur des contrats conclus avec les alumineries, ont dopé les revenus d'Hydro. Aux Etats-Unis et en Ontario, les exportations se sont intensifiées, permettant au passage de liquider des surplus d'Hydro-Québec Distribution. Les prix de vente ont augmenté et la hausse du dollar canadien aurait peu nui aux résultats.

 

Hydro-Québec a par ailleurs assuré lundi qu'elle n'avait pas été particulièrement touchée par l'actuelle crise du crédit et la hausse des coûts d'emprunt qui en a découlé. Jusqu'ici, la société d'Etat a emprunté 1,1 G$, soit l'objectif qu'elle s'était fixé au début de l'année. Un emprunt de 526 millions $ a été contracté au premier trimestre et un autre l'a été en juillet, à l'aube de la crise.

 

Hausse des tarifs?

 

M. Garant a assuré qu'Hydro ne comptait pas se servir des redevances destinées au Fonds des générations pour justifier ses prochaines demandes d'augmentations tarifaires.

 

"Il n'y a pas de mécanisme pour refléter ça de quelque façon que ce soit dans les tarifs, a soutenu le vice-président. (...) C'est à travers la croissance des activités d'Hydro-Québec Production qu'on va devoir absorber ces redevances hydrauliques."

 

Si l'entreprise n'y parvient pas, c'est le bénéfice qui s'en ressentira et, par le fait même, le dividende versé à Québec.

 

Au début du mois, Hydro a demandé à la Régie de l'énergie la permission de hausser ses tarifs de 2,9 pour cent en avril 2008. Une augmentation semblable est entrée en vigueur en avril dernier.

 

Instauré en 2006 par le gouvernement de Jean Charest, le Fonds des générations vise à ramener le poids de la dette publique québécoise à 25% du produit intérieur brut d'ici 2026.

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Savons nous combien d'Argent qu'il y a présentmetn dans le fonds des générations? Sommes nous rendus genre à 2 ou 3 milliards de $???

 

Si nous sommes capables de mettre 1 milliard par année dans le fonds, en 2026, nou devrions être capable de réduire la dette de 20-25 milliards, ce qui serait assez bien!

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WOW, C'est excellent! Donc si nous pouvons maintenir notre dette au niveau actuel(120 millards) ou même, ne pas trop l'augmenter au cours de 20 prochaines années(disons qu'on peut se permettre d'augementer la dette de 10 milliards au cours de 20 prochaines années), on pourrais se retrouver dans une très bonne situation d'ici 2025.

 

Juste pour le fun, disons que la population du Québec se situera aux alentours de 8 700 000 habitants en 2025, et si nous pouvons se retrouver avec une dette d'environs 100 milliards ou moins, ce sera une très bonne chose!

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  • 2 weeks later...
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Privatiser Hydro-Québec, IDEM relance l’idée

 

 

 

Les Québécois pourraient s’enrichir s’ils payaient leur électricité plus cher à une Hydro-Québec privatisé! Claude Garcia et Marcel Boyer relancent le débat.

 

 

 

Claude Garcia est l’ancien président de Standard Life; Marcel Boyer est le vice-président et économiste en chef de l’Institut économique de Montréal. Tous deux ont relancé ce mercredi le débat sur la privatisation d’Hydro-Québec lors d’une conférence débat de l’Institut économique de Montréal.

 

Ce n’est pas la seule privatisation, mais surtout l’augmentation des tarifs qui l’accompagnerait qui rendraient les Québécois plus riches. Le raisonnement des deux économistes est le suivant :

À payer l’électricité à bas prix, on en gaspille alors qu’on pourrait en vendre davantage à nos voisins américains. Si les Québécois payaient leur électricité au tarif du marché, ils l’utiliseraient de manière plus judicieuse. Moins de chauffage à l’électricité, plus de gaz naturel, moins d’utilisation aux heures de pointe.

 

Conséquence : Hydro-Québec disposerait d’un surplus d’électricité qu’elle pourrait vendre aux États-Unis à trois, voire quatre fois le prix actuel. les New-Yorkais paient bien le KWh à 19,2 cents alors que les Québécois n’en paient que 6,6 cents! Au final, Hydro-Québec amènerait plus d’argent dans les caisses de l’État québécois qui en profiterait pour rembourser la dette publique et alléger le fardeau fiscal des québécois.

 

Si ce n’est qu’une question d’augmentation de tarifs, pourquoi privatiser et ne pas permettre à la direction actuelle d’Hydro-Québec de le faire? «Hydro-Québec doit changer de propriétaire pour changer de mandat», clame Marcel Boyer. Sa mission actuelle est de produire de l’électricité au meilleur coût. « Non sens! Demandez lui plutôt de maximiser la richesse québécoise», dit-il.

 

Pour Claude Garcia, la privatisation relève d’un souci d’émancipation de l’administration publique. «On ne peut pas faire passer une augmentation de 5 cents à 10 cents quand on est un gouvernement minoritaire», réplique Claude Garcia. De plus, il pense que la maximisation des richesses n’est pas dans l’ADN des gestionnaires publics. Claude Garcia est d’ailleurs en faveur d’une privatisation totale d’Hydro-Québec. De quoi ramener un 123 G$ dans les caisses de l’État et effacer les 122 G$ de dette publique actuelle.

 

Marcel Boyer propose, pour sa part, d’y aller plus lentement : 25% dans un premier temps, histoire de secouer le cocotier au conseil d’administration. Claude Garcia n’y voit pas l’intérêt. « Si le conseil d’administration est composé à 75% d’officiers publics et que le président émane du public, rien ne va changer», soutient-il.

 

Si la privatisation d’Hydro-Québec leur semble une évidence, Marcel Boyer et Claude Garcia s’accordent pour dire que vendre l’idée au public ne sera pas une mince affaire. Pessimistes sur la capacité de la sphère politique, tous partis confondus, à mener à bien cette réforme, les deux économistes ont choisi une autre stratégie. «On ne cherche pas l’appui des politiciens mais l’appui de la population!» dit Marcel Boyer.

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