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Publié le 03 octobre 2009 à 15h06 | Mis à jour le 03 octobre 2009 à 15h07

La nation inconsciente

 

André Pratte

La Presse

 

L'hypothèse d'une hausse des tarifs de certains services publics, lancée par le gouvernement Charest, suscite un vif débat. La population, elle, est furieuse.

 

Un sondage Léger Marketing réalisé pour le Journal de Montréal est particulièrement révélateur. Une très forte majorité de Québécois s'oppose à toute hausse des principaux tarifs gouvernementaux. Les répondants tiennent néanmoins à ce que l'État assume la croissance rapide des coûts du système de santé et se disent très inquiets de voir le gouvernement du Québec en situation déficitaire.

 

Ces réponses sont typiques du pays des merveilles dans lequel vivent les Québécois depuis des années. Dans ce monde fantastique, il est possible d'obtenir du gouvernement les services sociaux les plus coûteux d'Amérique du Nord tout en refusant obstinément de payer les coûts de ces services. À l'Assemblée nationale cette semaine, les protestations de Pauline Marois sur les éventuelles hausses de tarifs ont été suivies par les appels indignés du député péquiste Bernard Drainville pour que Québec améliore la qualité des installations du CHUM... Avec quel argent, M. Drainville, si votre chef refuse toute augmentation d'impôts, de taxes et de tarifs?

 

Si les Québécois peuvent vivre dans un monde aussi paradoxal, c'est qu'ils s'accrochent à quelques mythes. Par exemple, le mythe selon lequel si on augmentait quelques tarifs ciblés ici et là, cela suffirait à payer les dépenses supplémentaires exigées par la santé, l'éducation, l'assurance médicament, les garderies, etc. Or, les sommes nécessaires atteignent au moins 2 ou 3 milliards de dollars par an.

 

Une augmentation de 1¢ par kWh de l'électricité dite «patrimoniale» produirait 1,4 milliard de revenus supplémentaires. Pour arriver au même montant, il faudrait multiplier par 50 le prix des permis de chasse (2750$ par saison plutôt que 55$ pour chasser l'orignal...). Ou encore porter à 28$ (au lieu de 7$) le tarif quotidien des garderies. Une augmentation de 1¢ le kWh de l'électricité patrimoniale hausserait de 194$ la facture annuelle du consommateur moyen, tandis que la hausse à 28$ du tarif des CPE augmenterait de 105$ PAR SEMAINE la facture des parents concernés.

 

Un autre mythe veut qu'il suffise de «faire le ménage» au gouvernement. Le gouvernement du Québec n'est sans doute pas la machine la plus efficace qui soit. Cependant, il ne faut pas non plus se faire d'illusions. Petit dégraissage par ci, petit nettoyage par là, on arrive vite au point où les compressions touchent le coeur des services dont les citoyens ne veulent absolument pas se priver.

 

Il y a aussi le mythe du butin. Le butin, c'est l'argent que «nous doit» le gouvernement fédéral, les milliards qui «dorment à Ottawa» (dixit Mme Marois). Comme les gouvernements des autres provinces, celui du Québec a toutes sortes de désaccords de nature fiscale avec Ottawa. Certaines de ses revendications sont clairement fondées - par exemple, la compensation de 2,6 milliards pour l'harmonisation des taxes de vente - d'autres sont beaucoup plus douteuses, notamment celles relatives à la péréquation. Surtout, dans beaucoup de cas, il s'agit de montants ponctuels. Même si le fédéral se rendait aux demandes de Québec, le manque à gagner structurel ne serait pas réglé.

 

Par ailleurs, contrairement à ce que soutiennent les souverainistes, ce n'est pas «notre argent» qu'Ottawa refuse de nous verser, mais celui des autres contribuables canadiens. Car, malgré ce que croient encore une majorité de Québécois, le gouvernement du Canada dépense plus au Québec que ce que nous lui envoyons en impôts et taxes, 4,7 milliards de plus par an pour être exact.

 

Enfin, on ne peut plus parler d'un déséquilibre fiscal lorsque le gouvernement fédéral est en déficit de 50 milliards...

 

Les Québécois sont fiers de former une nation. Or, une nation forte doit faire preuve de responsabilité et de lucidité au lieu de blâmer les autres et rêver à des solutions magiques. C'est cette maturité qui fait défaut aux Québécois quand il s'agit du financement des services publics.

 

On peut certes débattre des meilleurs moyens d'augmenter les revenus de l'État. Toutefois, une chose est sûre, si l'on veut bénéficier à la fois d'un régime de santé public, d'un système d'éducation de qualité, de garderies subventionnées, d'une assurance médicaments et de congés parentaux généreux comme nulle part ailleurs sur le continent, il va falloir accepter de payer davantage.

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Est-ce qu'on pourrait réunir tous ces trucs d'augmentation des frais ou de taxe dans une conversation et dans le forum politique? Je rappelle qu'on avait suspendu Étienne pour la publication fréquente d'article sur le même sujet peu en lien il n'y a de celà pas très longtemps!

 

Étienne a été suspendu pour sa propagande anti Tremblay et pour sa propagande contre le boulevard Notre-Dame.

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:( J'avoue que je suis rarement d'accord avec André Pratte de La Presse que je trouve un peu trop à droite à mon goût, mais là je me sens bien obligé de le seconder dans cette chronique qui parle d'inévitables hausses de tarif.

 

Le refus des québécois de payer un prix plus juste, notamment pour l'électricité, tout en contribuant à baisser la dette nationale tient littéralement de la pensée magique. En effet comment peut-on d'un côté dépenser sans compter pour des services sociaux parmi les plus généreux de la planète et refuser simultanément d'en payer les coûts.

 

Il y a ici une contradiction encouragée par Pauline Marois, qui outrageusement et par pure opportunisme, refuse toute normalisation de la situation du crédit du gouvernement. Si on a à choisir entre des augmentations générales d'impôts ou une augmentation de tarifs, je préfère nettement les tarifs puisque je conserve un certain contrôle de mes dépenses, en diminuant ma consommation.

 

Quant à la solution rêvée par les québécois, soit le statut quo , c'est la descente aux enfers assurée puisqu'en augmentant la dette on augmente automatiquement le service de la dette, qui elle bon an mal an, nous coûte déjà près d'un milliard de dollars par année. Une somme colossale qui gruge notre budget annuel sans qu'aucun investissement ou service supplémentaire ne soit pourtant ajouté.

 

Soyons pragmatique, on ne peut que compter sur nos forces pour sortir de ce pétrin et ce n'est pas le fédéral qui nous fera de cadeau. Il n'y a que 40 % des québécois qui paient des impôts mais tout le monde paie son électricité. En augmentant les tarifs ont rejoint donc davantage de monde tout en répartissant le fardeau sur toute la population.

 

Encore là on peut aider les plus démunis à supporter les hausses mais on ne peut plus se payer le luxe de remettre le projet à plus tard. En augmentant raisonnablement les tarifs on contribuera à régler plusieurs problèmes à la fois. Premièrement on évite une hausse d'impôt qui est moins équitable. Deuxièmement on favorise l'économie d'énergie et troisièmement c'est toute la société qui s'enrichit avec des revenus qui serviront notamment à remboursé une dette colossale totalement contre-productive.

 

Le phénomène n'est pas différent d'un budget familiale qui se doit d'être au minimum équilibré, sinon il y a appauvrissement à long terme et même possibilité de faillite si rien n'est fait. Soyons responsables. Avec l'inversement de la pyramide d'âges, il y aura dans quelques années de moins en moins de contribuables pour payer les dettes et de plus en plus de retraités qui coûteront nécessairement plus cher à un État qui s'appauvrira, lui, plus rapidement.

 

L'argent supplémentaire qui ira au dossier électricité favorisera l'économie québécoise car il restera au pays, tandis que les intérêts de la dette sont grandement financé de l'extérieur et contribue à enrichir les étrangers.

 

L'inconfort des augmentations présentes, me semble alors nettement préférable, aux douleurs futures d'une société qui risque alors d'être dépassée par ses paiements. Nous sommes chanceux car nous avons des avenues réelles pour remédier au problème et la solution peut encore être réglée à l'interne, c'est-à-dire sans augmenter la dette.

 

Ce n'est pas très sexy de parler de hausse de tarifs ou d'impôts, mais en payant un prix plus juste pour notre énergie on évitera de passer le fardeau aux autres générations et c'est le Québec d'aujourd'hui qui en profitera. Déjà l'électricité remplace en grande partie l'importation de produits fossiles, pétroles, huiles, gaz, donc moins d'argent qui quitte le Québec en comparaison de plusieurs autres pays.

 

En favorisant la filière électricité et en la développant avec nos tarifs plus responsables, on a une formule gagnante. L'avenir est dans les véhicules électriques, c'est le pétrole de demain et dans les faits ce sera comme si on avait subitement transformé nos immenses réservoirs hydroélectriques en pétrole non polluant et cela à même nos propres richesses naturelles.

 

Peu de pays ont cette chance inouïe d'être assis sur une énergie renouvelable et en quantité industrielle qui fait l'envie de tout le monde. L'électricité est la richesse de demain mais c'est aujourd'hui qu'il faut le réaliser et bien la planifier.

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Est-ce qu'on pourrait réunir tous ces trucs d'augmentation des frais ou de taxe dans une conversation et dans le forum politique? Je rappelle qu'on avait suspendu Étienne pour la publication fréquente d'article sur le même sujet peu en lien il n'y a de celà pas très longtemps!

 

J'aurais définitivement dû "poster"cet article avec les autres.

 

Par contre, loin de moi de vouloir faire de la propagande politique sur le dos de PLQ car au bout du compte, y a-t'il vraiment une différence entre les politiques du PQ et celles des Libéraux en cette matière ? Posez la question c'est y répondre.

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Étienne a été suspendu pour sa propagande anti Tremblay et pour sa propagande contre le boulevard Notre-Dame.

Sa propagande anti-Tremblay ? J'ai dû en manquer un boutte parceque je ne vois pas vraiment ce qu'il peut y avoir de répréhensible à vouloir pousser Tremblay hors de l'hôtel-de-ville ??!!

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Il y a une manière de présenter des faits sans tomber dans le sensationnalisme, ce que j'appelle aussi de la propagande.

 

Ceci dit, je ne me suis jamais prononcé à savoir si j'étais en faveur ou non de sortir Tremblay de l'Hôtel de ville. Tu as mal interprété mon message.

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Pour rectifier Étienne n'est présentement pas suspendu, il ne participe pas pour l'instant vu qu'il est dans la course aux élections dans l'arrondissement Outremont.

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Ces réponses sont typiques du pays des merveilles dans lequel vivent les Québécois depuis des années. Dans ce monde fantastique, il est possible d'obtenir du gouvernement les services sociaux les plus coûteux d'Amérique du Nord tout en refusant obstinément de payer les coûts de ces services. À l'Assemblée nationale cette semaine, les protestations de Pauline Marois sur les éventuelles hausses de tarifs ont été suivies par les appels indignés du député péquiste Bernard Drainville pour que Québec améliore la qualité des installations du CHUM... Avec quel argent, M. Drainville, si votre chef refuse toute augmentation d'impôts, de taxes et de tarifs?

 

Le Québec est malade et voici la preuve!

 

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J'avoue que je suis rarement d'accord avec André Pratte de La Presse que je trouve un peu trop à droite à mon goût, mais là je me sens bien obligé de le seconder dans cette chronique qui parle d'inévitables hausses de tarif.

 

Le refus des québécois de payer un prix plus juste, notamment pour l'électricité, tout en contribuant à baisser la dette nationale tient littéralement de la pensée magique. En effet comment peut-on d'un côté dépenser sans compter pour des services sociaux parmi les plus généreux de la planète et refuser simultanément d'en payer les coûts.

 

Tu m'as volé les mots de la bouche. C'est en plein ce que jallais dire. Moi aussi je trouve Pratte un peu trop à droite normalement, mais dans ce cas si il a entièrement raison!

 

Par ailleurs, contrairement à ce que soutiennent les souverainistes, ce n'est pas «notre argent» qu'Ottawa refuse de nous verser, mais celui des autres contribuables canadiens. Car, malgré ce que croient encore une majorité de Québécois, le gouvernement du Canada dépense plus au Québec que ce que nous lui envoyons en impôts et taxes, 4,7 milliards de plus par an pour être exact.

 

Malek, il me semble que ce que Pratte dit contredit ce que tu m'expliques depuis plus d'un an. Je savais que la question n'était pas aussi claire que ça!

 

Donc c'est bien vrai, le Québec recoit plus du Fédéral qu'il en envoit...et on continue de chialer que nous méritons plus d'argent??? Je commence à croire que les Canadiens anglais ont peut être raison d'être en crisse après les Québecois chialeux qui prennent tout leur argent!!

 

Soyons pragmatique, on ne peut que compter sur nos forces pour sortir de ce pétrin et ce n'est pas le fédéral qui nous fera de cadeau. Il n'y a que 40 % des québécois qui paient des impôts mais tout le monde paie son électricité. En augmentant les tarifs ont rejoint donc davantage de monde tout en répartissant le fardeau sur toute la population.

 

Es ce juste moi qui trouve que ce n'est pas normal que seuelement 40% de la société paie des impôts!?!?! Il me semble que ce n'est pas viable à long terme!!??

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Malek, il me semble que ce que Pratte dit contredit ce que tu m'expliques depuis plus d'un an. Je savais que la question n'était pas aussi claire que ça!

 

Habsfan, les derniers chiffres que j'ai vu sur le sujet parlait d'environ 2 milliards qui rentre au Québec plus qui en sort. Si Pratte a des chiffres plus récents, ou est sa source? J'aimerais moi aussi voir ces chiffres.

 

Tout ce que je prétendais est que les fédéralistes soutiennent que le Québec obtiens de la péréquation et que sans ces milliards le québec ne peut pas continuer. La part que le Québec reçoit est beaucoup moindre que la péréquation (2 milliards, ou les chiffres à jour de Pratte?).

 

Et que dans un contexte ou les québécois envoient 45 milliards (2004) ou plus a ottawa, le 2 milliards (2004) est assez insignifiant dans le contexte d'un nouveau pays (restructuration, élimination des dédoublements, etc.) Bref le 2 milliards, ou les 4 milliards de Pratte sont gérable.

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