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Le Québec touché mais pas coulé


ErickMontreal

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Le Québec touché mais pas coulé

 

6 décembre 2008 - 10h47

La Presse

Rudy Le Cours

 

L'an prochain, le Québec tirera son épingle du jeu de massacre de l'économie mondialisée, mais cela n'ira pas sans meurtrissures.

 

Alors que l'économie américaine plonge à la vitesse Grand V dans ce qu'il est déjà convenu d'appeler la Grande Récession, celle du village gaulois aura sans doute stagné lorsque sera prise la photo-finish en décembre prochain.

 

Cela suppose d'ici là, néanmoins, une légère décroissance, qui pourrait s'étaler durant deux trimestres d'affilée, avant une reprise tout aussi légère qui remettrait les compteurs près de zéro en fin d'exercice.

 

Bref, pour la 33e édition des Boules de cristal de La Presse, le quartet d'économistes consultés juge probable l'entrée du Québec en récession technique. Cela ressemblera à celles qu'il a connues en 1996, dans la foulée du référendum où le Non l'avait emporté de justesse, en 2001, dans le sillon de la récession américaine, et en 2003, quand le Canada avait été confronté à plusieurs calamités naturelles dont l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

 

Cela dit, le Québec fera sans doute un peu mieux que l'ensemble canadien, très touché par les déboires de l'Ontario liés à l'industrie automobile.

 

«Il y a beaucoup de disparités régionales dans l'économie canadienne, juge François Dupuis, vice-président et économiste en chef chez Desjardins. L'Ontario stagne depuis quatre trimestres et ça fait traîner le Canada.»

 

Au point où l'institution lévisienne prévoit une plongée peu profonde du produit intérieur brut canadien (PIB) pour l'ensemble de 2009 alors que l'économie québécoise parviendra tout juste à rester à flots.

 

«Depuis six ans, il y a eu surconsommation au Canada financée par endettement», renchérit Maurice Marchon, professeur titulaire à HEC Montréal dont les prévisions de croissance pour le Canada et le Québec épousent celles de Desjardins. Essoufflés, les ménages videront moins spontanément leur escarcelle.

 

«Les banques canadiennes, surtout les Big Five de Toronto, aggravent les choses en resserrant le crédit aux entreprises», note Carlos Leitao, économiste en chef chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne. Pourtant, leur capitalisation et même leur rentabilité actuelles font l'envie de leurs concurrentes américaines. Les Big Five, ajoute-t-il, se mènent une belle concurrence aussi pour séduire les épargnants, ce qui incite peu les ménages à se lancer dans de grandes dépenses, d'autant qu'ils ont le moral a zéro.

 

Stéfane Marion, l'économiste en chef de la Financière Banque Nationale, est plutôt d'avis que la demande domestique, tant des ménages que des entreprises, va tenir le coup et permettre en bout de piste une croissance anémique tant au Canada que dans la société distincte. «Cela suppose des mesures budgétaires fédérales d'environ 13 milliards, précise-t-il. Malgré tous les efforts, la reprise sera moche.»

 

Les nouveaux emplois seront rares

 

Dans pareil contexte, le chômage va forcément augmenter, Il pourrait bien franchir les 7% à l'échelle canadienne et les 8% au Québec. Comme c'est le cas en période de ralentissement ou de décroissance, le taux de chômage est généralement sous-évalué. Bon nombre de travailleurs abandonnent la recherche de travail. Sur le plan statistique, ils n'appartiennent dès lors plus à la population active.

 

Les données de novembre de l'Enquête sur la population active publiées hier renforcent d'ailleurs les prévisions de nos économistes rencontrés plus tôt cette semaine. Les esprits chagrins pourront même penser qu'ils sont somme toute optimistes.

 

Cela dit, les nouveaux chômeurs seront beaucoup moins nombreux que lors de vraies récessions comme celle de 1981-82 ou celle de 1990-1991. En octobre 1982, le taux de chômage avait culminé à 15,8%, au Québec.

 

Et puis, contrairement à 1990-1991, bien des employeurs vont préférer garder leurs employés à cause du défi démographique qui raréfie la main-d'oeuvre.

 

Enfin, la restructuration du secteur manufacturier en cours depuis cinq ans déjà tire à sa fin. Les plus faibles acteurs des secteurs mous ont fermé boutique. Quelques entreprises se sont spécialisées dans des niches qui les mettent à l'abri de la concurrence asiatique. D'autres enfin sont parvenues à trouver des débouchés ailleurs qu'aux États-Unis.

 

Trois de nos participants sur quatre prévoient même que le Québec comptera un petit peu plus de détenteurs d'emploi à la fin de 2009 qu'à la fin de 2008. Ce sera malgré tout une année médiocre au chapitre de la création nette d'emplois.

 

Le ralentissement anticipé depuis plusieurs années déjà du bâtiment résidentiel sera largement compensé par la poursuite, voire l'accélération, du programme de réfection des infrastructures.

 

M. Marchon diverge d'opinion. Il fait remarquer que la croissance des dernières années a été assurée par l'augmentation des emplois sans gains de productivité. La situation est peut-être propice à un rattrapage, salutaire à moyen terme.

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