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La crise du crédit menace maintenant les consommateurs


ErickMontreal
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La crise du crédit menace maintenant les consommateurs

 

1 octobre 2008 - 06h10

La Presse

Hugo Fontaine

 

Les analystes commencent maintenant à dire un peu la même chose que le président américain George W. Bush, soit que l'économie réelle est menacée par la crise.

 

Le crédit est pris dans la glace et le marché monétaire s'enlise, attendant désespérément une solution au manque de liquidités dans le système. Pendant ce temps, la crise financière s'approche dangereusement de l'économie réelle, et les Américains commencent à voir augmenter les taux d'intérêt de leurs cartes de crédit.

 

Selon le magazine Fortune et CNN, certains émetteurs de cartes de crédit américains ont déjà haussé leurs taux d'intérêt de plus de 18 ou 19%, à 25 ou 26%.

 

À New York, un analyste de la firme Innovest a déclaré que les taux bondiront de façon généralisée dans un proche horizon.

 

«Les émetteurs de cartes de crédit doivent trouver des liquidités pour payer les commerçants, explique Bernard Élie, professeur en économie à l'UQAM, aucunement surpris d'apprendre que les taux d'intérêt grimpaient. Si les banques refusent de fournir ces liquidités, les émetteurs doivent haussent les taux d'intérêt, une façon d'inviter les consommateurs à payer plus rapidement.»

 

Cette situation vient du fait que les coûts de financement des banques même sont très élevés, si bien qu'il est de plus en plus difficile pour elles d'accorder ensuite des prêts à long terme qui lui seront profitables.

 

«Et même si les banques centrales diminuent les taux directeurs, les taux de détail, comme les taux hypothécaires, ne diminuent pas», dit Martin Lefebvre, économiste principal au Mouvement Desjardins.

 

Les banques se financent sur le marché monétaire, notamment via les prêts interbancaires.

 

Le marché interbancaire figé

 

«Cette partie-là du marché est à peu près complètement gelée actuellement, dit M. Lefebvre. Quand le marché fonctionne bien, les banques doivent équilibrer leur bilan à la fin de chaque journée.»

 

Au Canada comme aux États-Unis, quand une banque, au gré des transactions, termine une journée en surplus, elle prête des fonds à une autre banque qui a terminé la journée en déficit. Mais ce peut tout aussi bien être le contraire le lendemain.

 

Mais les banques sont devenues à ce point frileuses qu'elles hésitent à prêter. «Il y a une certaine nervosité des banques à prêter leurs surplus de fonds, dit Paul-André Pinsonnault, économiste principal à la Financière Banque Nationale. Les banques ont tendance à se garder un peu plus de liquidités.»

 

Résultat: les taux interbancaires augmentent.

 

L'écart TED, qui représente la différence entre le taux interbancaire 3 mois de Londres (Libor) et le taux des bons du Trésor de 3 mois, a atteint 3,53% en cours de journée hier, un record du dernier quart de siècle. L'écart n'était que de 1,04% le 5 septembre.

 

Cela montre bien que le coût du prêt entre banques est très élevé.

 

Comme les banques ne veulent plus se prêter, elles se tournent vers les banques centrales.

 

«Si la Fed n'injecte pas de fonds, le marché est en panne», dit Paul-André Pinsonnault en évoquant le marché américain.

 

«Théoriquement, les banques centrales pourraient prêter à l'infini, mais les mauvaises créances ne se résorbent pas», note Bernard Élie.

 

«L'incertitude ne peut pas durer, dit Daniel Paillé, professeur de finance à HEC Montréal. Ça ne peut pas durer jusqu'à l'élection américaine.»

 

En attendant une sortie de crise, le financement se raréfie. Les entreprises américaines se tournent vers leurs marges de crédit, et les consommateurs vers leurs cartes de crédit.

 

Pas de crainte au Canada

 

Pour l'instant, rien ne porte à croire que la situation économique poussera les taux d'intérêt à la hausse au Canada. Aucune des personnes jointes par La Presse Affaires n'a dit s'attendre à un tel scénario.

 

Visa Desjardins augmentera ses taux de 1% aujourd'hui, mais un représentant assure que cela n'a rien à avoir avec la crise actuelle et que la hausse était prévue de longue date.

 

Du côté de Visa Banque Laurentienne et de Master Card Banque Nationale, on indique ne pas avoir de hausse de taux dans le radar.

 

3,53%

 

Sommet des 25 dernières années atteint hier par l'écart TED (différence entre le taux interbancaire 3 mois de Londres (Libor) et le taux des bons du Trésor de 3 mois), ce qui montre que le coût du prêt entre banques est très élevé. L'écart n'était que de 1,04% le 5 septembre.

 

640 millions

 

Nombre de cartes de crédit en circulation aux États-Unis (selon des données de la Réserve fédérale américaine)

 

750 milliards US

 

Total des encours sur les cartes de crédit des Américains (selon des données de la Réserve fédérale américaine)

 

4400 milliards US

 

Total des encours de crédit dans le monde en 2007

 

(Sources: cnnmoney.com, cardratings.com, Sofinco)

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