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Des accusations d’espionnage sont portées contre un employé d’Hydro-Québec

Une enquête de la GRC a mené à l'arrestation et à l'accusation de Yueshang Wang, qui aurait obtenu des secrets industriels d'Hydro-Québec. 

L'homme de 35 ans comparaîtra plus tard lundi au palais de justice de Longueuil et devra répondre à des accusations d'obtention de secrets industriels, de fraude pour avoir obtenu des secrets industriels et d'abus de confiance par un fonctionnaire public.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1932525/accusations-espionnage-employe-hydro-quebec-chine

Screen Shot 2022-11-14 at 12.15.06 PM.png

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  • 3 weeks later...

Clients industriels Hydro-Québec ne veut plus être obligée de dire oui

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PHOTO PHILIPPE BOIVIN, ARCHIVES LA PRESSE

Hydro-Québec a demandé au gouvernement du Québec de se donner les outils nécessaires pour choisir les meilleurs projets commerciaux et industriels de 50 mégawatts et moins.

Parce qu’elle est submergée de projets et que l’électricité se fait plus rare, Hydro-Québec ne veut plus être obligée d’accepter les demandes de branchement inférieures à 50 mégawatts.

La société d’État a demandé au gouvernement du Québec de se donner les outils nécessaires pour choisir les meilleurs projets commerciaux et industriels de 50 mégawatts et moins, comme c’est déjà le cas pour les demandes de branchement supérieures à ce seuil de 50 mégawatts.

Un comité composé de représentants du gouvernement et d’Hydro-Québec a été formé en janvier dernier pour examiner les projets industriels de 50 mégawatts et plus, et choisir ceux qui sont les plus porteurs pour l’économie québécoise. Il est temps de faire la même chose avec les projets de 50 mégawatts et moins, selon Hydro-Québec.

« La situation énergétique du Québec est en transformation, nous passons actuellement d’une ère de surplus à une période où l’augmentation de la demande rendra nécessaires de nouveaux approvisionnements en électricité, explique son porte-parole Maxence Huard-Lefebvre. Ces nouveaux approvisionnements coûteraient beaucoup plus cher à Hydro-Québec que le tarif d’électricité qui sera payé par ces clients, ce qui ferait augmenter les tarifs de l’ensemble de la clientèle. »

La demande pour l’électricité renouvelable à bon prix du réseau d’Hydro-Québec est en forte hausse et les demandes de branchement au réseau s’acCommunauté urbaine de Montréalulent. Il y a actuellement pour plus de 20 000 mégawatts de projets industriels de 50 mégawatts et plus en attente d’approbation.

3000 mégawatts

Les projets industriels de moins de 50 mégawatts, qui doivent normalement être acceptés sans condition par Hydro-Québec, totalisent 3000 mégawatts. Il s’agit pour le quart d’entre eux de centres de données qui veulent obtenir de l’électricité au tarif industriel (tarif L).

Certaines de ces demandes d’approvisionnement qui dépassaient le seuil de 50 mégawatts ont été révisées à la baisse, à 49 mégawatts, pour être soumises de nouveau à Hydro-Québec, qui n’a pas d’autre choix actuellement que de les raccorder à son réseau. La société d’État a l’obligation de desservir toute demande d’approvisionnement de moins de 50 mégawatts.

Même si ces projets sont plus modestes que ceux qui doivent recevoir l’aval du gouvernement, il y en a tellement que les accepter tous sans faire de sélection est problématique, selon la société d’État.

Il n’est pas réaliste de raccorder tous ces projets. Il y aurait là une très belle opportunité de faire des choix, mais le cadre actuel l’empêche.

Maxence Huard-Lefebvre, porte-parole d’Hydro-Québec

Avec 5 mégawatts, un centre de données consomme autant d’électricité que 1800 résidences, et un bloc de 50 mégawatts est suffisant pour alimenter 18 000 foyers. Au total, les 3000 mégawatts de demande de raccordement de moins de 50 mégawatts équivalent à la production de la centrale La Grande-4, la deuxième en importance du réseau hydroélectrique québécois. Hydro-Québec estime que le Québec devrait avoir le plein contrôle sur l’approvisionnement en électricité des projets industriels, peu importe leur taille. Elle demande au gouvernement d’intervenir et de choisir lui-même le moyen de faire cette sélection.

« Le “comment” est une prérogative du gouvernement et ce dernier pourrait très bien exercer ce pouvoir », précise son porte-parole.

« La demande faite par Hydro-Québec est cohérente avec les objectifs du gouvernement, affirme Mathieu Saint-Amand, porte-parole du ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon. Il est primordial de bien sélectionner les projets les plus stratégiques pour notre économie et les plus porteurs pour la décarbonation du Québec. »

En savoir plus

  • 20 000
    Demande totale en mégawatts de projets industriels en attente de 50 mégawatts et plus
    3000
    Demande totale en mégawatts de projets industriels en attente de moins de 50 mégawatts
    source : Hydro-Québe
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Il y a 3 heures, acpnc a dit :

La demande pour l’électricité renouvelable à bon prix du réseau d’Hydro-Québec est en forte hausse et les demandes de branchement au réseau de la Communauté urbaine de Montréal s'acCommunauté urbaine de Montréalulent.

Ce qui est un signe de vigueur de l'économie de Montréal.

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5 hours ago, acpnc said:

Clients industriels Hydro-Québec ne veut plus être obligée de dire oui

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PHOTO PHILIPPE BOIVIN, ARCHIVES LA PRESSE

Hydro-Québec a demandé au gouvernement du Québec de se donner les outils nécessaires pour choisir les meilleurs projets commerciaux et industriels de 50 mégawatts et moins.

Parce qu’elle est submergée de projets et que l’électricité se fait plus rare, Hydro-Québec ne veut plus être obligée d’accepter les demandes de branchement inférieures à 50 mégawatts.

La société d’État a demandé au gouvernement du Québec de se donner les outils nécessaires pour choisir les meilleurs projets commerciaux et industriels de 50 mégawatts et moins, comme c’est déjà le cas pour les demandes de branchement supérieures à ce seuil de 50 mégawatts.

Un comité composé de représentants du gouvernement et d’Hydro-Québec a été formé en janvier dernier pour examiner les projets industriels de 50 mégawatts et plus, et choisir ceux qui sont les plus porteurs pour l’économie québécoise. Il est temps de faire la même chose avec les projets de 50 mégawatts et moins, selon Hydro-Québec.

« La situation énergétique du Québec est en transformation, nous passons actuellement d’une ère de surplus à une période où l’augmentation de la demande rendra nécessaires de nouveaux approvisionnements en électricité, explique son porte-parole Maxence Huard-Lefebvre. Ces nouveaux approvisionnements coûteraient beaucoup plus cher à Hydro-Québec que le tarif d’électricité qui sera payé par ces clients, ce qui ferait augmenter les tarifs de l’ensemble de la clientèle. »

La demande pour l’électricité renouvelable à bon prix du réseau d’Hydro-Québec est en forte hausse et les demandes de branchement au réseau s’acCommunauté urbaine de Montréalulent. Il y a actuellement pour plus de 20 000 mégawatts de projets industriels de 50 mégawatts et plus en attente d’approbation.

3000 mégawatts

Les projets industriels de moins de 50 mégawatts, qui doivent normalement être acceptés sans condition par Hydro-Québec, totalisent 3000 mégawatts. Il s’agit pour le quart d’entre eux de centres de données qui veulent obtenir de l’électricité au tarif industriel (tarif L).

Certaines de ces demandes d’approvisionnement qui dépassaient le seuil de 50 mégawatts ont été révisées à la baisse, à 49 mégawatts, pour être soumises de nouveau à Hydro-Québec, qui n’a pas d’autre choix actuellement que de les raccorder à son réseau. La société d’État a l’obligation de desservir toute demande d’approvisionnement de moins de 50 mégawatts.

Même si ces projets sont plus modestes que ceux qui doivent recevoir l’aval du gouvernement, il y en a tellement que les accepter tous sans faire de sélection est problématique, selon la société d’État.

Il n’est pas réaliste de raccorder tous ces projets. Il y aurait là une très belle opportunité de faire des choix, mais le cadre actuel l’empêche.

Maxence Huard-Lefebvre, porte-parole d’Hydro-Québec

Avec 5 mégawatts, un centre de données consomme autant d’électricité que 1800 résidences, et un bloc de 50 mégawatts est suffisant pour alimenter 18 000 foyers. Au total, les 3000 mégawatts de demande de raccordement de moins de 50 mégawatts équivalent à la production de la centrale La Grande-4, la deuxième en importance du réseau hydroélectrique québécois. Hydro-Québec estime que le Québec devrait avoir le plein contrôle sur l’approvisionnement en électricité des projets industriels, peu importe leur taille. Elle demande au gouvernement d’intervenir et de choisir lui-même le moyen de faire cette sélection.

« Le “comment” est une prérogative du gouvernement et ce dernier pourrait très bien exercer ce pouvoir », précise son porte-parole.

« La demande faite par Hydro-Québec est cohérente avec les objectifs du gouvernement, affirme Mathieu Saint-Amand, porte-parole du ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon. Il est primordial de bien sélectionner les projets les plus stratégiques pour notre économie et les plus porteurs pour la décarbonation du Québec. »

En savoir plus

  • 20 000
    Demande totale en mégawatts de projets industriels en attente de 50 mégawatts et plus
    3000
    Demande totale en mégawatts de projets industriels en attente de moins de 50 mégawatts
    source : Hydro-Québe

This article isn't entirely accurate. 

HQ wants to pick and choose projects that require between 25 - 50 MW and outright refuse projects that require more than 50 MW (with a few exceptions). Projects under 25 MW would still be approved. 

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  • 3 weeks later...

Alumineries

Le manque à gagner est de 1,4 milliard pour Hydro

On s’entend, l’enjeu est majeur. Non seulement les alumineries ne paient pratiquement pas d’impôts ici, mais en plus elles peuvent émettre des gaz à effet de serre sans verser de compensation. D’où l’importance de revenir sur un autre avantage dont elles bénéficient : les rabais sur les tarifs d’électricité.

La question est d’autant plus pertinente que les alumineries demandent environ 1000 mégawatts (MW) d’énergie supplémentaire au gouvernement du Québec, selon ce que j’ai appris. Ces 1000 MW constitueraient un bond de 30 % de leur consommation, dans un contexte de rareté énergétique.

 Pour clarifier la question, Hydro-Québec a accepté de me transmettre le tarif d’électricité réellement payé par les alumineries depuis 2015, soit depuis que le gouvernement du Québec – alors libéral – a renégocié à la baisse tous les contrats. Les chiffres d’Hydro valident essentiellement les miens, que j’ai calculés à partir des contrats annexés aux décrets gouvernementaux publiés dans la Gazette officielle.

Ainsi, depuis 2015, les alumineries ont payé un tarif moyen de 3,87 cents le kilowattheure, m’indique Hydro-Québec. Ce tarif est en deçà de celui qui est jugé rentable par la société d’État pour les grands industriels, soit le tarif L.

Ce tarif L, généralement de 5 ¢/kWh, est plus bas pour les clients dont le facteur d’utilisation de la puissance d’Hydro est très élevé, comme c’est le cas des alumineries. Dans ce cas, le tarif L pertinent pour la comparaison est de 4,6 ¢/kWh.

Pour Hydro, l’écart entre ce tarif L de 4,6 cents et le tarif moyen de 3,87 cents des alumineries constitue un manque à gagner de 1,4 milliard depuis huit ans, selon mes calculs, soit une moyenne de 178 millions par année.

Les alumineries paient moins que le tarif L parce que leur approvisionnement en électricité est déterminé en fonction du prix de l’aluminium plutôt que des coûts d’Hydro-Québec. Ces contrats à partage de risque sont autorisés par le gouvernement et non par Hydro. 

À long terme, avec de tels contrats, Hydro devrait idéalement obtenir parfois plus que le tarif L, parfois moins. Or, selon les données officielles d’Hydro-Québec, les alumineries ont payé moins que le tarif L chaque année depuis 2015, sauf cette année, où le tarif moyen est de 5,45 cents pour les neuf premiers mois de 2022. 

Le redressement tarifaire de 2022 s’explique par l’explosion des prix de l’aluminium le printemps dernier dans le contexte de la guerre en Ukraine. Les prix ont chuté depuis, si bien que le tarif moyen avoisine plutôt 4,7 ¢/kWh en date du 13 décembre 2022, très près du tarif L comparable (4,6 cents). 

Entre 2015 et 2021, le tarif a oscillé entre 3,3 cents et 4,4 ¢/kWh.

Mardi matin, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, a affirmé à l’émission de radio du Saguenay C’est jamais pareil, de Radio-Canada, que le tarif des alumineries avait dépassé le tarif L depuis 2021. 
Joint par courriel, son attaché de presse maintient qu’« en 2021 et 2022, dû au prix de l’aluminium, les alumineries ont payé plus que le tarif L ». Les données d’Hydro contredisent le ministre pour l’année 2021. 

Au fait, pourquoi comparer au tarif L d’Hydro-Québec ? Parce que c’est le tarif approuvé par la Régie de l’énergie du Québec compte tenu de l’ensemble des dépenses d’Hydro-Québec. Ce tarif incorpore un rendement de l’actif de 8,2 % pour la société d’État. 

Bref, en deçà du tarif L, Hydro-Québec perd de l’argent avec les grands industriels. Et pour les alumineries, c’est 1,4 milliard depuis huit ans. 

Hydro-Québec, rappelons-le, a la possibilité d’obtenir un prix bien plus élevé. Son récent contrat avec New York a été signé pour un prix de 9,75 cents US à partir du printemps 2026, soit 13,2 cents CAN si l’on convertit avec le taux de change actuel. Le tarif avec New York est indexé de 2,5 % par année pendant la durée du contrat, de 25 ans. 

Bien sûr, d’autres facteurs pourraient être pris en compte, par exemple la proximité des alumineries des lignes d’Hydro-Québec, qui réduisent les coûts de transport. Il reste que les rabais soulèvent des questions sur leur rentabilité pour les contribuables, et encore davantage si on compare au contrat avec New York. 

À Radio-Canada, Pierre Fitzgibbon a dit qu’il n’était pas question de renégocier les vieux contrats avec les alumineries. Il a toutefois expliqué vouloir moduler la formule de tarification pour les futures allocations d’énergie aux alumineries pour faire en sorte que le tarif soit le plus près possible du tarif L dans le bas du cycle de l’aluminium.

Le ministre juge que les projets de décarbonation des alumineries, notamment avec la technologie Elysis, feront en sorte que les acheteurs mondiaux seront prêts à payer plus cher pour l’aluminium du Québec. Il dit travailler avec les alumineries pour que la prime verte se reflète dans le tarif d’électricité. 

Cette décarbonation des alumineries exigera probablement un peu plus d’énergie qu’actuellement, confirme maintenant le ministre. En plus, les alumineries demandent des mégawatts additionnels au gouvernement pour assurer leur croissance. 
Rio Tinto m’a confirmé dernièrement que sa demande de nouvelle énergie avoisine les 600 MW. Et Pierre Fitzgibbon estime que les demandes de l’ensemble des alumineries seraient d’environ 1000 MW. 

« On parle de 1000 MW pour 4-5-6 milliards d’investissements, c’est majeur. Le vrai débat, c’est comment on va tarifer l’excédent », a-t-il dit à mon collègue Julien Arsenault, en marge d’une entrevue mardi sur un autre sujet. 
Bref, la nouvelle énergie serait accordée aux alumineries avec un tarif à partage de risque, encore une fois, mais en tenant compte d’une prime verte.

De grandes questions se posent, dans ce contexte. D’abord, le gouvernement Legault fera-t-il des investissements des alumineries une condition incontournable pour l’obtention de tarifs avantageux, contrairement à ce qui fut le cas ces dernières années ? 

Ensuite, qui nous dit que les acheteurs mondiaux seront disposés à payer plus cher pour l’aluminium vert du Québec ? Que les fabricants de vélos en aluminium ne préféreront pas acheter de l’aluminium noir chinois, souvent produit avec de l’énergie au charbon, pour avoir un produit fini moins cher ?

En somme, pourquoi faut-il que les contribuables partagent ce risque, une fois de plus, surtout quand on constate les résultats passés de cette formule de tarification et la rareté énergétique ? 

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2022-12-15/aluminerie/le-manque-a-gagner-est-de-1-4-milliard-pour-hydro.php

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Si ce n'est pas de l'électricité a rabais il ne restera plus grande aluminerie au Québec. 

On voit ce qui c'est passé aux états-unis. Il ne reste plus grand chose comme production d'aluminium. Les chinois ont tué le marché en cassant les prix.

 

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Il y a 1 heure, andre md a dit :

Si ce n'est pas de l'électricité a rabais il ne restera plus grande aluminerie au Québec. 

On voit ce qui c'est passé aux états-unis. Il ne reste plus grand chose comme production d'aluminium. Les chinois ont tué le marché en cassant les prix.

 

La différence entre l'aluminium québécois et l'aluminium chinois c'est que ces derniers utilisent du charbon, entre autres, pour produire leur électricité alors que le Québec produit de l'électricité propre en plus d'être sur le point de produire de l'aluminium vert qui ne rejettera aucun carbone dans l'atmosphère lors de sa production.

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6 minutes ago, Normand Hamel said:

La différence entre l'aluminium québécois et l'aluminium chinois c'est que ces derniers utilisent du charbon, entre autres, pour produire leur électricité alors que le Québec produit de l'électricité propre en plus d'être sur le point de produire de l'aluminium vert qui ne rejettera aucun carbone dans l'atmosphère lors de sa production.

Je sais bien. Les chinois ont des procédés de production assez polluant. Ils ont fait la meme chose avec le magnesium. Norsk Hydro a fermé son usine de production de magnesium a Bécancour. Car ils utilisaient un procédé de production moins polluant mais plus couteux que les chinois. 

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Churchill Falls pourrait nous coûter 16 milliards

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PHOTO TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

La centrale hydroélectrique de Churchill Falls, au Labrador

Les signaux se multiplient. Les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador se préparent à de sérieuses négociations visant l’énorme contrat d’électricité de Churchill Falls. La valeur en jeu de la centrale pour Hydro-Québec pourrait avoisiner les 16 milliards de dollars.

Quels signaux ? D’abord, le premier ministre François Legault a parlé de Churchill Falls dans son récent discours inaugural, même si le contrat ne se termine qu’en 2041. Il en parlait dans le contexte où le Québec a besoin d’augmenter de 50 % sa production d’électricité d’ici 2050, décarbonation oblige.

Ensuite, à Terre-Neuve, deux comités ont été formés ces derniers mois pour évaluer les options de la province pour ce dossier politiquement très sensible.

Le premier comité, appelé Churchill River Expert Panel (CREP), devait terminer ses travaux au plus tard le 30 septembre 2022. Le second, baptisé Churchill River Energy Analysis Team (CREATE), n’avait pas d’échéancier.

Ni le cabinet du premier ministre terre-neuvien ni celui du ministre de l’Énergie n’a répondu à mes demandes d’information, mais selon mes renseignements, les deux comités ont repoussé le dépôt de leurs rapports au début de 2024. C’est à ce moment que Québec et Terre-Neuve devraient entreprendre des négociations formelles, donc dans guère plus d’un an.

 

Le contrat implique une énorme quantité d’énergie. La centrale fournit au Québec près de 15 % de ses besoins, soit 31 térawattheures (TWh) d’énergie par année. Hydro-Québec achète 90 % de l’énergie de la centrale de Churchill Falls, dont la puissance installée est de 5248 mégawatts.

Les parties affûtent leurs lames dès maintenant même si le contrat n’échoit qu’en 2041, dans 19 ans. Pourquoi maintenant ? D’une part, parce que l’énergie qu’il implique exige une planification à très long terme, sachant qu’un nouveau barrage prend une quinzaine d’années à voir le jour, notamment.

D’autre part, parce qu’il n’est pas impossible que les parties s’entendent sur les tarifs électriques actuels et post-2041 bien avant l’échéance, dans le contexte où Terre-Neuve a besoin de fonds et le Québec, d’énergie.

Hydro-Québec, rappelons-le, paie environ 0,2 cent le kilowattheure (kWh) pour cette énergie jusqu’en 2041, soit 10 fois moins que le coût de production de ses propres barrages (environ 2 cents le kilowattheure).

Essentiellement, deux raisons expliquent ce faible tarif relatif, fixé dans le contrat de 1969. D’abord, Hydro-Québec s’était engagée à financer les dépassements de coûts du projet. Ensuite, les parties n’avaient pas prévu que le prix de l’énergie exploserait, quelques années plus tard, comme l’inflation d’ailleurs.

Rien n’obligera Terre-Neuve, après 2041, à vendre toute cette électricité au Québec. D’ailleurs, le CREP, premier comité, dit examiner plusieurs options, dont le transport de l’énergie vers de nouveaux clients provinciaux ou américains, ou le renouvellement de l’entente avec Hydro-Québec.

« Ce ne sont que quelques exemples des options qui seront considérées afin d’aider à améliorer la position de négociation de la province », est-il expliqué dans un doCommunauté urbaine de Montréalent de présentation du comité.

Le double de Churchill est en jeu

Le second comité – le CREATE – semble avoir un mandat plus large. Non seulement il se penche sur le contrat actuel avec Hydro-Québec (Upper Churchill), mais aussi il examine les possibilités d’agrandissement (1300 MW) de cette centrale, en plus des occasions qui pourraient exister avec la nouvelle centrale Muskrat Falls (824 MW) et l’éventuelle centrale Gull Island (2215 MW), plus à l’est.

Bref, ce ne sont plus seulement les 5248 MW actuels de Churchill Falls qui sont en jeu, mais près du double, soit 9587 MW. « En déterminant le plein potentiel économique du fleuve Churchill, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador sera le mieux placé pour maximiser les possibilités futures pour la province et sa population », est-il écrit dans le mandat du comité, dont l’objectif est « d’être en position de force pour Upper Churchill à l’approche de 2041 ».

Selon moi, les deux comités terre-neuviens doivent être imaginatifs, mais lucides pour deux raisons. D’une part, il serait très coûteux de transporter toute cette énergie – qui est à 1500 km de Montréal – vers le sud par un autre réseau que celui d’Hydro-Québec.

D’autre part, Newfoundland Labrador Hydro a déjà de grandes difficultés techniques à transporter vers le sud l’énergie des installations de Muskrat Falls, qui doit passer par un câble sous-marin pour relier le Labrador à Terre-Neuve. Or, Muskrat Falls est six fois moins importante que Churchill Falls.

Les deux camps sont donc condamnés à s’entendre.

Mais que vaut la centrale de Churchill Falls si Hydro-Québec devait la racheter, par exemple ?

D’abord, il faut savoir qu’Hydro-Québec détient déjà 34,2 % de la centrale. Elle a aussi un droit de préemption (premier refus) si Terre-Neuve décidait de céder sa part (65,8 %) à une tierce partie.

Deux récentes transactions nous permettent d’avoir une idée de la valeur de la centrale. Premièrement, Hydro-Québec a payé 2 milliards US aux États-Unis pour les 13 centrales (589 MW) et le réseau électrique que détenait ArcLight Energy Partners, en Nouvelle-Angleterre. Prix du kilowatt : 4650 $ CAN.

Deuxièmement, Hydro-Québec terminait les différentes phases du projet La Romaine (1550 MW), au Québec, qui a coûté 7,5 milliards CAN. Prix du kilowatt : 4838 $ CAN.

Bref, sur la base de ces deux éléments, la centrale actuelle de Churchill Falls pourrait valoir environ 25 milliards, et la part qu’Hydro ne détient pas déjà, quelque 16 milliards.

Évidemment, la valeur d’un actif dépend des revenus qu’on peut en tirer. Or, dans ce cas-ci, un acheteur externe pour la centrale aurait peu de revenus jusqu’en 2041, vu le contrat avec Hydro-Québec. Il est donc probable que la centrale vaille passablement moins que ces 25 milliards actuellement.

En revanche, il y a la croissance éventuelle de la centrale évoquée par CREATE, d’une part, et la possibilité d’englober dans une transaction la centrale de Muskrat Falls et le potentiel de Gull Island d’autre part.

Que valent ces actifs ? Le projet de Muskrat Falls a coûté 13,4 milliards, en incluant les lignes de transport, selon un compte rendu de juin dernier⁠1. Mais si l’on se fie aux comparables évoqués plus haut, ses 824 MW de puissance ne vaudraient guère plus de 4 milliards.

Le fait de fusionner les deux centrales (Churchill et Muskrat) dans une éventuelle transaction de 20 milliards intéresserait-il les parties ?

Quoi qu’il en soit, rien ne dit qu’Hydro-Québec et son actionnaire voudront racheter ces actifs, en tout ou en partie. Peut-être que seul le contrat d’achat est d’intérêt ? Même chose pour Terre-Neuve.

Selon moi, les deux camps ont tout intérêt à partager équitablement les actifs du fleuve Churchill. Pour Terre-Neuve, ce serait la fin d’un bourbier technique et financier. Et pour Québec, la garantie d’un approvisionnement électrique majeur, dont il a grand besoin.

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