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Si les supposés défenseurs de la qualité architecturale, qui clament partout leurs critiques, entretiennent eux-mêmes le cynisme, le mépris et le doute, ils contribuent alors directement à maintenir le statu-quo. Une action à mon avis totalement incohérente et contraire aux objectifs visés. Pour changer les mentalités il faut d'abord croire au changement et prendre les moyens pour y arriver.

Personne ne dit que ce sera instantané. On parle plutôt d'une génération pour initier et éduquer un certain pourcentage de la population, dans laquelle j'inclus les concepteurs, les promoteurs et les institutions. En bout de ligne ce sont toujours les gens qui souhaitent le changement qui ont le fardeau de la preuve et qui doivent militer efficacement et avec conviction.

Ainsi si on baisse les bras sans même avoir ébauché la moindre piste de solution, on fait alors partie du problème au même titre que les gens dont on dénonce l'ignorance. Comme je l'ai toujours dit: rien n'est plus facile que de critiquer, surtout si on n'offre aucune alternative en échange. On se donne alors le beau rôle, en vociférant nos attaques tout en essayant d'attirer l'attention sur sa petite personne. Cependant on abandonne le problème à autrui parce qu'en réalité on est tout simplement dépassé et incompétent pour proposer de véritables réponses.

Donc avant d'exiger de la maturité, encore faut-il en avoir soi-même. Le défi est de taille, personne de sensé n'en doutera. Mais si certaines villes et nations dans le monde ont réussi ce passage, je ne vois pas pourquoi les québécois seraient plus bêtes que les autres. Donnons-leurs les outils pour apprendre et sensibilisons la population et les intervenants aux avantages économiques (pas seulement esthétiques) d'une architecture de qualité.

L'équation est simple: la beauté d'un immeuble bien construit attire l'intérêt et créé une demande supérieure à la moyenne. Qui dit demande suppose automatiquement une valeur ajoutée d'où un meilleur prix pour la revente. Si on bâtit plusieurs exemples de cette même qualité, c'est le quartier qui y gagne et à une plus grande échelle, toute la ville. 

Dans ce monde où la concurrence est féroce pour attirer son lot de touristes et de visiteurs d'affaires, nous devons nous démarquer pas seulement pour le présent, mais aussi pour l'avenir. Parce qu'une architecture de qualité est un investissement durable, comme en fait preuve la longue expérience européenne. Or les belles villes sont des moteurs économiques qui séduisent et génèrent des revenus substantiels, générations après générations.

C'est indéniablement la formule qu'il faut appliquer, voire imposer à notre industrie de la construction, tout en l'adaptant à notre spécificité culturelle. Montréal a déjà sa personnalité et ses caractères propres, le Québec aussi. Ne suffit simplement que de rehausser la qualité du design comme des matériaux à toutes les étapes de la conception et de la réalisation. On doit aussi créé des incitatifs financiers (dont des subventions et des récompenses), qui encourageront la recherche esthétique et le dépassement, l'audace et la créativité, en rendant l'opération payante pour la chaine d'intervenants.  

Ainsi c'est avec l'usage qu'on y prendra goût, pour que cette propension devienne éventuellement une seconde nature.

 

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Je crois qu'il faut reconnaître que la qualité architecturale ne vient pas naturellement. Par exemple, dans les contrats publics, la règle du plus bas soumissionnaire conforme a trop souvent fait ses ravages. Du côté privé, c'est la loi de la concurrence qui favorise les projets à bas coûts et qui sont, conséquence difficilement évitable, moins recherchés esthétiquement.

Il existe des façons d'inciter les promoteurs à réaliser des projets exemplaires. Dans le public, on a la règle du 1 % qui permet d'inclure un volet artistique aux projets. C'est déjà bien mais ce n'est pas suffisant. Il faut aussi une mobilisation de la société. On en a un bel exemple avec le nouveau pont Champlain. De nombreux organismes (Ordre des architectes, Héritage Montréal, Mission Design, etc.) ont exigé un projet signature. La pression politique était forte et le gouvernement fédéral a finalement produit un projet exceptionnel en s'associant à un architecte reconnu mondialement. Ces mêmes organismes font maintenant des démarches semblables auprès de la Caisse de dépôt pour le projet de REM. Au niveau municipal, il est intéressant de voir les orientations contenues dans la stratégie centre-ville. Si la Ville fait du beau, elle pourra ainsi donner l'exemple. Dans le privé, il faut créer des incitatifs à produire des projets de qualité. La réglementation peut être le bon outil. Par exemple, la Ville pourrait autoriser certaines dérogations aux règlements de zonage (hauteur, usages, etc.) pour des projets exceptionnels. Ces dérogations ont une valeur économique pour les promoteurs et constitueraient un incitatif financier à faire du beau.

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il y a 12 minutes, Pylône a dit :

Je crois qu'il faut reconnaître que la qualité architecturale ne vient pas naturellement. Par exemple, dans les contrats publics, la règle du plus bas soumissionnaire conforme a trop souvent fait ses ravages. Du côté privé, c'est la loi de la concurrence qui favorise les projets à bas coûts et qui sont, conséquence difficilement évitable, moins recherchés esthétiquement.

Il existe des façons d'inciter les promoteurs à réaliser des projets exemplaires. Dans le public, on a la règle du 1 % qui permet d'inclure un volet artistique aux projets. C'est déjà bien mais ce n'est pas suffisant. Il faut aussi une mobilisation de la société. On en a un bel exemple avec le nouveau pont Champlain. De nombreux organismes (Ordre des architectes, Héritage Montréal, Mission Design, etc.) ont exigé un projet signature. La pression politique était forte et le gouvernement fédéral a finalement produit un projet exceptionnel en s'associant à un architecte reconnu mondialement. Ces mêmes organismes font maintenant des démarches semblables auprès de la Caisse de dépôt pour le projet de REM. Au niveau municipal, il est intéressant de voir les orientations contenues dans la stratégie centre-ville. Si la Ville fait du beau, elle pourra ainsi donner l'exemple. Dans le privé, il faut créer des incitatifs à produire des projets de qualité. La réglementation peut être le bon outil. Par exemple, la Ville pourrait autoriser certaines dérogations aux règlements de zonage (hauteur, usages, etc.) pour des projets exceptionnels. Ces dérogations ont une valeur économique pour les promoteurs et constitueraient un incitatif financier à faire du beau.

Tout à fait d'accord, il y a plusieurs façons d'arriver à intéresser le public, idéalement l'exemple doit venir d'en haut et doit éventuellement frapper les esprits pour qu'il devienne durable.

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  • 3 weeks later...
  • 3 weeks later...

http://www.newswire.ca/fr/news-releases/montreal-favorable-a-ladoption-dune-politique-quebecoise-de-larchitecture-647752903.html

Montréal favorable à l'adoption d'une Politique québécoise de l'architecture

SOURCE

Ville de Montréal - Cabinet du maire et du comité exécutif

16:28 ET

MONTRÉAL, le 25 sept. 2017 /CNW Telbec/ - Le Conseil de ville de Montréal a adopté aujourd'hui une déclaration d'appui à la démarche de l'Ordre des architectes du Québec (OAQ) pour l'adoption par le Gouvernement du Québec d'une Politique québécoise de l'architecture. C'est dans le cadre des consultations publiques menées par le ministère de la Culture sur le renouvellement de la politique culturelle du Québec, dans un mémoire intitulé « La qualité architecturale, un chantier à poursuivre », que l'OAQ a plaidé pour que cette Politique contribue à une plus grande qualité architecturale.

 

 « La Ville de Montréal souhaite être un maître d'ouvrage exemplaire. En appuyant cette démarche de l'Ordre des architectes, on indique au Gouvernement qu'il est temps de réfléchir à ce qu'il peut faire pour améliorer la qualité architecturale des projets municipaux. Nous voulons qu'il se penche notamment sur la pertinence de maintenir dans la Loi sur les Cités et villes ce système qui oblige les municipalités à se tourner vers le plus bas soumissionnaire quand vient le temps de retenir les services de professionnels », a indiqué le maire Denis Coderre.

« Les concours d'architecture permettent de stimuler le milieu du design et d'en tirer le meilleur talent. Les concours sont plus souvent qu'autrement l'occasion d'élargir l'accès à notre marché et de découvrir les architectes de la relève. En appuyant l'Ordre dans sa démarche, nous voulons témoigner de notre intérêt à ce que les Villes puissent davantage retenir les services de jeunes  talents dans les processus d'octroi de contrat », a ajouté Manon Gauthier, responsable de la culture, du patrimoine, du design, d'Espace pour la vie et du statut de la femme au comité exécutif.

Pour Russell Copeman, responsable de l'habitation, de l'urbanisme, de la gestion et de la planification immobilière et de l'OCPM « il est important que cette démarche se fasse dans le respect de la spécificité de Montréal. En cohérence avec le statut de métropole et le « réflexe Montréal », Le Bureau du design de la Ville de Montréal lancera prochainement un exercice de concertation avec les partenaires montréalais du milieu du design et de l'architecture, les arrondissements et les services centraux, pour élaborer les conditions de notre propre effort municipal, ce qui deviendra le chapitre Montréal de cette Politique ».

Rappelons qu'en 2016, emboîtant le pas à l'arrondissement Saint-Laurent, des résolutions d'appui à cette démarche ont été adoptées par Anjou, Côte-des-Neiges--Notre-Dame-de-Grâce, Lachine, LaSalle, L'Île-Bizard--Sainte-Geneviève, Montréal-Nord, Rivière-des-Prairies--Pointe-aux-Trembles, Rosemont--La Petite-Patrie, Outremont, Le Plateau Mont-Royal et Le Sud-Ouest. « C'est bien la preuve du dévouement des élus montréalais envers une plus grande qualité architecturale », s'est félicité Alan DeSousa, maire de l'arrondissement Saint-Laurent.

SOURCE Ville de Montréal - Cabinet du maire et du comité exécutif

rt.gif?NewsItemId=C1045&Transmission_Id=

Renseignements : Catherine Maurice, Directrice des communications, Cabinet du maire et du comité exécutif, 514 346-7598

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Si la métropole emboite le pas, ce sera un appui de taille pour enfin changer les mentalités. On ne peut que gagner en améliorant la qualité architecturale de nos immeubles. Je considère d'ailleurs ce geste comme une sorte d'investissement à long terme, qui rendra nos villes non seulement plus belles visuellement, mais en augmentera l'attrait auprès des visiteurs, comme des nouveaux résidents. La beauté a une valeur économique certaine et n'apporte que des avantages aux villes qui s'en préoccupent véritablement.

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Un plaidoyer pour une loi plaçant l'architecture au coeur des projets

PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 17 H 15

 

 

L'Ordre des architectes du Québec est en voie de compléter un rapport où il compte réclamer l'adoption d'une loi provinciale mettant l'architecture au centre de tout futur projet de construction, comme l'ont fait le Danemark, la Belgique et la France.

Un reportage de Serge Boire

Des politiciens et des architectes ont échangé à ce sujet dans le cadre d’une conférence au Palais des congrès, jeudi.

« On s'est donné les moyens de construire, à travers la loi, un dispositif visant à remettre l'architecte au coeur du projet », a témoigné Patrick Bloche, le politicien socialiste à l’origine de cette loi en France.

Dans les pays où une telle loi est en vigueur, on a constaté que la place accordée à l’architecture ne faisait pas augmenter le coût des projets.

Le plus grand défi, souligne l’architecte belge Chantal Dassonville, est de convaincre les gouvernements de l'importance de légiférer. « Il est peut-être temps aussi que les autorités publiques se réapproprient les enjeux de l'architecture, sans déléguer leur mission de service public au secteur privé exclusivement », dit-elle.

La présidente de l’Ordre des architectes, Nathalie Dion, estime que le projet du nouveau pont Champlain a démontré qu'il est possible d'arrimer architecture et partenariats public-privé. « La conception, le design, a été faite à l’extérieur du partenariat, a été faite en amont. Donc, […] aux équipes de consortium qui se sont présentées pour la réalisation, on a imposé un concept. On leur dit : "OK, vous pouvez construire, avoir les méthodes que vous choisissez, mais le résultat, ça doit être celui-ci qui est attendu, et on ne changera pas là-dessus" », explique-t-elle.

L'Ordre devrait bientôt déposer son rapport, sur lequel il travaille depuis trois ans, au gouvernement. Il espère que la résolution adoptée par Montréal et 49 autres villes, priorisant l'architecture, convaincra Québec d'en faire autant.

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  • 1 month later...

 

De Nathalie Dion dans La Presse d’aujourd’hui

Dans une entrevue publiée dans La Presse du 26 octobre, vous avez indiqué votre intention de déposer avant la fin de 2017 la nouvelle politique québécoise de la culture, dont le chantier a été entrepris sous le règne de votre prédécesseur.
Nous désirons profiter du fait que ce texte est encore en gestation pour rappeler l’importance d’y inclure un engagement fort à l’égard de la création d’une politique québécoise de l’architecture et de la mise sur pied d’un groupe de travail chargé d’en élaborer le plan d’action.
Votre ministère reconnaît déjà l’importance de la qualité architecturale. « Une architecture harmonieuse et fonctionnelle constitue […] un gage de qualité. À cet égard, citons comme exemples certaines bibliothèques publiques qui, en raison de leur qualité architecturale, sont rapidement devenues des endroits fréquentés et appréciés », lit-on dans le projet de politique culturelle déposé en juin dernier.
Toutefois, la qualité architecturale n’a pas à se limiter aux projets culturels. Cette préoccupation doit être étendue à tous les ministères, municipalités et organismes publics.
Des donneurs d’ouvrage mieux outillés et une réglementation harmonisée, notamment, permettraient de relever le niveau de qualité des grandes réalisations comme des plus modestes. Ultimement, l’exemple gouvernemental doit tirer l’ensemble du cadre bâti québécois vers le haut.
Ce souhait est partagé par un nombre croissant de Québécois. Depuis 2016, pas moins de 50 villes et arrondissements représentant une population de 4,5 millions de personnes ont officiellement appuyé la démarche de l’Ordre des architectes du Québec (OAQ) visant l’adoption d’une politique québécoise de l’architecture. Au printemps 2017, l’OAQ a pu valider cette volonté sur le terrain, lors d’une tournée de conversations publiques ayant attiré plus de 500 participants dans 13 villes.
Cette tournée a été suivie d’un forum où ont convergé 270 personnes au Palais des congrès de Montréal, le 28 septembre. Lors de cet événement, l’OAQ a présenté un projet de déclaration, signée jusqu’à présent, par plus de 1700 personnes.
Les principes de cette Déclaration pour une politique québécoise de l’architecture sont les suivants : l’architecture est partout ; elle nous concerne tous ; sa qualité est d’intérêt public ; et cette qualité est le fruit d’une démarche créative qui, pour réussir, doit être comprise par l’ensemble des acteurs concernés.
Nous demandons donc au gouvernement du Québec d’adopter une politique de l’architecture, assortie d’un plan d’action, visant notamment à : 
• sensibiliser les Québécois, en particulier les jeunes, à l’importance de la qualité architecturale ;
• placer les citoyens au centre de la réflexion sur les projets d’architecture et de développement urbain ;
• positionner notre patrimoine comme un pilier culturel du développement durable ;
• générer des retombées économiques grâce à des réalisations remarquables, à toutes les échelles et dans toutes les régions ;
• soutenir les municipalités qui souhaitent améliorer la qualité architecturale sur leur territoire.
Déjà, une vingtaine de pays et régions d’Europe font de l’architecture un levier culturel, économique et social grâce à des politiques semblables. N’est-il pas temps, pour le Québec, de devenir la première province canadienne et l’un des rares États en Amérique du Nord à se positionner de la sorte ?
* Cosignataires, qui appuient cette lettre en leur nom personnel : Denys Arcand, réalisateur, scénariste et acteur ; Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, Musée des beaux-arts de Montréal ; Jean-Luc Brassard, champion olympique de ski acrobatique et animateur ; Isabelle Duchesneau, directrice générale, Monastère des Augustines ; Christiane Germain, présidente du conseil d’administration, Musée national des beaux-arts du Québec et coprésidente, Groupe Germain Hôtels ; Steven Guilbeault, cofondateur et directeur principal, Équiterre ; Catherine Harel Bourdon, présidente, Commission scolaire de Montréal ; Michel Labrecque, conservateur, Jardin botanique de Montréal ; Alan Shepard, recteur et vice-chancelier, Université Concordia ; et Alexandre Taillefer, associé principal, XPND Capital.

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Content de voir que la pression continue en vue de résultats concrets sur le terrain. Mais pour cela il faudra une véritable volonté politique qui ira au-delà des intentions et des énoncés. Il faut en fait sensibiliser tous les acteurs de la société, au privé comme au public, dans les médias, comme en éducation, pour que les mentalités évoluent vraiment.  Et cela dans l'objectif qu'on prenne enfin conscience de la valeur économique comme sociale d'une architecture de qualité, non seulement dans le paysage urbain, mais partout sur l'ensemble du territoire.

 

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il y a 53 minutes, acpnc a dit :

Content de voir que la pression continue en vue de résultats concrets sur le terrain. Mais pour cela il faudra une véritable volonté politique qui ira au-delà des intentions et des énoncés. Il faut en fait sensibiliser tous les acteurs de la société, au privé comme au public, dans les médias, comme en éducation, pour que les mentalités évoluent vraiment.  Et cela dans l'objectif qu'on prenne enfin conscience de la valeur économique comme sociale d'une architecture de qualité, non seulement dans le paysage urbain, mais partout sur l'ensemble du territoire.

 

Content moi aussi.  J'ajouterais, peut-être dans un élan d'optimisme, que la volonté populaire aura par elle-même un effet bénéfique, avec ou sans «véritable volonté politique».

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