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  1. http://journalmetro.com/opinions/paysages-fabriques/838728/au-diable-le-developpement-durable/ Le gouvernement du Québec se targue à l’international d’être un leader en matière de développement durable et de lutte aux changements climatiques, mais les bottines ne suivent pas toujours les babines. Parlez-en à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui a récemment dû expliquer aux parents et aux enfants de l’école Saint-Gérard, dans Villeray, que la reconstruction de leur établissement scolaire devrait attendre… encore. Pourquoi? Parce qu’après une saga de trois ans marquée par le stress des élèves déménagés et les négociations avec le ministère de l’Éducation, les plans proposés par les architectes de la nouvelle école ne convenaient pas au Conseil du Trésor. «Trop dispendieux», a-t-on répondu à la CSDM. On a ainsi exigé de retrancher 3,1 M$ au projet, ce qui a forcé les architectes à retourner à la table à dessin et à retirer tout ce qui n’était pas «indispensable» à la nouvelle école. Ce qui a écopé : la majeure partie des mesures de développement durable pour réduire l’empreinte écologique du bâtiment. Québec a même permis que les exigences de son Plan d’action sur les changements climatiques 2013-2022 ne soient pas respectées. La toiture verte sera donc remplacée par le minimum exigé par l’arrondissement, un toit blanc. Elle aurait pourtant permis de réduire significativement les îlots de chaleur, d’améliorer la qualité de l’air dans le voisinage et d’absorber les eaux de pluie afin d’éviter la surcharge des aqueducs municipaux. La géothermie, qui aurait engendré des économies importantes de chauffage et de climatisation de l’édifice tout au long de l’année grâce à l’utilisation de la chaleur du sol, a été écartée. L’éclairage DEL, devenu une norme dans plusieurs projets nord-américains, sera remplacé par de simples tubes fluorescents, moins performants et beaucoup plus énergivores. La fenestration sera également réduite à quelques endroits, diminuant l’entrée de lumière naturelle dans le bâtiment. Les équipements mécaniques [peu agréables à contempler dans le paysage urbain] seront finalement installés sur le toit plutôt que d’être camouflés dans l’édifice. Une situation qui risque de provoquer une détérioration plus rapide des systèmes et une augmentation des frais d’entretien pour la CSDM. Bref, je pourrais poursuivre encore longtemps la liste des aberrations. Tout ça pour quoi? Sauver À TRÈS COURT TERME 3,1M$. Ça peut paraître beaucoup d’un point de vue comptable, je vous l’accorde. Mais pour en avoir discuté avec des architectes spécialisés dans le milieu scolaire, l’ensemble des mesures environnementales envisagées dans les plans initiaux aurait probablement été absorbé sur à peine 10 ou 15 ans… pour un édifice qui restera en place au moins 70 ans! Sans compter les bénéfices environnementaux. Mais bon, le développement durable est une priorité du gouvernement du Québec, aime-t-on nous rappeler…
  2. - 4 phases (8, 14, 10, 10 étages), 419 unitės - Phase 1 : 8 étages (9 avec penthouse) sur la rue Basin, 80 unités, $350-$430/pi.ca., livraison à l'été 2014 - Phase 2 : 14 étages sur le canal, livraison en 2016 - Phases 3 et 4 : 10 étages chacun, livraison en 2018 et 2020 - Architectes : Chaloub et Beaulieu - Site web : Le Canal | Condos urbains a Griffintown, en face du canal Lachine | Montreal
  3. Le Crystal de La Montagne Architectes: Béïque, Legault, Thuot Fin de la construction:2007 Utilisation: Résidentiel - Hôtel Emplacement: Centre-ville, Montréal ? mètres - 27 étages Maquette/photo maquette gracieuseté d'Ateliers Multiversions inc. http://www.multiversions.qc.ca
  4. C'est pas un gros projet de construction, mais j'ai figuré que ca allait ici, ils ont tout refait l'intérieur du centre d'achat, mais je suis tombé sur cette photo de ce qu'ils vont faire a l'extérieur avec le stationnement étagé Voici les études conceptuelles de la nouvelle facade du stationnement étagé qui donne sur la metropolitaine architectes: Lemay et Associés Pas mal plus beau que le parking brun actuel
  5. Montréal vu par un Vénitien Publié le 13 juin 2012 Marie-Claude Lortie Pour Francesco Bandarin, sous-directeur général de l'UNESCO pour la culture, il n'y a pas de doute: Montréal est une ville de design. Là où les plus pessimistes ne voient que des échangeurs délabrés, des rues inondées, des gratte-ciels anodins construits par des concepteurs de centres commerciaux et des projets au financement obscur, lui voit une ville dynamique, habitée par des milliers de gens créatifs, designers ou architectes. «C'est ça qui fait une ville de design», dit-il, en entrevue, lors de son passage récent dans la métropole pour une rencontre des représentants de toutes les villes choisies par l'UNESCO parce qu'elles accordent une grande place au design pour leur évolution culturelle et économique. Sur son site web, la Ville de Montréal indique que 25 000 designers et architectes font de Montréal une ville résolument préoccupée par cet aspect de son développement. Un chiffre que M. Bandarin reprend en lançant: «Je ne sais pas comment vous faites!» Bref, pour le représentant de l'UNESCO, il n'y a pas de doute que Montréal mérite sa place sur la liste des villes de design de l'organisme culturel international, aux côtés de Berlin, Shanghai et Buenos Aires. «On fait un tri, on étudie les dossiers et Montréal a beaucoup misé sur le design, alors il a été choisi.» Pendant qu'on parle de tout ça, dans l'autobus scolaire qui nous amène de l'UQAM au Musée des beaux-arts, on traverse des rues commerciales, où les immeubles n'ont rien de spectaculaire, à part la Place Ville-Marie, évidemment, que M. Bandarin note au passage. «Pei, un des plus grands», lance-t-il. Quand je lui fais remarquer qu'il y a longtemps, maintenant, qu'un architecte de la trempe de Pei ou de Mies Van der Rohe est venu construire quelque chose ici, il n'en fait pas de cas. «Vous savez, dit-il, l'iconisme, c'est fini.» Selon M. Bandarin, il ne faut pas rêver de voir un jour un grand immeuble symbolique, emblématique, s'implanter comme nouveau grand symbole de la ville. «On est dans une nouvelle approche maintenant et même les grands architectes comme Rem Koolhas, qui a fait bien des immeubles iconiques, n'est plus en faveur de l'iconisme.» Par iconisme, il entend les grands bâtiments hors de l'ordinaire, sans lien avec l'architecture des alentours, qui s'imposent tout seul. On pense à la tour Eiffel, à l'Opéra de Sydney, mais aussi à des constructions plus récentes, comme le musée Guggenheim de Bilbao dessiné par Frank Gehry ou le musée Maxxi de Rome, signé Zaha Hadid, cette architecte avant-gardiste anglo-irakienne. Évidemment, plusieurs bâtiments modernes chinois viennent aussi à l'esprit, comme la tour du Centre mondial des finances de Shanghai. «D'abord, ces constructions coûtent très, très cher et seulement un nombre limité de sociétés peuvent se les permettre», note M. Bandarin. Plus ça va, plus les sociétés comprennent que l'architecture se vit au quotidien, s'amarre au développement urbain, prend sa place sans s'imposer, cherche à faire évoluer les styles de vie, sans donner de coup de massue sur la silhouette d'une ville. «Et puis, nous, à l'UNESCO, on a une tâche de conservation du patrimoine», continue-t-il. Naturellement, l'organisme va donc se pencher plutôt du côté de la créativité «enracinée», celle qui est liée au contexte. Sa ville préférée? Je n'ose pas le lui demander, mais il n'hésite pas à répondre. Venise. Non seulement une ville bien ancrée dans son histoire, mais celle d'où il vient. Mais le Vénitien d'origine, qui habite maintenant Paris, aime bien aussi Montréal, même avec ses manifestations joyeuses qui lui donnent, dit-il, des airs de carnaval. Il apprécie la place des Festivals, par exemple, avec ses fontaines qui sortent directement du sol, où les enfants jouent dès qu'il fait chaud. Il aime bien le Centre de design de l'UQAM, aussi, créé par l'architecte montréalais Dan Hanganu. Pour lui, ce sont ces projets, les uns après les autres, qui construisent une ville de design. «À certains moments, on est devenu fou et on s'est mis à tout faire hors contexte», dit-il. Dans certains cas, comme pour la tour Eiffel, qui est une prouesse technologique pour son époque, ou pour l'Opéra de Sydney, l'intervention a fonctionné, explique M. Bandarin. Mais souvent, l'immeuble iconique moderne n'est pas le symbole de la société où il se trouve, mais plutôt de l'entreprise qui l'a fait construire. «C'est de la pub pour se faire voir.» Or, continue-t-il, veut-on réellement laisser les paysages urbains être définis par des intérêts privés? «Moi, je crois que le paysage appartient à la collectivité.» http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/marie-claude-lortie/201206/13/01-4534385-montreal-vu-par-un-venitien.php
  6. Nom: Luz Condos Hauteur en étages: 10 étages Coût du projet: 25 M$ Promoteur: Société en commandite D.P.L.S. Architecte: Barin Architectes Emplacement: Le Triangle - Côte-des-Neiges - Notre-Dame-de-Grâce Début de construction : 2012 Site internet: LuzCondos
  7. Rincez vous l'oeil! et bon weekend. http://www.asymptote.net/frameset.html Un jour, à Montréal... non, Québec.
  8. Du site de Lemay Michaud architectes. Est-ce à Montréal ? Aucune idée, mais je présume que oui étant donné que c'est Parasuco. Entk ça serait tout un choc pour l'architecture montréalaise ! Je verrais plus cet hôtel à San Francisco ou Milan.
  9. Le Girasole Architectes: ? Début de la construction:Printemps 2008 Utilisation: Résidentiel Emplacement: St-Léonard, Montréal ? mètres - 12 étages Descriptions: - Projet de 100 appartements
  10. Île Paton Architectes: ? Fin de la construction: Utilisation: Résidentiel Emplacement: Laval ? mètres - 14/14 étages Description: - C'est Magil-Laurentienne qui construira le complexe.
  11. La pointe de la Voie maritime Architectes: ? Fin de la construction:? Utilisation: Résidentiel Emplacement: Longueuil ? mètres - 20 étages Description: - Le projet Fait partit du redéveloppement de cette partie du bord de l'eau. 2 images
  12. Hôtel ALT Architectes: Lemay Michaud Fin de la construction:2007 Utilisation: Hôtel Emplacement: Quartier DIX30, Brossard ? mètres - 14 étages Description: - Le projet est coutera 21 millions de dollars et les chambres couteront 129 dollars.
  13. Le Novello - Phase 1 Architectes: ? Fin de la construction:2007 Utilisation: Résidentiel Emplacement: St-Léonard, Montréal ? mètres - 10 étages infos; http://www.shdm.org/acces_condos/fr/projet_detail.php?projet_id=5&type=1 Description: - Le projet comporte 153 condos.
  14. Le 400 Sherbrooke Ouest Architectes: Geiger Huot Architectes Fin de la construction:2008 Utilisation: Hôtel/Résidentiel Emplacement: Centre-ville, Montréal ? mètres - 35 étages Description: - Plus grosse construction à Montréal depuis 1992.
  15. Le Maritime Architectes: Panzini Architectes Fin de la construction:? Utilisation: Hôtel/résidentiel Emplacement: Centre-ville, Montréal ? mètres - 21 étages Description: - La tour est une nouvelle partie de l'Hôtel Maritime, existant déjà. - Le projet inclu la rénovation de l'hôtel, de sa base et de son entrée.
  16. Artesia Architectes: Campanella & Associés Fin de la construction:2008 Utilisation: Résidences pour retraités Nombre d'unités: 266 unités Emplacement: Pointe Claire, Montréal ? mètres - 8 étages
  17. Publié le 19 mars 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00 Carte blanche aux créateurs Programmation comprenant des logements, dont un minimum de 30% de logement social, dans les parties protégées des nuisances du périphérique et qui prévoit la reconstitution des fonctionnalités du parc de stationnement et de la gare routière existantes sur le terrain « Pershing ». Concepteur : Sou Fujimito, architecte / Manal Rachdi, Oxo Architectes / Moz Paysage / Atelier Paur Arène, paysagiste / Pierre-Alexandre Risser Horticulture; Jardins, paysagiste. Photo fournie par la mairie de Paris (http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/francois-cardinal/201703/18/01-5080053-carte-blanche-aux-createurs.php#wcm:article:5080053) François Cardinal (https://cse.google.com/cse?cx=004348325735519040616:xugxk9rp5mm&q=Fran%C3%A7ois+Cardinal) La Presse La toute première décision comme ministre de l'Aménagement et de l'Architecture ? Spontanément, la priorité irait au diktat du plus bas soumissionnaire. À son abolition, en fait, tant cette règle fait des dégâts au Québec. Il est franchement absurde qu'encore aujourd'hui, une loi force les élus à choisir le projet le moins cher plutôt que le meilleur ! Mais comme première, première décision ? Le ministre pourrait faire rêver davantage, non ? Il pourrait élever la qualité de l'architecture plutôt que d'éliminer simplement les obstacles. Pourquoi ne pas donner carte blanche aux créateurs ? Pourquoi ne pas s'associer à Québec et Montréal, cibler une demi-douzaine de terrains publics, puis lancer un concours international : les projets les plus fous, les plus originaux, les plus innovants remporteraient... un permis de construction ! L'idée peut sembler farfelue, mais c'est très précisément ce que vient de faire la Ville de Paris. Avec des résultats époustouflants ! En accédant à la mairie en 2014, Anne Hidalgo a en effet lancé « l'initiative un peu folle » Réinventer Paris. Une manière révolutionnaire de céder les terrains qui appartiennent à la ville, surtout les plus ingrats. Une vingtaine de sites aux quatre coins de Paris ont ainsi été mis en compétition : gare, friches industrielles, hôtels particuliers, terrains vagues et même un transformateur électrique. Un appel de projets a alors été lancé aux promoteurs et architectes avec une seule règle : pas de tour. « Ils ont été attirés par l'idée de la carte blanche : pour une fois, nous n'imposions aucun programme et leur laissions proposer les idées et innovations les plus originales », explique Jean-Louis Missika, adjoint à la mairesse, chargé de l'urbanisme (voir entrevue). Et la qualité des projets a surpris la Ville, autant que leur nombre : 650 dossiers officiellement déposés avec offre d'achat formelle par autant d'équipes d'investisseurs réunissant des architectes, des paysagistes, des designers, mais aussi des penseurs, des agronomes et des artistes. Et rien d'utopique dans les projets, car l'objectif était de les construire « à court terme ». Les 22 gagnants ont ainsi été choisis l'an dernier, 10 dossiers sont déjà passés devant le conseil municipal et trois permis de construire ont été délivrés. La majeure partie des projets, promet-on, verra le jour d'ici 2020. Paris ne s'est donc pas contentée de susciter la création urbaine, elle l'a réinventée... en même temps qu'elle a réinventé la ville. Parmi les lauréats, on retrouve de tout. Un écoquartier suspendu au-dessus d'une autoroute. Une station électrique transformée en cinéma. Des bains-douches réaménagés en ateliers d'artistes. Un entrepôt de voirie devenue funérarium. « Paris, s'est exclamé Le Soir, n'avait pas connu pareil bouillonnement de projets urbains depuis le Second Empire. » Depuis, en fait, que Napoléon a chargé le baron Haussmann de percer de larges avenues dans la ville. Le concours est ainsi devenu un véritable laboratoire d'idées, sans même que cela coûte un sou à la municipalité (elle aurait au moins pu rémunérer les professionnels, mais bon...). Au contraire, même, grâce à la vente des terrains, les coffres de la Ville seront renfloués de centaines de millions d'euros. Réinventer Paris est ainsi devenu une opération financière intéressante. Mais c'est aussi devenu une nouvelle carte de visite pour la ville, une occasion en or pour les jeunes architectes d'émerger et, surtout, une opération de pédagogie auprès des Parisiens qui ont suivi le concours de près et qui se sont déplacés nombreux pour visiter leur exposition au Pavillon de l'Arsenal (jusqu'au 8 mai, pour les intéressés). « Rarement, a concédé Le Monde, une compétition d'architecture aura suscité autant d'engouement en France. » Trop beau pour être vrai ? Trop beau pour Montréal et Québec ? Ce n'est pas l'avis de la mairie de Paris, qui est en discussion avec « un grand nombre de villes qui souhaitent s'inspirer de la démarche », en plus de mener de front de nouvelles initiatives du genre pour la grande région de Paris, le sous-sol parisien et même la Seine. « Montréal a la chance de disposer d'un vivier important de collectifs et porteurs de projets qui pourraient être intéressés par ce type de démarche, indique Jean-Louis Missika. Le classement de la métropole québécoise en tant que ville UNESC O de design incite à ouvrir la production urbaine à des équipes pluridisciplinaires. » À son avis, les appels à projets urbains innovants pourraient certainement servir d'inspiration aux professionnels de Montréal. « Mon conseil à M. Coderre serait de miser sur la jeune génération, pleine de ressources et d'idées nouvelles. » Prometteur, non ? Une bonne initiative pour lancer la carrière d'un ministre de l'Architecture fraîchement nommé.
  18. Par défaut Pour une politique architecturale au Québec Erreur 404 | ICI Radio-Canada.ca Saint-Laurent veut mettre un terme aux horreurs architecturales au Québec Publié le mercredi 6 juillet 2016 à 13 h 07 Centre-ville de Montréal Photo : iStockPhoto L'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, devient la première instance municipale à demander officiellement au gouvernement du Québec une politique nationale de l'architecture, ce qui serait une première en Amérique. Il veut ainsi en finir avec les laideurs architecturales dans la province. Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel Saint-Laurent a reçu plusieurs prix d'architecture et de design pour sa Bibliothèque du Boisé, construite en 2013 et certifiée LEED platine. Il veut maintenant servir d'exemple. Le conseil municipal a récemment adopté une résolution pour interpeller Québec. « Si nous voulons avoir des bâtiments qui sont faits avec la beauté, la fonctionnalité, mais aussi avec la performance environnementale, il reste encore beaucoup de barrières pour les villes et les instances municipales », dit le maire de Saint-Laurent, Alan De Sousa. Il donne en exemple le manque de latitude pour ouvrir les projets de construction à des concours d'architecture, ce qui a été possible pour la Bibliothèque du Boisé, réalisée par les firmes Cardinal Hardy, Labonté Marcil et Éric Pelletier architectes, réunies en consortium. Bibliothèque du Boisé, dans Saint-Laurent. Elle a remporté le le Grand Prix d'Excellence 2015 de l'Ordre des architectes du Québec. Bibliothèque du Boisé, dans Saint-Laurent. Elle a remporté le Grand Prix d'Excellence 2015 de l'Ordre des architectes du Québec. Photo : Yien Chao L'Ordre des architectes du Québec réclame depuis longtemps une politique nationale de l'architecture. « Les processus d'appel d'offres au Québec ne favorisent pas nécessairement la qualité. On choisit les professionnels ou les entrepreneurs selon le plus bas prix. Je ne dis pas qu'il faut payer plus cher, mais il faut qu'on fasse des projets de qualité. C'est tout le monde qui en bénéficie », soutient sa présidente, Nathalie Dion. Fin juin, l'Ordre a déposé un mémoire pour réitérer sa demande dans le cadre des consultations publiques du ministère de la Culture sur le renouvellement de la politique culturelle, qui ont lieu tout l'été. C'est ce qui a inspiré le conseil municipal de Saint-Laurent, avec l'objectif que d'autres villes lui emboîtent le pas. Manque de vision « On se pâme sur les exemples qui se font en Scandinavie ou dans d'autres pays en Europe. Pourquoi on n'est pas capable de faire aussi bien ici? », se désole Nathalie Dion, de l'Ordre des architectes du Québec. Oui, ça me décourage, surtout de savoir des fois que ce ne sont pas les architectes qui manquent de talent. C'est qu'on a pris des décisions basées sur des budgets. (Nathalie Dion) Un exemple? La reconstruction de l'école Saint-Gérard dans Villeray, à Montréal, qui se voulait un projet du 21e siècle, mais qui a été ramené à sa plus simple expression pour des questions budgétaires. Le système de géothermie a finalement été sauvé, mais l'atrium central et le toit vert sont passés à la trappe. « On aurait peut-être pu se permettre l'atrium en se disant que c'est un investissement pour les jeunes pour le futur, dit Mme Dion. Il n'y a peut-être pas d'étude qui dit textuellement que quand tu as une belle école tu vas mieux réussir, mais en général le cadre bâti influence la qualité de vie des gens au bureau ou dans un hôpital. Dans une école, c'est sûr que c'est important. » Une politique nationale de l'architecture permettrait de se donner une vision de l'architecture, dit Nathalie Dion, en termes d'esthétisme, de fonctionnalité et de durabilité environnementale entre autres. Et pas besoin d'être un pays pour en avoir une, souligne-t-elle. Elle donne les exemples de l'Écosse et de la capitale du Danemark, Copenhague.
  19. http://journalmetro.com/plus/immobilier/378092/nathalie-dion-montreal-et-ses-defis-architecturaux/ Avec l’élection d’une nouvelle présidente à l’Ordre des architectes du Québec (OAQ) et la campagne électorale municipale, la conjoncture est excellente pour discuter des enjeux qui attendent la métropole avec celle qui dirige l’organisme. Élue en mai dernier à la présidence de l’OAQ, l’architecte Nathalie Dion compte pas moins de 25 années d’expérience tant dans le domaine privé que public. Histoire de briser la glace, en ce matin pluvieux au sommet du majestueux mont Royal, Métro lui a demandé si elle était d’accord avec l’auteur-compositeur-interprète Jean-Pierre Ferland, pour qui «Montréal est une femme du monde en running shoes». «Montréal n’est pas une ville uniforme si on la compare à Paris, par exemple, commence-t-elle. Elle présente un paysage morcelé, qui a toutefois une identité propre, mais difficile à définir. Sa convivialité? Au fond, c’est peut-être cela son côté “femme du monde en running shoes”», sourit l’architecte, soulignant au passage que le Stade olympique semble, paradoxalement, davantage apprécié des visiteurs que des Montréalais eux-mêmes. Quels sont les grands enjeux dont nous devrions débattre au cours de la campagne électorale qui s’amorce, selon elle? «Nous avons l’impression que l’architecture montréalaise est issue de politiques qui changent continuellement : s’il existe bien divers plans (transports, préservation du patrimoine), une vision d’ensemble semble manquer. L’un des grands chevaux de bataille de l’Ordre est d’encourager la création d’une politique nationale de l’architecture et de l’aménagement», affirme la présidente. Elle ne souhaite évidemment prendre position pour aucun parti en lice, mais appelle de ses vœux une mobilisation forte pour un concours d’architecture sur l’avenir du pont Champlain. «La Ville s’était fixé comme objectif d’investir 240 M$ par année jusqu’en 2018 pour l’amélioration du transport à Montréal […]. Cet objectif n’a jamais été atteint : il y a eu 60 M$ en 2008, 104 M$ en 2009, ce qui représente de 25 à 30 % de l’objectif!» – Nathalie Dion Nouvelle présidente de l’OAQ «On ne peut pas rater cette occasion-là», souligne-t-elle avant d’ajouter, toujours au sujet des enjeux fondamentaux, qu’«il faut faire en sorte que l’ensemble de l’offre en matière de logement privilégie l’intégration des familles». Ce qui pourrait passer par l’augmentation du nombre de logements sociaux, croit-elle, mais aussi par des politiques encadrant la création de plus grands logements pour y installer les familles. Bref, dit en substance l’architecte Nathalie Dion, qui souhaite également une réactivation de l’investissement dans le réseau cyclable, «il faudrait penser davantage à une vision d’ensemble cohérente, plutôt qu’au seul profit à courte vue, comme ce fut le cas, par exemple, dans Griffintown, où l’on souhaite faire venir les familles, mais où personne n’a, semble-t-il, songé à construire une… école!» *** Palmarès Des bons coups, selon Nathalie Dion La Grande Bibliothèque (Croft Pelletier architectes/Gilles Guité/Patkau architectes), résultat d’un concours d’architecture. Elle est la bibliothèque la plus fréquentée en Amérique du Nord. En 2011, elle a reçu 2,7 millions de visites, ce qui la place devant la bibliothèque de Toronto. Pavillon Claire et Marc Bourgie du Musée des beaux-arts de Mont*réal (Provencher Roy et associés). Planétarium de Montréal (Cardin Ramirez Julien et Ædifica). Habitat 67, Moshe Safdie (Safdie Architects). De moins bons coups Parfois, des architectes qui débordent de talent doivent composer avec les demandes de leurs clients. Hélas, il arrive que les profits passent avant la qualité. La Maison symphonique de Montréal est un bâtiment fort intéressant, mais il aurait pu l’être davantage. Lorsque des consortiums PPP (partenariat public-privé) décrochent des contrats en raison de leur montage financier, cela se fait au détriment de la qualité. La salle est très belle, l’acoustique y est excellente, mais lorsqu’on en sort, cela n’a rien à voir avec la beauté de l’aire d’attente de la salle Wilfrid-Pelletier ou celle de la salle Maisonneuve.» «L’autoroute métropolitaine (la 40). La solution? On pourrait s’inspirer de New York, où l’on a transformé une infrastructure de trains surélevée qui traversait une zone industrielle et d’anciens abattoirs en projet vraiment formidable, le High Line. C’est devenu une promenade parsemée de végétation. L’un des plus beaux lieux de la ville avec sa vue imprenable sur la rivière Hudson.»
  20. Suite au poste de UrbMtl ... Lemay a annoncé avoir complété l’acquisition de trois filiales québécoises du groupe torontois IBI, soit DAA, Cardinal Hardy Architectes et Martin Marcotte / Architectes. Lemay a également annoncé la formation d’une coentreprise avec le Groupe IBI en Chine. De plus, Lemay s’établit dans les Caraïbes avec cette transaction. Enfin, elle permet à Lemay de devenir un chef de file canadien en design intégré de l’environnement bâti. « Cette annonce incarne de manière exceptionnelle la poursuite de notre objectif de mieux servir à la fois les besoins grandissants de nos clients et ceux des communautés de demain », a déclaré Louis T. Lemay, président de Lemay. « Nous sommes convaincus que la grande complémentarité des entités que nous jumelons aujourd’hui et la qualité du talent, de l’expérience et des réalisations de notre équipe font du nouveau Lemay un joueur incontournable de l’industrie et, plus que jamais, un partenaire stratégique de calibre mondial. Cela constitue également une occasion unique de faire rayonner le talent inégalé et le savoir-faire des créateurs d’ici à l’échelle internationale et de créer de la richesse au Québec et au Canada », a poursuivi M. Lemay. Avec l’acquisition de ces trois entités et la création de la coentreprise chinoise, Lemay rassemble désormais près de 500 professionnels et renforce sa position de première société québécoise dans les services de conception intégrés et de quatrième en importance au Canada. À l’international, l’entreprise entre également au prestigieux palmarès des 100 plus importantes sociétés du domaine. http://www.portailconstructo.com/actualites/lemay_acquiert_daa_cardinal_hardy_architectes_martin_marcotte_architectes
  21. Publié le 04 avril 2011 à 00h10 | Mis à jour à 00h10 Amphithéâtre: trois concepts impressionnants (Trois-Rivières) À moins de circonstances exceptionnelles, c'est aujourd'hui qu'on devrait savoir de quoi aura l'air l'amphithéâtre de Trois-Rivières. Les trois projets finalistes du concours d'architecture ont fait l'objet d'une présentation publique, hier soir. Les architectes en ont profité pour expliquer leur concept et répondre aux questions du jury, qui doit délibérer aujourd'hui et atteindre un consensus sur le projet gagnant. LE TEMPLE de Paul Laurendeau Architecte. L'amphithéâtre est positionné le plus près possible de la rivière Saint-Maurice. Concept déployé autour de l'idée d'un immense toit de membrane composite reposant sur huit colonnes. Plus de 200 personnes ont assisté à cette présentation publique au cours de laquelle, pour la première fois, on a pu voir de quoi avaient l'air les trois projets finalistes. Les architectes représentant les firmes finalistes avaient tout mis en oeuvre pour concocter des présentations efficaces, informatives et parfois même étonnantes. En fait, ce qui a semblé surprendre les spectateurs qui assistaient à cette présentation, c'est le fait que les trois projets sont très différents les uns des autres. Ils respectent évidemment l'aspect fonctionnel recherché - un amphithéâtre extérieur avec une partie couverte de 3500 sièges et un parterre gazonné de 6500 places - mais ils évoquent, chacun à leur façon, l'idée de doter cet emplacement unique d'un landmark ou d'une image de marque. MODULATION ORCHESTRÉE de ArchitemWolff Shapiro Kuskowsky Architectes. Création d'un volume imposant qui dissimule la cage de scène. Superposition de revêtements qui créent un effet cinétique selon le positionnement. Les architectes de Sid Lee Architecture a proposé une immense coquille ouverte reposant sur trois pieds dont un menant vers un observatoire. La firme Architem a proposé de son côté un amphithéâtre dont le toit allait devenir une place publique, un espace de verdure, à l'ombre d'une imposante structure dont les parois s'animent par un effet de superposition de revêtements. Enfin, Paul Laurendeau a proposé un projet à la fois simple et élégant, celui d'un vaste toit déposé sur huit hautes colonnes, rappelant en quelque sorte l'allure des temples anciens. Les représentants des trois firmes d'architectes finalistes ont dit avoir apprécié l'exercice de la présentation publique, chose à laquelle ils ne sont pas conviés fréquemment. «C'est une formule intéressante parce que l'architecture appartient au domaine public. Alors c'est intéressant d'avoir un public à qui ont présente notre projet», explique Jean Pelland, de Sid Lee Architecture. Cette idée de partager une expérience est partagée par Andrea Wolff, de la firme Architem. «Ça s'est bien passé. Je pense qu'on a eu un bon dialogue avec le jury. C'est toujours intéressant d'expliquer comment on fait ce travail de réflexion quand on a un projet majeur.» TRIPODE de Sid Lee Architecture. Les architectes ont voulu raconter leur projet à travers le passé du site. Il peut arriver, comme dans le cas de Paul Laurendeau, que cette présentation au cours de laquelle les architectes répondent aux questions du jury devienne une occasion de démontrer qu'on a bonifié le projet et tenu compte des commentaires formulés lors de la première étape. «Le jury m'avait demandé de retravailler certains aspects comme l'idée d'avoir une image de marque. C'est comme ça qu'est venue l'idée des lettres géantes», note-t-il. Chacun des finalistes disposait d'une heure en tout, divisée en une présentation de plus ou moins trente minutes et une période de questions de la part des membres du jury. La plupart de ces questions portaient sur des éléments spécifiques du projet comme l'acoustique, les accès, les perspectives et les fonctionnalités scénographiques. Les finalistes attendent maintenant le verdict du jury, qui doit faire connaître sa décision aujourd'hui. Ce n'est toutefois pas ce soir que ce choix sera entériné par le conseil municipal. On parle plutôt du 18 avril, le temps de faire les vérifications d'usage avec l'architecte qui sera choisi. Outre le maire Yves Lévesque, dix conseillers municipaux ont assisté à la présentation, hier soir. Catherine Dufresne aura finalement été la seule représentante du Groupe des sept, auquel s'est même permis de faire allusion, avec humour, l'architecte Paul Laurendeau, visiblement bien informé de la culture trifluvienne et de l'actualité locale. Dans la salle se trouvaient aussi la députée de Champlain à l'Assemblée nationale, Noëlla Champagne, l'ex-député de Trois-Rivières André Gabias, plusieurs architectes, ingénieurs, fonctionnaires de la ville, ainsi que des représentants des milieux économique et culturel. Un promoteur intéressé à développer la portion résidentielle de Trois-Rivières sur Saint-Laurent était aussi au nombre des invités. Rappelons qu'au départ, quarante-sept dossiers avaient été déposés à la Ville pour ce concours d'architecture. Les trois finalistes avaient été dévoilés en novembre dernier. Chacun d'entre eux s'était vu octroyer un budget de 130 000 $ pour développer leur proposition.
  22. Nom: McGill University Healthcare Center - MUHC Hauteur: Coût du projet: 1 800 000 000,00 $ Promoteur: Gouvernement du Québec Architectes: IBI Group, HDR, Yelle-Maillé, NFOE Emplacement: Ancienne gare de triage Glen Début de construction: 2010 Fin de construction: 2015
  23. Urbanisme - « À un promoteur prêt à investir qui promet 33 millions en taxes, on dit oui » Le Devoir Catherine Lalonde Édition du samedi 02 et du dimanche 03 mai 2009 Mots clés : Odile Hénault, Acfas, Urbanisme, Université, Congrès, Montréal Il faut craindre un Griffintown à la Devimco En design urbain, si Montréal se félicite du Quartier international, la formule n'est cependant pas automatiquement reprise. Odile Hénault, de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), revient d'ailleurs sur le projet de développement destiné à Griffintown qu'a déposé Devimco. Architecte de formation, autrefois présidente de l'Ordre des architectes du Québec, Odile Hénault a vécu à Barcelone, Bogotà, Manille et Washington. Elle a travaillé en design et en architecture et vient d'être nommée directrice du Centre artistique EST-NORD-EST, à Saint-Jean-Port-Joli. Sa communication au congrès de l'ACFAS est une analyse de ce qu'elle appelle «le gâchis de Griffintown». «La petite histoire de Griffintown est tellement désolante», déplore Mme Hénault en entrevue téléphonique. Rappelons que le promoteur Devimco a proposé à la Ville de Montréal un projet qui prévoyait l'aménagement de 17 îlots urbains sur 12 hectares, tout près du Vieux-Montréal. Hôtels, salle de spectacle, tours d'habitation, stationnements, le tout autour d'un centre commercial, qui tous devaient être construits grâce à un investissement de Devimco s'élevant à 1,3 milliard de dollars. La Ville de Montréal a évalué les futurs revenus fonciers à 30 millions par année. Une offre alléchante. «Montréal est tellement serré [financièrement], explique Mme Hénault, que, à un promoteur prêt à investir qui nous promet 33 millions en taxes, on dit oui.» Mais, selon elle, c'est une pensée à courte vue. «Le Vieux-Montréal est un vrai bijou, mais il est encadré d'un côté par Griffintown, qui est un gâchis, et de l'autre côté par la gare Viger. La Ville va étouffer son bijou et finir par perdre les touristes.» Heureuse crise Heureusement, poursuit Mme Hénault, la crise économique a mis un holà au projet. Mais «un Plan particulier d'urbanisme a été adopté en 2008 et permet désormais à des promoteurs individuels de construire en hauteur, de manière totalement anarchique, sur un site qui est une véritable porte d'entrée de Montréal. Là où on permettait huit étages, on en permet aujourd'hui 22. Griffintown n'est pas un projet réfléchi. C'est une idée de promoteur pour faire de l'argent rapidement autour d'un centre commercial. Devimco a fait le Quartier DIX30. Ça s'appelle un porte-folio. Quand on fait le DIX30, c'est qu'on pense comme ça, qu'on va utiliser des architectes médiocres, parce qu'on ne connaît pas autre chose.» Mme Hénault rêve d'un projet réfléchi comme celui de l'Île à Nantes, en France. Sur un site beaucoup plus grand, qui est dans la même situation géographique par rapport à la ville ancienne et au port que Montréal, un plan progressif a été instauré. «Ils ont commencé par une série d'espaces publics extrêmement agréables. Les gens découvrent tout à coup le paysage et se disent: "Mon Dieu, quelle merveille!"» Mme Hénault s'inspire aussi du village olympique de Barcelone. «Dans un plan où il y avait beaucoup de bâtiments à construire, ils ont regardé les gagnants des prix d'architecture au cours des cinq dernières années. Ici, au Québec, on a le Prix d'excellence de l'Ordre des architectes et la Médaille du gouverneur général.» Car Odile Hénault croit davantage à la perspective des architectes. «J'ai vraiment des doutes sur la capacité des urbanistes au Québec à faire un travail visuel.» Succès québécois Et pourtant, du positif, ici, il y en a. «Ce que j'ai vu de plus marquant, c'est la promenade Samuel-De Champlain à Québec. Pour l'intelligence de l'architecture et pour les gens qui ont protégé la cohérence du projet. Aussi, l'environnement autour de la place Jean-Paul-Riopelle à Montréal. Ce sont les mêmes architectes et urbanistes qui préparent le Quartier des spectacles, à mon avis, ça va être un projet remarquable.» Mais qu'est-ce qui fait qu'un même maire, Gérald Tremblay, entérine un projet aussi allumé que le Quartier des spectacles et, à l'opposé, Griffintown? «C'est terrible à dire, mais le maire ne comprend pas la différence entre une bonne et une mauvaise architecture. Il est obsédé par l'argent à faire avec les revenus des taxes. De temps en temps, il est chanceux, quand il a quelqu'un de solide comme Clément Demers [qui a travaillé sur le Quartier international de Montréal et sur le Quartier des spectacles]. Le maire Tremblay croit que l'architecture est une question de goût. C'est une question de connaissances, d'expérience, de réputation. Kent Nagano a été engagé à l'Orchestre symphonique parce qu'il est reconnu internationalement. Pourquoi on engage de mauvais architectes, qui n'ont jamais eu de prix, alors qu'on ne le ferait pas pour l'orchestre? Les bâtiments demeurent beaucoup plus longtemps. Il y a des critères de sélection qui se définissent par l'histoire et la culture. Ce n'est pas le goût qui entre en ligne de compte.» *** Collaboratrice du Devoir *** - «Le cas du projet Griffintown-Devimco à Montréal», le mardi 12 mai à 10h30. http://www.ledevoir.com/2009/05/02/248473.html (2/5/2009 9H19)
  24. Nos cousins de l'Hexagone s'interrogent... LE MONDE BOUGE - Bertrand Delanoë en voudrait. Les opposants agitent l'épouvantail Montparnasse. Pourtant, écolos, économes, insérées dans la ville, les tours auraient de quoi séduire. Et si elles étaient l'occasion de réfléchir à l'avenir de la métropole ? Il est 5 heures, Paris s'éveille, la tour Eiffel a froid aux pieds. D'en haut, depuis des décennies, le paysage parisien est immuable : au loin, les tours de la Défense ; plus près, celles du Front de Seine ; derrière, Montparnasse et le quartier Italie ; mais partout ailleurs, la même toise haussmannienne, figée en 1977 par Valéry Giscard d'Estaing, confortée en 2006 par le Plan local d'urba*nisme : 25 mètres dans le centre, 37 mètres sur les pourtours. Pas un de plus. Et voilà qu'à l'automne 2007 Bertrand Delanoë sort de son chapeau le travail de onze équipes d'architectes priées de plancher sur la question : et si on construisait de nouvelles tours à Paris ? Pas au centre, déjà l'un des plus denses du monde, mais sur trois sites - Masséna, Bercy, porte de la Chapelle - actuellement à l'état de friche, entre boulevards des maréchaux et périphérique. Pas des projets très aboutis, juste des hypothèses. Dont la presse a rendu compte, saluant certaines audaces. On s'attendait à ce que Delanoë en fasse un thème de campagne, mais il n'en fut rien. Sans doute parce qu'il lui fallait préserver sa majorité : si Françoise de Panafieu s'est finalement déclarée « pas opposée à un ou deux très beaux gratte-ciel aux portes de Paris », les Verts, eux, y restent farouchement hostiles. Antiécologiques ? Pour Yves Contassot comme pour Denis Baupin, les tours ne seraient pas seulement antiécologiques, elles seraient aussi d'arrogants symboles de la mondialisation. Sur ce dernier point, on ne leur donnera pas tort : de Londres à Dubai, de Moscou à Kuala Lumpur, le « toujours plus haut » est d'abord le fait de la puissance financière - d'ail*leurs, plus une seule tour ne se construit sans sa salle des marchés. Les deux mégaprojets de la Défense, la tour Generali et la tour Phare, plus de 300 mètres chacune, ne font pas exception à cette logique de l'argent roi. En revanche, n'en déplaise aux Verts, ces deux constructions (lancées cette année) s'annoncent comme des modèles en matière d'économies d'énergie. On ajoutera que 90 % des 200 000 travailleurs de la Défense se déplacent en transports en commun ; et que les tours vont à rebours de l'infernal étalement urbain qui, de hangars commerciaux en lotissements pavillonnaires, de parkings en autoroutes, grignote et ravage le territoire... Les écologistes ne se tromperaient-ils pas de combat ? Combat perdu, de toute façon. S'ils ne voient pas le jour sur les friches parisiennes, des immeubles de grande hauteur se profilent bel et bien juste de l'autre côté du périphérique. A Boulogne, Jean Nouvel travaille sur sa tour Horizon, une sorte de vaisseau dans les airs. Portzamparc planche pour Bouygues à Issy-les-Moulineaux. Et des projets seraient à l'étude à Bagnolet, Saint-Ouen, Clichy... Alors tentons de dépasser le débat trop simple « pour ou contre » les tours. Inscrivons-le plutôt dans la question de la ville, la grande ville : dans quelle métropole voulons-nous habiter ? Pourquoi tant de haine ? Trente-six ans après son inaugu*ration, la tour Montparnasse reste la grande mal-aimée des Parisiens. D'ailleurs, la blague court toujours les comptoirs : « C'est de son sommet qu'on a la plus belle vue de Paris : normal, de là-haut, on ne la voit pas ! » Et quand, cet hiver, le Conseil national de l'ordre des architectes a investi son 47e étage, Charlie Hebdo a persiflé : « C'est comme si l'ordre des médecins s'installait à la morgue ! » Décidément, ces 210 mètres de béton-verre-fer n'ont jamais séduit personne. Parce que la tour est (vraiment) très haute, (plutôt) ratée et (surtout) pas au bon endroit - car terriblement isolée. Sans tous ses défauts, eût-elle pour autant trouvé grâce ? « Les Français n'ont jamais aimé ce qu'on a longtemps appelé les gratte-ciel », rappelle Daniel Le Couédic, historien de l'architec*ture. « Traduction littérale de l'américain "skyscraper", l'expression souligne la provenance de ces immeubles : Boston et New York où, à la fin du XIXe siècle, des architectes audacieux ont inventé des techniques permettant de construire sur plusieurs dizaines d'étages. Pendant longtemps, nos architectes, formés aux Beaux-Arts et ne rêvant que du Prix de Rome, ont regardé l'affaire avec un peu de condescendance. Du genre : "Pas mal, oui, mais... pour les Américains". » Par chez nous, aucune construction ne s'en va chatouiller les nuages, à l'exception de la tour Eiffel (1889, 300 mètres) - mais c'est d'abord une sculpture - et du quartier des Gratte-Ciel (1934, 60 mètres) à Villeurbanne. Ce dernier, qui réunit la mairie, le Théâtre national populaire et des immeubles d'habitation, forme, à l'instar de Manhattan, de véritables rues. L'opération est plutôt bien accueillie ; tout comme la tour Perret à Amiens (1952, 110 mètres), qui rappelle les beffrois de Picardie. Le divorce apparaît dans les années 60-70, avec ces tours banalisées jetées au hasard sur l'herbe ou, pis, sur dalles, pour « séparer la circulation des voitures de celle des piétons », selon les principes édictés par Le Corbusier dans la Charte d'Athènes. A Paris, le quartier des Olympiades (13e arrondissement) ou celui du Front de Seine (15e) représentent l'archétype de cette « rénovation urbaine » à la sauce Pompidou : laide, brutale, et pleine de courants d'air. Giscard impose le retour à la fameuse toise haussmannienne - 25 mètres dans le centre, 37 mètres à la périphérie. Taxées d'« architecture criminogène » par le ministre de la Justice Alain Peyrefitte, les tours tombent bientôt devant les caméras du journal télévisé : la première implose aux Minguettes, en 1983. « Depuis, à droite comme à gauche, la propagande n'a pas changé », remarque Daniel Le Couédic, qui assure avoir entendu Jean-Louis Borloo, alors ministre délégué à la Ville, répéter un jour en boucle : « Nous allons détruire des tours pour construire des maisons pour les mamans. » Peut-on y vivre ? Des comme ça, il y a longtemps qu'on n'en fait plus : 50 mètres de haut et 17 étages pour une centaine de logements sociaux en bordure de périphérique. Construite en 1959, rénovée en 1990, la tour Bois-le-Prêtre, porte Pouchet (17e), va connaître un lifting radical entre les mains de deux architectes en vogue, Anne Lacaton et Philippe Vassal. Leur excellent projet prévoit d'élargir l'immeuble de 3 mètres sur ses quatre faces afin de doter tous les appartements de vastes loggias ouvrant sur l'extérieur. Voilà qui fera la différence en termes d'espace vital ; en termes d'isolation aussi : les loggias joueront un rôle de sas. Les économies de chauffage (50 %) compenseront les hausses de loyer. Sans parler du bruit du périph, atténué. Bref, l'actuelle boîte anxiogène avec ses trop petites fenêtres devrait devenir un très vivable belvédère. « Interrogez les gens qui habitent en hauteur : la plupart adorent la vue, le ciel, leur sort », assure l'architecte Eric Lapierre, qui, après avoir planché dans le « groupe hauteur » de Delanoë, en tire quelques conclusions iconoclastes. « La tour n'est pas adaptée au logement social. Trop technique. Trop chère à entretenir. Il faut, comme à New York, y faire habiter les "riches". A moins d'y organiser une mixité sociale inverse de celle du modèle haussmannien : en haut, des appartements en accession à la propriété ou en loyers libres et, en bas, des HLM. Ce serait une solution pour éviter l'exil des plus pauvres vers la lointaine banlieue. » D'autres, comme Jacques Ferrier, fervent défenseur des tours « intelligentes », poussent plus loin l'idée de mixité. « Pour partager les charges, forcément lourdes, il faut, comme cela se fait en Hollande ou en Allemagne, prévoir différents types d'occupation des lieux. En bas, des commerces, des bureaux, des équipements publics ; au-dessus, un hôtel par exemple ; et enfin, dans les étages loin du bruit et des nuisances, des logements avec de belles terrasses. Rien ne l'interdit en France, sauf la frilosité des promoteurs et l'inertie de l'administration. » Reste ensuite, et c'est l'essentiel pour rendre l'objet habitable, à l'insérer dans le tissu urbain, en respectant les alignements sur rue pour assurer la continuité de l'espace public. « Comme à New York, dit encore Jacques Ferrier : le piéton sur le trottoir qui lèche les vitrines ne sait pas s'il a cinq ou cin*quante étages au-dessus de la tête. Il est en ville, point. » Ecolo, la tour ? Elle s'appelle Hypergreen et, comme son nom l'indique, elle est écolo, et même hyper écolo. Eoliennes au sommet, capteurs solaires, double peau jouant un rôle de brise-soleil, ventilation naturelle et récupé*ration de l'eau de pluie pour des jardins-serres courant sur toute la hauteur. Un rêve vert dans l'éther, à convertir le tourophobe Denis Baupin ! Sauf qu'Hypergreen, projet de l'Agence Jacques Ferrier, n'existe pas. Mais elle ressemble à la matrice du futur : la tour Phare, gratte-ciel de plus de 300 mètres que s'apprête à construire à la Défense l'architecte californien Thom Mayne, reprend les mêmes principes (éoliennes, capteurs, double membrane en *verre filtrante). Date de livraison prévue : 2012. Un cabinet français, Valode et Pistre, qui achève actuellement à la Défense la tour T1, élégante feuille de verre de 200 mètres de haut, travaille sur la même piste : toujours à la Défense, la tour Generali, 318 mètres, sera en 2011 la plus haute tour d'Europe. Et la plus écolo ? Denis Valode ne biaise pas : « Une tour est naturellement énergivore. Il faut davantage de matière pour la cons*truire et davantage d'énergie pour la faire fonctionner. » Pour la construction, il existe des solutions : « Les techniques modernes permettent de consommer moins de béton. » Mais c'est surtout à l'usage que la tour Generali devrait s'avérer peu gourmande, grâce aux mêmes principes de production d'énergie douce : « La consommation sera inférieure de 60 % à celle d'une tour standard. » Et vous savez quoi ? Les fenêtres s'ouvriront. L'été, on pourra récupérer la fraîcheur de la nuit... Bon sang, les architectes ont parfois de ces idées futuristes ! Des tours, d'accord... mais pour quelle ville ? Etre dedans ou dehors, telle est d'abord la question. « L'occupant de la tour est au paradis. Il plane sur la ville », dit l'urbaniste Bruno Fortier.Pas étonnant alors que ses habitants, sur le Front de Seine comme dans l'habitat social, ne déménagent pas. Seulement, habiter une tour, poursuit Fortier, « est une position narcissique, presque aristocratique. Or la réinvention de la cité doit être démocratique. Il faut se jeter dans la proximité, la densité, fabriquer des lieux où l'on ait envie de flâner ». C'est d'autant plus difficile avec des tours isolées. Alors que les villes du XIXe siècle, Chicago ou New York, les regroupaient, créant un paysage, un fantastique urbain, on « pose » aujourd'hui des objets singuliers, de plus en plus spectaculaires, sans lien avec la rue. Certes, répond l'urbaniste Jacques Ferrier, mais, même isolées, les tours jouent un rôle de repère : « Quand vous roulez sur le périphérique, d'un côté, le Sacré-Coeur, la tour Eiffel, Montparnasse, le Panthéon vous offrent, comme autant d'amers, une cartographie de Paris. De l'autre ne s'étale qu'une morne banlieue, sans rien qui dépasse. Comment s'y retrouver ? Avec quelques tours ici, un stade là, des monuments en somme, ce territoire s'identifierait beaucoup mieux. » C'est donc au-delà du périphérique qu'est l'enjeu. A Paris, ville cons*truite à 98 %, les tours que suggère Bertrand Delanoë sur les quelques rares no man's land des pourtours auraient au moins le mérite de retisser un lien entre la ville et sa proche banlieue. Plus loin, en revanche, les cités très peu denses des années 70 constituent de formidables réserves foncières. Il faut donc construire dans les vides. Construire, mais quoi ? « L'urgence est de fabriquer des tissus complexes et denses, poursuit Bruno Fortier. Dans ce contexte, la tour ne peut être qu'une exception excitante et amusante. » Quel serait alors le projet de ville ? Bruno Fortier évoque un grand Paris polycentrique. On déterminerait des noeuds urbains, dotés d'infra*structures et d'une certaine magie géographique. « Un aéroport, la confluence de la Marne et de la Seine, ou l'île Seguin, ça crée un paysage. A partir de là, on peut tout imaginer. » Même des tours. Mais elles ne seraient qu'un des éléments du fantastique urbain. . Luc Le Chatelier et Vincent Remy Télérama n° 3036 A LIRE : “Des tours à Paris”, revue “Criticat”, janvier 2008, 14 €. “25 Tours de bureau”, d'Elisabeth Pélegrin-Genel, éd. AMCLe Moniteur, 160 p., 49 €. “Making of, Phare & Hypergreen towers”, collectif autour de Jacques Ferrier, éd. AAM, 144 p., 15 €. “Gratte-ciel contemporains”, de Cécile Giroldi, Eric Höweler et Stéphanie Algave, éd. Flammarion, 239 p., 35 €.