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L'avantage chinois s'étiole

 

2 août 2008 - 12h37

La Presse

Hugo Fontaine

Le fabricant de meubles de bureau Teknion, Roy & Breton, dont quatre usines sont situées sur la rive sud de Québec, a son propre bureau à Shanghai. Présente depuis quatre ans en Chine, l'entreprise y fait encore de bonnes affaires. Mais désormais, elle jette aussi un coup d'oeil aux pays voisins.

 

Teknion, comme bien d'autres manufacturiers occidentaux, est victime de la hausse importante des coûts de production en Chine, qui était il n'y a pas si longtemps une destination évidente pour la fabrication de produits manufacturés.

 

Mais c'était avant l'arrivée de l'inflation galopante (4,8% en 2007, 7,1% en 2008), de la hausse des coûts de main-d'oeuvre (18% pour les ouvriers des villes au premier semestre de l'année), de la réévaluation du yuan chinois, du recul du dollar américain (avec lequel tout se transige) et de l'augmentation des coûts de transport.

 

Sans oublier la diminution progressive, par le gouvernement chinois, des crédits à l'exportation.

 

Léo-Karl Fischlin, président de Jeans Warwick, évalue que ses coûts ont augmenté de 20 à 30% en Chine depuis quatre ans. Environ 75% de sa production y est concentrée.

 

Du côté de la montréalaise Claudel Lingerie, qui a déménagé la totalité de sa production en Chine en 2005, le président François Lapierre parle d'une hausse de 15% en une seule année.

 

En deux ans, les coûts de main-d'oeuvre du fabricant Tristan en Chine ont augmenté de 40%, selon son président Gilles Fortin. Et on ne parle que des coûts de main-d'oeuvre.

 

Car s'il n'était question que de hausse des salaires, fut-elle élevée, les manufacturiers n'en seraient pas trop affectés, soutient le directeur corporatif de l'approvisionnement de Teknion, Roy & Breton, Mario Forgues. Mais cela vient s'ajouter à tout le bouquet de changements économiques.

 

«C'est encore bon de faire des affaires en Chine, soutient néanmoins M. Forgues. Mais il faut mieux choisir nos produits, être plus stratégique. Ça veut dire aller chercher des produits qui ont de plus en plus de valeur ajoutée ou des produits qui s'empilent mieux dans des conteneurs, de sorte que chaque conteneur livré ait la meilleure valeur possible.»

 

Il en coûte 5000$ pour faire voyager un conteneur de la Chine jusqu'à Québec, indique Mario Forgues.

 

L'indice Baltic Dry, qui mesure le coût du fret dans le monde, a augmenté de 250% depuis deux ans.

 

Peu d'alternatives

 

«Avec l'augmentation des prix, la Chine ouvre la porte à ses compétiteurs et ils nous permettent de résister avec une tranche de production nord-américaine», note Gilles Fortin.

 

«C'est certain que les prix augmentent et ça nous oblige carrément à aller voir ailleurs», dit Léo-Karl Fischlin, de Jeans Warwick.

 

Les manufacturiers s'installent ou font de l'exploration de l'Inde à l'Indonésie, en passant par le Bangladesh, le Vietnam et la Malaisie.

 

Mais pour l'instant, aucun de ces pays n'égale «l'avantage chinois».

 

«En Chine, ce n'est pas aussi avantageux qu'avant, ça coûte plus cher que ça coûtait, mais ce n'est pas tous les pays qui ont des infrastructures aussi développées», dit Gilles Fortin.

 

Le Vietnam, par exemple, peut être attirant en raison des salaires moins élevés. «Mais si vous êtes pressés et que vous devez faire livrer quelque chose par air, il y a bien plus d'avions qui décollent de Shanghai et de Hong Kong que de Ho-Chi-Minh-Ville», souligne M. Fortin.

 

Quant au Bangladesh, la fiabilité, un élément crucial pour un manufacturier, y est bien inférieure à celle offerte en Chine. «Dans ce pays, tout ce qui peut aller mal va aller mal, dit François Lapierre, mi-blagueur, mi-sérieux. On travaille un peu avec le Bangladesh, mais c'est encore très laborieux.»

 

La Chine reste en avant

 

Quand La Presse Affaires a demandé aux manufacturiers s'ils prendraient la même décision aujourd'hui que le jour où ils ont décidé de faire affaire avec la Chine, aucune réponse n'a été franchement négative.

 

«Je choisirais encore la Chine, répond Léo-Karl Fischlin. C'est encore eux qui ont les meilleurs qualifications et c'est encore presque 50% moins cher qu'au Québec. Dans mon secteur, c'est encore ce qu'il y a de mieux.»

 

Il est aussi important de mentionner que la situation n'est pas partout pareille dans l'empire du Milieu, comme le fait remarquer François Lapierre, de Claudel Lingerie.

 

«Nous sommes situés dans le nord du pays, dans les campagnes, donc nous sommes moins affectés par les hausses de salaire ou l'inflation, contrairement à ceux qui sont situés dans le sud ou sur la côte.»

 

«Avant que l'inflation et les hausses de coûts de main-d'oeuvre rattrapent le reste du pays, on a encore quelques années devant nous», ajoute M. Lapierre.

Les produits chinois les plus importés par le Canada en 2007

 

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