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La récession mondiale, un plus pour Montréal

Publié le 27 juillet 2009 à 06h35

Mis à jour à 09h18

 

 

Hugo Fontaine

 

La Presse

(Montréal) À quelque chose malheur est bon. La récession qui afflige la planète vient renforcer l'attrait qu'exerce Montréal auprès des entreprises et des investisseurs étrangers.

 

Les faibles coûts d'exploitation d'une entreprise à Montréal sont un des principaux arguments de vente de l'organisme de promotion Montréal international (MI). Ils prennent une importance encore plus grande en période de récession.

 

«Le moment est opportun, a confirmé le président-directeur général André Gamache au cours d'un entretien avec La Presse Affaires. On est encore plus attrayant. Le rapport qualité-coût dans le choix d'une ville d'établissement devient encore plus important pour les entreprises.»

 

«Pendant cette récession, le Canada, le Québec et Montréal s'en sortent mieux qu'ailleurs», ajoute M. Gamache. La diversité industrielle de Montréal et la solidité du système bancaire canadien expliquent en partie cette situation.

 

 

Signe que les entreprises ont des préoccupations nouvelles qui pourraient favoriser la métropole québécoise, un indicateur de la stabilité des banques - qui place le Canada au premier rang mondial - a fait son apparition dans le numéro 2009-2010 des Indicateurs d'attractivité, principal «document de vente» de Montréal international auprès des investisseurs étrangers.

 

Ces «indicateurs d'attractivité» permettent de comparer (avantageusement, il va sans dire) les attributs de Montréal par rapport aux autres villes du Canada et des États-Unis. On y apprend par exemple que le nombre d'étudiants universitaires par habitant est le plus élevé des grandes agglomérations nord-américaines, ou que les avantages fiscaux y sont les plus intéressants.

 

André Gamache insiste sur deux indicateurs qui, à ses yeux, font la plus grande force de Montréal: les faibles coûts d'exploitation d'une entreprise et la compétence de la main-d'oeuvre.

 

Mais la récession a beau représenter une occasion, elle n'a pas que de bons côtés. «Pour l'instant, il y a plus de projets en attente qu'en réalisation, note-t-il. Plusieurs entreprises ont le pied sur le frein, elles révisent leurs plans d'affaires et sont plus prudentes.»

 

Et la récession n'efface pas non plus ce qui joue contre Montréal. Sauf que M. Gamache a des réponses aux objections. Le climat est difficile, «mais la ville est opérationnelle malgré les tempêtes hivernales». Les centres financiers se déplacent vers Toronto, «mais les outils financiers sont quand même à Montréal, nous avons ce qu'il faut».

 

La croissance économique n'est pas énorme au Québec, surtout en raison de la faible croissance démographique, mais «on mise sur l'innovation pour contrer cela et on résiste avec la diversité économique».

 

Un front commun canadien

 

Si M. Gamache est convaincu et convaincant quand il présente les avantages de Montréal, il sait que rien n'est immuable. «On n'est pas les seuls, les autres font des efforts», dit-il.

 

Il note les milliards de dollars que Barack Obama a consacré à la recherche et au développement, qui laissent présager une concurrence féroce dans l'avenir.

 

C'est justement pour faire face à la concurrence mondiale que Montréal international et ses homologues de 10 autres grandes villes canadiennes ont choisi de faire front commun (un front officieusement nommé le C-11).

 

«On a décidé de commencer à travailler ensemble pour un meilleur climat d'affaires, se réjouit André Gamache. Avant, c'était chacun de son côté. Aujourd'hui, on partage nos trucs et nos préoccupations. Et si 1$ s'investit à Toronto, on est content car on en tire quand même des bénéfices.»

 

Reste que la collaboration n'a pas effacé totalement les rivalités interurbaines. André Gamache, qui a évoqué une nouvelle stratégie pour attirer des investissements à Montréal, n'a pas voulu en dire plus, «parce que les gens de Toronto lisent aussi La Presse», a-t-il précisé en souriant.

 

Rapport du vérificateur

 

En mai, le vérificateur général a déploré dans un rapport le chevauchement et le manque de coordination des différents organismes de prospection des investissements étrangers.

 

Le vérificateur Renaud Lachance notait entre autres choses qu'il «n'existe aucun mécanisme officiel de collaboration entre Investissement Québec et Montréal international concernant les activités de prospection à l'étranger, alors que certains territoires sont couverts par les deux entités».

 

André Gamache n'en fait pas de cas. «Aucune note ne nous critique directement, répond-il. Et le volet coordination, c'est notre force. Sur le terrain, il n'y a pas de problème», assure-t-il.

 

«Il n'y a peut-être pas de mécanisme officiel, dit le directeur des communications de Montréal international, Louis Arseneault. Mais dans la réalité, ça marche.»

 

 

 

Montréal International en bref

 

Montréal international (MI) est un organisme de promotion et de démarchage pour attirer des investissements, des organisations internationales et de la main-d'oeuvre stratégique dans le Grand Montréal. MI soutient attirer des investissements d'environ 650 millions de dollars par année à Montréal. «Mais il ne faut pas se fier à la notoriété des investissements pour mesurer l'efficacité de l'organisme», note le directeur des communications, Louis Arseneault. Selon lui, plusieurs entreprises ne dévoilent pas l'aide obtenue par des organismes comme MI.

 

Parmi les entreprises attirées à Montréal en 2008, notons les françaises EPSILON (recherche en systèmes thermiques, 6,2 millions) et JPC Aviation (signalisation lumineuse, 2 millions) de même que l'italienne IDS (R&D en électromagnétique, 18,5 millions).

 

Environ 70% des investissements étrangers attirés par MI en 2008 appartiennent aux secteurs des technologies de l'information, des communications et de l'aérospatiale.

 

Montréal international compte une cinquantaine d'employés. Son budget annuel est de 8,2 millions, dont un million provient du secteur privé.

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