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Tu vis dans un univers rose acpnc. Personne ici à Montréal ne se soucie vraiment de la protection du patrimoine. L'administration municipale se contente du fait que l'enveloppe extérieure de l'édifice sera préservée. Ainsi on sauve les apparences. Pourtant comme tu l'écris si bien les solutions sont là -pourvu qu'on prennent la peine de faire les efforts nécessaires.

 

Mon cher Yara voici un document http://www2.ville.montreal.qc.ca/patrimoine/doc_enonce/politique.pdf de la Ville de Montréal qui présente les grandes lignes de sa politique patrimoniale. A lire particulièrement à partir des pages 39 à 53. On apprend notamment au début du texte que la Ville est soumise (comme toutes les autres) aux lois du Québec qui ont préséance sur sa propre réglementation. On réalise aussi les pouvoirs extrêmement limités dont elle dispose et surtout l'absence totale de moyens coercitifs, quand il s'agit de contraindre un propriétaire foncier à préserver certaines parties intérieures de bâtiments, classés ou non.

 

Tout au plus peut-elle sensibiliser les individus, les entreprises et les institutions aux respect du patrimoine et sa préservation, dans la mesure du possible. Elle peut assister, s'associer et même accompagner un tiers dans son action, mais n'a aucun droit de regard, ni pouvoir d'imposer sa propre volonté. Ce n'est donc pas une question de désintérêt, mais bien de droit en rapport à la propriété privée qui relève du code civil.

 

En ce qui a trait à Héritage Montréal, on reconnait là aussi son pouvoir restreint qui relève bien davantage de pressions publiques que de moyens réels d'actions. Pourtant on ne peut pas dire qu'ils ne sont pas engagés dans la préservation du patrimoine, mais comme tout le monde dans ce domaine, ils ont des ressources limitées et doivent eux aussi choisir leurs batailles.

 

J'ajouterais que pour défendre un dossier efficacement (ici cet ancien couvent), il faut en connaitre la teneur réelle, avoir un inventaire précis et une connaissance pointue des lieux. Pour cela il faut aussi avoir librement accès au site. Comme je doute que ce soit la cas, ni l'intérêt du promoteur pour des raisons de libre disposition de son bien. Il devient alors vraiment difficile d'intervenir pour quiconque voudrait influencer la direction des travaux.

 

Je reviens donc à ma position initiale et sans lunettes roses, en me disant que la valeur de certains "artéfacts" et leur rareté feront qu'on les sauvera peut-être pour en tirer un certain profit. D'ailleurs les entreprises qui se spécialisent dans ce type de rénovation, n'y vont pas à l'aveuglette et sont bien au fait d'un marché secondaire toujours à l'affut d'objets "précieux" qui valent leur pesant d'or.

 

Finalement on peut comprendre que la transformation majeure d'un édifice d'une vocation aussi particulière, en immeuble à condos. Forcera l'entrepreneur à ouvrir l'ensemble des murs et des divisions intérieures pour passer la plomberie, l'électricité et autres conduits, tout en délimitant de nouveaux espaces qui n'auront plus rien à voir avec les volumes antérieurs. Donc à partir du moment où on accepte une transformation radicale d'usage, on condamne irrémédiablement l'édifice patrimonial à la disparition quasi totale de son décor intérieur.

 

C'est la triste réalité du merveilleux monde de l'immobilier patrimonial. La reconversion est habituellement la seule façon de perpétuer l'existence d'une construction d'importance, mais elle a ses limites économiques. On y sauvera le corps, mais ironiquement c'est l'âme qui disparaitra généralement dans le processus:(

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Ce projet de conversion d'un couvent fournit une fois de plus l'occasion de réfléchir sur la protection et la préservation du patrimoine--un objectif noble, et sur les politiques et les resssources qui sont censées y contribuer.

 

Il se peut que, par réflexe, on trouve que les politiques et/ou les ressources (expertise, finance) sont systématiquement insuffisantes pour atteindre les objectifs énoncés. Il ne serait d'ailleurs pas difficile de compiler une foule d'exemples à l'appui. Mais on peut aussi vouloir aborder la question autrement, et conclure que les véritables politiques se manifestent justement par l'attribution (limitée) de ressources et d'outils légaux. Et avant de s'insurger, on pourrait peut-être s'interroger sur la place, ou l'importance, que l'on est prêt à accorder à (la protection et à la réservation du) patrimoine, parmi les priorités et les valeurs de notre société. A mon avis, cette place est grande, mais elle n'est pas absolue. Il y a/aura plusieurs cas où cette place est/sera secondaire. Par exemple, dans le cas de l'intérieur de ce couvent et des artéfacts qu'il renferme, on devrait s'ouvrir à l'idée que pour au moins une part importante de notre société, cela n'a plus de signification; et présumément, il en est de même pour la «clientèle touristique». Dès lors (c'est-à-dire si on accepte cette prémisse), la préservation in situ de tous les artéfacts dans leur environnement gardé intact n'ajoute pas de «valeur» par rapport à leur éventuelle dispersion. Evidemment, si ce couvent et ses artéfacts représentaient un exemple unique au monde, la conclusion serait différente--mais ce n'est certainement pas le cas.

 

Dans les circonstances, je serai satisfait si on pouvait conserver l'enveloppe extérieure du bâtiment. L'alternative--insister pour ne rien changer, risquerait plutôt de favoriser une irréversible détérioration du bâtiment, jusqu'à son éventuelle démolition.

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Si l'université de Montreal aurai garder ce couvent il aurait fait la meme chose qu'au college Dawson on strip tout et on garde l'envellope exterieur. Je ne vois pas comment on pourrait garder les planchers de bois francs par exemple. Point de vue residentielle par contre c'est plus facile de garder certain element de la decoration interieur. Je doit dire que c'est quand meme bien ce qu'ils on fait avec le College Dawson. Ils ont conserver pas mal la deco de la chapelle pour en faire une bibliotheque.

 

Dawson chapelle Library.jpg

 

 

 

Dawson.jpg

Ce projet de conversion d'un couvent fournit une fois de plus l'occasion de réfléchir sur la protection et la préservation du patrimoine--un objectif noble, et sur les politiques et les resssources qui sont censées y contribuer.

 

Il se peut que, par réflexe, on trouve que les politiques et/ou les ressources (expertise, finance) sont systématiquement insuffisantes pour atteindre les objectifs énoncés. Il ne serait d'ailleurs pas difficile de compiler une foule d'exemples à l'appui. Mais on peut aussi vouloir aborder la question autrement, et conclure que les véritables politiques se manifestent justement par l'attribution (limitée) de ressources et d'outils légaux. Et avant de s'insurger, on pourrait peut-être s'interroger sur la place, ou l'importance, que l'on est prêt à accorder à (la protection et à la réservation du) patrimoine, parmi les priorités et les valeurs de notre société. A mon avis, cette place est grande, mais elle n'est pas absolue. Il y a/aura plusieurs cas où cette place est/sera secondaire. Par exemple, dans le cas de l'intérieur de ce couvent et des artéfacts qu'il renferme, on devrait s'ouvrir à l'idée que pour au moins une part importante de notre société, cela n'a plus de signification; et présumément, il en est de même pour la «clientèle touristique». Dès lors (c'est-à-dire si on accepte cette prémisse), la préservation in situ de tous les artéfacts dans leur environnement gardé intact n'ajoute pas de «valeur» par rapport à leur éventuelle dispersion. Evidemment, si ce couvent et ses artéfacts représentaient un exemple unique au monde, la conclusion serait différente--mais ce n'est certainement pas le cas.

 

Dans les circonstances, je serai satisfait si on pouvait conserver l'enveloppe extérieure du bâtiment. L'alternative--insister pour ne rien changer, risquerait plutôt de favoriser une irréversible détérioration du bâtiment, jusqu'à son éventuelle démolition.

Modifié par andre md

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Force est d'admettre que c'est la nature même de la reconversion qui pèse de tout son poids sur la sauvegarde des éléments intérieurs d'un édifice patrimonial. Alors quand il s'agit de transformer ce dernier en logements individuels, l'intervention devient si invasive, qu'il n'est pratiquement pas possible de garder sur place le moindre élément qui fait obstacle. Et c'est sans parler de la consolidation de certaines structures portantes, la mise à niveau selon le code du bâtiment, la disparition de la majorité des cloisons et l'isolation des entre-étages. A cela bien sûr, on ajoute le retrait des anciennes conduites et le filage avec de nouvelles entrées indépendantes, etc etc.

 

On aura beau déplorer les ravages de la rénovation sur le patrimoine, qui fait disparaitre irrémédiablement le décor ancien, sans grandes possibilités de sauvegarde. C'est très souvent le prix à payer pour donner une deuxième vie à des édifices, qui autrement seraient disparus corps et bien, sans autre formalité. :(

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Coup de théâtre à l’ancien couvent du mont Royal

La liquidation du promoteur immobilier force la remise en vente du bâtiment historique

L’ancien couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui avait été acquis en 2015 par un promoteur immobilier, est de nouveau à vendre.<br />  Photo: Jacques Grenier Le DevoirL’ancien couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui avait été acquis en 2015 par un promoteur immobilier, est de nouveau à vendre.
 

Une longue bataille pour la préservation d’un bâtiment historique situé sur le flanc du mont Royal reprend de plus belle : l’ancien couvent des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui avait été acquis en 2015 par un promoteur immobilier, est de nouveau à vendre.

 

Selon ce que Le Devoir a appris, l’entreprise du promoteur Olivier Leclerc, qui souhaitait aménager des condos dans ce bâtiment patrimonial, est en voie d’être liquidée à cause d’une dispute entre les actionnaires. La firme PricewaterhouseCoopers (PwC) a le mandat de liquider la société Gestion M O, qui a acheté l’ancien couvent pour la somme de 29,5 millions de dollars, il y a deux ans.

 

Plus de 80 investisseurs se sont montrés intéressés par cet édifice patrimonial situé au 1420, boulevard du Mont-Royal à Outremont, a confirmé au Devoir la firme PwC. Les promoteurs doivent déposer 2 millions de dollars lorsque le liquidateur accepte leur lettre d’offre, indique Christian Bourque, de PwC.

 

En exigeant cette somme considérable, le liquidateur s’assure d’attirer des investisseurs qui ont les reins solides. Des « groupes importants dans le développement immobilier », établis surtout au Québec et en Ontario, lorgnent le bâtiment historique, selon Christian Bourque.

 

Une bataille à refaire

 

Ce coup de théâtre relance la bataille pour préserver cet édifice qui a longtemps abrité les religieuses des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. L’Université de Montréal avait acheté le bâtiment en 2003 dans le but de loger des salles de cours et d’autres services. La communauté religieuse avait cédé le bâtiment au prix d’ami de 15 millions de dollars pour soutenir la vocation éducative de l’endroit.

 

L’UdeM a décidé de vendre l’ancien couvent cinq ans après l’avoir acquis en invoquant l’ampleur des rénovations à effectuer. L’entrepreneur en construction Catania l’avait acheté pour 28 millions dans le but d’y aménager des condos, mais la transaction a été annulée en 2013 dans la foulée des scandales mis au jour par la commission Charbonneau.

 

Les plans du jeune promoteur Olivier Leclerc, qui visait à son tour à transformer le bâtiment en condos de luxe, ont été de courte durée : une dispute a éclaté entre lui et son associé Daniel Revah. Les actionnaires ont convenu de liquider l’entreprise pour dénouer l’impasse, révèle un document de la Cour supérieure daté du 3 mars 2017, que Le Devoir a obtenu.

 

Patrimoine mondial

 

Les appels à protéger la vocation éducative de l’ancien couvent se font déjà entendre. Jean-Claude Marsan, professeur retraité de la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal — qui fait partie d’un groupe de citoyens ayant tout tenté pour empêcher la transformation de l’édifice en condos —, estime que l’UdeM devrait racheter le bâtiment.

 

« La Ville de Montréal veut faire reconnaître le mont Royal comme un élément du patrimoine mondial de l’UNESCO, rappelle-t-il. Ça va être refusé dès le départ si les organismes censés protéger le mont Royal ne le font pas. »

 

La réponse de l’Université est arrivée sans tarder : « Le 1420, Mont-Royal a été vendu par l’UdeM parce qu’il ne répondait pas à nos besoins. Nous ne souhaitons pas le reprendre », indique Sophie Langlois, porte-parole de l’établissement.

 

L’entreprise Gestion M O, de son côté, reste solvable, même si elle est en voie de dissolution, souligne le liquidateur Christian Bourque. Joints par Le Devoir, les actionnaires de la firme ont décliné nos demandes d’entrevue.

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Il y a 1 heure, Né entre les rapides a dit :

Mon attention est attirée par les propos de Jean-Claude Marsan, ce qui me motive à poser la question suivante: est-ce que «protéger la vocation éducative de l'ancien couvent» est synonyme de « protéger le mont Royal»?

Je pense que le principe est de ne pas "privatiser" une partie du flanc du mont Royal. L'ancien couvent n'est sur un ilot isolé. L'entrée du parc du 3e sommet est juste derrière.

Après, on peut être d'accord ou non, mais la privatisation en bordure d'espace public d'intérêt est très d'actualité, même si certains ici se contredisent de temps en temps. On en a parlé par rapport au canal Lachine, puis dans le vieux pour et le projet Sax sur le fleuve.  

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Il y a 1 heure, UrbMtl a dit :

Je pense que le principe est de ne pas "privatiser" une partie du flanc du mont Royal. L'ancien couvent n'est sur un ilot isolé. L'entrée du parc du 3e sommet est juste derrière.

D'accord.  «Ne pas privatiser» veut dire conserver dans le domaine public.  Mais pourquoi insister (pas toi, mais ceux d'où émanent les appels) pour «protéger la vocation éducative»?  Non pas parce ce que je m'oppose à une «vocation éducative», mais il me semble que ce faisant on limite inutilement les options de ré-affectation.  Si l'objectif  réel est de conserver* le site et le bâtiment dans le domaine public, qu'on le dise, en toute simplicité; et qu'on n'impose pas cette «tâche» (et les dépenses que cela suppose) à une institution particulière (eg. l'UdeM) plutôt qu'à la communauté au sens large, représentée par la Ville de Montréal et/ou le Gouvernement du Québec.

Je sais bien que la transaction originale (vente par la communauté religieuse à l'UdeM) supposait la préservation de la vocation éducative, MAIS je pense que la transaction subséquente (vente par l'UdeM à des intérêts privés) consacrait/confirmait le reniement de ce principe. Il me semble problématique de vouloir revenir là-dessus maintenant.  En même temps, il est tentant d'observer que dans ce dossier, l'UdeM a agi comme tout bon spéculateur...

* en l'occurrence, il serait plus exact de dire «ramener», car à l'heure actuelle, c'est de propriété privée, suite aux transactions sus-mentionnées.

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