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Énergies vertes


Normand Hamel
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Des investissements de 6 milliards au menu de Boralex

Au cours des cinq prochaines années, Boralex a l’intention de mettre le cap sur le marché américain et d’investir 6 milliards pour se propulser à un niveau supérieur.

Hélène Baril - La Presse

« Tous les feux sont au vert pour Boralex », a résumé le vice-président aux finances Bruno Guilmette, après la présentation du plan stratégique de l’entreprise à un groupe d’analystes financiers. 

Une émission d’actions, des obligations vertes et des partenariats sont au menu pour financer ces investissements massifs, a fait savoir l’entreprise. 

Le recours à du nouveau financement n’est pas imminent, précise le président et chef de la direction de Boralex, Patrick Decostre, lors d’un entretien avec La Presse. « On a ce qu’il faut pour les 18 à 24 prochains mois », dit-il, à moins qu’une possibilité d’acquisition importante se présente. 

Les acquisitions sont au cœur de la stratégie de croissance de Boralex, qui se dotera d’une équipe consacrée à la recherche de possibilités et à la réalisation de transactions. « On a atteint une taille où ça devient nécessaire », estime son président. 

Si le plan rendu public jeudi se réalise, Boralex aura changé considérablement en 2025. L’entreprise veut doubler sa capacité de production d’électricité et augmenter de 10 % son bénéfice d’exploitation. 

Le secteur éolien, qui représente actuellement 82 % de la capacité de production de Boralex, diminuera jusqu’à 45 % en 2030. Dans la même période, la part de l’énergie solaire devrait passer de 12 % à 45 %. Le stockage, une activité que veut développer l’entreprise, pourrait compter pour 10 %. 

Cap sur les États-Unis

Boralex a un pied au Canada et un pied en Europe, surtout en France. Au cours des prochaines années, elle mettra résolument le cap sur le marché américain. « Il y a plus à faire aux États-Unis », explique Patrick Decostre. La taille du marché américain, et son retard dans l’adoption des énergies vertes par rapport à l’Europe offrent des perspectives très intéressantes pour une entreprise québécoise comme Boralex, dit-il. 

La présence de Boralex sur le marché américain pourrait plus que tripler, selon ses prévisions, passant de 12 % actuellement à 45 % en 2030. En France, l’entreprise a l’intention de continuer de croître, même si sa présence relative diminuera. Les contrats conclus directement avec des entreprises comme Orange, Auchan et IBM France, sont un nouveau filon qui continuera d’être exploité. 

Au Canada, le marché de l’éolien se dégèle et Boralex, qui est partenaire à 50 % de la communauté innue dans le projet Apuiat, en profitera. 

Boralex vend actuellement 98 % de sa production en vertu de contrats à long terme à prix garantis. Cette proportion sera encore de 90 % en 2030, prévoit l’entreprise.

Malgré un contexte qui n’a jamais été aussi favorable aux producteurs d’énergie verte, l’action de Boralex a perdu 30 % de sa valeur depuis le début de l’année. Jeudi, l’action a fini la journée à 38,65 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 0,57 $. 

Selon son président, ce paradoxe s’explique par des changements apportés à l’indice S&P Clean Energy Index, dont Boralex fait partie. Le nombre d’entreprises couvertes par l’index est passé de 30 à 82 en début d’année, ce qui a réduit le poids de Boralex et pesé sur la valeur du titre.

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-06-17/energie-verte/des-investissements-de-6-milliards-au-menu-de-boralex.php

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Hydro-Québec inaugure ses premières centrales solaires

Hydro-Québec produira une nouvelle forme d’énergie. La société d’État a inauguré lundi ses toutes premières centrales solaires, à La Prairie et à Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal.

Les deux installations de puissance modeste visent à déterminer si cette technologie est bien adaptée « au climat du Québec, à son parc de production et à son réseau de transport », indique la Société d’État dans un communiqué de presse. 

Les deux centrales auront une puissance installée combinée de 9,5 MW et produiront environ 16 GWh d’énergie par année, soit l’équivalent de la consommation de 1000 foyers. À titre de comparaison, Hydro-Québec produit 37,2 GW par an, ou 37 200 MW. Les nouvelles centrales représenteront donc environ 0,025 % de la production. 

La mise en service des deux centrales était initialement prévue l’automne dernier, mais le producteur d’énergie a préféré la repousser en raison, dit-il, de la pandémie et du mois de novembre où l’ensoleillement était faible. 

Une étude financée par Ottawa soutenait le mois dernier que le Québec et le Canada auraient « tout à gagner » à miser sur l’énergie solaire, un potentiel actuellement « inexploité ». 

« Le Québec jouit de conditions d’ensoleillement similaires à celles du Japon et de l’Allemagne, qui sont des leaders mondiaux en énergie solaire PV [photovoltaïque] », soutenaient les chercheurs de Nergica. 

Hommage à des pionniers

L’installation située à La Prairie a été baptisée « centrale Gabrielle-Bodis », en l’honneur de la première femme ingénieure diplômée de Polytechnique Montréal et employée d’Hydro-Québec pendant plus de 35 ans. C’est aussi la première centrale de la Société d’État qui porte le nom d’une femme, a souligné sa présidente-directrice générale, Sophie Brochu. 

La centrale Gabrielle-Bodis est installée à l’emplacement d’une ancienne centrale thermique. Elle a une superficie de 150 m2, soit l’équivalent de 28 terrains de football, 26 000 panneaux solaires s’y trouvent et sa puissance installée est de 8 MW. 

En ce qui concerne la centrale de Varennes, elle porte le nom de Robert A. Boyd, le premier ingénieur francophone d’Hydro-Québec et sixième grand patron de l’organisation. Le Québec lui doit « le succès du développement de la Baie-James et la francisation de notre ingénierie », a souligné Mme Brochu. 

La centrale Robert-A.-Boyd est adjacente à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec. Elle a une superficie de 56 000 m2, on y trouve 4600 panneaux solaires et une puissance installée de 1,5 MW. 

Ces centrales s’ajoutent au parc d’Hydro-Québec, qui est constitué de 61 centrales hydroélectriques et 24 centrales thermiques.

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-06-21/hydro-quebec-inaugure-ses-premieres-centrales-solaires.php

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  • 2 weeks later...

Microréseau électrique Hydro-Québec teste l’avenir à Lac-Mégantic

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Vue aérienne des installations d’Hydro-Québec et de ses panneaux solaires sur le toit du centre sportif de la ville de Lac-Mégantic

Les microréseaux permettront de diminuer le recours aux centrales thermiques. D’atténuer les pointes de consommation. D’éviter la construction de nouvelles infrastructures de transport. Hydro-Québec inaugurera ce mardi son tout premier, à Lac-Mégantic, qui fera office de laboratoire. La Presse l’a visité récemment.

Publié le 6 juillet 2021 à 5h00

https://www.lapresse.ca/actualites/2021-07-06/microreseau-electrique/hydro-quebec-teste-l-avenir-a-lac-megantic.php

Jean-Thomas Léveillé La Presse

À quelques reprises au cours des dernières semaines, Hydro-Québec a débranché une partie du centre-ville de Lac-Mégantic de son réseau.

Littéralement.

Avec un gros disjoncteur installé derrière l’édifice de la municipalité régionale de comté (MRC).

Mais les usagers concernés n’ont rien perçu, car durant ces quelques heures, les bâtiments du secteur étaient alimentés en électricité par des panneaux solaires et des batteries géantes.

C’est là le tout premier « microréseau » de la société d’État.

« C’est comme une île au milieu de la mer, isolée du reste du réseau électrique », illustre l’ingénieur Simone Soldati, chef de projets chez Hydro-Québec, qui a montré les installations à La Presse, en mai.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Simone Soldati, ingénieur chargé de projets pour Hydro-Québec

Sans lien avec l’extérieur, il faut donc « amener la production de l’énergie à l’intérieur ou à proximité », poursuit-il.

C’est comme ramener les centrales localement, là où la consommation se fait.

Simone Soldati, ingénieur d’Hydro-Québec

De la tragédie à l’innovation

La tragédie ferroviaire, survenue le 6 juillet 2013, a offert l’occasion d’implanter un microréseau électrique à Lac-Mégantic, et d’en faire un laboratoire grandeur nature.

Lors de la reconstruction du centre-ville, le réseau électrique a aussi été refait, offrant ainsi une boucle facilement « îlotable », qui peut être séparée du reste du réseau, explique M. Soldati.

L’idée de faire un microréseau a germé il y a un peu plus de trois ans dans l’esprit de la municipalité, qui a approché Hydro-Québec.

Des panneaux solaires ont été installés sur le toit des bâtiments nouvellement construits, ainsi que sur celui du centre sportif, situé juste en dehors du « périmètre îlotable », d’où on peut apercevoir l’ensemble du secteur et le lac en arrière-plan.

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D’autres seront ajoutés sur la caserne de pompiers à être construite dans le périmètre, si bien que le microréseau de Lac-Mégantic en comptera à terme 2200, totalisant 800 kilowatts de puissance.

La clef : le stockage

Le stockage est un élément fondamental pour compenser le caractère intermittent des sources d’énergie utilisées sur un microréseau.

Celui de Lac-Mégantic compte deux unités de stockage d’une capacité de 700 kWh qui peuvent être rechargées par le réseau principal ou par les panneaux solaires lorsque la totalité de leur production n’est pas utilisée.

Lors d’une panne ou d’un débranchement planifié, l’énergie emmagasinée dans les unités de stockage est envoyée dans le microréseau, au même titre que l’énergie produite par les panneaux solaires.

Ces échanges complexes sont gérés par un système de commande centralisé.

Consommer moins d’énergies fossile

Hydro-Québec voit dans les microréseaux une façon de diminuer le recours aux énergies fossiles pour ses 22 réseaux autonomes, comme ceux des villages du Grand Nord ou celui des Îles-de-la-Madeleine.

C’est pourquoi celui de Lac-Mégantic a été doté d’une génératrice, pour pouvoir tester dans des conditions réelles « le couplage » des énergies fossiles et renouvelables.

Car les centrales au diesel demeureront une composante des réseaux autonomes, pour sécuriser l’approvisionnement, « mais l’objectif, c’est de les utiliser le moins possible », explique Simone Soldati.

On va carrément transposer [dans les réseaux autonomes] ce qu’on apprend ici.

Simone Soldati, ingénieur d’Hydro-Québec

La société d’État diminuera ainsi ses émissions de gaz à effet de serre, bien sûr, mais aussi ses frais d’exploitation, étant donné l’abordabilité croissante des énergies renouvelables.

Et contrairement aux réseaux autonomes éloignés du siège social d’Hydro-Québec, Lac-Mégantic est accessible en quelques heures de route, et il est facile d’y acheminer de l’équipement et des ressources en cas de besoin.

Aplatir la courbe de la consommation

Le concept de microréseau peut aussi bénéficier au réseau principal d’Hydro-Québec, en permettant l’« écrêtage » des pointes de consommation hivernales, indique Simone Soldati.

Le recours à des sources d’énergie locales et à de l’énergie stockée sur un microréseau lorsque la demande en électricité est très forte permet d’aplatir la courbe de consommation du réseau principal, illustre-t-il en faisant référence à une notion de santé publique aujourd’hui bien connue.

Hydro-Québec prévoit aussi avoir recours aux microréseaux dans les régions à fort taux de pannes, ou encore pour celles où la demande excède la capacité des lignes de transport.

« Ça peut être une solution plutôt que construire de nouvelles lignes », affirme M. Soldati, qui prévoit que les microréseaux seront nombreux au Québec d’ici 2050.

L’exportation des surplus d’Hydro-Québec sur les marchés nord-américains promet aussi de rehausser l’intérêt pour les microréseaux, ajoute Patrick Martineau, ingénieur de projet chez Hydro-Québec.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Patrick Martineau, ingénieur de projet chez Hydro-Québec

Même si ces marchés sont « complémentaires » avec celui du Québec — la demande y est plus forte quand elle est ici plus basse, par exemple —, la transition énergétique modifiera la demande, anticipe-t-il.

« Raccorder des véhicules électriques, illustre-t-il, ça crée des défis, mais aussi des occasions. »

Symbole fort pour Lac-Mégantic

Avec ce tout premier microréseau québécois, Lac-Mégantic veut se positionner comme un acteur de la transition énergétique, un symbole fort pour cette ville dont l’histoire a été tragiquement marquée par les énergies fossiles. « Ça va nous mettre sur la map pour autre chose que la tragédie », lance Fabienne Joly, responsable du développement en transition énergétique à la Ville. « Là, on passe dans la phase concrète, les apprentissages vont commencer », s’enthousiasme-t-elle, évoquant l’intérêt d’universités et d’entreprises évoluant dans le contrôle d’énergie des bâtiments. Le microréseau a fait germer bien des idées, comme celle d’une hydrolienne sur la rivière Chaudière, qui prend sa source dans le lac Mégantic, ou encore d’un approvisionnement énergétique à partir de la biomasse, dans le parc industriel, où l’industrie de la transformation du bois domine. Mais il a été le déclencheur d’une stratégie qui dépasse l’énergie et touche le transport actif comme la gestion des matières résiduelles, explique Mme Joly : « La Ville souhaite être écoresponsable et exemplaire. »

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  • 2 months later...

Hydrocarbures  Québec va fermer les livres

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Installations servant aux forages exploratoires dans l’île d’Anticosti, en 2012

Des milliards de pieds cubes de gaz naturel dans les basses-terres du Saint-Laurent, des millions de barils de pétrole dans le sous-sol de la Gaspésie, dans l’île d’Anticosti : des gisements potentiels qui, depuis deux décennies, alimentent un débat fébrile et drainent des sommes considérables. Ce sera bientôt terminé. Gaz ou pétrole, ils vont rester où ils se trouvent, sous le sol.

Publié le 15 septembre 2021 à 5h00

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-09-15/hydrocarbures/quebec-va-fermer-les-livres.php

Denis Lessard La Presse

Le gouvernement Legault va annoncer cet automne la fin de la saga : il n’y aura plus d’exploration pour de l’énergie fossile sur le territoire québécois.

L’annonce se prépare depuis des mois. Selon les informations obtenues par La Presse, Québec sait déjà qu’on lui servira un argument de poids sur un plateau d’argent : le comité sur le suivi du Plan pour une économie verte remettra sous peu son rapport au ministre de l’Environnement, Benoit Charette. Or, ces spécialistes vont recommander qu’on coupe court à ces efforts pour découvrir du gaz et du pétrole, une opération néfaste pour l’environnement et économiquement non rentable.

À la Coalition avenir Québec (CAQ), on prévoit déjà que l’environnement sera au centre de la campagne électorale de l’automne 2022. On voudra aussi se prémunir contre les attaques prévisibles de Québec solidaire, perçu comme un adversaire de plus en plus efficace – libéraux et péquistes peinent à se doter d’un plan de match aussi distinctif que celui du parti de gauche. Québec solidaire a d’ailleurs inscrit au feuilleton de l’Assemblée nationale, mardi, un projet de loi interdisant la recherche et la production d’hydrocarbures. Cette intention avait été annoncée au caucus du parti la semaine dernière, à Sherbrooke.

Une rentabilité remise en doute

Un rapport percutant publié il y a quelques jours, une étude britannique dans Nature, estimait que le Canada devait laisser inexploité 84 % du pétrole contenu dans les sables bitumineux pour contribuer à l’atteinte des cibles quant au réchauffement climatique.

De plus, la rentabilité des ressources estimées est mise en doute – le prix du gaz, surtout, reste bas, compte tenu des surplus dans l’Ouest et ailleurs sur la planète. Le Québec peut miser sur son hydroélectricité, un avantage important pour entrer de plain-pied dans ce qui, prévoit-on, sera la prochaine grande avancée dans le secteur énergétique : l’hydrogène.

Le Québec consomme annuellement 7 milliards de mètres cubes de gaz et environ 128 millions de barils de pétrole. En 2015, cette consommation, importée en totalité, avait coûté 7 milliards aux Québécois, 86 % du déficit de la balance commerciale du Québec.

La réflexion sur la conclusion de cette odyssée s’est accélérée avec de toutes récentes poursuites d’une société privée, Ressources Utica, qui s’est adressée à la Cour supérieure pour être dédommagée pour les investissements qu’elle a consentis, surtout pour le projet Galt, près de Gaspé. Un premier recours avait été déposé l’an dernier pour contester le refus de Québec d’autoriser la prospection pour ce projet.

Le ministre de l’Énergie au cœur de la partie

Selon Utica, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a contredit l’avis de ses fonctionnaires quand il a déclaré devant le tribunal qu’il mettrait son veto à tout projet qui présenterait un risque, même minime, à l’environnement hydrique. Le Ministère avait dans un premier temps donné le feu vert, estimant que la proximité du forage, à moins d’un kilomètre d’un cours d’eau intermittent, ne constituait pas un risque réel pour l’environnement. En septembre, dans son nouveau recours, Utica relève qu’en imposant une absence absolue de risques, Québec interdit dans les faits toute prospection sur 97 % de son territoire.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles

Québec doit jongler avec les risques de poursuites judiciaires par les entreprises qui exigeront une compensation pour être ainsi expropriées. Déjà, dans les officines gouvernementales, on fait valoir que les dédommagements couvrent généralement les investissements consentis, mais ne tiennent pas compte des bénéfices théoriques qui auraient découlé de l’exploitation du gisement – cela a été le cas, par exemple, quand Québec a exproprié les producteurs d’amiante. Aussi les évaluations fluctuent énormément : de 3 à 5 milliards si on tient compte des recettes théoriques, autour de 500 millions si on se rapproche des efforts consentis.

Au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, on a déjà travaillé à un projet de loi spécial pour contourner ces recours judiciaires et régler au plus bas coût possible. Le gouvernement Legault est cependant inquiet des conséquences de sa décision sur les investissements étrangers. Utica, qui avait avalé Junex et Gaspé Énergies, est puissamment appuyée par des intérêts britanniques et autrichiens.

29 : Nombre de puits de gaz de schiste forés dans la formation schisteuse d’Utica de 2006 à 2010 Source : Ressources naturelles Canada

17 798 : Nombre de barils extraits du puits Galt 4 près de Gaspé, en 2016. Il s’agit du puits qui a eu la plus importante production de l’histoire du Québec

Source : Junex

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il y a 28 minutes, Kolev3000 a dit :

J’ai vu l’article cette nuit… Du moment que je l’ai vu, j’ai su que t’allais le publier 😅😂😆☺️💜

Une question de cohérence puisque j'appuie fortement le développement des énergies vertes et l'arrivée d'une nouvelle économie basée sur la recherche et développement, incluant les technologies de pointe. Des valeurs durables dans lesquelles le Québec est déjà bien engagé.

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  • 4 weeks later...

Crise du recyclage

 On a sorti la tête de l’eau » au Québec

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Ballots compressés prêts à la revente au centre de tri de Récup Estrie, à Sherbrooke

Le prix des matières recyclables sortant des centres de tri est à la hausse, mais l’industrie n’est pas à l’abri d’autres difficultés, prévient Recyc-Québec

Publié le 11 octobre 2021 à 5h00

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-10-11/crise-du-recyclage/on-a-sorti-la-tete-de-l-eau-au-quebec.php

Jean-Thomas Léveillé La Presse

La « crise du recyclage » se résorbe, au Québec.

Fini, le temps où les centres de tri devaient payer pour se départir de certaines matières recyclables, qui ont recommencé à valoir quelque chose dans les derniers mois.

Le prix moyen des fibres, qui regroupe les différentes catégories de papiers et de cartons, a retrouvé en juillet son prix d’avant le début de la « crise », montrent les plus récentes données de la Société québécoise de récupération et de recyclage, Recyc-Québec.

INFOGRAPHIE LA PRESSE

Prix moyen de la tonne de fibres (toutes catégories confondues)

La valeur des ballots de fibres s’est ainsi établie à 160,45 $ la tonne, un prix qui ne s’était pas vu depuis la mi-2017, quand la Chine avait annoncé avec six mois de préavis la fermeture de ses frontières à différents types de matières résiduelles, dont certains papiers.

L’Inde, qui a hérité d’une grande partie de ces matières, a aussi fermé ses frontières deux ans plus tard.

Ces décisions ont semé la consternation dans les pays occidentaux, qui étaient nombreux à exporter leurs matières recyclables, souvent de piètre qualité, pour lesquelles il n’existait pas de débouchés locaux.

Les papiers et cartons de bonne qualité, bien triés, ont continué de trouver preneur, mais les « papiers mélangés », une catégorie fourre-tout, ont commencé à s’accumuler dans nombre de centres de tri, qui ont même dû payer pour s’en départir.

C’est notamment ce qui est arrivé à Rebuts solides canadiens (RSC), filiale de la multinationale française TIRU, dont la faillite au début de 2020 avait causé une vague d’inquiétude dans les quelque 80 municipalités québécoises desservies par ses quatre centres de tri, dont celui de Longueuil.

Lisez l’article « Matières recyclables : le Groupe TIRU en faillite »

« Ç’a été le message clair qu’il fallait faire évoluer le système ; on était rendus là », a indiqué à La Presse Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente à la performance des opérations chez Recyc-Québec, qui constate que la tempête est maintenant passée.

« On a sorti la tête de l’eau, c’est évident, croit-elle. On est capables de voir à l’horizon. »

Amélioration forcée

Comme les fibres sont les matières dominantes dans les bacs de récupération des ménages québécois, la chute des prix de ces matières a été un coup dur pour l’industrie, qui a été contrainte de se moderniser.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente à la performance des opérations chez Recyc-Québec, en 2018

On a travaillé sur deux aspects principaux : améliorer la qualité des matières triées et trouver des débouchés au Québec.

Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente à la performance des opérations chez Recyc-Québec

Cette modernisation a d’ailleurs porté ses fruits pour la Régie de récupération de l’Estrie (Récup Estrie), qui avait fait la manchette en 2020 quand des conteneurs de papiers mélangés en route vers l’Inde lui avaient été retournés, en raison de leur taux de contamination par d’autres matières trop élevé.

Lisez l’article « Crise du recyclage : des conteneurs “contaminés” renvoyés à Sherbrooke »

L’installation de deux systèmes de tri optique – un investissement de 2,8 millions de dollars, dont 500 000 $ provenant de Recyc-Québec – a permis à l’organisation d’engranger les profits au lieu de payer pour se départir de ses fibres.

« Dès le départ, dans les jours qui ont suivi, on a commencé à recevoir 50 $ la tonne, et c’est parti en flèche », alors que Récup Estrie devait auparavant payer jusqu’à 92 $ la tonne pour s’en départir, a raconté à La Presse le président de l’organisme, Pierre Avard.

Un an après l’installation des équipements, le prix des fibres vendues par Récup Estrie oscille autour de 160 $ la tonne et a généré des revenus de 1,4 million, soit la moitié de l’investissement initial.

La modernisation a notamment permis à Récup Estrie de séparer des autres fibres le carton léger, comme celui des boîtes de céréales et de biscuits, et d’ainsi créer une nouvelle catégorie, la « cartonnette », qui se vend à meilleur prix que les papiers mélangés dans lesquels il se retrouvait auparavant.

Effet de la pandémie

Si la tempête est passée, l’industrie n’est pas forcément tirée d’affaire pour autant, prévient Sophie Langlois-Blouin.

« Je ne pense pas qu’on est à l’abri d’autres baisses des prix », dit-elle.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Un travailleur de Récup Estrie procède au chargement de ballots compressés.

Entre autres parce que la remontée des prix est aussi attribuable à la pandémie, estiment les acteurs du secteur, qui évoquent la rareté de certaines matières, comme le papier de bureau, combinée à l’augmentation de la demande pour certains produits, comme le papier de toilette.

« Les gens se sont mis à commander en ligne, ça prend bien des boîtes de carton ; ça a eu un effet à la hausse sur le prix des matières », illustre Grégory Pratte, responsable des affaires publiques chez Tricentris.

Les restrictions à la fréquentation des commerces ont aussi entraîné un afflux massif dans les centres de tri de contenants en aluminium consignés, ce qui a généré d’importants revenus, ajoute-t-il.

La fermeture des marchés asiatiques à certaines matières recyclables et la pandémie ont par contre favorisé l’apparition de débouchés locaux pour les matières sortant des centres de tri, ce qui réduit donc la dépendance aux marchés étrangers.

Avant la pandémie, 70 % de la matière était recyclée à l’extérieur du Québec. Maintenant, on tourne autour de 80 % de recyclage local au Québec. C’est sûr que ça change complètement la game.

Grégory Pratte, responsable des affaires publiques chez Tricentris

L’enjeu des plastiques

Malgré l’amélioration de la situation des fibres, l’industrie de la récupération fait face à un autre défi de taille, celui des plastiques, dont certains types contaminent les autres matières et, même lorsque triés, sont difficiles à vendre.

Les sacs donnent notamment des maux de tête à Récup Estrie.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Pierre Avard, président de Récup Estrie

On a beaucoup de tonnes entreposées parce qu’on n’a pas de preneur.

Pierre Avard, président de Récup Estrie

La modernisation de la collecte sélective, qui doit entrer en vigueur progressivement en 2022 et qui prévoit une responsabilité accrue des producteurs de ces matières, devrait permettre d’améliorer la situation, croit Sophie Langlois-Blouin.

« Il faudrait peut-être aller jusqu’à interdire ou restreindre [certaines matières], notamment les emballages pour lesquels il n’y a pas de débouchés, qu’on n’est pas capables de recycler », dit-elle, évoquant les sachets autoportants, dans lesquels sont vendues soupes, sauces et compotes, ou encore les sacs de croustilles.

« Si on veut vraiment avoir un impact plus durable, il faut réduire à la source, dit-elle. C’est par là que ça va passer au cours des prochaines années. »

16 $ : Prix moyen de la tonne de papiers mélangés en 2019 et 2020

101,91 $ : Prix moyen de la tonne de fibres, toutes catégories confondues, en février 2021, pour la première fois au-dessus de la barre des 100 $ depuis septembre 2017

45 $ : Prix moyen par tonne pour les sacs et pellicules de plastique en 2020

Source : Recyc-Québec

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Il y a 6 heures, acpnc a dit :

« Il faudrait peut-être aller jusqu’à interdire ou restreindre [certaines matières], notamment les emballages pour lesquels il n’y a pas de débouchés, qu’on n’est pas capables de recycler », dit-elle, évoquant les sachets autoportants, dans lesquels sont vendues soupes, sauces et compotes, ou encore les sacs de croustilles.

 En effet il y a encore plusieurs matières qui ne sont pas recyclables et cela s'avère frustrant pour les consommateurs qui se voient forcés de les envoyer aux sites d'enfouissement. Les entreprises doivent elles aussi faire leur part pour l'environnement.

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  • 5 weeks later...

Le Québec, champion du bio

 

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Au Québec, la superficie des terres agricoles vouées au biologique est passée de 49 000 hectares en 2015 à 106 000 hectares en 2020, selon le rapport annuel du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV).

L’engouement des consommateurs québécois pour les produits bios est entendu par les agriculteurs d’ici. La superficie des terres consacrées à l’agriculture bio a doublé en cinq ans, si bien que le Québec est maintenant responsable de la moitié de la production canadienne. Et les producteurs peinent à répondre à la demande…

Publié le 11 novembre 2021 à 5h00

https://www.lapresse.ca/actualites/2021-11-11/agriculture/le-quebec-champion-du-bio.php

Alice Girard-Bossé La Presse

Deux fois plus de terres qu’il y a cinq ans

L’industrie du bio explose au Québec, qui abrite maintenant près la moitié de la production canadienne. Or, même si la superficie de terres de cultures biologiques a doublé en cinq ans dans la province, les producteurs peinent toujours à répondre à une demande sans cesse croissante.

Au Québec, la superficie des terres agricoles vouées au biologique est passée de 49 000 hectares en 2015 à 106 000 hectares en 2020, selon le rapport annuel du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV).

En 2015, le gouvernement du Québec s’était pourtant donné 10 ans pour doubler la superficie de production biologique. L’ambitieux défi a donc été relevé beaucoup plus vite que prévu, dès 2019. « On est surpris de la vitesse à laquelle ça s’est fait », lance Alain Rioux, coordonnateur de la Filière biologique du Québec, organisation vouée au développement du secteur biologique québécois.

Et les consommateurs n’y sont pas étrangers. Ils « accordent de plus en plus d’importance aux valeurs telles que la santé et l’environnement », explique la PDG du CARTV, Pascale Tremblay.

Un véritable engouement

La proportion des Québécois qui mettent 30 % ou plus de produits biologiques dans leur panier d’épicerie est passée de 11,5 % en 2011 à 26,7 % en 2020, selon les chiffres de la Filière biologique du Québec.

« La courbe du biologique ne fait qu’augmenter depuis 30 ans, tant chez les consommateurs que chez les producteurs », soutient Pierre-Antoine Gilbert, enseignant et coordonnateur du programme Gestion et technologies d’entreprise agricole au Cégep de Victoriaville.

« Ce n’est pas juste une mode, c’est là pour de bon », renchérit Caroline Halde, professeure au microprogramme en agriculture biologique à la faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval.

Le Québec en tête

C’est désormais au Québec qu’il y a le plus de fermes certifiées bios, selon des chiffres fournis par Mme Halde.

Près de 10 % des entreprises agricoles québécoises sont certifiées biologiques. Les autres provinces canadiennes sont à environ 3 ou 4 %.

Caroline Halde, professeure au microprogramme en agriculture biologique à la faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval

À peu près 50 % de l’industrie biologique canadienne se retrouve au Québec, renchérit M. Rioux. La province est le premier producteur mondial de sirop d’érable, de canneberges et de bleuets biologiques.

L’acériculture, soit la culture des érables, représente la plus grande proportion du secteur biologique au Québec. Bien que 45 % du sirop d’érable produit au Québec soit biologique, ce n’est pas encore suffisant pour répondre à la demande criante.

« Les transformateurs sont toujours à la recherche de producteurs acéricoles pour augmenter leur volume en sirop biologique », indique M. Rioux.

 

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La ferme biologique Agri-Fusion, en Montérégie

Entraide et défis

L’entraide et la coopération entre producteurs agricoles expliquent en partie ce leadership québécois. « Plus il y a de producteurs biologiques, plus ça encourage les autres à le devenir. Il y a aussi de la coopération et beaucoup de mentorat entre producteurs agricoles », indique Mme Halde.

La stratégie de croissance du secteur biologique du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a également porté ses fruits, croit Mme Halde. Les producteurs biologiques ont pu profiter de mesures financières incitatives, ce qui a « réduit le risque financier des fermes et donné confiance à beaucoup de producteurs pour faire le saut vers le biologique », soutient-elle.

De nombreuses ressources ont également été investies dans la recherche et l’innovation du secteur.

Malgré les ressources à la disposition des producteurs, les fermes biologiques ne répondent pas à la demande grandissante, soutient Mme Halde.

La demande des consommateurs pour les aliments biologiques est vraiment là, mais la production agricole biologique n’arrive pas à suivre. On a déjà beaucoup de fermes biologiques, mais il en faudrait plus.

Caroline Halde, professeure au microprogramme en agriculture biologique à la faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval

« Le Québec doit importer beaucoup de produits biologiques, parce qu’on n’en fournit pas assez », ajoute-t-elle. La valeur des importations de produits biologiques au Canada atteignait 789 millions de dollars en 2019, selon un rapport d’Exportation et développement Canada (EDC). Près de la moitié des importations canadiennes d’aliments biologiques étaient des produits d’horticulture, comme la laitue, les épinards, les fraises, les pommes ou les raisins, en provenance des États-Unis.

Un avenir prometteur

L’engouement pour le bio se fait aussi sentir sur les bancs d’école, ce qui laisse présager une croissance continue de la production pour les années à venir.

Au Cégep de Victoriaville, qui offre le seul diplôme d’études collégiales en agriculture biologique, la hausse du nombre d’inscriptions est frappante.

En 2008, on avait 30 admissions dans chacun de nos profils. En 2021, on en a eu 152.

Pierre-Antoine Gilbert, enseignant et coordonnateur du programme Gestion et technologies d’entreprise agricole au Cégep de Victoriaville

Des jeunes de partout au Québec s’y retrouvent. « On a des personnes qui arrivent de l’Outaouais, de la Gaspésie et du Nouveau-Brunswick. La moyenne d’âge tourne autour de 25 ans.

« Il y a souvent des retours aux études, des réorientations de carrière, des personnes qui avaient des maîtrises et des doctorats », énumère M. Gilbert.

La situation est similaire au microprogramme en agriculture biologique à l’Université Laval. « On a vu une augmentation du nombre d’étudiants. On a même des étudiants hors programme qui viennent suivre les cours du microprogramme », indique Mme Halde. Elle a aussi observé un intérêt grandissant chez les étudiants au baccalauréat en agronomie pour apprendre les bases de l’agriculture biologique.

64 %

Proportion des Québécois qui consomment régulièrement des produits biologiques

Source : La Filière biologique du Québec

2683

Nombre de producteurs biologiques au Québec

11 161

Nombre de produits certifiés biologiques québécois (par exemple, la farine de La Milanaise, le fromage de la Fromagerie L’Ancêtre, les huiles de Maison Orphée…)

Source : Bio Québec

Le saut vers le biologique

 

PHOTO FOURNIE PAR LE DOMAINE DES CÔTES D’ARDOISE

Le Domaine des Côtes d’Ardoise

Depuis cinq ans, des centaines de producteurs ont fait le passage de l’agriculture conventionnelle à la biologique. Un processus qui demande du temps, de la patience et beaucoup de conviction.

Le Domaine des Côtes d’Ardoise, plus vieux vignoble du Québec, a obtenu sa certification 100 % biologique au mois de septembre, après trois années de démarches. « C’était dans ma nature profonde de passer au biologique », déclare Henry-Alain Drocourt, directeur général du domaine, qui se dit ravi de sa décision.

Dans les dernières années, le vigneron s’est beaucoup documenté sur les pesticides et sur les maladies qu’ils peuvent engendrer. « Ça m’a sensibilisé », dit-il.

Effrayé par la quantité de pesticides sur les aliments, il a décidé de faire le saut vers le biologique. « Pendant les trois dernières années, on agissait comme si on était bios, mais on ne pouvait pas encore marquer “bio” sur nos produits. »

À partir de la récolte de 2021, le domaine produira des vins 100 % biologiques, notamment avec du riesling, du chardonnay, du gamay et du gewurztraminer.

Il y a énormément de demande. La clientèle nous demande souvent des vins bios, nature ou sans sulfites.

Henry-Alain Drocourt, directeur général du Domaine des Côtes d’Ardoise

Conviction

La ferme biologique Agri-Fusion, en Montérégie, est une des pionnières dans le milieu. Elle a fait le saut vers la culture biologique en 2003. Aujourd’hui, sa culture s’étend sur 3000 hectares. On y cultive principalement du maïs, du soya, du blé, des pois, des haricots, des carottes et de l’épeautre.

Gilles Audette, président-directeur général de la ferme, est fier de nous faire visiter ses cultures. « C’est la plus grande ferme biologique du Québec », s’exclame-t-il. Derrière lui, les champs s’étalent à perte de vue, tandis que les employés s’affairent à la récolte du maïs.

 

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Gilles Audette, président-directeur général de la ferme biologique Agri-Fusion, en Montérégie

L’homme se définit comme un producteur bio par conviction. « Les pesticides, c’est un gros problème. Le biologique est beaucoup plus sain pour l’environnement », dit-il.

La culture biologique, ce n’est pas de tout repos, prévient l’agriculteur.

Le bio, c’est plus exigeant. Il n’y a pas une journée sans que l’on soit dans le champ. Ça demande beaucoup d’implication.

Gilles Audette, PDG de la ferme Agri-Fusion

Sur le plan de la production végétale, les grands défis techniques résident dans le contrôle des mauvaises herbes.

« On doit faire le désherbage mécanique de différentes cultures jusqu’à quatre fois pendant la saison et on a besoin d’environ sept machines pour le faire », explique-t-il.

« La qualité a un prix »

Pour remplacer l’usage des pesticides, les producteurs biologiques doivent avoir des pratiques agricoles de rechange, ce qui entraîne des coûts supplémentaires. C’est en partie ce qui explique les coûts souvent plus élevés des aliments biologiques.

« Ça coûte plus cher, parce que c’est moins industrialisé et que ce sont des produits de qualité. La qualité a un prix. C’est vrai dans les vêtements, dans les autos, et aussi dans la nourriture », affirme M. Audette.

Le matériel nécessaire est également plus coûteux. « Les engrais qu’on utilise en bio peuvent être de quatre à cinq fois plus chers que les engrais qu’on utilise en agriculture ordinaire. L’agriculteur ne se met pas plus d’argent dans les poches, mais ça coûte plus cher à produire », indique Pierre-Antoine Gilbert, enseignant et coordonnateur du programme Gestion et technologies d’entreprise agricole au Cégep de Victoriaville.

« Quand j’ajoute du sucre [au moût de raisin], je ne peux pas utiliser du sucre ordinaire, je dois utiliser du sucre biologique, et c’est environ trois fois plus cher », illustre M. Drocourt.

Malgré les coûts supplémentaires, l’adaptation et les nombreux défis, les agriculteurs sont unanimes : le biologique, ça vaut le coup.

 

 

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475 millions sur trois ans Québec dévoile sa stratégie pour verdir l’aluminium

 

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Le gouvernement a dévoilé la Stratégie québécoise de l’aluminium (SQDA) 2021-2024. Ci-haut, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Québec va investir près de 475 millions $ sur trois ans pour aider l’industrie de l’aluminium à devenir plus efficace et réduire son empreinte environnementale.

Publié le 16 novembre 2021 à 15h22

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2021-11-16/475-millions-sur-trois-ans/quebec-devoile-sa-strategie-pour-verdir-l-aluminium.php

Stéphane Rolland La Presse Canadienne

Le gouvernement a dévoilé la Stratégie québécoise de l’aluminium (SQDA) 2021-2024, mardi, à Saguenay. Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, estime que le plan amènera des investissements totaux de près de 2,5 milliards dans l’industrie.

« Avec notre contribution, on veut générer plus d’un milliard d’investissements dans la modernisation et la croissance de nos actifs de production d’aluminium primaire et plus de 400 millions $ dans la transformation de l’aluminium, précise-t-il en conférence de presse dans une usine d’EPIQ Machinerie. On veut aussi doubler la valeur des exportations de nos équipementiers d’ici 2025. »

Il ne faut pas s’attendre à une augmentation de la capacité de production, prévient toutefois le ministre en entrevue. En ce moment, il croit qu’il vaut mieux stimuler les investissements technologiques « pour faire plus de volume avec les mêmes équipements ».

« On ne verra pas beaucoup de nouvelle capacité, prévoit-il. On l’a vu avec les Chinois qui ont réduit leur production, ce qui a fait en sorte que ça l’a augmenté le prix de la commodité. »

Le gouvernement veut aussi encourager les activités de transformation au Québec et les exportations. « Plus on va convertir l’aluminium au Québec, plus on va créer de la richesse pour la société. »

Le ministre Fitzgibbon aimerait d’ailleurs qu’il se consomme plus d’aluminium au Québec. « Pourquoi pas ? On promeut déjà le bois d’ici. L’aluminium fait ici, ça serait peut-être intéressant qu’on puisse mieux le valoriser avec une plus grande utilisation. »

La stratégie gouvernementale répond aux demandes de l’industrie, croit Éloϊse Harvey, chef de la direction d’EPIQ Machinerie. Elle rappelle que les équipementiers en aluminium avaient réalisé un mémoire comportant six recommandations pour soutenir le développement de l’industrie. Toutes ses recommandations ont été prises en compte, affirme-t-elle. « On a été entendu. »

L’annonce a aussi été bien accueillie par le syndicat Unifor, qui représente des travailleurs dans plusieurs installations de RioTinto Alcan ainsi que chez plusieurs sous-traitants du géant de l’aluminium. « Il s’agit d’une bonne nouvelle particulièrement pour la deuxième et troisième transformation, ce que nous avions demandé lors des consultations. On voit que le gouvernement a tenu compte des consensus de la région, il faut s’en réjouir », commente le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, dans un communiqué.

Un aluminium plus vert

Un axe important de la stratégie gouvernementale est d’encourager la réduction de l’empreinte carbone des alumineries, grâce à l’hydroélectricité et aux investissements dans la technologie.

L’industrie de l’aluminium québécoise a à la fois la particularité d’être moins polluante qu’ailleurs, mais elle demeure une importante émettrice de gaz à effet de serre (GES) de la province.

En 2018, la production d’aluminium était le procédé industriel qui émettait le plus de gaz à effet de serre dans la province à 4,7 millions de tonnes en équivalent dioxyde de carbone, selon le plus récent Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre.

Grâce à l’hydroélectricité, l’industrie a tout de même une empreinte carbone inférieure aux concurrents internationaux. Au Québec, la production d’une tonne d’aluminium émet l’équivalent de deux tonnes de GES. En Europe, ce ratio est de 16 tonnes tandis qu’il est de 30 tonnes en Chine.

M. Fitzgibbon admet que le terme « vert » est parfois galvaudé, mais il souligne que beaucoup d’efforts sont déployés par les principaux acteurs de l’industrie au Québec pour réduire son empreinte environnementale.

Le centre de recherche et de développement industriel ELYSIS tente de développer un aluminium sans carbone. La coentreprise détenue conjointement par Alcoa et Rio Tinto a annoncé au début du mois qu’elle avait réussi à atteindre un seuil industriel de production. Elle espère que sa technologie sera disponible pour commercialisation en 2024.

« Je suis très enthousiaste à l’idée que si cette technologie se déploie commercialement, ça va permettre au Québec d’être probablement le premier qui va vraiment faire un aluminium vert, qui va être carboneutre », se réjouit le ministre.

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