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Cinéma-théâtre Cartier


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La lente réhabilitation de l’ancien cinéma-théâtre Cartier

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Photo: Adil Boukind / Le Devoir  

Au cours de la dernière décennie, le cinéma-théâtre Cartier a changé à deux reprises de propriétaires sans que des projets de revitalisation du bâtiment, autres que quelques rénovations en 2019, ne soient entamées.

Il y a 800 immeubles vacants à Montréal. Beaucoup pourraient être réutilisés, et un certain nombre ont même une forte valeur patrimoniale. Voici l’histoire de certains de ces lieux abandonnés et des rêves visant à leur redonner vie. 

Inoccupé depuis plus de 10 ans, le cinéma-théâtre Cartier, à Saint-Henri, dans l’arrondissement du Sud-Ouest, pourrait accueillir à nouveau du public. Deux organismes ont récemment manifesté leur intérêt pour le bâtiment, mais la surenchère et la difficulté pour les organismes à but non lucratif (OBNL) d’obtenir du financement ralentissent les projets. Lumière sur un bâtiment riche en histoire.

Au 3990, rue Notre-Dame Ouest se trouve un vestige de l’ère des palaces montréalais. À l’ouverture de l’établissement, en 1929, c’est Rose Ouellette, alias La Poune, qui le dirigeait. Les 1051 sièges se remplissaient soir après soir de fanatiques du théâtre populaire, du vaudeville et du burlesque. Pendant huit ans, La Poune a fait du théâtre Cartier le berceau de son succès. Presque 100 ans après sa construction, l’édifice est aujourd’hui vacant. Au cours de la dernière décennie, l’immeuble a changé à deux reprises de propriétaire sans que des projets de revitalisation du bâtiment, autre que quelques rénovations en 2019, soient entamés.

« C’est souvent plus avantageux pour un propriétaire de laisser son bâtiment vide, vacant, que l’inverse. Parce qu’il n’y a pas de taxe sur la vacance à Montréal », note Francis T. Durocher, président-directeur général d’Entremise, une entreprise d’économie sociale spécialisée dans l’occupation transitoire de bâtiments vacants. Contrairement à d’autres villes, Montréal ne taxe pas les propriétaires ayant laissé leurs bâtiments inoccupés. À Toronto, par exemple, la taxe sur les logements vacants est appliquée aux propriétés qui sont laissées inoccupées pendant plus de six mois de l’année.

Pourtant, différentes instances souhaitent que le cinéma-théâtre Cartier, classé « témoin architectural significatif », retrouve sa gloire antérieure. Antoine Poulin, directeur du cabinet du maire de l’arrondissement, a affirmé qu’il voulait que « ce bâtiment puisse à nouveau être occupé. Et pourquoi pas redevenir un lieu de diffusion culturelle ? »

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Photo: Anonyme - Cinémathèque québécoiseLe cinéma Cartier, sur la rue Notre-Dame à Saint-Henri, vers 1945

Deux acquéreurs potentiels éconduits

Actuellement sur le marché pour 2,5 millions de dollars avant taxes, le bâtiment a récemment suscité l’intérêt de deux organismes qui ont successivement levé la main, en vain pour le moment.

C’est le cas du Cinéma public, un organisme qui a pour but de mettre en valeur le cinéma sous toutes ses formes auprès des Montréalais, notamment à travers l’ouverture de salles. « Ce qui est particulièrement intéressant avec le théâtre, c’est son côté historique », explique Aude Renaud-Lorrain, directrice générale du Cinéma public. En juin 2023, l’OBNL fait une promesse d’offre d’achat qui est acceptée par le propriétaire actuel de l’édifice. L’organisme commande alors une étude environnementale du bâtiment, qui révèle la présence d’amiante. Les coûts de rénovation explosent au-delà des moyens de l’organisme.

« On n’a pas réussi à mobiliser toutes les sources de financement nécessaires pour finaliser l’achat », raconte Laurence Blais, directrice générale par intérim du Cinéma Public pendant que Mme Renaud-Lorrain est en congé de maternité. « C’est l’oeuf avant la poule ou la poule avant l’oeuf. Il faut confirmer le financement pour être en mesure d’acquérir, mais en même temps, les subventions dépendent du fait d’acquérir. » La subvention de 1,4 million de dollars offerte par la Ville de Montréal n’étant pas suffisante, l’offre d’achat arrive à échéance. Un autre organisme aurait alors sauté sur l’occasion, mais aucune transaction ne s’est concrétisée jusqu’à maintenant. Contacté par Le Devoir, ce dernier n’a pas souhaité s’avancer sur ses projets et ce qu’il aimerait faire de l’espace.

Pour l’instant, une pancarte rouge « À louer/À vendre » de la bannière Cushman & Wakefield orne toujours la façade du bâtiment. Aucun des courtiers de la société immobilière contactés n’a donné suite aux demandes d’entrevue du Devoir.

Mis à part les lecteurs à la recherche d’un des bâtiments clés du roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, rares sont ceux qui se retournent pour admirer l’ancien théâtre. « Il n’y a rien qui se passe là-dedans », raconte le propriétaire du magasin de vêtements W. Gradinger, qui se trouve en face de l’immeuble.

Déçu, le Cinéma public ne perd pas pour autant espoir. L’OBNL cherche depuis 2021 une salle où s’installer. À l’ère des cinémas maison et des plateformes de diffusion à la demande, réinvestir plusieurs millions de dollars dans une salle de projection n’est pas forcément un pari risqué pour Mme Renaud-Lorrain, au contraire. « Le modèle que nous prônons est quand même différent de la salle commerciale. C’est un modèle très ancré dans la communauté », affirme-t-elle. Ces « salles de quartier » jouissent d’un bon écho à Montréal.

« Il nous aurait fallu plus de temps pour ramasser les fonds nécessaires, aller chercher les prêts… On était vraiment près du but », raconte Mme Renaud-Lorrain.

Bien qu’aucun règlement n’encadre pour le moment le nombre d’années pendant lesquelles un bâtiment peut rester vacant, en 2023, la Ville de Montréal a instauré des règles à suivre pour l’entretien des immeubles vacants. Les propriétaires d’édifices vacants ou mal entretenus sont désormais tenus d’inscrire leurs bâtiments, de les maintenir à un minimum de 10 degrés Celsius et de veiller à garder en bon état sept composants ciblés de l’édifice. Les propriétaires de bâtiments patrimoniaux doivent aussi déclarer l’état de leurs immeubles. Une amende pouvant aller jusqu’à 250 000 $ pourrait être imposée aux propriétaires qui contreviennent au règlement.

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Enfin! 🙂

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