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En matière d'habitation, le "duplex", dans le sens montréalais du terme, est une formule très répandue dans cette ville mais curieusement, à peu près absente ailleurs au Québec, au Canada, en Amérique et même en Occident en général (à ma connaissance).

 

Sa particularité ne tient pas à son architechture, mais à son mode d'occupation, ie un bâtiment comportant deux logements superposés, appartenant à un propriétaire occupant (généralement) le rez-de-chaussée, tandis que le logement à l'étage est occupé par un locataire.

 

Le duplex est souvent jumelé (à un semblable), mais il peut aussi être construit en rangée, et plus rarement, isolé. Il peut être de facture moyenne, modeste, ou même luxueuse. Une variante de ce duplex est le triplex, qui peut être constitué de trois niveaux (un par logement), mais plus souvent à deux niveaux, l'étage étant divisé en deux logements tandis que le propriétaire occupe le logement deux fois plus spacieux du rez-de-chaussée.

 

On retrouve ce mode d'habitation dans de nombreux quartiers de Montréal et de sa proche banlieue.

 

CEPENDANT, depuis approximativement quarante ans, il me semble que la construction de nouveaux bâtiments sous cette formule a considérablement diminué, au point de devenir rarisisme. Pourtant, le marché de la revente de duplex existants semble tout aussi florissant que pour les autres types d'habitation.

 

COMMENT expliquer cela? Je crois pouvoir fournir quelques explications, mais j'aimerais d'abord lire vos opinions, chers collègues du forum!

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En matière d'habitation, le "duplex", dans le sens montréalais du terme, est une formule très répandue dans cette ville mais curieusement, à peu près absente ailleurs au Québec, au Canada, en Amérique et même en Occident en général (à ma connaissance).

 

Sa particularité ne tient pas à son architechture, mais à son mode d'occupation, ie un bâtiment comportant deux logements superposés, appartenant à un propriétaire occupant (généralement) le rez-de-chaussée, tandis que le logement à l'étage est occupé par un locataire.

 

Le duplex est souvent jumelé (à un semblable), mais il peut aussi être construit en rangée, et plus rarement, isolé. Il peut être de facture moyenne, modeste, ou même luxueuse. Une variante de ce duplex est le triplex, qui peut être constitué de trois niveaux (un par logement), mais plus souvent à deux niveaux, l'étage étant divisé en deux logements tandis que le propriétaire occupe le logement deux fois plus spacieux du rez-de-chaussée.

 

On retrouve ce mode d'habitation dans de nombreux quartiers de Montréal et de sa proche banlieue.

 

CEPENDANT, depuis approximativement quarante ans, il me semble que la construction de nouveaux bâtiments sous cette formule a considérablement diminué, au point de devenir rarisisme. Pourtant, le marché de la revente de duplex existants semble tout aussi florissant que pour les autres types d'habitation.

 

COMMENT expliquer cela? Je crois pouvoir fournir quelques explications, mais j'aimerais d'abord lire vos opinions, chers collègues du forum!

 

Très intéressant ce questionnement, surtout que l'on parle d'un phénomène vraiment particulier à Montréal (même si on le trouve à petite échelle dans certaines villes québécoises) et qui lui a donné une personnalité unique dans le monde.

 

Disons premièrement que l'époque de construction de ce type d'habitation a coïncidé avec l'arrivée importante des gens des campagnes et le développement industriel qui fournissait des milliers de nouveaux emplois à cette population de migrants intérieurs.

 

On construisait alors le plus densément possible afin de limiter les distances de déplacement, la possession de voitures étant limitée et généralement trop onéreuse pour la classe ouvrière. La plupart de ces nouveaux citadins, souvent pauvres, fournissaient un bassin de clientèle idéale pour la location de logements qui devenaient la formule la plus populaire et la plus économique pour les grandes familles qui étaient encore monnaie courante.

 

Avec l'apparition des premières autoroutes et la démocratisation de l'automobile, qui symbolisait un esprit individualiste naissant, la maison détachée est devenue pour beaucoup un symbole de réussite tout en offrant plus d'intimité et de confort. On a donc cessé plus ou moins vers la fin des années 50 de reproduire l'ancienne formule au profit de quartiers plus aérés, aussi plus homogènes qui répondaient davantage aux désirs d'une nouvelle classe moyenne émergente.

 

C'est ainsi que les perceptions ont lentement changé: les moins nantis demeuraient locataires en ville tandis qu'une portion de plus en plus importante réalisait le rêve de s'affranchir du proprio en devenant eux-mêmes maitres des lieux. Le crédit s'est aussi grandement développé à cette époque, les banques y voyant une source de croissance presqu'inépuisable dans une économie florissante.

 

On peut dire qu'aujourd'hui la perception de la société continue d'évoluer. A l'instar du développement des duplex et triplex qui avaient fait le plein de clientèle jusqu'à saturation, c'est maintenant le règne de la maison banlieusarde qui lentement atteint ses limites par de nouveaux quartiers de condos, plus denses, mieux desservis au niveau des transport et davantage inspirés par le "développement durable".

 

En même temps, le crédit aidant, il est parfois aussi économique de devenir propriétaire que de demeurer locataire. En plus la formule condo, répandue maintenant autant en ville qu'en banlieue, offre toute une série de projets qui répondent à la demande grandissante pour des habitations de plus en plus personnalisées.

 

En contre-partie le locatif montréalais est demeuré compétitif par des loyers abordables et contrôlés. Il est aussi protégé par une réglementation qui limite considérablement sa conversion en copropriété. Il continue aussi à offrir les avantages de la ville dans une vie de quartier mieux adaptée à la vie moderne et offrant plus de services de proximité dans une qualité de vie urbaine nettement améliorée.

 

Ce sont principalement les nouveaux arrivants qui fournissent maintenant la clientèle des duplex et triplex montréalais en composant un nouveau tissu social moins homogène et plus diversifié sur le plan culturel. Heureusement ces grands changements et cette croissance démographique n'a pas bouleversé l'équilibre fragile de l'offre et la demande, chaque formule pouvant répondre adéquatement à sa propre clientèle.

 

C'est donc à mon avis ce qui explique la popularité des transactions de ce secteur de l'habitation: il n'y a plus de nouvelle offre comme telle, mais le parc immobilier de ce type d'habitation est en équilibre avec la demande et continue à s'apprécier autant par la qualité des bâtiments que l'on rénove que les quartiers qui reprennent vie.

 

La tendance n'est plus monolithique comme dans les années 60, l'offre est plus diversifiée que jamais et les plex sont demeurés un segment intéressant dans l'immobilier général en ayant conservé la majorité des attraits qui ont fait leur succès et leur charme depuis le début de leur existence.

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