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Allégations de trafic d'influence - Marc Bellemare vide son sac


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http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/04/12/004-bellemare-entrevue.shtml

 

Financement politique douteux, échange d'argent comptant, nominations partisanes de juges, pressions politiques indues au sein du gouvernement.

 

Marc Bellemare, ministre de la Justice pendant un an au sein du premier gouvernement de Jean Charest, en 2003 et 2004, revient hanter son ancien patron.

 

Il y a un mois, il déclarait qu'il avait fait part à l'époque au premier ministre d'informations embarrassantes sur du financement au Parti libéral, ce qu'a nié par la suite M. Charest.

 

Dans une entrevue téléphonique exclusive avec l'animateur de l'émission Enquête de Radio-Canada Alain Gravel, Marc Bellemare y va de révélations fracassantes en disant avoir été témoin d'échanges d'importantes sommes d'argent liquide à deux occasions en décembre 2003 et en janvier 2004. Dans un lieu public, dans un premier temps, et à la permanence du PLQ à Québec, par la suite.

 

Extrait de l'entrevue :

 

- [Marc Bellemare] Les échanges d'argent auxquels j'ai assisté, de façon très fortuite d'ailleurs, sont des échanges qui ont lieu entre un permanent du parti et un individu considéré comme étant un collecteur influent du parti.

- [Alain Gravel] Est-ce que c'est quelqu'un qui est lié à l'industrie de la construction?

- Oui.

- Est-ce qu'on peut s'entendre pour dire que c'est un entrepreneur en construction?

- Oui.

[...]

- Quand vous dites des sommes substantielles, c'était de l'argent comptant?

- Oui [...] Il y avait des chèques et il y avait une liste aussi de noms tout près.

- Donc, il y avait de l'argent comptant, des chèques et une liste?

- Exact.

- Beaucoup d'argent comptant?

- Oui.

 

- [Alain Gravel] Est-ce que vous avez parlé aux gens qui s'échangeaient de l'argent?

- [Marc Bellemare] Oui, je les ai salués, mais manifestement, je n'avais pas d'affaires là. [...] J'en ai parlé au premier ministre, je m'en suis plaint au premier ministre et le lui ai dit que c'était irrégulier à mon avis et que c'était dangereux, et puis voilà.

 

— Extrait de l'entrevue

 

- [Alain Gravel] Est-ce que vous pouvez me dire ce que le premier ministre vous a répondu?

- [Marc Bellemare] Non, mais je peux vous dire qu'il était très bien informé.

 

 

Allégations de trafic d'influence

 

Marc Bellemare y va de révélations encore plus spectaculaires concernant l'influence de ce collecteur de fonds. Il dit avoir été au centre d'un trafic d'influence pour la nomination de juges.

 

Extrait de l'entrevue :

 

- [Marc Bellemare]Les gens qui était considérés comme étant des collecteurs influents et significatifs du parti avaient leur mot à dire sur plusieurs nominations et ils ne se gênaient pas pour solliciter des nominations de ma part à l'époque, en 2003 et en 2004, en tenant compte du fait qu'il y avait des retours d'ascenseurs qui étaient exigés, qu'il fallait placer notre monde, comme on disait à l'époque.

- [Alain Gravel] Alors vous avez été soumis à des pressions de collecteurs de fonds pour des nominations, vous-même, comme ministre de la Justice?

- Tout à fait, oui.

- Est-ce que vous avez été soumis à des pressions de l'individu que vous avez vu remettre l'argent?

- Oui.

- Donc, lui-même vous a fait des pressions?

- Oui.

- À de nombreuses reprises?

- Oui.

- Pour des nominations de...

- Diverses nominations, et des nominations de juges également.

- Votre souvenir... à combien de reprises?

- Trois.

- Trois reprises?

- Oui.

- Qu'il vous a demandé spécifiquement de nommer des juges?

- Oui.

- Avec des noms de juges?

- Oui.

- Est-ce que vous avez nommé ces juges?

- Oui.

 

- [Alain Gravel] Vous avez nommé ces juges parce que...

- [Marc Bellemare] Parce que c'était une commande des grands collecteurs du parti et le premier ministre était d'accord avec ça.

 

— Extrait de l'entrevue

 

- [Alain Gravel] Vous en avez parlé au premier ministre?

- [Marc Bellemare] Oui, je m'en suis plaint au premier ministre, mais c'était, semble-t-il, la façon de faire.

[...]

- Donc, vous avez informé le premier ministre là-dessus?

- Oui, tout à fait, je m'en suis plaint à l'automne 2003 comme au printemps 2004.

- En disant quoi?

- En disant, je me demandait qui nommait les juges. Est-ce que c'était le ministre de la Justice ou c'était tel ou tel qui avait collecté significativement des fonds pour le parti qui avait à prendre la décision? Je m'en plaignais, mais ça ne changeait pas, parce qu'il fallait agir dans ce sens-là.

 

 

De l'obstruction de collecteurs de fonds

 

Il n'y avait pas que les nominations. Marc Bellemare souligne l'obstruction des collecteurs de fonds du parti sur des réformes pour rendre les juges des tribunaux administratifs plus indépendants.

 

[Marc Bellemare] C'est certain que ces importants collecteurs-là avaient une influence sur l'agenda législatif du gouvernement. En tout cas, en ce qui me concernait, moi qui avait plusieurs projets de loi qui étaient en attente. C'était... on sentait qu'il y avait un veto financier sur certains projets de loi.

- [Alain Gravel] Et ça aussi vous avez avisé le premier ministre là-dessus?

- [M.B.] Hm-hm.

 

— Extrait de l'entrevue

 

- [Alain Gravel] Est-ce que votre démission a trait à toutes ces choses? Est-ce qu'il y a un événement particulier qui a fait qu'à un moment donné, vous en avez eu ras-le-bol?

- [Marc Bellemare] Je trouvais que le dernier projet de loi, qui est le projet de loi 35, qui était une réforme ambitieuse de la justice administrative au Québec et que j'ai dû abandonner suivant les instructions du premier ministre, suite à une rencontre au cabinet du premier ministre le 29 mars 2004. Et puis, ç'a été pour moi le dernier chantier.

- Vous avez perçu que ce projet de loi-là, vous avez dû l'abandonner à la suite de pressions de ces collecteurs?

- Notamment.

 

 

Mauvais souvenir

 

La carrière de Marc Bellemare en politique provinciale a été très courte. Il en garde un très mauvais souvenir.

 

Extrait de l'entrevue :

 

- [Alain Gravel] Ça vous inspire quoi, c'est quand même grave, vous étiez le ministre de la Justice à ce moment-là?

- [Marc Bellemare] Ça m'inspire le dégoût, et c'est pour ça que je suis parti au printemps 2004.

 

 

Pas de témoignage au DGE

 

Pour l'instant, Marc Bellemare refuse de donner publiquement les noms des collecteurs de fonds. Il ne veut pas non plus les révéler au directeur général des élections, en qui il n'a pas confiance. Il conteste d'ailleurs la citation à comparaître qu'il lui a envoyée pour le forcer à témoigner.

 

Extrait de l'entrevue :

 

- [Alain Gravel] Est-ce que vous avez l'intention de contester la convocation du directeur général des élections?

- [Marc Bellemare] C'est déjà fait.

- Parce que vous ne faites pas confiance à l'institution?

- Non, c'est parce que le directeur général des élections est une institution qui enquête privément et à mon avis, les informations de cette nature sont d'intérêt public, d'une part. D'autre part, le financement des partis politiques, ce n'est qu'un volet minime de ce que je viens de vous raconter.

 

 

Je pense que le DGE dans ce dossier-là joue le rôle du premier ministre qui, en Chambre, décide que je devrais aller m'adresser au DGE et 30 minutes plus tard, le téléphone sonne au bureau pour que j'aille rencontrer le DGE. J'ai trouvé que ça manquait d'indépendance et d'impartialité. Je trouvais que le DGE agissait comme un homme de main du premier ministre, et ça m'agace.

 

— Marc Bellemare en entrevue à Radio-Canada

 

Marc Bellemare affirme qu'il a décidé de parler de ces choses parce qu'avec les allégations actuelles sur le milieu de la construction et le financement politique, il y a un intérêt public. M. Bellemare espère toujours témoigner devant une commission parlementaire, où il jouirait d'une immunité totale.

 

D'après une entrevue d'Alain Gravel

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    • By mtlurb
      Le vendredi 20 juillet 2007
       
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      Photo François Roy, La Presse
       
       
       
      Jean-François Bégin
      La Presse
      En embauchant hier l'ex-ministre Richard Legendre à titre de vice-président principal, l'Impact de Montréal a franchi une étape importante sur la route qui pourrait le conduire vers la Major League Soccer.
       
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      La nomination de Legendre, qui a présidé à l'agrandissement du stade du parc Jarry à l'époque où il était à la tête de Tennis Canada, est une prise de taille pour l'Impact, dont le nouveau stade est présentement en construction.


       
      «Ma priorité sera de mener à bon port la construction du stade et surtout de faire en sorte de le remplir jusqu'à ce qu'il devienne trop petit et qu'il faille l'agrandir de nouveau», a dit M. Legendre lors d'une conférence téléphonique, hier après-midi.
       
      L'ancien joueur de tennis referme la parenthèse politique ouverte en 2001. Il avait alors été élu sous la bannière péquiste, lors d'une élection partielle dans la circonscription de Blainville. Candidat malheureux lors la course à la direction du PQ qui avait couronné André Boisclair, il a été défait aux élections provinciales, le printemps dernier.
       
      «Je suis content de ce que j'ai fait au cours des six dernières années, mais le 26 mars, la population m'a dit de faire autre chose. Je suis content de revenir dans le sport, car c'était mon premier choix», a dit M. Legendre.
       
      Comme ministre responsable du Loisir et du Sport dans le cabinet de Bernard Landry, Legendre avait participé au sauvetage et à la relance de l'Impact à titre d'organisme sans but lucratif, en 2002. «J'ai vu la façon dont il a mené le dossier de l'Impact et les dossiers de sport en général, a dit le président de l'Impact, Joey Saputo. Il va aider l'Impact et le soccer. C'est la personne idéale pour mener notre sport et notre équipe au prochain niveau.»
       
       
      La tentation de la MLS
       
       
      À en juger par les propos tenus hier par M. Saputo, le prochain niveau, ça risque fort d'être la MLS. La ligue née en 1996 offre le meilleur calibre de soccer professionnel en Amérique du Nord. Elle vient d'accueillir en grande pompe sa première authentique super-star, David Beckham, qui fera demain ses débuts dans l'uniforme du Galaxy de Los Angeles, si sa blessure à une cheville est suffisamment guérie.
       
      «Dans le passé, je disais non à la MLS, parce que je n'aimais pas la structure de la ligue. Mais celle-ci est en train de changer et mon opinion change aussi», a indiqué Saputo.
       
      Tant mieux. Le succès phénoménal de la Coupe du monde U-20, qui a attiré 240 000 spectateurs au Stade olympique, a prouvé hors de tout doute l'appétit des Montréalais pour du soccer de qualité. Or, disons-le franchement, la première division de l'USL, dont fait partie l'Impact, n'offre pas toujours du soccer de haut vol. Les accros de foot européen diront que la MLS non plus, mais ce serait quand même un net progrès.
       
      La MLS compte présentement 13 équipes, dont le Toronto FC. L'équipe de la Ville reine a fait ses débuts cette saison et détient l'exclusivité sur le marché canadien pendant trois saisons. Après cela, tout est possible. «Je ne veux pas dire qu'on va être dans la MLS dans deux, trois ou quatre ans, dit Saputo. Mais on va examiner cette possibilité si c'est intéressant. C'est quelque chose qu'on regarde.»
       
      La MLS s'est développée en fonctionnant de manière très centralisée, mais elle offre de plus en plus d'autonomie à ses franchises, selon Saputo. «Si ça continue dans cette direction et que le propriétaire peut plus ou moins décider de la direction de son équipe, on est ouvert.»
       
      Cette ouverture nouvelle explique sans doute l'optimisme affiché par un haut gradé de l'Association canadienne de soccer, qui me confiait récemment sa conviction que l'Impact se joindrait à la MLS en 2010.
       
      Une conviction renforcée par la construction, à l'ombre de la tour olympique, du stade Saputo, qui doit ouvrir ses portes à temps pour la saison 2008 de l'Impact. Le nouvel amphithéâtre pourra accueillir 13 000 spectateurs, mais il sera possible de faire passer sa capacité à 18 000 sièges, de manière temporaire ou permanente. «À 18 000 sièges, ce serait accepté par la MLS», dit Joey Saputo. À titre de comparaison, le BMO Field, domicile du Toronto FC, compte 20 000 places.
       
      Il y a encore beaucoup de fils à attacher avant que la MLS débarque à Montréal. Le succès de foule de l'Impact repose en bonne partie sur des billets peu coûteux qui permettent aux familles d'assister aux matchs. Il faudrait maintenir le plus possible cette accessibilité. Mais ce serait une progression logique pour l'Impact que de passer dans les grandes ligues. Les Raging Rhinos de Rochester ou le Battery de Charleston, c'est bien beau, mais Montréal mérite mieux.
       
       
      Impact international
       
       
      Le succès de la Coupe du monde U-20 a convaincu Joey Saputo qu'il serait viable pour l'Impact de disputer des matchs internationaux pendant la saison morte, à l'automne ou au printemps, contre des clubs mexicains ou sud-américains.
       
      Mais pour jouer en avril ou en novembre, il faut jouer à l'intérieur, au Stade olympique. Et pour jouer au Stade, il faut une surface artificielle. L'Impact examine présentement la possibilité d'investir pour garder au Parc olympique la surface synthétique amovible acquise par la Fédération de soccer du Québec en prévision de la Coupe du monde U-20. Cette surface fait présentement l'objet d'un appel d'offres et pourrait être vendue à une municipalité si une entente n'est pas conclue pour qu'elle reste au Stade.
       
      La faisabilité d'une telle entente serait plus forte si l'Association canadienne de soccer donnait des garanties que l'équipe nationale disputera plus souvent des matchs à Montréal. «L'Association canadienne a vu qu'un match international à Montréal peut avoir du succès et qu'il n'y a pas qu'Edmonton ou Toronto», dit Joey Saputo. Une histoire à suivre.
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