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La Presse Le dimanche 04 novembre 2007

 

Les Montréalais sont prêts à réélire Gérald Tremblay par une écrasante majorité même s’ils se disent insatisfaits de plusieurs services municipaux. Le maire de Montréal éclipse son rival pressenti, le maire de l’arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté.

Blâmé à maintes reprises pour son manque de leadership, Gérald Tremblay obtient pourtant son meilleur score depuis son arrivée à la mairie de Montréal en 2002, montre un sondage UniMarketing-La Presse. Les répondants se disent très satisfaits ou assez satisfaits de lui dans une proportion de 63%, alors qu’ils étaient 52% en 2004.

 

Son leadership est quant à lui qualifié de «très bon» ou «d’assez bon» par 70% des répondants.

 

Gérald Tremblay récolte ainsi une cote de satisfaction plus élevée que celle du gouvernement conservateur de Stephen Harper (60%) et du gouvernement libéral de Jean Charest (43%) en comparaison avec les derniers sondages.

 

L’appréciation des Montréalais reste néanmoins tiède puisque peu d’entre eux se sont déclarés «très satisfaits» du maire (8%). «Les Montréalais ont une relation d’amour avec le maire qui dure, mais elle est sans passion. Ils sont satisfaits, mais ils ne sont pas épatés», résume le président d’UniMarketing, Raynald Harvey.

 

Les répondants sont en effet partagés quant à l’amélioration de l’état général de la ville depuis l’arrivée de Gérald Tremblay à la mairie de Montréal. Seulement 50% affirment que la ville est dans un meilleur état contre 40% soutenant le contraire. La même division apparaît quant à la gestion du budget municipal avec 52% des répondants considérant les finances municipales bien gérées.

 

Peu importe, Gérald Tremblay coifferait tous les autres chefs de parti ou candidats pressentis à la mairie de Montréal avec une forte majorité si des élections municipales avaient lieu maintenant. Le maire Tremblay n’a plus de véritable rival depuis le départ de Pierre Bourque à la suite des élections de 2005.

 

Selon le sondage, Gérald Tremblay obtient 45% des intentions de vote. Benoit Labonté obtient un maigre 7% des voix. Malgré ses nombreuses sorties publiques à l’encontre de Gérald Tremblay, il obtient le même score que le chef de Vision Montréal par intérim, François Purcell. Richard Bergeron de Projet Montréal ferme la marche avec 6% des voix. Il y a néanmoins 32% de personnes indécises.

 

Aux dernières élections municipales, Gérald Tremblay l’avait emporté avec près de 54% des voix contre 36% pour Pierre Bourque et 8,5% pour Richard Bergeron. Les résultats du sondage montrent en quelque sorte la faiblesse de l’opposition à la ville de Montréal, explique M. Harvey.

 

Gérald Tremblay obtient son meilleur score (49%) parmi les électeurs des anciennes villes de banlieue, mais il demeure aussi populaire sur le territoire de l’ancienne ville de Montréal (43%). Sa popularité est presque équivalente chez les francophones (46%) et les non-francophones (43%).

 

Les électeurs des villes aujourd’hui fusionnées se montrent d’ailleurs les plus satisfaits des services de proximité offerts par les arrondissements dans une proportion de 68% pour les personnes vivant dans l’ancienne ville de Montréal.

 

Satisfaction mitigée

 

Gérald Tremblay sort donc indemne d’une année marquée par des critiques virulentes. Tour à tour, le maire a essuyé les reproches du président de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, de Gilbert Rozon, de Juste pour rire, et de Benoit Labonté lors de sa démission du parti du maire, Union Montréal.

 

M. Labonté a déclaré qu’il prenait quelques mois pour réfléchir à son avenir politique. Plusieurs observateurs lui prêtent l’ambition de se porter candidat à la mairie de Montréal. Le président d’UniMarketing fait valoir que le maire de l’arrondissement de Ville-Marie a toutefois eu peu de temps pour se mettre «en mode opposition», mais qu’il a beaucoup de chemin à faire pour aspirer à la mairie.

 

Si les répondants du sondage sont satisfaits du maire, il en va autrement à l’égard de plusieurs services municipaux. «Les gens reconnaissent les efforts, même s’il ne remplit pas leurs attentes», observe M. Harvey.

 

Les tarifs des parcomètres obtiennent le pire niveau de satisfaction. Ceux-ci ont connu des augmentations pendant deux années consécutives. La qualité de la chaussée dans les rues arrive au deuxième rang malgré les investissements de 272 millions en deux ans. Le niveau des taxes municipales, la propreté des espaces publics et le déneigement ne franchissent pas la note de passage. À l’inverse, les Montréalais apprécient les bibliothèques, la cueillette des déchets ainsi que les infrastructures de sports et de loisirs.

 

Plus du tiers des Montréalais disent aussi se sentir moins en sécurité qu’il y a quelques années. Plus de la moitié avouent toutefois se sentir autant en sécurité qu’avant. Il y a aussi 37% des répondants se plaignant du manque de policiers même si la Ville a ajouté 133 policiers affectés à la circulation automobile et étendu la juridiction du service de police au métro.

 

Ce sondage survient à deux ans des prochaines élections. Gérald Tremblay occupe la mairie de Montréal depuis six ans maintenant et il compte briguer les suffrages pour obtenir un troisième mandat. Les autres personnalités les plus aptes à faire un bon maire pour Montréal seraient Louise Harel (19%), Pierre Bourque (16%) et Pierre Marc Johnson (15%), montre le sondage.

 

Le sondage UniMarketing-La Presse a été réalisé du 26 au 31 octobre auprès de 1037 répondants. La firme de sondage a interrogé 672 résidants de l’ancienne ville de Montréal et 365 des banlieues aujourd’hui fusionnées. Ce sondage possède une marge d’erreur d’environ 3%, 19 fois sur 20.

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La Presse

Le mardi 06 novembre 2007

Plus que deux ans avant les prochaines élections municipales. Ou encore deux ans. C'est selon qu'on aime Gérald Tremblay ou qu'on veuille s'en débarrasser. Car si le maire de Montréal a rempli certaines promesses importantes, il a aussi échoué dans des dossiers stratégiques. Ce qui ne l'empêche pas de caracoler en tête des sondages.

Les deux dernières années de Gérald Tremblay à la tête de la Ville de Montréal ont été marquées par plusieurs salves. Même si 7 Montréalais sur 10 estiment que leur maire exerce un «bon» leadership, plusieurs personnalités clament exactement le contraire.

 

Les controverses ont été nombreuses depuis l'élection du maire Tremblay. On a qu'à penser au flop du projet de déménagement du Casino, avec chapiteau du Cirque du Soleil, dans l'arrondissement du Sud-Ouest. Ou encore au long débat autour du changement de nom de l'avenue du Parc. Et à la sortie du président-directeur général de Tourisme Montréal, l'hiver dernier, qui a dit que la ville est «sale», trop sale.

 

Plus récemment, c'était en juillet, le dirigeant du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, a éclaboussé le maire, dans les pages de La Presse, en déclarant «qu'il est difficile d'entreprendre quoi que ce soit à Montréal, et qu'il est temps que Gérald Tremblay devienne un bon maire».

 

Mais qu'en est-il du leadership du maire dans le coeur des Montréalais? Un sondage UniMarketing, mené pour le compte de La Presse, et dont les résultats ont été dévoilés hier, révèle que 7 Montréalais sur 10 estiment que Gérald Tremblay exerce un «bon» leadership. Tandis que près des deux tiers (63%), de ses concitoyens se déclarent satisfaits du travail de leur maire.

 

Professeure à l'UQAM, spécialisée dans la gestion de ville et les enjeux urbains, Florence Junca-Adenot croit que Gérald Tremblay est perçu par les Montréalais comme un homme «calme, intègre et réfléchi.» Elle ajoute que M. Tremblay est le premier maire qui parvient à «faire lever» des documents de vision pour Montréal.

 

«Il a réussi à donner un cadre de vie à la métropole en déposant le tout premier plan de transports de Montréal au printemps, rappelle-t-elle. Gérald Tremblay est aussi à l'origine du premier plan stratégique de développement durable pour Montréal, et nous avons maintenant de nombreuses politiques, comme celle sur la qualité de vie»

 

Mme Junca-Adenot croit que pour remporter la prochaine course à la mairie, Gérald Tremblay n'a qu'à se choisir «quelques causes et les pousser jusqu'au bout». En ce sens, il a bien fait de reprendre les dossiers du centre-ville, cet automne. Le projet de Place des festivals dans le Quartier des spectacles est un bon départ, dit-elle.

 

Michel Fréchette, spécialiste de l'image qui a déjà conseillé l'ancien premier ministre Paul Martin, met cependant un bémol aux résultats du sondage sur la satisfaction des Montréalais face à leur maire. Selon lui, le prochain défi de M. Tremblay sera de remporter un «troisième mandat».

 

«Pour l'instant, il n'est pas menacé par qui ou quoi que ce soit, explique-t-il. Il reste deux ans avant les élections. Et le seul qui est pressenti, Benoit Labonté, maire de l'arrondissement de Ville-Marie, n'a encore rien prouvé depuis qu'il a quitté avec fracas le parti du maire Tremblay.»

 

Professeur en communication à l'Université d'Ottawa, Luc Dupont estime pour sa part que le dossier du casino a laissé une marque sur le leadership de Gérald Tremblay. Celui qui voudra devenir le prochain maire de Montréal devra démontrer qu'il est capable de remettre la ville «en marche», dit-il.

 

«De l'extérieur, le flop du casino est devenu le symbole de l'immobilisme au Québec. Même davantage que le départ des Expos. Parce que les gens se disent maintenant que c'est compliqué de faire affaire avec la Ville de Montréal», ajoute M. Dupont.

 

Ancien maire de Westmount et ancien adversaire politique de Gérald Tremblay, Peter Trent ne manque pas de critiquer la gestion de Gérald Tremblay. Il estime que le maire peut se féliciter d'avoir à ses côtés Frank Zampino, président du comité exécutif de la Ville et responsable du budget.

 

«Sinon ce serait un désastre administratif, croit M. Trent. Les dépenses de Montréal ne cessent d'augmenter depuis qu'elle a été décentralisée. Nous avons une ville mi-figue mi-raisin, avec des «mirettes» d'arrondissement.»

 

À court terme, M. Trent n'est pas optimiste. Il note que le maire de Montréal devra marcher sur son orgueil, et accepter la critique, «sa faiblesse majeure», dit-il. Il estime que le maire Tremblay n'est pas mieux que Pierre Bourque ou Jean Doré.

 

«Gérald Tremblay a toujours eu une crotte sur le coeur contre les 15 villes qui ont défusionné, croit M. Trent. On espère que la rancoeur va disparaître. Il est impossible de bien diriger une ville avec une guerre interne de structures. En ce moment, Montréal a un problème de capitaine et un problème de vaisseau.»

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