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Régions: la fin de l'hémorragie?

 

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Publié le 09 février 2010 à 07h24 | Mis à jour à 07h24

Claude Picher

La Presse

 

Pour la première fois depuis le milieu des années 90, toutes les régions du Québec, sans exception, ont connu en 2009 une hausse démographique.

 

Il est évidemment trop tôt pour dire s'il s'agit d'un renversement de tendance, mais il est certain que, pour les régions périphériques, victimes d'une véritable saignée démographique depuis une quinzaine d'années, 2009 représente sans aucun doute un répit plus que bienvenu. Et probablement plus qu'un simple répit. Il se pourrait même que les plus récentes données démographiques régionales de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), publiées la semaine dernière, annoncent la fin de l'hémorragie.

 

En 2009, le Québec a gagné 75 400 nouveaux citoyens, une hausse de 1% par rapport à 2008. Ce chiffre tient compte à la fois de l'accroissement naturel (les naissances moins les décès) et du solde migratoire.

 

Toutes les régions ne profitent pas également de la hausse. Toutes proportions gardées, c'est Lanaudière qui ressort comme grande gagnante, avec 8500 citoyens de plus, une augmentation de 1,9%. À l'autre bout de l'échelle, la Gaspésie ne gagne qu'une trentaine de nouveaux résidants, en hausse de 0,03% seulement.

 

À première vue, ce dernier chiffre semble désolant, mais en réalité, il constitue une excellente nouvelle pour la région.

 

Entre 1996 et 2008, la Gaspésie (incluant les Îles-de-la-Madeleine) a vu sa population totale passer de 106 400 à 94 100 personnes, une perte frisant les 1000 personnes par année. C'est dire que, pendant cette période, la région a perdu près de 12% de sa population. C'est énorme. La situation est d'autant plus tragique qu'elle touche largement les jeunes de moins de 24 ans...

 

Si modeste soit-elle, une première hausse démographique, survenant après une telle hémorragie, ne peut être que réconfortante.

 

À des degrés divers, on observe une tendance semblable dans toutes les autres régions périphériques.

 

La Côte-Nord a connu un déclin de 9% depuis 1996; or, l'an dernier, on observe pour la première fois une hausse de 0,3%. En Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans le Bas-Saint-Laurent, les pertes démographiques depuis 1996 se situent à 7%, 6% et 4% respectivement. En 2009, dans le même ordre, on enregistre des hausses de 0,5%, 0,24% et 0,04% respectivement.

 

Certes, ces chiffres demeurent bien en deçà de la moyenne provinciale, mais, comme dans le cas de la Gaspésie, ils représentent une première lueur d'espoir après des années d'exode.

 

Le plus encourageant, c'est que la tendance a des chances de se maintenir. «Tous les facteurs poussent dans la même direction», explique Chantal Girard, démographe à l'ISQ.

 

D'abord, l'accroissement naturel. Mme Girard n'aime pas l'expression «mini-baby-boom», qui décrit la hausse des naissances au Québec depuis quelques années. «Cela donne l'impression que les problèmes démographiques du Québec sont réglés, dit-elle, alors que nous sommes loin d'un véritable boom. Tout au plus peut-on parler d'un baby bump.» Quoi qu'il en soit, le baby bump touche effectivement toutes les régions, y compris celles qui sont traditionnellement défavorisées sur le plan démographique.

 

De plus, les migrations interprovinciales, qui ont longtemps joué contre les régions périphériques, sont en train de changer. Après avoir quitté leurs régions depuis des décennies, beaucoup de Gaspésiens, Saguenéens ou Abitibiens, aujourd'hui jeunes retraités au début de la soixantaine, décident d'y revenir, et ils y sont particulièrement incités par les prix attrayants de l'immobilier en région. «Nous observons un mouvement de retour, confirme Mme Girard, mais est-ce que cela va durer? Est-ce que les services vont suivre? À 60 ans et en bonne santé, nos besoins ne sont certainement pas les mêmes qu'à 80 ans...» En attendant, si ce mouvement se poursuit, il semble bien que les régions ont plusieurs bonnes années devant elles.

 

Enfin, les immigrants internationaux continuent encore massivement de s'installer à Montréal, mais on en compte de plus en plus qui, pour toutes sortes de raisons, choisissent les régions. C'est loin d'être une vague, mais le phénomène commence suffisamment à percer pour que cela paraisse dans les statistiques.

 

En 2001, les démographes québécois, se basant sur les tendances qui existaient à l'époque, n'entrevoyaient pas beaucoup d'avenir pour les régions périphériques. «Nous étions pas mal déprimés», se rappelle Mme Girard. Les chiffres les plus récents sont beaucoup plus encourageants.

 

Quelques chiffres en terminant sur les régions qui vont mieux. Comme on s'en doute, c'est la banlieue montréalaise qui connaît les plus fortes hausses démographiques. Entre 1996 et 2009, la population a augmenté de 23,4% dans les Laurentides, 20,3% dans Lanaudière, 17% à Laval et 11,4% en Montérégie. L'Outaouais, grâce au dynamisme démographique de la ville de Gatineau, en banlieue d'Ottawa, est une autre région qui s'en tire très bien avec 15,1%. Montréal et Québec enregistrent des hausses de 6 et 7%.

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