Jump to content

Recommended Posts

jeudi 10 décembre 2009

La grande garderie!

 

Pierre Simard

La Presse, jeudi 10 décembre 2009,forum, Opinion p.A28

Le journal de Québec, jeudi le 10 décembre, lettre du jour, p.19

 

Chaque semaine nous apporte une nouvelle loi ou un nouveau règlement. La prise en charge publique des multiples dangers affligeant notre société ne cesse de s’étendre : la malbouffe, les piscines, les arnaqueurs financiers, etc. L’État, notre protecteur, est partout.

 

La dernière semaine n’aura pas fait exception. Nos gouvernements poursuivent leur croisade contre les automobilistes. Après le cellulaire, les pneus d’hiver, les radars photo, nous voilà maintenant avec le « .05 » et des vitesses réduites à 30 km/heure dans les rues.

 

De nos jours, la mécanique de l’intervention publique est facile à reconstituer. Ça commence par un incident, une statistique ou un fait divers. On confie alors à un organisme, un comité ou une table de concertation le mandat de nous protéger contre ce risque. Cet organisme élabore alors une série de recommandations débutant par la prévention et se terminant par le contrôle et la répression. Des recommandations que nos gouvernements appliqueront au fil du temps – et à des moments opportuns – pour faire diversion et éviter des enjeux politiques plus important.

 

En réalité, nous vivons dans une société où l’État, au nom de la vertu, réussit à nous infantiliser; à gérer notre vie sous prétexte de nous protéger. Le citoyen est à ses yeux un être immature et irresponsable qu’il faut protéger contre lui-même. Ce paternalisme repose sur l’idée qu’un contrôle des citoyens se justifie du seul fait qu’il existe quelque part un risque qu’il faut minimiser. En somme, nous vivons dans une grande garderie.

 

De nos jours, plus personne n’est responsable. Votre enfant est obèse? C’est la faute du casse-croute de l’aréna ou de la publicité de chaines de restauration rapide. Vous frappez un piéton? Votre responsabilité se limite à avoir en votre possession un permis de conduire et un certificat d’enregistrement valide, des pneus d’hiver avant le 15 décembre, une ceinture de sécurité attachée, une oreillette pour votre cellulaire et à ne pas excéder le .05 gramme d’alcool par litre de sang. Peu importe, il pourrait arriver que la SAAQ vous indemnise davantage que votre victime. Ça s’appelle le « no fault ».

 

On vit maintenant dans une société dominée par la déresponsabilisation collective. Une société qui repose sur une surprotection des citoyens plutôt que sur sa responsabilisation. Une société où ce n'est jamais la faute de l’individu, mais celle du gouvernement qui ne l’a pas protégé. Une société qui dénie toute responsabilité à l'être humain.

 

Si on a vraiment à cœur le développement sécuritaire de la société, ce n’est pas en alourdissant l’appareil bureaucratique et en renforçant l’arbitraire politique par le déploiement de l’arsenal réglementaire qu’on y parviendra. C’est en obligeant les citoyens à assumer les conséquences de leurs actes.

 

Aussi, plutôt que chercher à nous dicter constamment ce qu'il faut faire, le rôle de l’État devrait se limiter à améliorer l’application des lois en matière de responsabilité et à mettre en place un système judiciaire rapide, efficace et juste.

 

Aucun individu n’a besoin de se faire dicter le bien et le mal lorsqu’on applique la vraie responsabilité, celle qui repose essentiellement sur l’obligation d’assumer les conséquences de ses propres décisions ou de réparer les dommages économiques, sociaux ou environnementaux qu’il crée. Si la vraie responsabilité n’empêche ni les erreurs, ni les abus − ce que de toute façon l’État ne peut prévenir − elle nous offre toutefois l’assurance de vivre dans un monde d’adultes.

 

http://pierresimard.blogspot.com/2009/12/la-grande-garderie.html

 

Je ne pourrais pas être plus d'accord...

Récemment, le gouvernement a avancer l’idée d’augmenter l’âge pour l’obtention des permis de conduire, d'interdire au jeune le droit de conduire la nuit, ou de conduire avec plus d’un passager. Je regarde ça et je me dis que les jeunes du future n’auront jamais la chance de vieillir ou de développer un sens des responsabilités.

Un jour, on va passer nos vies enrobé dans du « bubble wrap » si ça continue à ce rythme.

Edited by identifiant
Link to comment
Share on other sites

Je suis d'accord avec toi!!

 

Ce que je ne comprends pas c'est que ça viens d'un prof à l'ÉNAP!! C'est fou, mais c'est là que les fonctionnaires et politiciens vont pour être formés!

Link to comment
Share on other sites

Je crois à l'équillibre.

 

On peut retrouver un juste milieu dans beaucoup de choses, et l'histoire des autos c'est la même chose. Il faut savoir utiliser son gros bon sens.

 

Est-ce que l'age pour conduire devrait être 21 ans au lieu de 18? Non. La majorité des jeunes ONT le potentiel d'être des bons conducteurs.

 

Est-ce qu'on devrait interdire les cellulaires au volant? Oui, car la majorité des gens n'ont PAS le potentiel d'être des bons conducteurs + tenir son cell et parler au téléphone.

 

Voilà la différence, à mon avis. Il y a des choses qui sont logiques, d'autres, non. Ca ne devrait pas être une histoire de "l'état nous protège trop!" ou "l'état ne fait pas assez!". Au lieu, ça devrait être une question de "est-ce que l'état fait ce qui est logique?"

 

Ca ne me dérange pas si l'état m'impose un million de restrictions, si ces restrictions sont logiques. Je m'en balance si je n'ai pas le droit d'acheter et garder du plutonium enrichi dans mon sous-sol. Par contre, je n'aimerais pas ça, par exemple, si l'état m'imposerait des restrictions sur ce que je peux manger (ex: un quota sur les chips, pas assez santé, etc.)

Edited by Cataclaw
Link to comment
Share on other sites

Mais elles sont toutes logiques et là ça dépend du point de vue de chacun, pour toi ça fais du sens 18 ans, pour d'autres non... comme on dit personne est contre la vertue.

 

Quand l'État commence à réglementer, c'est une spirale sans fin, parceque il y a toujours des gens pour en demander plus, et pour trouver des réglements "logiques".

Link to comment
Share on other sites

Ouais, sauf que si on réussit à démontrer qu'avec un permis à tel âge avec tel restriction il y a moins d'accident qu'à autre âge et autre restriction, on a un point objectif qui permet de prendre une décision plus éclairée.

 

En Ontario, l'interdiction de conduire la nuit et la durée plus longue du permis probatoire ont permis d'améliorer sensiblement le bilan des accidents de la route. Rendu là, ça devient un choix politique: permettre à plus de monde de conduire et assumer plus d,accident ou enlever le droit de conduire et réduire le nombre d'accident.

Link to comment
Share on other sites

oui mais 16 ou 18 ans, c'est juste un chiffre, sur quoi que tu bases ?? 15 et 11 mois aussi devrait être bon? Y a rien de logique dans cet exemple, c'est arbitraire.

 

On ne parle plus de la même chose. Moi je disais que maintenir la situation actuelle (16 ans) est plus logique qu'imposer une restriction de 21 ans.

Link to comment
Share on other sites

Quel bon article. Entièrement d'accord avec l'auteur!

 

J'ai toujours pensé que le permis de conduire à 16 ans était beaucoup trop jeune. Nous n'avons pas le droit de voter avant l'age de 18 ans, mais on peut embarquer dans une "arme" de 1500 kilos à 16 ans?? I'm sorry, mais à 16ans nous ne sommes pas assez mature pour prendre cette responsabilité!

Link to comment
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
 Share

×
×
  • Create New...