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Mécanismes de gestion - Ou pourquoi on paie trop de taxes


Malek
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Mécanismes de gestion

 

Publié le 23 septembre 2009 à 06h53 | Mis à jour le 23 septembre 2009 à 06h58

 

 

Claude Picher

 

La Presse

 

(Montréal) Le maire Tremblay dira ce qu'il voudra, mais il n'y a aucun doute: le rapport du vérificateur général sur l'installation des compteurs d'eau est accablant pour l'administration municipale. Au moins peut-on apprécier qu'il ait décidé de mettre le contrat à la poubelle, même si cela coûtera une couple de millions aux contribuables.

 

Le rapport du vérificateur dresse, entre autres choses, un historique assez hallucinant de toute cette affaire pour en arriver à la constatation que les contribuables montréalais étaient carrément en train de se faire avoir.

 

Le contrat accordé au départ était de 312 millions (356 millions en incluant les taxes). Mais le vérificateur a calculé qu'en tenant compte de tous les coûts (je vous épargne les détails techniques), il faudrait plutôt parler de 600 millions, au moins. Cela fait 1469$ le compteur.

 

C'est beaucoup trop.

 

 

Cet été, mon collègue André Noël a obtenu et publié dans La Presse une liste des prix payés par diverses municipalités pour des compteurs d'eau. Les prix varient selon la complexité des contrats, mais dans tous les cas, ils n'ont aucune commune mesure avec les 1469$ que s'apprêtait à payer l'administration Tremblay. Voyons plutôt: à Laval, chaque compteur a coûté 157$ aux contribuables; à Saint-Laurent (où les compteurs ont été installés avant les fusions municipales), 261$; à Lac-Mégantic, 295$; à Toronto, 447$. Tous ces prix concernent des compteurs de dimensions identiques.

 

Certes, comme le reconnaît le vérificateur, les compteurs peuvent entraîner des économies, notamment en ce qui concerne la production d'eau et les coûts d'épuration. Au total, ces économies représenteraient près de 20 millions par année. «Pouvons-nous, écrit le vérificateur, économiquement justifier des dépenses de plus de 600 millions sur 25 ans, qui peuvent être encore plus élevées, pour réaliser des économies de 19,8 millions annuellement?» Poser la question, c'est y répondre.

 

Il est une petite phrase, dans le rapport de 170 pages, qui apporte finalement une piste de solution: «La Ville doit développer les mécanismes de gestion pour mieux contrôler le coût des travaux d'infrastructures.»

 

On aurait pu se contenter de dire «pour mieux contrôler les coûts», point.

 

Tout est là.

 

Aucune entreprise privée, y compris celles qui font affaire avec les administrations publiques, ne pourrait survivre sans des mécanismes de gestion rigoureux.

 

Toutes les entreprises de moindre importance ont un contrôleur financier. Son job est de suivre à la trace les revenus et les dépenses de l'entreprise, de trouver le meilleur financement aux meilleures conditions possibles, de voir à ce que les frais de voyage et de représentation soient légitimes et accompagnés de pièces justificatives, de s'assurer que les comptes recevables soient dûment perçus, que les fournisseurs soient payés à temps.

 

Toutes les entreprises de moindre importance ont un approvisionneur (mieux connu comme «acheteur»), qui est responsable de négocier les meilleurs prix sur le marché pour les fournitures, accessoires, équipements et outillages de l'entreprise.

 

Toutes les entreprises de moindre importance ont un responsable des ressources humaines. Son job est de recruter les candidats qui correspondent le mieux aux besoins de l'entreprise, négocier les salaires et avantages sociaux, émettre et faire appliquer les règlements internes, congédier les incompétents et les fraudeurs.

 

Tous ces cadres servent à faire fonctionner les mécanismes de gestion. Tous (qui ont souvent le titre de vice-président et rendent donc des comptes directement à la haute direction) ont des obligations de résultats, sans quoi ils risquent une rétrogradation, ou même de se retrouver à la rue. Avec raison: si la gestion de l'entreprise est inefficace, elle court droit à la faillite, c'est aussi simple que cela.

 

Évidemment, les administrations publiques, y compris la Ville de Montréal, ont aussi des fonctionnaires responsables des approvisionnements, des finances, des ressources humaines. Dans le dossier des compteurs, certains de ces cadres ont même tenté d'attirer l'attention de l'administration.

 

Il est assez facile de blâmer le maire Tremblay et effectivement, un tel scandale (pour ne nommer que celui-là) ne se serait sans doute jamais produit si, pour poursuivre la comparaison avec l'entreprise privée, le "président de la compagnie" avait été plus vigilant. Mais au-delà des faiblesses du maire et du dossier des compteurs, le rapport du vérificateur fait clairement ressortir, page après page, la faiblesse des mécanismes de gestion de la Ville. Ce sont tous les contribuables montréalais qui en font les frais.

 

 

 

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Quand je lis ça, j'ai carrémment honte des politiciens qui dirigent cette ville auquel ce site est dédié!

 

C'est ça qui arrive quand on envoi trop d'argent aux politiciens, ils trouvent toujours le tour de la gaspiller et d'en redemander plus.:rolleyes:

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Je ne suis pas un fan du maire tremblay. Ce n'est pas sa première erreur et à mon très humble avis, son organisation coûte trop cher. Trop d'arrondissements. Trop de parcomètres, aussi. Et puis sa gestion du traffic est épouvantable pour tout dire.

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Pourquoi depuis des mois on parle de 'problèmes de gestion' , 'manque de vigilance' , 'erreurs administratives' ... et pas tout simplement de FRAUDE ?

C'est bien beau de vouloir être politically correct, mais le gars est avocat de formation, il a été ministre de l'industrie et du commerce, il est hyper pluggé, il sait tout ce qui se passe dans le milieu de la construction.

C'est un crosseur, le meilleur de tous les temps.

 

Sous son air de petit imbécile, se cache quelqu'un de rusé et d'arnaqueur.

Jamais une administration n'a été autant entachée de scandales et de fraude que la sienne, et il veut nous faire croire qu'il ne savait rien? il nous prend pour des imbéciles, et ça fonctionne bien.

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Jamais une administration n'a été autant entachée de scandales et de fraude que la sienne

 

J'étais assez jeune, mais je me souviens que Jean Doré était assez croche. Je me souviens d'un scandale où il avait acheté un piano de 100,000$ pour l'hôtel de Ville.

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La solution est d'envoyer moins d'argent à la ville, moins de taxes, moins de possibilité de corruption... tu coupes le problème à la source.

Et un des moyens d'envoyer moins d'argent dans les coffres de la Ville c'est de ne pas utiliser sa voiture pour se déplacer en ville : pas besoin de nourrir les insatiables parcomètres ; peu de risques de recevoir une contravention...

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Et un des moyens d'envoyer moins d'argent dans les coffres de la Ville c'est de ne pas utiliser sa voiture pour se déplacer en ville : pas besoin de nourrir les insatiables parcomètres ; peu de risques de recevoir une contravention...

 

Réfléchis avant d'écrire n'importe quelle bétise.

 

En 2008, Stationnement Montréal à soutiré 57.8M aux automobilistes, 17.9M est allé en frais de "gestion", 39.5M$ à été remise à la ville de Montréal.

 

Sur un budget de 3.97G$ en 2008, ces revenues de stationnement ne représentent même pas 1%, une chance qu'il a des citoyens comme toi pour payer les gros avantages sociaux de tes cols bleus syndiqués et qui se cachent pour pas travailler...:rolleyes:

 

p.s. 31% pour gérer Stationnement de Montréal, c'est littéralement du vol... mais bon, who cares right?

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Taxes et appauvrissement

Publié le 06 octobre 2009 à 06h54 | Mis à jour le 06 octobre 2009 à 06h55

 

(Montréal) Samedi dernier, j'écrivais que le poids économique du Québec est en constante diminution depuis une dizaine d'années, notamment en raison de son déclin démographique et de la faiblesse de ses gains de productivité.

 

Concrètement, cet appauvrissement relatif ne se traduit toutefois pas par une baisse de la rémunération hebdomadaire moyenne. Si on tient compte des hausses salariales et de l'inflation depuis 1998, la rémunération réelle a augmenté de 3,6% au Québec, à quelques poussières de la moyenne canadienne de 3,7%. En Ontario, le chiffre correspondant est de 2,5%. Par rapport à leurs voisins, les travailleurs québécois ne s'appauvrissent donc pas tant que cela.

 

Cette chronique m'a valu un abondant courrier. Vous êtes nombreux à me reprocher de ne pas avoir tenu compte de la fiscalité. Quelques exemples:

 

«Est-ce que de plus grosses charges sociales réduisent le pouvoir d'achat du contribuable et l'appauvrissent plus que les contribuables des autres provinces?» demande M. Thibault.

 

«Je crois qu'il manque un aspect important que vous n'avez pas considéré. C'est le niveau de taxation au Québec», ajoute M. Abilmouna.

 

«Vous ne parlez pas des impôts, taxes, contributions, frais de toutes sortes auxquels sont assujettis les contribuables du Québec. Pourriez-vous écrire sur le sujet afin que nous ayons un portrait un peu plus réaliste de la situation?» conclut M. Geoffrion.

 

Chers lecteurs, vous avez tous raison. Les chiffres de ma chronique de samedi étaient basés sur les données de l'Institut de la statistique du Québec, qui calcule la rémunération hebdomadaire moyenne avant impôts.

 

Or, il se trouve précisément que les contribuables québécois demeurent surtaxés si on les compare à ceux des autres provinces.

 

L'Institut Fraser publie chaque année une comparaison interprovinciale du fardeau fiscal.

 

Pour déterminer l'ampleur du fardeau fiscal, on ne tient pas seulement compte de l'impôt sur le revenu, mais aussi de tout ce que les contribuables paient aux administrations publiques: taxes de vente, taxes spécifiques (essence, tabac, alcool, accise), contributions sociales, impôts fonciers.

 

Excluant les redevances sur les ressources, le ménage canadien de deux personnes paiera en moyenne 37 200$ (1) en taxes et impôts de toutes sortes en 2009.

 

Ce montant varie beaucoup d'une province à l'autre. La famille terre-neuvienne paie en moyenne 25 100$, et la famille albertaine, presque deux fois plus, soit 43 300$. Cela ne veut pas dire que les taxes sont plus élevées en Alberta.

 

L'Albertain paie plus d'impôts et de taxes parce qu'il est plus riche.

 

Pour avoir un portrait plus juste, il faut tenir compte de l'ensemble des revenus des ménages: ainsi, le fardeau fiscal de 43 300$ assumé par le ménage albertain représente 35% de ses revenus. À Terre-Neuve, les taxes et impôts de 25 100$ représentent 40% des revenus moyens des ménages. Toutes proportions gardées, le Terre-Neuvien est donc plus taxé que l'Albertain.

 

Le ménage québécois, lui, doit assumer un fardeau de 33 200$, ou 44% de son revenu. C'est le pourcentage le plus élevé au Canada, et forcément le plus élevé en Amérique, puisque les impôts aux États-Unis sont sensiblement plus bas qu'au Canada.

 

Les chiffres que nous venons de voir concernent les taxes et impôts perçus par tous les niveaux de gouvernement. Les taux de l'impôt fédéral et de la TPS sont les mêmes dans toutes les provinces. Les impôts municipaux et scolaires varient beaucoup (de 900$ à Terre-Neuve à 3300$ en Colombie-Britannique), mais cela a peu d'importance: ces impôts constituent en moyenne moins de 8% du fardeau fiscal global.

 

Ce qui fait une grosse différence, par contre, ce sont les impôts provinciaux (impôts sur le revenu, taxes de vente et taxes spécifiques, principalement).

 

À cet égard, le Québec forme une société distincte (sur un pied d'égalité avec Terre-Neuve). Le ménage québécois envoie en moyenne 20% de son revenu, soit 14 700$, au gouvernement provincial sous toutes sortes de formes de taxes et d'impôts. C'est le montant le plus élevé au Canada. À l'autre bout de l'échelle, l'Albertain s'en tire avec 13 000$, ou 11% de son revenu.

 

Malgré les récentes baisses d'impôts au Québec et hausses en Ontario, l'écart entre les deux provinces demeure important.

 

Un ménage de deux personnes, l'une gagnant 40 000$ et l'autre 30 000$ (nous sommes loin de parler ici de millionnaires), paiera 10 300$ d'impôts provinciaux en Ontario, contre 13 800$ au Québec. Cela donne aux Ontariens près de 300$ de plus par mois pour épargner ou dépenser.

 

(1) Les chiffres de Fraser sont précis au dollar près; je les ai arrondis afin de faciliter la lecture du texte.

 

 

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/claude-picher/200910/06/01-908772-taxes-et-appauvrissement.php

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Effectivement, 300$ sur un paiement d'hypothèque permetterais d'aller chercher de mieux. Les maisons gagneraient aussi de la valeur, le patrimoine des québecois serait plus riche...

 

Bref, 300$ de plus dans une poche familiale c'est mieux que 300$ de moins.

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