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Série dans le Devoir: Montréal avant-après, témoignage photographique de l'évolution


Atze
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Superbe série d'articles, voici les 3 premiers parus. Je sais que l'auteur vient de temps en temps sur mtlurb.com. Malheureusement sur le site du Devoir, il n'y a pas la 2e photo "actuelle" des lieux, qui rend les articles d'autant plus intéressants et pertinents.

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De l'Institut Nazareth à la Place des Arts

 

Le Devoir

Guillaume Saint-Jean

Édition du lundi 29 juin 2009

 

Mots clés : Nazareth, Avant après, Place des arts, Édifice, Histoires, Montréal, Québec (province)

 

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L'immeuble de la rue Sainte-Catherine fut démoli en 1958, après que ses superbes fresques pieuses, impossibles à préserver, eurent été méticuleusement photographiées

 

L'Institut Nazareth, photographié par Claude Décarie en avril 1948.

Alors que la 30e édition du Festival international de jazz de Montréal débutera demain sur un terrain nouvellement réaménagé, il est opportun de dresser un portrait de ce qui se trouvait autrefois dans ce quadrilatère du centre-ville, à une époque où les termes «Quartier des spectacles» n'avaient encore jamais été prononcés.

 

Bien avant la construction du Stade olympique et du métro de Laval, le projet de l'aménagement de la Place des Arts aura été, au cours des années 1960, un chantier qui aura coûté plus du double de ce que les experts avaient d'abord évalué.

 

Originellement estimé à 12 millions de dollars, une somme tout de même assez exorbitante pour l'époque, le projet de la construction de la Place des arts aura coûté en 1963 plus de 25 millions. Parmi les frais qui furent sous-estimés, notons par exemple les 4,5 millions de dollars déboursés en frais d'expropriation pour une trentaine d'immeubles situés dans le périmètre des rues Ontario, Sainte-Catherine, Jeanne-Mance et Saint-Urbain.

 

En plus des 32 propriétés mentionnées, d'une école de style ogival du XVIe siècle et d'un édifice de sept étages spécialisé dans l'ameublement de maison, ce projet gouvernemental aura également fait crouler sous le pic des démolisseurs l'Institut Dominique Savio, un orphelinat pour jeunes garçons.

 

L'Institut Nazareth

 

Solennellement béni le 23 décembre 1862, l'établissement fut d'abord connu sous le nom d'Institut Nazareth, une institution pour les jeunes aveugles, reconnue à l'époque comme une des premières du genre au Canada. On y enseignait notamment la lecture, l'écriture, les travaux d'artisanat pour les filles ainsi que des cours d'instruction religieuse.

 

En 1871, on érigea la seconde partie de l'édifice et l'on fit alors appel à Napoléon Bourassa, le père d'Henri Bourassa, afin d'orner de fresques pieuses la chapelle nouvellement construite.

 

Plusieurs décennies plus tard, l'établissement devint l'Institut les Buissonnets, puis l'Institut Dominique Savio,

 

un orphelinat et foyer pour les jeunes délinquants que plusieurs résidants surnommaient d'ailleurs les Beans, puis-que ce plat y était servi tous les vendredis.

 

Après une collecte organisée en 1956 par le cardinal Léger, un nouvel édifice fut érigé sur les anciennes terres des sulpiciens du quartier Ahuntsic. L'immeuble de la rue Sainte-Catherine, devenu vétuste, fut quant à lui démoli en 1958, après que ses superbes fresques pieuses, impossibles à préserver, eurent été méticuleusement photographiées.

 

En conséquence, bien que le terrain gazonné et les nombreux arbres du site aient désormais cédé leur place à un grand escalier de béton et à une fontaine que l'on se surprend à voir arborer une couleur différente chaque année, les gens qui fréquentent le site s'y sentent désormais en liberté, au contraire de ceux qui, à une certaine époque, se sont sans doute sentis enfermés et bien seuls dans la cour de récréation de leur orphelinat.

 

 

http://www.ledevoir.com/2009/06/29/257072.html

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De lieu de culte à résidence de luxe

 

Le Devoir

Guillaume Saint-Jean

Édition du lundi 06 juillet 2009

 

Mots clés : Église du Messie, Sir George Simpson, Construction, Histoires, Montréal

 

mes_xz_060709.jpg

 

La construction du Sir George Simpson se fait sur un terrain vacant où subsistaient les ruines de l'église du Messie, un des premiers exemples d'église néogothique à Montréal

 

«Feature Sherbrooke Street», par Conrad Poirier, le 20 juillet 1947.

Les travaux de construction du Sir George Simpson, un immeuble résidentiel de luxe situé à l'angle des rues Sherbrooke et Simpson, tirent à leur fin. Il remplacera un terrain vacant où subsistaient les ruines de l'église du Messie, détruite lors d'un incendie criminel, il y a plus de 20 ans.

 

Considérée comme un des premiers exemples d'église néogothique à Montréal, l'église du Messie fut érigée entre 1906 et 1908 selon les plans des architectes Edward et William Sutherland Maxwell, à qui on doit notamment la réalisation de la tour centrale du château Frontenac. Elle fut commandée par une congrégation implantée à l'intersection de la côte du Beaver Hall et de la rue de la Gauchetière dans un lieu de culte vieillissant, alors peu à peu déserté par ses fidèles.

 

Sis sur des fondations de pierre grise à bossages, l'édifice recouvert de pierre calcaire de couleur chamois importée d'Indiana était toutefois peu ornementé. Dépourvu de la traditionnelle tour surmontée d'une flèche, il possédait plutôt deux tourelles octogonales crénelées à chaque extrémité de sa façade, ainsi que de grandes fenêtres gothicisantes au-dessus du portail de l'entrée et entre les travées du mur latéral donnant sur la rue Simpson. En plus du lieu de culte, l'ensemble comprenait également une école de catéchisme et le bureau du pasteur.

 

L'édifice fut malheureusement détruit par une pyromane, par ailleurs employée de la congrégation, le 24 mai 1987, date à laquelle deux pompiers perdirent la vie en tentant d'éteindre le brasier. La compagnie d'assurance ne couvrant pas les coûts de la reconstruction de l'édifice de la congrégation, celle-ci abandonna donc le terrain afin de se faire construire une nouvelle église près du métro Vendôme.

 

Sept ans après la tragédie, un premier projet de réaménagement du site fut soumis aux autorités municipales. Le projet de construction d'un hôtel de luxe de 34 étages dérogeant à un règlement de la Ville quant à sa hauteur fut alors vivement critiqué par les voisins du site ainsi que par Héritage Montréal.

 

Devant l'ampleur du battage médiatique accordé à cette initiative, la Ville refusa le projet, et le terrain situé à l'intersection des rues Sherbrooke et Simpson ne se retailla une place dans l'actualité qu'en 2005, lorsque le groupe Lépine se porta acquéreur des lieux.

 

Après avoir d'abord essuyé un refus, le promoteur obtint finalement l'autorisation d'ériger un immeuble à condominiums de luxe de 12 étages sur le terrain où se dressait, outre les ruines de l'église, une maison de pierres de la fin du XIXe siècle abandonnée à la suite d'un incendie quelques années auparavant.

 

Et si certains crient au pastiche à propos de l'apparence du nouvel immeuble, son inauguration permettra néanmoins de clore enfin un dossier qui aura, bien malgré lui, pris plus de deux décennies avant de se boucler.

 

http://www.ledevoir.com/2009/07/06/258037.html

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St. Bridget's Refuge, le refuge oublié

 

Le Devoir

Guillaume Saint-Jean

Édition du lundi 13 juillet 2009

 

Mots clés : St. Bridget's Refuge, Architecture, Histoires, Montréal

 

ref_xz_130709.jpg

St. Bridget's Refuge, Montréal, Québec, vers 1896.

 

Ceinturé des vestiges d'une clôture de fer forgée ayant près de 140 ans d'histoire, le vaste terrain vert situé au pied du grand escalier menant à la basilique Saint-Patrick n'attire plus beaucoup les regards aujourd'hui, sinon ceux des sans-abri. Bien qu'en réalité cet espace leur ait toujours été destiné, il était autrefois beaucoup plus chaleureux puisque s'y trouvait un véritable refuge pour les accueillir.

 

En 1847, de nombreux immigrants irlandais quittèrent leur pays, alors ravagé par la famine, la maladie et la pauvreté, pour venir s'établir à Montréal. Ce flot de gens comportant une forte majorité de personnes déjà gravement malades, de jeunes filles et de veuves, fut d'abord rassemblé dans des habitations de fortune construites à la hâte dans le quartier Pointe-Saint-Charles.

 

Dépassées par le nombre croissant de malades, les autorités gouvernementales firent donc appel aux Soeurs Grises, qui s'installèrent en premier lieu dans une maison située sur la ferme Saint-Gabriel, puis, l'année suivante, dans un nouveau local sur la rue Saint-Laurent.

 

Ne pouvant se désister devant l'ampleur de la tâche lorsque le refuge ferma ses portes faute de ressources, les religieuses hébergèrent par la suite une partie des malades dans divers centres temporaires jusqu'en 1869, année où fut inauguré le St. Bridget's Refuge, comme il était appelé à l'époque.

 

Construit au coût de 28 978,48 $, à la demande du père Patrick Dowd (pasteur qui marqua l'histoire et de la basilique Saint-Patrick, et de l'aide aux nécessiteux de Montréal), l'immeuble de quatre étages, situé sur la rue de la Gauchetière, devint alors un hospice pour les vieillards pauvres des deux sexes, un asile pour les filles irlandaises sans travail ainsi qu'un lieu où les nécessiteux pouvaient se réfugier. L'aile ouest servit d'ailleurs de refuge de nuit aux sans-abri pendant de nombreuses années. Ceux-ci s'y voyaient offrir, avant leur départ le lendemain, un déjeuner composé de pain et d'un thé chaud.

 

Rebaptisé sous le nom de Father Dowd Memorial Home en 1928, le refuge fut administré par les Soeurs Grises jusqu'en 1944. Puis, la congrégation s'estimant incapable d'assurer au centre un nombre suffisant de religieuses parlant l'anglais, l'administration passa aux soins des Soeurs de la Providence.

 

En 1977, il fut décidé par le pasteur et président du conseil d'administration de Saint-Patrick de quitter le bâtiment, devenu désuet, pour un nouvel emplacement situé à Côte-des-Neiges.

 

Étant vacant à la suite du déménagement de l'oeuvre, l'immeuble fut alors démoli et le terrain utilisé en tant qu'espace de stationnement jusqu'en 1998, année où l'on décida d'aménager les lieux en parc et de déterrer les fondations de pierre de l'ancien refuge.

 

Réaménagé sous l'inspiration des plans d'origine, créés en 1925 par l'architecte paysagiste Frederick G. Todd, le site n'a toutefois jamais connu le succès escompté. Bien qu'une enseigne commémorative explique en détail l'historique du terrain, cette dernière, plutôt discrète, n'attire pas des masses, et la végétation, qui semble un peu trop sauvage par endroits, fait plutôt fuir les gens, qui ignorent malheureusement à quel point l'endroit est accueillant une fois sa clôture franchie.

 

 

http://www.ledevoir.com/2009/07/13/258842.html

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Considérée comme un des premiers exemples d'église néogothique à Montréal, l'église du Messie fut érigée entre 1906 et 1908 selon les plans des architectes Edward et William Sutherland Maxwell, à qui on doit notamment la réalisation de la tour centrale du château Frontenac.

L'un de premiers exemples d'église de style néo-gothique ? Où est-il allé pêcher ça ? Au mieux, peut-on qualifier cette église comme étant du courant éclectique.

D'autre part, si le journaliste avait voulu mieux renforcer l'idée qu'on peut se faire des frères Maxwell il aurait très bien pu citer l'édifice principale du Musée des beaux-Arts de Montréal qui se trouve non seulement ici à Montréal mais également sur la même rue que l'ancienne église. Au lieu de cela, il nous cite la tour du Château Frontenac -ce qui n'est pas un mauvais exemple mais pas un bon choix.

Ce texte me semble plutôt bâclée.

 

Dans le texte sur l'Institu Nazareth, il parle du style ogival !!!! Je n'ai jamais entendu parler d'un tel style architectural. Ça n'existe tout simplement pas !! Il a sans doute voulu parler du style gothique dont l'arc ogival est l'un des principales caractéristiques.

Ce texte n'est pas aussi rigoureux qu'il aurait dû l'être.

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Dans le texte sur l'Institu Nazareth, il parle du style ogival !!!! Je n'ai jamais entendu parler d'un tel style architectural. Ça n'existe tout simplement pas !! Il a sans doute voulu parler du style gothique dont l'arc ogival est l'un des principales caractéristiques.

Ce texte n'est pas aussi rigoureux qu'il aurait dû l'être.

 

Définition de "ogival"

 

Académie française, 8ème édition

Définition 1 :

 

ogival

T. d'Architecture. Qui présente des ogives, dont le caractère est l'ogive. Style ogival. Architecture ogivale, Architecture caractérisée par l'emploi de l'ogive et que l'on appelle ordinairement, mais inexactement, Gothique.

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Merci JFrosty : cependant je n'avais jamais lu le terme utilisé pour parler d'un style architectural. Il y a des centaines de livres publié à travers le monde qui conséquemment sont dans l'erreur.

Bref, l'Académie Française a raison et le reste du monde a tort.

 

Le Larousse quant à lui se contente de décrire le mot comme tel :

 

ogival : relatif à l'ogive ; relatif à l'arc brisé ; qui en a la forme. VX : art ogival : art gothique.

 

Si je comprend bien le terme est archaïque. Ce qui ne me surprend ni de l'Académie Française qui règle générale vit dans le passé, ni du journal Le Devoir. Pourquoi vouloir utiliser un terme archaïque ?

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