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Publié le 04 juillet 2009 à 09h53 | Mis à jour le 04 juillet 2009 à 09h54

 

 

Bienvenue à la... Montréal

 

 

Nathalie Petrowski

La Presse

 

 

Revenir à Montréal après un voyage à l'étranger peut parfois causer un choc. Cette fois-ci, le choc était d'autant plus grand que nous arrivions d'Istanbul, ville des Mille et Une Nuits, dont la beauté incandescente nous avait laissés pantois et éblouis. Si Montréal n'a rien à envier à Barcelone, comme le disait si bien le ministre Raymond Bachand l'an dernier, autant dire que Montréal a tout à envier à Istanbul, une ville vibrante, moderne et cruellement sous-estimée. En même temps, Montréal n'est pas non plus entièrement dépourvu de charmes, surtout les soirs d'été où le Festival de jazz le transforme en ville festive et tropicale.

 

C'est ce que je me disais tandis que l'avion survolait la ville avant de se poser sur la piste. C'était aussi l'avis de mon voisin, un jeune Français d'environ 30 ans qui venait expressément à Montréal pour le Festival de jazz. La perspective de passer la semaine à nager dans la grande piscine musicale du Festival réjouissait tellement ce grand blond, paysagiste de métier, qu'il a souri pendant tout le vol. Il a continué à sourire en descendant de l'avion. Mais arrivé aux douanes, là où une longue et sinueuse chaîne de cordons force les voyageurs à marcher à la queue leu leu comme des bovins qu'on mène à l'abattoir, son sourire radieux s'est mué en rire jaune. Au bout de 40 minutes de cet absurde manège sans doute imaginé par un fonctionnaire frustré de ne pas voyager, il ne riait plus. Nous non plus, à la différence qu'au lieu d'être un brin agacés comme notre jeune ami français, nous avions carrément honte de venir d'une ville où les visiteurs sont traités comme du bétail à leur descente d'avion au milieu d'un aéroport où les valises arrivent toujours avant leurs propriétaires.

 

 

 

Heureusement, une belle ambiance régnait de l'autre côté des portes. S'il y a un endroit où mesurer l'impact touristique du Festival de jazz, c'est bien aux arrivées de l'aéroport. Et ce soir-là, l'achalandage, la fébrilité et le nombre de pancartes arborant le logo du festival étaient des indicateurs qui ne mentaient pas.

 

 

Je venais de retrouver confiance dans Montréal. J'étais même heureuse d'être de retour en ville quand subitement, à la sortie du stationnement, mon regard s'est posé sur un panneau publicitaire. «Bienvenue à la Montréal» disait le panneau. J'ai répété à plusieurs reprises le slogan dans l'espoir d'en extirper un sens. En vain. De deux choses l'une: ou bien le rédacteur était un anglophone qui ne parlait pas français, ou bien un francophone inculte qui s'était trompé de jeu de mots. D'une manière comme de l'autre, ce message ne voulait rien dire sinon qu'à Montréal, ceux qui massacrent le français sont les bienvenus. Cent mètres plus loin, ma confiance déjà chancelante s'est définitivement abîmée contre un gros tas de gravats posé comme un champignon nucléaire à la sortie de l'aéroport. L'autoroute 20 fermée à la circulation n'était plus qu'un chantier hideux, inauguré trois jours plus tôt. Devant ce paysage en ruine, notre chauffeur de taxi a hoché la tête d'un air découragé. Ils n'auraient pas pu attendre la fin du Festival de jazz? a-t-il grommelé. En effet.

 

Qu'est-ce qui empêchait le ministère des Transports d'attendre la fin du festival et le départ de la visite pour commencer à excaver à gogo? Rien, évidemment, sauf un peu de bonne volonté et la conscience que l'image d'une ville tient à une foule de petits détails comme ceux-là.

 

Dans sa plus récente offensive, Tourisme Montréal rappelle l'importance de faire de Montréal une destination séduisante. C'est une riche idée, sauf que séduire un touriste avec une destination est une chose. Faire en sorte qu'il continue d'être séduit une fois arrivé à destination en est une autre. À Montréal, le jazz est toujours séduisant. Les enclos de bétail, les panneaux publicitaires débiles et les chantiers de démolition, un peu moins.

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Lorsqu'on organise une grande réunion de famille et que plusieurs personnes s'offrent pour donner un coup de main, on se dit que c'est tant mieux et que tout devrait aller bien.

 

Mais si les tantes Gertrude, Thérèse et Jeannine qui s'occupent de la nourriture ne communiquent pas entre elles. Si le cousin Martin et la cousine Martine qui s'occupent du décors ne communiquent pas avec les autres. Si la famille qui accueillera l'évènement ne parle pas avec le voisin qui est en pleine rénovation lourde dans sa cours. Si la grande soeur Manon, qui est en charge d'aller chercher les grands-parents, ne sait pas que son père a envoyer la voiture en réparation cette journée là. Si le père n'a toujours pas fait réparer la piscine. Si oncle Georges oublie d'emmener les chaises et les tables nécessaires à la journée. Si l'ami Gérard achète du vin et que Robert et Gaston en emmènent aussi mais que personne n'achète de la bière du cola ou des jus alors....

 

Bref, si si si.....s'il n'y a pas de communication et ni de planification alors il est possible que l'évènement soit complètement ou partiellement raté tout simplement parce qu'il y a trop de monde autour du projet et que la communication et la concertation n'existe pas.

 

Est-ce que c'est ce qui arrive souvent à Montréal ? So oui, ça ne serait pas la première fois que ça arrive et pas la dernière.

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On a à peu pres 3 mois d'été au Québec, on peut pas repousser les travaux routiers apres tout les festivals, il restera plus d'été.

 

Bordel quelle peut être idiote des fois et chialer pour rien.

 

L'évidence même... et quelques mois auparavant, elle serait pogné dans les travaux de rénovations dans l'aéroport, et dans quelques mois ça sera le bordel du chantier Turcot, et du CHUM etc.

 

Bref, la construction, c'est sale et c'est laid. Je ne crois pas que ça soit différent ailleurs dans le monde.

 

Au lieu de suggérer une solution de mitigation comme par exemple d'installer des toiles pour cacher un peu de la laideur, elle joue la chialeuse typiquement montréalaise (et du plateau en bonus).

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Encore une fois l'ignorance de la nordicité. Tant que nous sommes incapable de l'accepter, nous avancerons jamais versus toute l'Amérique du Nord autour de nous (même si la plupart autour sont avantagé par un climat plus tempéré). Nos travaux d'infrastructure ne peuvent pas fonctionner à pleine capacité 12 mois par année comme a Phoenix ou même New York. Ignorer ceci veut dire ignorer ce qu'est notre ville.

 

Je suis aussi tanné des gens qui veulent démontrer au étranger ce qu'est Montréal que part les 60 jours par année ou il "fait beau". Ça ne marchera jamais, il y a des milliers de villes où il "fait beau", c'est pas un attrait.

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Je suis aussi tanné des gens qui veulent démontrer au étranger ce qu'est Montréal que part les 60 jours par année ou il "fait beau". Ça ne marchera jamais, il y a des milliers de villes où il "fait beau", c'est pas un attrait.

 

JE sais que tu exagères, mais Montréal est quand même belle à partir du mois de Mai et elle reste belle jusqu'au mois d'octobre...C'est quand même un peu plus que 60 jours!!;) ;)

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Moi je reconnais quand même que le trajet de l'aéroport au centre-ville n'est pas particulièrement beau.

 

Après elle le dit d'une manière tellement méprisante qu'elle finit par ignorer les caractéristiques de la ville.

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