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Le Régime des rentes du Québec menacé d'épuisement


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(Montréal) Les déboires de la Caisse de dépôt et placement en 2008 ont un impact tel sur le Régime des rentes du Québec (RRQ) qu'il risque l'épuisement 12 ans plus tôt que prévu, soit dès 2037.

 

Selon un rapport de l'Institut CD Howe publié hier, les «pertes inattendues» de 9 milliards du fonds de réserve du RRQ ont «aggravé la situation et accentué le sentiment d'urgence» envers la suffisance à long terme de la caisse de retraite collective des Québécois.

 

 

 

Pour réduire ce risque, le gouvernement du Québec n'aurait guère le choix de rehausser rapidement les cotisations salariales au RRQ, selon l'Institut CD Howe.

 

La hausse requise serait de l'ordre d'au moins un point de pourcentage dès l'an prochain, ce qui ferait passer le taux de cotisation de 9,9% à 11,1% à compter de 2010.

 

Toutefois, souligne l'Institut CD Howe, pareille hausse de cotisation salariale risque aussi de nuire à la compétitivité de l'économie du Québec par rapport aux provinces voisines.

 

Ces provinces, rappelle l'Institut, fonctionnent avec le Régime de pensions du Canada (RPC) qui a subi une perte bien moindre que le RRQ en 2008.

 

Par conséquent, pour réduire la hausse de cotisation requise au RRQ, le gouvernement québécois devrait aussi décréter le gel des prestations du régime aux retraités actuels «pendant une période d'à peu près dix ans».

 

Dans son plus récent sommaire financier, le RRQ confirme que son fonds de réserve a été amputé de 9 milliards ou 26% en 2008. Ce fonds cotait à 25,7 milliards au 31 décembre dernier, contre 34,7 milliards un an plus tôt.

 

Quant aux flux financiers du RRQ, les rentrées de fonds par cotisations -9,9 milliards en 2008- sont encore supérieures aux sorties de fonds pour les prestations, qui ont coûté 9,2 milliards en 2008.

 

Toutefois, la direction du RRQ estime la durée de ce surplus financier à «encore quelques années» seulement.

 

Appelée à commenter le rapport publié hier par l'Institut CD Howe, la direction du RRQ a indiqué par courriel qu'il s'agissait d'un document qui «est du nombre» de ceux attendus lors de la prochaine consultation publique sur l'avenir du régime québécois, l'automne prochain.

 

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:( Bien sûr que le tableau est sombre puisqu'il est basé principalement sur les pertes boursières importantes des derniers mois. Mais ces pertes ne sont que sur papier et il est fortement prématuré de se baser sur ce scénario pour prédire les fonds dans une décennie notamment.

 

Restons calme et attendons la suite des choses avant de paniquer et créer des gestes plus nuisibles qu'autrement. Il ne faut surtout pas nuire à notre compétivité à long terme, donc un peu de retenu avant de prendre des décisions définitives.

 

Dans les circonstances le passé est garant de l'avenir, il y a toujours eu des années de vaches maigres et des années de vaches grasses, c'est une fluctuation qui peut paraitre chaotique mais qui suit un rythme tout de même relativement prévisible.

 

Alors calmons nous et laissons passer la tempête avant d'estimer les dégâts et de nettoyer le terrain.

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La dernière chose dont on a besoin c'est de hausser les primes du RRQ, ça va nuire aux salaires versés par les employeurs et le pouvoir d'achat des employés.

 

Pourquoi pas une réduction des prestations pour les futurs prestataires?? Ça va forcer les gens à épargner un peu.

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    • By loulou123
      (PRESSE)Trente milliards de dollards devront étre investis a montréal au cours des deux prochaines décennies pour la mise a niveau des infrastructures, souterraines et de transport en commun.A l instar du fonds de l eau,qui permettra d autofinanacerles travaux d infranstructures dans le réseau souterrain a partir de 2013, l administration Tremblay-Zampino envisage la mise sur pied d un fonds similaire,celui ci dédié aux infrastructures routiéres.C est qu a révélé le président du comité exécutif de la ville de Montréal ,Frank Zampino,en entrevue avec Montreal Express.(ce fonds pour les infrastructures routiéres permettrait de mettre a niveau non ponts,viaducs et l ensemble du réseau artériel.Nous nous sommes engagés a investir 500millions dollard dans nos infratructures routiéres,notament pour corriger le probléme des nids-de-poules, mais cette somme n est pas suffisante pour la remise a niveau de toutes les rues )explique M.Zampino.Selon lui montréal nécessitera des investissements de 30 milliards au cours des 20 prochaines années,soit 10milliards pour les infrastructures routiéreset 10 milliards pour les infranstructures de transport en commun.Les deux autres paliers de gouvernement seront appelés a contribuer ,comme c est notament le cas du fédéral avec la taxe d accise sur l essence et du gouvernement du Québec pour le métro de montréal .Mais Montréal n en reste pas la et réclame également des pouvoirs habilitants en matiére fiscale et administrative pour continuer son dévloppement.(Nous dépendons de l impot foncier qui représente environ70pour100 de nos revenus sur un budget de 4 milliards dollard , poursuit M.Zampino .Nous voulons obtenir une partie de la croissance générée a Montréal.Chaque fois qu un milliard est investi ici,les gouvernements supérieurs retirent chcun 150millons .On demande a Québec et a Ottawa de partagerla moitiéde ces retombées avec nous)(Si le gouvernement n accorde pas d attention a sa métropole,elle qui crée plus de la moitié de la richesse au Québec , nous serons toujours en retard par rapport a Toronto et aux autres grandes villes du monde.Ajourd hui ,la compétition se fait entre les grandes villes ,pas entre les pays)soutient le président du comité exécutif.Le maire Gérald Tremblay et Frank Zampino doivent rencontrer sous peu le chef du parti québéquois et celui de l Action démocratique su Québec pour les sensibiliser aux besoins de Montréal.
    • By mtlurb
      Boxe
       
      Ring compare Montréal à... Las Vegas
       

      Daniel Cloutier
      Le Journal de Montréal
      28/04/2007 07h41
      Le magazine Ring, la bible de la boxe, considère Montréal comme l'un des marchés les plus importants de la planète dans le domaine de la boxe professionnelle.
       
      En Amérique du Nord, affirme le magazine, les deux principaux chapiteaux de la boxe professionnelle sont à Montréal au nord et à Las Vegas au sud.
      Le magazine fait remarquer que 34 galas de boxe professionnelle ont été présentés sur le territoire québécois (principalement à Montréal) depuis un an, un seul de moins qu'à Las Vegas.
       
      Gatti affrontera Gomez
       
      Les dirigeants du réseau de télé HBO confirmeront la semaine prochaine que le boxeur montréalais Arturo Gatti (40-8-0) disputera son prochain combat le 14 juillet à Atlantic City, face au Mexicain Alphonso Gomez (16-3-2).
       
      Dans le cadre de ce «programme double», le Portoricain Kermit Cintron (27-1-0) risquera son titre mondial des poids mi-moyens (147 livres) de l'IBF, face à l'Argentin Walter Matthysse (26-1-0).
       
      HBO n'écarterait pas l'idée d'opposer Gatti à Cintron, si les deux l'emportent.
       
      Ward entraînera Gatti
       
      Mickey Ward, cet ancien boxeur de Boston qui avait livré trois combats à Arturo Gatti en 2002 et 2003, est devenu son entraîneur.
       
      Tout le monde croyait que l'ancien champion du monde Pernell Whitaker s'apprêtait à remplacer Buddy McGirt comme entraîneur de Gatti, mais Arturo a choisi Ward, qui était l'un de ses hommes de coin depuis deux ans.
       
      Hamel défie Décarie
       
      Le champion québécois des poids super-légers (140 livres), Sébastien Hamel (6-9-1), lance un défi au champion canadien, Antonin Décarie (14-0-0).
       
      «Antonin est disposé à affronter Hamel, mais Sébastien aura cette chance de disputer un combat de championnat canadien s'il réalise une défense victorieuse de sa ceinture québécoise le 8 juin au parc Jarry, face à Dierry Jean (4-0-0)», affirme Yvon Michel.
    • By mtlurb
      Le Québec a mauvaise presse

      Les accommodements raisonnables du Québec galvanisent les médias d'un bout à l'autre du pays.
      Archives La Presse
       
       
       
      Émilie Côté
      La Presse
      Les Québécois moins accommodants que les Canadiens envers les communautés ethniques? Les chroniqueurs et les médias des autres provinces ne se gênent pas pour le dire. Et l'écrire. Pourtant, en consultant les statistiques et en dépêchant des journalistes à Toronto, Vancouver et Calgary, La Presse a constaté que si les autres provinces tenaient aussi des commissions sur les accommodements raisonnables, le débat ferait tout autant jaser.
       
      Cette semaine, à Toronto, on apprenait qu'une musulmane, Halima Muse, avait été suspendue par la compagnie Garda. L'agente de sécurité refusait de porter la jupe du nouvel uniforme fourni par son employeur. Elle la jugeait trop courte.
       
      Un peu plus à l'ouest, au Manitoba, un arbitre a empêché une fillette musulmane de participer à une compétition de judo avec son voile.
       
      Au Canada anglais, les frictions entre immigrants et citoyens «de souche» sont loin d'être rares. Depuis la commission Bouchard-Taylor, ce sont pourtant les accommodements raisonnables du Québec qui galvanisent les médias d'un bout à l'autre du pays. Dans un éditorial du National Post, John Moore écrivait il y a trois semaines:
       
      «Le Québec, dans ses spasmes actuels, semble incapable de comprendre que le «raisonnable» de l'«accommodement raisonnable» n'est pas si difficile à définir. Les mutilations génitales, les lapidations sommaires et la religiosité excessive dont les gens de Hérouxville ont tellement peur, c'est exactement ce que les nouveaux arrivants ont cherché à fuir en venant ici.»
       
      John Moore n'est quand même pas allé aussi loin que Jan Wong. L'an dernier, au lendemain de la tragédie de Dawson, la columnist du Globe and Mail établissait un lien entre les tueries survenues au Québec et la non-intégration des immigrants à la société québécoise «pure laine». Le Conseil de presse du Québec a blâmé Mme Wong l'an dernier. Mais au Canada anglais, plusieurs restent convaincus que les Québécois sont plus intolérants que les autres, et surtout, moins ouverts aux demandes des communautés ethniques.
       
       
      Davantage d'attaques racistes
       
       
      Neil Edwards, originaire des Caraïbes, a vécu neuf ans à Montréal avant de déménager à Toronto et de devenir directeur de la médiation à la Commission ontarienne des droits de la personne. L'homme - qui ne s'exprime pas au nom de la commission - est catégorique: «Après mes études à Concordia, j'ai réfléchi et j'ai conclu que le Québec, à cause de tout le racisme, présentait des possibilités très minces pour moi et que je devais aller voir ailleurs. Si, en tant que Noir, j'étais resté au Québec, je n'aurais pas pu progresser. Et vous savez quoi? J'ai pris la bonne décision en venant en Ontario.»
       
      Atthar Mahmood, vice-président du Conseil suprême islamique du Canada, est du même avis. «J'ai un ami marocain qui vit à Montréal. Il veut venir s'installer à Calgary car il trouve que lui et sa famille sont trop ciblés. Je connais des gens qui ont du mal à se trouver un emploi au Québec et qui préfèrent venir ici parce qu'il y a moins de discrimination.»
       
      Une étude récente de Statistique Canada révèle qu'on retrouve à Montréal l'écart le plus important entre le taux de chômage des immigrants et celui des Canadiens de naissance. Par contre, les plaintes pour discrimination fondées sur la race, la couleur, le lieu d'origine ou l'ascendance ne sont pas plus fréquentes ici. Qu'on soit au Québec, en Ontario ou au Manitoba, elles représentent environ le quart de toutes les plaintes reçues par les différentes commissions des droits de la personne en 2004-2005.
       
      «Il y a une augmentation des attaques racistes partout au Canada. De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique en passant par l'Ontario et l'Alberta», observe pour sa part Ayman Al-Yassini, président de la Fondation canadienne des relations raciales.
       
       
      Les médias en parlent plus
       
       
      Selon Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, il n'y a pas plus de cas de racisme ou d'intolérance au Québec. Bon an mal an, dit-il, l'organisation B'nai Brith dénombre jusqu'à trois ou quatre fois plus d'incidents antisémites en Ontario qu'au Québec, alors que la population juive y est seulement deux fois plus importante.
       
      Par contre, quand les médias québécois parlent des communautés ethniques, c'est plus souvent de façon négative. Et c'était le cas même avant la controverse de Hérouxville, révèle une analyse réalisée par Influence Communication.
       
      Fait surprenant: les médias ontariens parlent davantage des controverses ethniques qui éclatent au Québec que de celles qui surviennent en Ontario. «Les médias québécois servent d'amplificateurs démesurés aux médias des autres provinces», commente Jean-François Dumas. Au Québec, ajoute-t-il, «nous avons l'habitude de nous auto-flageller, c'est-à-dire de donner de la démesure à nos enjeux de société».
       
      Qu'on parle des fenêtres givrées du YMCA ou des jeunes musulmanes voilées expulsées d'un tournoi de judo, «c'est du bonbon pour les médias», explique-t-il. Pour les médias du Québec comme pour ceux du Rest of Canada (ROC). «Dans une bonne histoire, il faut un méchant, une victime et un enjeu.»
       
       
      Un impact certain
       
       
      Bien entendu, la commission Bouchard-Taylor est une tribune publique qui fait beaucoup jaser le ROC. «Ce n'est pas la commission qui choque, c'est le fait que les gens tiennent des propos gratuits», souligne Jack Jedwab, directeur général de l'Association d'études canadiennes.
       
      Daniel Béland est professeur de sociologie à l'Université de Calgary. Il est surpris que Québec ait nommé deux «pure laine» pour diriger la commission. «Il y a une minorité de gens ici qui approuvent cette commission. La fameuse pudeur anglaise fait qu'on n'oserait pas tenir une commission comme celle que vous avez. Mais si on le faisait, je suis sûr qu'on entendrait ici aussi des choses étonnantes et peu édifiantes sur les immigrants.»
       
      Avec la collaboration de Mario Girard et Isabelle Hachey
       
       
      Pourcentages par province des plaintes de discrimination fondée sur la race, la couleur, le lieu d'origine et l'ascendance
       
       
      Territoire du Nord-Ouest : 35%
      Manitoba : 25%
      Québec : 25%
      Ontario : 25%
      Nouvelle-Écosse : 23%
      Nouveau-Brunswick : 20%
      Alberta : 15%
      Colombie-Britannique : 15%
      Yukon : 15%
      Sakatchewan : 14%
      Terre-Neuve : 2%
      Île-du-Prince-Édouard : 1%
       
       
      Source : Commission des droits de la personne de l'Alberta et la Commission canadienne des droits de la personne 2004-20.
    • By mtlurb
      Quelques mots sur le 'Québec Bashing'
       
      La phase de consultation publique de la Commission Bouchard-Taylor arrive à son terme. Qu'y a-t-on appris ? Que le Québec est intolérant ? Que les Québécois sont attachés à leur héritage catholique ? Que les immigrants n'ont qu'un rêve : repartir ?
       
      Les moments d'introspection sont généralement coûteux. Le Québec s'est livré à l'un de ces douloureux exercices au cours des consultations publiques de la Commission Bouchard-Taylor. La province a exhibé ses doutes, ses colères avec finalement plus de retenue, en dépit de certains excès, que d'agitation. Qu'est-ce qu'en a retenu la presse étrangère et canadienne anglaise ? Finalement peu de choses.
       
      En France peu d'analyses sur le sujet ont été faites. Plus loin, une dépêche d'agence de presse a suffi. Ou lorsque l'on parle de l'accueil des immigrants au Québec, il est montré comme agréable, comme le fait une Britannique installée à Montréal, Patricia Smith, dans The Daily Telegraph, qui souligne que cette ville "la deuxième plus grande ville francophone au monde après Paris." (J'ai déjà eu l'occasion de souligner certaines difficultés qui existent également, mais la presse internationale présente en général le Québec et le Canada comme des endroits ouverts aux communautés culturelles.) Patricia Smith écrit ainsi que Montréal est une ville "est vibrante, jeune, bilingue - certains sont même trilingues - et arriver ici en ne parlant qu'anglais n'est pas un problème. Même si vous parlez parfaitement français, on remarquera votre accent. Je vis ici depuis quatre ans et les gens me répondent toujours en anglais une fois qu'ils m'ont entendue dire 'Bonjour' [en français dans le texte]."
       
      Le Canada a abondamment parlé de la Commission. Et pas toujours sur un ton élogieux. Difficile pour moi de tirer à distance des conclusions sur les séances de consultation, mais un bref bilan sur le travail de la presse canadienne anglaise est faisable.
       
      Le National Post expose ses craintes que la Commission "n'ait infligé plus de blessures qu'elle n'en a guéries."
       
      "Son impact est catastrophique", affirme Lamine Foura, animateur d'une émission de radio destinée aux immigrants nord-africains. "La communauté musulmane se sent comme si elle avait été lynchée, comme si elle était lapidée devant la Commission."
       
      L'opinion de Lamine Foura n'est pas mon propos. Ce qui m'intéresse c'est plutôt le choix du National Post de répercuter ses mots dans ses pages. "Lyncher" et "lapider" sont des mots forts, imagés sans doute, et s'il y a pu y avoir de l’intolérance voire du racisme, il faut vraiment n'avoir jamais été lynché ou lapidé pour les utiliser dans un tel contexte. Le catastrophisme ambiant fait peut-être des titres accrocheurs, mais s'éloigne de la réalité.
       
      Le Toronto Star dresse un autre bilan, soulignant les "deux solitudes québécoises". "Pendant des mois, les commissaires ont vu parader et ont écouté des Québécois francophones de souche ('old-stock') exprimer leur peur à propos de la survie de la culture francophone, catholique, et s'interroger sur les moyens pour s’assurer que les immigrants adoptent la culture majoritaire. Mais au cours des derniers jours, le ton a changé." Finalement, la Commission arrivait à Montréal.
       
      Soudainement, toute l'intolérance reprochée aux Québécois disparaît, mais faisant apparaître "au moins deux solitudes à l'intérieur de la province, l'une générationnelle et l'autre géographique." En clair, le Québec des régions rejette ou craint l'immigration, tout comme les "plus vieilles générations". L'analyse est un peu rapide.
       
      Certes, une fracture existe entre Montréal et les régions. Mais l'article ne s'arrête que sur l'exception représentée par Montréal et sa banlieue, sans faire de bilan de ce qui a été dit en région. Il cite également le malaise légitime ressenti par certaines communautés face à ce qui a été dit devant la Commission. En fait, il ne montre pas au-delà de deux commentaires comment les Québécois jeunes et urbains sont plus tolérants que les campagnards plus âgés.
       
      L'approximation est pleine de sous-entendus et n'est pas très honnête, même s'il faut reconnaître qu'elle fait partie du journalisme. Un quotidien ne peut pas être exhaustif. Mais montrer le Québec profond comme étant arriéré ? La presse a fait ses choux gras de la xénophobie de certains, qu'il faut condamner, mais en soulignant qu'ils ne forment pas le tout des consultations publiques de la Commission Bouchard-Taylor, loin de là. Ce que tous n'ont pas fait.
       
      Les deux articles passés en revue ne forment pas un tableau complet de la presse canadienne. Ils ont une position moyenne par rapport au contenu éditorial des quotidiens dont ils sont tirés. Et s'ils sont prompts à dégainer, je ne crois pas leurs auteurs foncièrement mal intentionnés envers le Québec. Ils sont moralisateurs à certains égards, de mauvaise foi parfois. Mais exposer ses doutes a un prix, la critique.
    • By begratto
      Reportage
      La métamorphose de Montréal
      LE MONDE | 18.04.08 | 17h29 • Mis à jour le 18.04.08 | 17h29
       
      On ne se doute de rien, vu d'avion. Le mont Royal et son lac des Castors surplombent toujours la ville quadrillée à angles droits, à bonne distance du fleuve Saint-Laurent.
       
      D'un côté de cette "montagne", le grand campus de l'université de Montréal (francophone), de l'autre celui de l'université McGill (anglophone). A peine remarque-t-on une recrudescence de pistes cyclables le long des parcs et des artères. Il faut descendre dans les multiples centres de cette grande île (48 km de long, 16 km de large) pour réaliser combien Montréal a changé ces dernières années.
       
      Les Américains ne viennent-ils pas de décerner à la seule métropole francophone du continent le titre de troisième ville américaine "la plus branchée", après San Francisco et New York ? Et l'Unesco a, en 2006, désigné Montréal "ville du design" pour son développement créatif.
       
      Hors la forêt de buildings élevés au coeur de la ville à partir des années 1970, Montréal a longtemps hésité sur son devenir architectural, présentant du coup un visage hétéroclite contrasté et des quartiers ethniques "sectorisés". D'heureuses synthèses ont émergé entre le passé, le présent et l'avenir, tandis que la ville se bigarre plus volontiers. De grosses erreurs visuelles ont été récemment corrigées. Ainsi, le blockhaus au modernisme soviétique de l'Institut du tourisme et de l'hôtellerie du Québec, près du métro Sherbrooke, a été remodelé dans de chatoyantes couleurs, tout comme le Palais des congrès.
       
      Le gros des changements a commencé dans les quartiers historiques du Vieux-Montréal et du Vieux-Port, où seuls les touristes se rendaient jusqu'au début des années 2000, après l'époque révolue des "boîtes à chansons" (et à chansonniers). Le fleuve, bordé d'entrepôts vétustes, était caché par quantité d'installations rouillées, le port ayant déménagé plus à l'est. Miracle : les Montréalais se sont réapproprié le "vieux", avec vue ouverte sur le fleuve majestueux.
       
      Face au quai des Convoyeurs, un musée d'archéologie aux lignes futuristes a été construit à "Pointe à Callière", à l'endroit même où le Champenois Chomedey de Maisonneuve a, en mai 1642, fondé Montréal. Le quai King-Edward a été nanti d'un centre des sciences, et le bassin Bonsecours est devenu plaisancier. A l'ouest, derrière d'anciens silos classés, un café (celui des Eclusiers) offre, enfin, de mai à septembre, une terrasse ensoleillée au bord du Saint-Laurent. Promenades et pistes cyclables partent vers le canal Lachine, l'ancienne "smoky valley" (vallée de la fumée) industrielle devenue paradis des lofts, des entreprises multimédias et des appartements de vedettes.
       
      Les rues pavées du Vieux-Montréal, dont les immeubles rénovés mettent au jour de belles originalités architecturales, ne sentent plus la frite grasse : on y mange bien, soit à des prix abordables dans de sympathiques cafés-boulangeries, soit, pour un peu plus cher, de la cuisine raffinée d'inspiration européenne. Au sommet des toques locales, le chef normand Laprise a investi, avec son restaurant Toqué, les abords de la nouvelle place Jean-Paul-Riopelle. Ce célèbre artiste québécois, mort en 2000, y a imaginé une sculpture-fontaine dont des cercles de feu cernent, le soir, les eaux.
       
      On dort aussi mieux dans le "Vieux", envahi par les professions libérales et les nouveaux résidents de copropriétés : les rénovations d'immeubles anciens ont permis à de petits hôtels très confortables de trouver des styles originaux, mêlant l'ancien et l'ultra moderne. "D'une façon générale, les architectes, designers et décorateurs montréalais se distinguent des New-Yorkais par un grand respect du lieu qu'ils aménagent et par un côté ni trop fini ni trop léché de leurs réalisations", estime Sylvie Berkowicz, rédactrice en chef de Créativité Montréal, publication mais aussi concours, organisé chaque année, depuis 1996, visant à récompenser onze commerçants "pour la qualité du design intérieur de leur établissement". Lancé au départ par la municipalité, ce concours a encouragé l'émulation des créateurs locaux.
       
      Le "Vieux" était autrefois coupé du reste de la ville par quelques grands "stationnements" (on ne dit pas "parking" au Québec francophone) près d'une affreuse autoroute, maintenant entièrement recouverte. L'achèvement du Centre mondial du commerce (sur les anciennes fortifications françaises) et l'extension du Palais des congrès, tous deux reliés à la ville souterraine et à ses 30 km de galeries commerçantes, ont créé le trait d'union.
       
      Tout aussi méconnaissable est le boulevard Saint-Laurent. Cette longue artère nord-sud qui partage les côtés ouest et est de la métropole (et les numéros de rues) continue de refléter dans ses commerces les vagues d'immigrants successives : le quartier chinois en son bas, puis les juifs d'Europe de l'Est, les Grecs, les modestes francophones autrefois venus de la campagne coloniser le plateau mont Royal, puis les Italiens de la Petite Italie et les Portugais. De populaire et humble, ce boulevard est devenu branché, parsemé de boutiques, de cafés et de bars à vins. A peine reconnaît-on les toujours vaillantes épiceries des Quatre Frères, charcuterie de la Vieille Europe, restaurant Schwartz, modeste lieu-culte de la "smoked meat" (viande fumée) montréalaise ou les "habits sur mesure" du tailleur Giovanni.
       
      Un peu plus à l'est, rue Saint-Denis, la mode et le design s'exposent toujours plus et mieux. Le styliste québécois Philippe Dubuc y a ses boutiques de mode masculine. "L'homme québécois est celui qui soigne le plus son habillement au Canada, idem pour la femme", dit-il. D'où l'éclosion de talents multiples à des prix moins onéreux que les importations européennes, toujours bien représentées.
       
      De l'avis général, Montréal allie une qualité de vie exceptionnelle, une densité d'artistes en tout genre unique et un grand respect de la liberté de chacun, sur fond de vitalité économique retrouvée. A la vitrine de beaucoup de commerces figure souvent, en français et en anglais, l'affichette "On embauche".
       
      Martine Jacot
      Article paru dans l'édition du 19.04.08.
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