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L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, l’IRIS, formé par un groupe d’universitaires québécois résolument campés à gauche, vient de publier une étude passionnante qui démontre que la délocalisation, c’est la plupart du temps un épouvantail que sortent les patrons pour tirer vers le bas les conditions de travail...

 

En effet, il semble, selon l’auteur de l’étude, le chercheur Philippe Hurteau, qu’on menace de délocaliser beaucoup plus qu’on ne délocalise vraiment.

 

Ainsi, on a calculé qu’environ 1,2 million d’emplois étaient susceptibles d’être délocalisés au Canada ces dernières années. Au Québec, on parle de 280 000 emplois menacés du même sort.

 

Et dans les faits, qu’en est-il?

 

Eh bien, selon plusieurs études indépendantes citées par l’IRIS, seule une infime proportion de ces emplois a véritablement été transférée à l’étranger, c’est-à-dire à peine plus de 30 000 au Canada et entre 5000 et 7000 au Québec.

 

280 000 travailleurs ont ainsi craint, à un moment ou un autre, d'être victimes de délocalisation, mais seuls 2 % de ceux-ci ont vu leurs craintes s’avérer.

 

Un phénomène similaire a d’ailleurs été observé partout sur la planète, notamment aux États-Unis, où l’on a observé 218 000 délocalisations au début des années 2000 sur les quelques 1,4 millions d’emplois « délocalisables ».

 

Ce très faible pourcentage de délocalisations effectives fait dire à Philippe Hurteau qu’« avant d’être un déplacement important de main-d’oeuvre, les délocalisations s’avéreraient avant tout un moyen pour faire accepter des diminutions de salaires et de conditions de travail par les différents salariés des pays industrialisés ».

 

Un épouvantail, une chimère, en quelque sorte, et qui est devenue la norme lorsqu’il est question de négociations entre employeurs et employés.

 

Une chimère qui a grandement contribué à précariser les emplois des milliers de Québécois, comme en fait foi l’augmentation, ces 10 dernières années, de 11,5 % du taux d’emplois temporaires. Ou encore, de l’augmentation de 25 % par rapport aux années 1990 de la part de l’emploi à temps partiel dans l’emploi total.

 

Quand le patron se réserve le beau rôle

 

M. Hurteau illustre l’effet pervers des menaces de délocalisation sur le rapport de force traditionnel entre un patron et ses employés en se servant de l’exemple troublant des employés de l’usine Bombardier de Mirabel.

 

Lisez attentivement, c’est très instructif...

 

Habituellement, un syndicat a pour but de protéger les emplois et les conditions de travail de ses membres, tandis que l’entreprise, elle, cherche d’abord et avant tout à maximiser sa production tout en minimisant les coûts de ladite production.

 

Un scénario qui met en scène deux positions conflictuelles qui finissent par se rencontrer quelque part au milieu.

 

La direction de Bombardier, toutefois, a réussi à jouer à fond la carte de la mondialisation et de la délocalisation en misant sur sa « liberté » de produire où elle le désire. Ce faisant, elle a mis de facto en compétition les employés de sa filiale québécoise avec ceux d’une filiale américaine, à Kansas City, se réservant, elle, un rôle d’arbitre qui gagne sur tous les fronts.

 

Et c’est ce qui s’est produit puisque, rapidement, le syndicat des employés de Mirabel est passé en mode séduction avec l’employeur, voyant désormais comme adversaires non plus les patrons, mais bien les syndiqués de Kansas City... Un jeu où pour gagner, il faut, comme le souligne l’étude de l’IRIS, « devenir l’option à meilleur marché, donc faire des concessions sur les salaires, les conditions de travail et la sécurité d’emploi ».

 

La classe moyenne menacée

 

L’exemple de Bombardier est aussi très intéressant en ce qu’il illustre un autre aspect des menaces de délocalisation, un aspect qui va à l’encontre de l’idée générale selon laquelle ne sont délocalisables que les emplois bas de gamme...

 

Pour la plupart des gens, la délocalisation, c’est essentiellement une affaire de téléphonistes du service à la clientèle d’une quelconque entreprise beauceronne qui vont entendre vos griefs depuis des bureaux en Inde.

 

Il y a quelques années seulement, c’était effectivement le cas.

 

Maintenant, par contre, le portrait est tout autre et les emplois les plus menacés de délocalisation sont ceux de la classe moyenne, dans la mire des grandes multinationales en raison de leurs salaires et avantages sociaux coûteux.

 

Comme le soutient Philippe Hurteau, en effet, il y a peu d’avantages à déplacer à l’extérieur des emplois bas de gamme, puisque les économies qu’on peut y faire ne sont guère alléchantes.

 

Alors, que peut-on faire pour éviter que les menaces de délocalisation ne fassent exactement ce que les véritables délocalisations font, c’est-à-dire que peut-on faire pour éviter le nivellement par le bas des conditions de travail de millions de travailleurs canadiens?

 

Car si on peut, comme société, pénaliser les entreprises qui délocalisent ne serait-ce qu’en exigeant le remboursement des aides publiques ou en les excluant des appels d’offres publics, il en va tout autrement quand vient le temps de lutter contre quelque chose d’aussi intangible qu’une menace...

 

Qu’en dites-vous?

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Le but ultime de chaque compagnie est de faire des profits. Ces gens de la gauche semble avoir des têtes très dûres. Il ne semble pas réaliser que cela est très possible qu,une compagnie comme Bombardier qui est dans un domaine très compétitif, puisse avoir des troubles financier.

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