Recommended Posts

Publié le 22 février 2009 à 07h39 | Mis à jour à 07h43

 

L'inquiétude ronge les commerçants

 

50190.jpg

Un magasin de vêtements fermé, rue Mont-Royal à Montréal.

 

Photo: Robert Skinner, La Presse

Mathieu Perreault

La Presse

 

Dany Roseman est inquiet. Le président de l'Association des commerçants de la rue Monkland a vu quelques magasins fermer leurs portes dans les derniers mois et sait que d'autres propriétaires songent à les imiter. Pour lui, c'est une évidence: la crise fait déjà mal au commerce de détail à Montréal.

 

«Il faut agir, affirme M. Roseman. Les gens dépensent moins. Il faut les encourager. Les tarifs des parcomètres, par exemple, sont beaucoup trop élevés.»

 

La demi-douzaine de pâtés de maison que compte la portion commerçante de la rue Monkland ne ressemble toutefois pas à la rue Sainte-Catherine au pire de la crise des années 90. Un restaurant français a fermé ses portes récemment - ses vitres sont encore propres devant le papier beige qui les bouche, et les lumières de la plate-bande sont encore allumées. Un local de sous-sol, occupé jusqu'à récemment par un boucher qui a déménagé en face dans un local plus grand, est inoccupé depuis l'automne. Le propriétaire de l'immeuble, Larry, confirme qu'il a plus de difficulté que prévu à le louer. Mais les dizaines d'autres commerces sont encore pimpants.

 

 

«Il est encore trop tôt pour sauter aux conclusions», estime de son côté le président de la Société de développement de l'avenue du Mont-Royal, Michel Despatie. «Janvier et février sont toujours des mois plus tranquilles, où il y a des changements de locataires commerciaux. Et c'est difficile de faire des comparaisons avec l'année dernière, qui avait été difficile à cause des tempêtes. Ce que je vois pour le moment, c'est que les commerces qui ont une stratégie moins à jour sont plus vulnérables. Un Van Houtte a par exemple fermé: c'est un peu compréhensible face à des concurrents comme Starbucks ou Café Dépôt.»

 

Une inspection de l'avenue du Mont-Royal, du boulevard de Lorimier jusqu'à la rue Saint-Denis, puis de cette rue vers le sud jusqu'à la rue Roy, a permis de relever une quinzaine de magasins fermés. Dans deux cas, il s'agit de magasins de vêtements bas de gamme dont l'enseigne date d'avant la loi 101.

 

Un restaurant à l'est de Papineau est fermé temporairement, le propriétaire ayant dû vendre son commerce pour cause de maladie. L'Entrepôt du cuir, coin Papineau, annonce son remplacement imminent par une boutique Geox. Le propriétaire d'un local récemment déserté par une boutique de vêtements en liquidation, avenue du Mont-Royal, affirme avoir déjà un autre locataire. Le propriétaire de la boutique Verriers Saint-Denis, qui n'est désormais ouverte que sur rendez-vous, affirme que sa décision n'est pas basée sur des ventes en baisse.

 

Seul le propriétaire d'un petit local en sous-sol, rue Saint-Denis, rapporte que les locations commerciales sont plus difficiles qu'au cours des dernières années. Le local est fermé depuis septembre, car le commerçant qui s'y était installé a fait une crise cardiaque.

 

Rien d'inhabituel à signaler

 

La Presse a consulté une demi-douzaine d'autres sociétés de développement de l'île, qui ont confirmé que leurs membres sont inquiets mais qui n'ont pas signalé un nombre inhabituel de fermetures. «Chez nous, il y a toujours une douzaine de magasins qui ferment après les Fêtes parce que c'était des centres de liquidation qui profitaient du magasinage d'avant Noël», dit Mike Parente, de la Société de développement de la plaza Saint-Hubert. M. Despatie mentionne que les baux commerciaux ont énormément grimpé ces dernières années; comme ils ne sont renouvelés qu'aux cinq ou 10 ans, certaines stratégies d'affaires deviennent du jour au lendemain déficitaires.

 

À la chambre de commerce du Montréal métropolitain, le président Michel Leblanc rapporte des «anecdotes» de commerces qui vivent des temps plus durs: l'alimentation et les restaurants haut de gamme, les biens durables comme l'électronique ou les meubles. Mais lui aussi estime qu'il est trop tôt pour sauter aux conclusions. Néanmoins, il s'attend à ce que la croissance des ventes au détail pour le dernier trimestre, qui devait être de 0,4% selon le Conference Board, soit nulle ou carrément négative.

 

M. Leblanc remet toutefois les choses en perspective: au troisième trimestre de 2007, les ventes au détail ont chuté de 2,7%, mais elles ont par la suite rebondi.

 

La chambre de commerce de Laval confirme que les magasins de biens durables sont plus touchés que les autres et signale des fermetures de magasins de meubles.

 

Les centres commerciaux affirment être bien portants. Ni Cadillac Fairview ni Ivanhoé ne rapportent d'augmentation des demandes de réduction de bail. Une brève visite aux Galeries d'Anjou permet de voir que seulement cinq locaux sur 175 sont inoccupés. Jean-François Breton, coprésident du groupe Devimco, note que la croissance des revenus des magasins du Dix30 a été plus lente en janvier par rapport à janvier 2008, mais que Devimco a toujours une liste d'attente de commerces désireux de s'y implanter. «Notre prochaine phase est déjà louée à 55%.»

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
Sign in to follow this  

  • Similar Content

    • By ScarletCoral
      https://journalmetro.com/actualites/montreal/2420973/quatre-elus-penchent-pour-un-tramway-electrique-pres-du-royalmount/
      Quatre élus penchent pour un tramway électrique près du Royalmount
      13:24 17 février 2020
      Par:  Henri Ouellette Vézina
      Métro

      Photo: Josie Desmarais/MétroDe gauche à droite: Sue Montgomery, Philippe Roy, Lysandre Routhier-Potvin, Ammar Mahimwalla, Francesco Miele et Mitchell Brownstein
      Les maires de deux villes et de deux arrondissements situés aux abords du boulevard Décarie s’unissent pour réclamer des «solutions de mobilité» dans le secteur Namur–De La Savane, qui comprend notamment le mégaprojet Royalmount et le terrain de l’ancien hippodrome Blue Bonnets. Les élus appuient un modèle de tramway électrique proposé par des étudiants de l’Université McGill.
      Un comité «mixte» sera créé pour exiger des engagements financiers des gouvernements, mais aussi des promoteurs, en matière de transport collectif. Le maire de Côte Saint-Luc, Mitchell Brownstein, le maire de Ville Mont-Royal, Philippe Roy, le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa et la mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), Sue Montgomery, en feront partie.
      Le développement du secteur Namur–De La Savane fait l’objet d’une consultation publique à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).
      «Si la mobilité d’un développement quelconque est réduite dans son implantation, c’est un projet avec un handicap», explique à Métro le conseiller de Saint-Laurent, Francesco Miele, en pointant vers le Royalmount.
      Le fait que le promoteur du Royalmount, Carbonleo, veuille intégrer du résidentiel au projet est certes bienvenue selon lui. Mais des nuances s’imposent. «Le plus gros enjeu, c’est que ce ne soit pas seulement qu’un pôle d’emploi. On sait qu’à peine 17% des travailleurs utilisent du transport en commun. On est satisfaits que le Royalmount évolue, et devienne plus urbain, mais il faut considérer l’achalandage que ça va amener», renchérit M. Miele.
      Un «tramway électrique» près du Royalmount
      Leur plaidoyer est appuyé par une proposition des étudiants de l’École d’urbanisme de l’Université McGill. Dans un rapport déposé devant l’OCPM, vendredi, ils plaident pour l’implantation d’un système de tramway «entièrement électrique» et très performant.
      L’objectif serait de prolonger le boulevard Cavendish vers le sud et vers le nord pour rejoindre autant Saint-Laurent que Côte Saint-Luc. Le système desservirait ainsi l’axe Côte-de-Liesse, l’un des principaux pôles d’emploi dans les environs.
      «C’est un tramway qui n’a pas de câbles aériens et dont les rails sont beaucoup plus petits qu’un tramway standard, explique à Métro l’une des auteures du rapport intitulé OROBORO, Lysandre Routhier-Potvin. Ce serait beaucoup moins coûteux comme l’intervention se fait en surface. Et ça viendrait attirer une population qui ne prend pas nécessairement l’autobus.»
      Jusqu’à 600 M$ nécessaires
      D’après le groupe étudiant, le projet demanderait des investissements d’environ 20M$ par kilomètres. Son coût global serait d’environ 600M$.
      «On voit l’extension du boulevard Cavendish comme une occasion de remettre enfin le transport collectif au centre du secteur, en y dédiant une ligne pour le tramway.» -Lysandre Routhier-Potvin
      Ammar Mahimwalla, aussi membre du comité de l’École d’urbanisme de McGill, abonde dans le même sens. «Le futur du tramway est dans l’électrique, et sans rails. Notre modèle est environ 30% moins cher que les technologies existantes» au Québec, avance-t-il.
      Le duo d’étudiants dit se baser sur des modèles probants qui fonctionnent déjà très bien à travers le globe, dont le tramway «trackless» qui est opéré dans la province de Hunan, en Chine. «On ne sait pas encore s’il serait complètement adapté à l’hiver québécois. Il faudra faire des tests avant de l’implanter», nuance Lysandre Routhier-Potvin. Elle affirme que les difficultés que traverse la Ville d’Ottawa avec son train léger en saison hivernale devra servir de leçons pour Montréal.
      Un «Saint-Jérôme» à déménager
      La croissance démographique envisagée aux abords du boulevard Décarie appelle à des actions rapides, d’après le maire de Ville Mont-Royal, Philippe Roy.
      «D’ici 10 ou 15 ans, ce sont 50 000 personnes supplémentaires qui vont habiter dans nos quatre arrondissements. C’est un Saint-Jérôme qui déménage ici. C’est énorme, d’où l’importance de penser à autre chose que de rajouter des voies routières dès maintenant.» -Philippe Roy
      Même son de cloche pour la mairesse de CDN-NDG, Sue Montgomery. «Je pense que si on travaille tous ensemble, avec Montréal, Québec et Ottawa, on peut trouver des solutions. Si les promoteurs veulent que leur projet connaisse du succès, ça prend du transport. Sinon, les gens ne viendront pas», martèle-t-elle.
      Une lettre formelle sera envoyée à tous les paliers de gouvernement et à plusieurs «acteurs-clés» du secteur privé dans les prochains jours, a assuré le maire de Côte Saint-Luc, Mitchell Brownstein. «C’est un moment historique. On a l’occasion de développer en axant sur le transport en commun», conclut-il.
    • By Normand Hamel
      La construction d’un vaste complexe sportif divise la population de Mont-Royal
      La petite ville cossue de Mont-Royal fait face au premier référendum de son histoire récente, concernant la construction d’un complexe sportif et communautaire. Ce projet, dont le coût estimé a crû de 47 % depuis son lancement en 2016, soulève des inquiétudes dans la population.
      Katleen Lévesque - La Presse
      Le centre de loisirs actuel date de 1962. Le bâtiment est vétuste : il ne respecte plus les normes de construction et connaît des problèmes d’infiltration d’eau, explique la Ville. En 2016, le projet a commencé à prendre forme. Il était alors question d’un investissement de 33 millions. Aujourd’hui, le coût du complexe, qui comprendra notamment un gymnase double, trois piscines, des vestiaires et des locaux multifonctionnels, s’élève à 48,6 millions. Cela représente une hausse de 47 % par rapport à l’estimation précédente. Le montage financier prévoit un emprunt de 27,8 millions. 
      C’est ce dernier élément qui a soulevé l’ire de nombreux contribuables : ils ont été 938 à exiger un référendum en signant le registre municipal, l’automne dernier. Ainsi, dimanche et lundi, les citoyens sont appelés à se prononcer sur ce règlement d’emprunt lors d’un vote par anticipation. Ils pourront aussi choisir de le faire lors du scrutin prévu dimanche prochain.
      En juin 2018, le conseil municipal a attribué un mandat à un consortium d’architectes composé des cabinets Poirier Fontaine et Riopel et Associés pour mener le dossier. Le cabinet Poirier Fontaine a travaillé sur d’autres projets municipaux qui incluaient des piscines intérieures, notamment dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. 
      Or, en février dernier, le Bureau de l’inspecteur général (BIG) de Montréal s’est penché sur le projet dans Rosemont–La Petite-Patrie et a conclu que l’appel d’offres avait été rédigé de manière à favoriser un constructeur de piscines qui était seul à pouvoir respecter les exigences techniques. Le cabinet Poirier Fontaine a rédigé cet appel d’offres en collaboration avec la firme de génie GBi Experts-conseils.
      Manque de transparence reproché
      Outre l’enjeu financier, les opposants au projet de Mont-Royal soutiennent que l’administration du maire Philippe Roy manque de transparence. « Depuis le début du projet en 2016, la Ville s’appuie seulement sur les résultats d’un sondage et sur le point de vue des groupes ciblés, restreints et des gens qu’elle a choisis. De plus, il n’y a pas de traces, de documents et de suivis de ces rencontres », affirme Barbara Lapointe, une citoyenne qui suit de près les activités de la municipalité.
      Il n’est donc pas question de donner un chèque en blanc. - Barbara Lapointe, citoyenne de Mont-Royal
      Si Mme Lapointe dit ne pas s’opposer à la construction d’un nouveau complexe sportif et communautaire, elle estime toutefois que le projet actuel est « démesuré ». 
      De son côté, le maire défend avec force le projet, qui fait partie de ses engagements électoraux de 2013. Il reconnaît toutefois que la population n’a peut-être pas été informée adéquatement. « Mea culpa. Peut-être qu’on a mal communiqué le projet, qui est super, selon nous, pour la communauté. Ce référendum est donc une campagne d’information », dit-il en soulignant qu’il s’appuie sur « une trentaine d’ambassadeurs » qui soutiennent la campagne du Oui. 
      M. Roy soutient que Mont-Royal possède une marge de manœuvre financière suffisante pour construire le nouveau complexe. Il prévient, par ailleurs, que le projet ne sera pas modifié si le règlement d’emprunt est refusé par voie référendaire. « On n’a pas l’intention de présenter un plan B le cas échéant. […] Ce qu’on a annoncé, c’est qu’on va devoir rénover le vieux centre des loisirs, ce qu’on estime à 4 à 6 millions », explique le maire.
      https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/202002/08/01-5260177-la-construction-dun-vaste-complexe-sportif-divise-la-population-de-mont-royal.php

    • By SkahHigh
      28 juillet 2018
      Tel que prévu, le remblaiement à Mont-Royal!



      Selon ce qu’on m’a dit, il était supposé y avoir des forages à Canora ce week-end en prévision de la démolition de la station, mais il y a eu un problème de permis avec la ville.
    • By denpanosekai
      3-Million Square Foot Mega-Mall Planned for Montreal
       
      ---
       
      New mega mall to come to TMR
      Developer Carbonleo, which built Dix30, wants to build shopping centre in Montreal where A15 meets Highway 40
       
      ---
       
      Un nouveau district commercial à venir dans Ville-Mont-Royal
       
       
      [MAPS]https://www.google.com/maps/embed?pb=!1m14!1m12!1m3!1d5593.100271650298!2d-73.66432018124326!3d45.49900311835393!2m3!1f0!2f0!3f0!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!5e0!3m2!1sen!2sca!4v1422975454113[/MAPS]
    • By IluvMTL
      Un lien américain intéressant. Leçons à tirer/ conseils pour nous...
       
      Commercial District Advisor: Macy's stores are closing. Now what?! Eight strategies for downtown practitioners facing new retail realities
       
       
      Leur site FB
      The Commercial District Advisor | Facebook