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Les deux aveugles

 

18 février 2009 par Joseph Facal

 

La sévérité de la crise économique dépasse les pronostics les plus pessimistes. Toutes les institutions revoient à la baisse leurs prévisions. Nous n’avons sans doute pas encore touché le fond.

 

Tout cela donne un regain d’énergie à ceux qui nous invitent à revenir au protectionnisme d’antan ou même carrément à tourner le dos au capitalisme.

 

Pourtant, la crise actuelle ne découle pas de ce que les principes de base de l’économie de marché seraient tout d’un coup devenus incorrects. Elle provient de la cupidité des spéculateurs et du somnambulisme de ceux chargés de les surveiller. L’eau du bain ne doit pas emporter pas le bébé.

 

Si elle est appliquée avec discernement, la théorie qui fonde le capitalisme reste valide. Les individus font certes des erreurs, mais restent les meilleurs juges de ce qui leur convient. Les économies modernes sont trop complexes pour être planifiées par une autorité suprême qui choisirait au nom de tous.

 

Quand deux pays commercent librement, chacun se spécialisera. Cette spécialisation rendra chacun meilleur, et cette efficacité accrue profitera aux deux, à des vitesses généralement différentes. Tout cela reste fondamentalement vrai.

 

On a tort d’opposer de façon absolue le marché et l’État. Tous les gouvernements interviennent dans l’économie. L’important est d’intervenir de la bonne façon : en éduquant les gens, en construisant des infrastructures de qualité, et en s’assurant que les règles de la compétition sont équitables pour tous.

 

La protection des emplois peut se justifier s’ils sont dans des secteurs qui ont un avenir. L’achat local est une bonne chose si vous n’y êtes pas forcé.

 

Québec solidaire, pour ne prendre qu’un exemple entre mille de ce qu’on entend ces jours-ci, nous expliquait que cette crise était une occasion de «transformer l’économie» et de sortir du «cadre de pensée dominant». Voilà du langage codé pour promouvoir une idéologie qui porte un nom : socialisme. S’ils y croient, pourquoi s’en cacher ?

 

L’idée même de porter le salaire horaire à 10,20 $ d’un coup ne peut jaillir que d’un cerveau qui nie les fondements de l’économie de marché. Le chômage augmenterait immédiatement. La vraie cause de la pauvreté n’est pas la faiblesse des salaires elle-même, mais le fait que le manque d’éducation empêche la personne d’avoir accès aux emplois mieux payés.

 

L’aveuglement idéologique de ceux qui nient les mérites évidents du capitalisme ne vaut pas mieux que l’aveuglement idéologique de ceux qui ne voient pas le danger des excès.

 

Nos dirigeants politiques, eux, ne veulent surtout pas donner l’impression qu’ils restent les bras croisés. Et quand on doit montrer qu’on fait quelque chose, le danger est grand que l’on fasse n’importe quoi.

 

Dépenser vite et beaucoup n’est pas la même chose que dépenser bien. On résistera difficilement à la tentation de donner le feu vert à des projets douteux, mais politiquement rentables, sous prétexte qu’il faut «repartir la machine». Voyez les projets loufoques que les élus américains essaient d’inscrire dans leur méga-plan de relance.

 

Dès 1959, les sociaux-démocrates allemands avaient trouvé la formule : autant de marché que possible, autant d’État que nécessaire. Elle reste valable. Il s’agit aujourd’hui d’intervenir pour relancer le capitalisme, pas pour le remplacer.

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:magicwand: La question revient à se demander: si on avait une baguette magique que changerions nous dans notre système économique?

 

C'est sûr que si l'humanité continue à consommer à outrance comme elle le fait actuellement elle courre à sa perte puisque la planète ne pourra supporter encore très longtemps toutes les agressions qu'on lui fait subir sans réagir.

 

Le réchauffement planétaire qui fait maintenant consensus est un des signes avant-coureur que quelque chose ne va plus. Et on peut déjà extrapoler les conséquences dans certaines parties du monde avec la rareté de l'eau et les possibles famines et guerres qui pourraient s'en suivre.

 

Il est devenu évident que si le monde entier consommait au même rythme que l'Amérique il y aurait une accélération de la dégradation de l'état de la planète et un grand danger pour la survie même de l'humanité. Le problème est que le reste du monde rêve effectivement de consommer autant que l'Amérique et que le rêve américain est l'objectif à peu près généralisé dans le monde.

 

On a qu'à regarder la situation en Chine qui se développe à une vitesse ahurissante avec ce modèle en tête. Comme ils sont beaucoup plus nombreux, il y a une sorte de course à la consommation qui détériore gravement le milieu naturel à un point presque de non-retour.

 

Dans cette fuite en avant pas le temps de regarder les conséquences, tout va trop vite et la demande est trop forte pour qu'elle puisse être gérée correctement. Et les dirigeants chinois dans leur propre aveuglement et leur peur de conflits sociaux encouragent cette consommation débridée qui les enrichit eux-mêmes considérablement au passage.

 

Les autres pays émergents suivent plus ou moins le même chemin quoiqu'à un rythme différent mais tout aussi dommageable, on a qu'à penser à la disparition importante de la forêt tropicale tout le tour de l'équateur pour comprendre que c'est devenu une catastrophe écologique qui touchera l'ensemble du monde dans quelques décennies. Tout cela pour pouvoir s'enrichir plus rapidement et satisfaire le désir de consommation de nos sociétés dites développées.

 

Le problème n'est donc pas dans le capitalisme lui-même ou dans un autre système mais plutôt dans la manière de consommer. Il faut arrêter le gaspillage honteux de ressources qui d'un côté épuise la planète et de l'autre la pollue considérablement par ses déchets. C'est la nature des échanges qui doit changer et non la méthode elle-même bien qu'elle ne souffrirait pas d'une certaine discipline, la crise est là pour le dire.

 

Je crois qu'Haiti est un excellent exemple d'épuisement des ressources. Avec une population dense, un système économique fortement inégalitaire et une absence totale de précaution, on a crée un territoire aujourd'hui désertifié qui ne joue plus le rôle de terre d'accueil. Ce pays s'enlise dangereusement dans la misère et le cercle vicieux de la déforestation lui a enlevé toute protection face à un climat sévère qui détruit maintenant les infrastructures années après années et la laisse sans ressources et à la merci des organismes humanitaires.

 

Bien sûr cet exemple est extrême et localisé mais il demeure tout de même une bonne démonstration de ce qui attend déjà d'autres pays qui suivent plus ou moins le même parcours inconscient. L'écologie devient alors une science incontournable qui doit faire partie intégrante de tout système économique pour que le monde demeure viable pour les décennies à venir.

 

Malheureusement elle ne fait pas partie du discours de ceux qui en aurait le plus besoin et n'est encore qu'embryonnaire chez nous, puisque d'un côté on commence à recycler mais de l'autre notre système économique dépend encore beaucoup trop de la surconsommation. Il faut nécessairement passer d'un échange de biens non-durables à des biens durables ou entièrement recyclable et développer davantage l'économie de services.

 

Puisque le partage de richesse passe par le nombre des échanges, en développant une économie basée sur les services on créera des conditions moins dommageables pour la planète et par surcroit plus d'emplois spécialisés et adaptés aux besoins d'une société plus évoluée.

 

Cette révolution passe nécessairement par une nouvelle définition de soi en tant qu'individu en société. Aujourd'hui à cause de la pression sociale et la publicité, la moyenne des gens se définit encore davantage par ce qu'ils possèdent que par ce qu'il sont ou font.

 

En changeant cette mentalité peu à peu, le besoin de posséder, de consommer et d'accumuler évoluera naturellement vers des objets moins tangibles: les services, la recherche dans tous les domaines, les communications et toutes les formes d'expressions et de créations artistiques ou autres.

 

Libéré de la pression outrageuse de la consommation pour la consommation le monde n'en deviendra que meilleur.

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