Jump to content

Le Québec loin d'être le plus mal en point


mtlurb
 Share

Recommended Posts

  • Administrator

Le Québec loin d'être le plus mal en point

bilde?Site=CP&Date=20070917&Category=CPACTUALITES&ArtNo=709170572&Ref=AR&Profile=6488&MaxW=300&Q=85plusgrand.gif

Pour ce qui est de la santé générale et de la pénurie, le Québec se classe plutôt bien, au quatrième rang. Il glisse au cinquième pour les soins et les services. C'est au chapitre des dépenses qu'il fait piètre figure, à l'avant-dernier rang.

Archives La Presse

 

 

 

Pascale Breton

La Presse

On le sait, le système de santé québécois craque de partout. Qu'en est-il dans le reste du anada? Bien sûr, le budget alloué à la santé explique en partie la performance des provinces. Mais il ne faut pas sous-estimer les facteurs tels que le manque d'effectifs, l'accès aux soins et les politiques des gouvernements. La Presse a consulté des centaines de pages de rapports et compilé de nombreuses statistiques. Voici le verdict.

 

Des urgences bondées, des mois d'attente pour une intervention chirurgicale, manque de médecins et d'infirmières... Le système de santé du Québec n'est pas le seul à connaître des ratés. Les histoires d'horreur se multiplient partout au Canada.

 

La Presse a comparé l'état des systèmes de santé des provinces canadiennes. Le constat? On trouve partout les mêmes problèmes... Avec une acuité plus ou moins grande.

 

Notre palmarès de la santé au Canada révèle que le Québec n'est pas la pire des provinces. Mais il n'est pas la meilleure non plus. Il se classe en milieu de peloton, presque à égalité avec le Manitoba, tout juste devant l'Ontario.

 

Urgences bondées au Québec. Patients qui parcourent des centaines de kilomètres pour voir un médecin en Nouvelle-Écosse. Opérations annulées faute de lits en Ontario. Difficultés de recrutement en Saskatchewan. Les manchettes se ressemblent partout au Canada et notre palmarès le reflète.

 

C'est la riche province de l'Alberta qui se classe au premier rang. En plein boom économique, elle a moins de difficulté à recruter du personnel. Les candidats sont attirés par les nombreuses offres d'emploi et les conditions de travail. Tout n'est pas rose pour autant, comme nous le verrons au cours des prochains jours.

 

Viennent ensuite la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, au deuxième et troisième rangs. Tout au bas du palmarès figurent la Saskatchewan (là où l'assurance maladie est née!) et l'Île-du-Prince-Édouard.

 

Comparer les systèmes de santé du Canada représente un défi majeur. Les provinces ne compilent pas les données de la même façon. Elles n'utilisent pas les mêmes paramètres pour évaluer leur performance. Et plusieurs ne rendent pas l'information publique.

 

Partout au pays, des voix s'élèvent pour qu'un système soit mis en place afin de comparer les provinces. Cette comparaison est non seulement saine, elle est essentielle, soutient Jennifer Zelmer, vice-présidente recherche et analyse de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).

 

«C'est important de pouvoir se comparer. Des gens dans une certaine partie du pays peuvent mettre des choses en place qui améliorent la situation. Si nous n'avons pas les données pour les comparer, c'est difficile de voir où l'on peut apprendre. Et nous avons tous des choses à apprendre.»

 

Pour établir notre classement, nous avons déterminé quatre critères: l'accès aux soins, la pénurie de personnel, la santé générale des Canadiens et les dépenses dans le domaine de la santé.

 

Nous vous présentons aujourd'hui la synthèse du palmarès de la santé au Canada. Au cours des prochains jours, nous analyserons chacun des critères avec l'aide de spécialistes.

 

 

Le Québec fait mieux que prévu

 

 

La position du Québec est enviable, croit le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard: «Quand on se compare à l'échelle du Canada, on n'a pas à rougir de notre situation. Il faut continuer d'améliorer le réseau et l'accès aux services, mais on ne peut pas dire que nous sommes en retard par rapport au Canada, sauf sur la question des médecins de famille et la difficulté d'en trouver un. C'est le bémol que je mettrais.»

 

Le résultat est encourageant, souligne pour sa part la directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux, Lise Denis: «Même si on vit des situations semblables partout, je pense que le Québec réussit à avoir des résultats positifs pour améliorer la santé et le bien-être de la population. En général, on est assez bien aligné sur la moyenne canadienne.»

 

Pour ce qui est de la santé générale et de la pénurie de personnel, le Québec se classe plutôt bien, au quatrième rang. Il glisse au cinquième pour les soins et les services. C'est au chapitre des dépenses qu'il fait piètre figure, à l'avant-dernier rang.

 

Toutes les provinces ont par ailleurs fait des temps d'attente une priorité. Mais, pour l'instant, il est difficile d'évaluer le nombre de semaines ou de mois que les patients attendent avant une opération ou un examen par imagerie médicale. Il est tout aussi difficile de dire quelle province obtient la meilleure performance. Les données diffèrent trop d'une région à une autre.

 

Le même casse-tête se vit aux urgences. Combien de temps faut-il attendre avant de voir un médecin? Nul ne peut répondre. Par contre, une chose est certaine: tous les hôpitaux sont aux prises avec le même problème.

 

Le Québec n'est pas différent de l'Ontario ou de la Colombie-Britannique, affirme le président du Collège des médecins de famille du Canada, le Dr Tom Bailey.

 

«L'engorgement des urgences existe dans toutes les provinces. C'est un gros problème en Colombie-Britannique, où je pratique. Les patients attendent régulièrement sept heures pour voir un médecin, surtout pour un problème mineur.»

 

La pénurie d'effectifs est un autre casse-tête. Elle touche plusieurs professions du milieu de la santé: on manque de médecins, d'infirmières, de pharmaciens, de technologues en radiologie.

 

La crise frappe le Québec, mais le reste du Canada aussi. C'est en Ontario qu'elle est le plus criante, révèle notre palmarès. Les médecins et les infirmières prennent de l'âge, et les jeunes diplômés ne sont pas assez nombreux pour remplacer ceux qui partent à la retraite.

 

L'avenir est inquiétant, croit Danielle Fréchette, conseillère en matière de gouvernance et d'élaboration des politiques au Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

 

«La profession vieillit. Environ 40% des médecins spécialistes ont plus de 55 ans. Dans certaines spécialités, comme la médecine interne, 50% des médecins ont plus de 55 ans.»

 

L'une des solutions est d'augmenter le nombre d'admissions en médecine et en soins infirmiers au Canada. Mais il faudra plusieurs années avant que la pénurie se résorbe.

 

«C'est difficile de dire combien de temps nous serons aux prises avec ce problème, mais nous en avons sans doute pour cinq à 10 ans encore», estime le président sortant de l'Association médicale canadienne, le Dr Colin McMillan.

Link to comment
Share on other sites

  • Administrator

Pénurie de médecins et d'infirmières: tout le pays en souffre

bilde?Site=CP&Date=20070919&Category=CPACTUALITES&ArtNo=709190497&Ref=AR&Profile=6488&MaxW=300&Q=85plusgrand.gif

Il manquera quelque 130 000 infirmières au Canada d'ici 2016. Aux États-Unis, cette pénurie pourrait atteindre un million d'ici cinq ans.

Photo Alain Roberge, La Presse

 

 

 

Pascale Breton

La Presse

Qu'est-ce qui est montré du doigt quand les salles d'opération ne roulent pas à plein régime ou que les civières débordent dans les couloirs des urgences? La pénurie de médecins et d'infirmières. Un mal qui frappe toutes les provinces canadiennes.

 

Le sujet fait régulièrement la manchette au Québec. Les cris d'alarme se multiplient. Découragés, des médecins ont démissionné. Épuisées, les infirmières sont nombreuses à quitter la profession.

 

Pourtant, selon notre palmarès, ce n'est pas au Québec que le portrait est le pire. En Ontario et en Saskatchewan, la pénurie est encore plus aiguë. Les médecins et les infirmières migrent pour la Colombie-Britannique ou l'Alberta. Les statistiques révèlent que c'est à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse que la pénurie fait le moins de ravages.

 

Mais les chiffres n'illustrent pas tout. Le manque d'effectifs fait plus mal dans certaines spécialités. Il est plus criant dans certaines régions.

 

L'Ontario manque de psychiatres et de neurologues. En Nouvelle-Écosse, les patients doivent se déplacer dans d'autres villes pour voir un médecin. Le manque d'urologues à Terre-Neuve a récemment amené les autorités de la santé à lancer un cri d'alarme.

 

«C'est vrai que les chiffres dont nous disposons montrent que la situation est un peu moins grave ici qu'ailleurs, mais le problème est qu'ils ne tiennent pas compte des médecins qui travaillent à temps partiel ou qui sont retraités», précise Bruce Thorne, porte-parole du Collège des médecins et chirurgiens de Terre-Neuve et du Labrador.

 

Même la riche province albertaine, qui donne l'impression de pouvoir attirer tous les travailleurs dont elle a besoin, connaît des difficultés. Dans notre palmarès, elle se classe troisième.

 

«L'Alberta est riche, mais il y a un paradoxe, souligne le Dr Tom Bailey, président du Collège des médecins de famille du Canada. À Calgary, les loyers pour les bureaux de médecins sont chers. Il faut aussi payer le personnel. C'est difficile parce qu'il y a de la compétition venant des autres secteurs. Celui du pétrole, par exemple, paie très bien. Les gens préfèrent y travailler.»

 

En Alberta, les efforts de recrutement pour trouver des infirmières sont intenses. «Elles n'ont pas de problème à trouver un emploi, c'est vrai. Mais elles ont de la difficulté à se loger en raison du boom démographique. Plusieurs se tournent alors vers la Saskatchewan», explique Lisa Little, conseillère à la planification des ressources humaines de la santé à l'Association des infirmières du Canada.

 

Quant à la Colombie-Britannique, elle reste une destination rêvée pour les professionnels de la santé: la temps est clément et les salaires, élevés. Un problème pour les autres provinces qui voient partir leurs médecins et leurs infirmières.

 

En médecine, le vieillissement et la féminisation jouent un rôle important dans le manque d'effectifs. De plus en plus, les jeunes médecins recherchent un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et familiale.

 

Les congés de maternité sont nombreux. Beaucoup de jeunes mères choisissent aussi de réduire leur semaine de travail tant que leurs enfants sont jeunes. Au Québec, où la féminisation est plus élevée qu'ailleurs, cette situation a un impact sur la pénurie.

 

«Jusqu'à ce que leurs enfants soient à l'école, les femmes ont tendance à travailler 13 heures de moins par semaine que les hommes. Une différence qui est rattrapée lorsque les enfants vieillissent», indique Danielle Fréchette, conseillère principale en matière de gouvernance et d'élaboration de politiques au Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

 

Hausser le nombre d'admissions dans les écoles n'est pas la solution à tous les maux. «Même si on augmente le nombre d'étudiants qui sortent des facultés de médecine, il faudra songer que le niveau de productivité est différent», ajoute Mme Fréchette.

 

Surtout que les facultés de médecine comptent de plus en plus de femmes parmi les étudiants, renchérit le Dr Tom Bailey.

 

«C'est une situation que l'on commence à voir partout maintenant. Il y a de plus en plus de femmes dans les facultés de médecine. Elles sont aussi plus nombreuses que les hommes à opter pour la médecine de famille.»

 

L'accès à un médecin de famille reste d'ailleurs un gros problème. Surtout au Québec. Un sondage national mené il y a un an auprès des médecins de famille a de quoi inquiéter le Collège des médecins de famille du Canada. Quelque 29% des Québécois n'ont pas de médecins de famille, comparativement à 17% dans l'ensemble du pays. Mais tous n'en ont pas cherché.

 

«Il s'agit souvent de jeunes en bonne santé qui se rendent à l'hôpital ou dans une clinique pour des soins de santé épisodiques. Mais ça fausse les données. Si demain matin ils ont besoin d'un médecin, ils n'en trouveront pas», affirme le Dr Bailey.

 

Quant aux infirmières, elles font face aux mêmes problèmes. La profession vieillit. On compte deux infirmières de plus de 50 ans pour une infirmière de moins de 30 ans, explique Lisa Little.

 

Il manquera quelque 130 000 infirmières au Canada d'ici 2016. Aux États-Unis, cette pénurie pourrait atteindre un million d'ici cinq ans. C'est un sujet d'inquiétude parce que les diplômées sans emploi se font rares.

 

«Nos deux pays sont près l'un de l'autre, nous avons la même langue, la même culture, nous tentons de recruter dans le même bassin», dit Mme Little.

Link to comment
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
 Share

×
×
  • Create New...
adblock_message_value
adblock_accept_btn_value