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La gauche, responsable de l'«immobilisme»?


loulou123
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La Presse Le jeudi 26 avril 2007

 

Il y a un an et demi, Gérald Tremblay était réélu maire de Montréal. Depuis, il s'est enfargé à quelques reprises et les critiques ont fusé : manque de vision, absence de leadership, ville sale, immobilisme. Ce midi, le maire contre-attaque dans un discours qu'il prononcera devant la chambre de commerce. Il parlera de sa vision. Saura-t-il convaincre les Montréalais qu'il est l'homme de la situation ? Bilan d'une dure année.

 

Lorsque Charles Lapointe, président de Tourisme Montréal, est monté sur la tribune de la chambre de commerce, le 30 janvier, et qu'il a commencé son discours en disant : « Aujourd'hui, je vais défriser le maire », Gérald Tremblay s'est crispé.

 

Personne ne l'avait averti que Charles Lapointe, un ami, laisserait sa langue de bois au vestiaire. Montréal est sale et laid, a-t-il dit en substance devant 400 personnes, photos à l'appui.

 

Dans son discours, il a rappelé la réflexion de Simon Anholt, un expert de l'image, lorsqu'il est arrivé à Montréal et qu'il a vu l'état lamentable des routes entre l'aéroport et le centre-ville : « Je pensais que j'avais atterri au Kazakhstan. » Une phrase décapante qui a fait des vagues et heurté l'ego du maire.

 

Simon Anholt a raison, a ajouté Charles Lapointe, histoire d'enfoncer le clou.

 

Une belle séance d'humiliation publique pour le maire qui pâlissait à chaque phrase, chaque photo qui montrait les coins les plus ravagés de sa ville devant le gratin montréalais.

 

Gérald Tremblay n'en revenait pas. « J'étais choqué, a-t-il avoué la semaine dernière lors d'une entrevue. J'ai dit à Charles : " Pourquoi tu n'es pas venu me voir avant, on aurait pu discuter, nuancer. Pourquoi se chicaner sur la place publique? " »

 

Le discours-choc de M. Lapointe a jeté un froid entre les deux hommes, qui se connaissent depuis des années.

 

Charles Lapointe préparait ce discours depuis des mois. Il aurait eu amplement le temps de mettre son « ami » Gérald Tremblay dans le coup, mais il a préféré la méthode du coup de couteau dans le dos.

 

« C'est moi qui ai invité le maire à la table d'honneur, concède M. Lapointe. J'ai pesé chaque mot de mon discours. Montréal avait besoin d'un électrochoc. »

 

Même si la manière est discutable, M. Lapointe a exprimé le gigantesque ras-le-bol des hommes d'affaires qui en ont par-dessus la tête de vivre dans une ville sale où les ampoules brûlées des lampadaires ne sont pas remplacées, où les poubelles débordent, les papiers gras volent au vent et les murs sont barbouillés de graffitis.

 

M. Lapointe a reçu 4000 lettres, courriels et appels téléphoniques à la suite de son discours. Visiblement, Montréal a un problème. Le maire aussi.

 

La revue américaine Forbes a classé les villes du monde selon leur propreté. Étonnamment, Montréal est propre, conclut le prestigieux magazine dans son dernier numéro. Elle arrive au 10e rang, ex aequo avec Genève, Boston, Berne et Vancouver.

 

Propre, Montréal ? Qui hallucine : Forbes ou les Montréalais qui affirment que leur ville est sale?

 

Gérald Tremblay est au pouvoir depuis le 1er janvier 2002. Il a donc passé cinq ans et demi à la tête de Montréal. Au cours des derniers mois, il a mis beaucoup d'énergie à nettoyer les rues, mais le vrai problème ne réside pas dans des poubelles qui débordent. La saleté n'est que le symptôme d'une ville dysfonctionnelle.

 

Les structures de Montréal ont été tellement brassées depuis 2002 que la ville a perdu le nord. Fusions, défusions, décentralisation, sans oublier tous les paliers de pouvoir qui se sont superposés les uns aux autres : arrondissements, ville centrale, villes défusionnées, conseils d'agglomération, Communauté métropolitaine de Montréal.

 

La ville est morcelée, éclatée, écartelée, surgouvernée, pour son plus grand mal. Montréal est un grand bordel de structures et l'effet est paralysant. On se croirait dans un autobus bondé quand le chauffeur crie : « Avancez par en arrière! »

 

« Le maire de Montréal ne peut pas demander à un col bleu de passer le balai en face de l'hôtel de ville parce que ce pouvoir relève de l'arrondissement de Ville-Marie ! » dit Pierre Hamel, spécialiste de la fiscalité urbaine à l'INRS.

 

« L'hyperdécentralisation de Montréal est catastrophique, ajoute de son côté Annick Germain, professeur à l'INRS. Les arrondissements ont hérité de responsabilités énormes, sans obtenir les ressources financières nécessaires. Le cafouillage est généralisé. On a l'impression qu'il n'y a personne à la tête de tout cela. C'est assez inquiétant. »

 

Et encore, les Montréalais sont chanceux, car la conjoncture économique est bonne. « Les dieux sont avec nous, précise Annick Germain. Heureusement, sinon ce serait dramatique. »

 

Et Montréal n'a pas d'argent. Au début des années 80, l'ex-ministre des Finances, Jacques Parizeau, a récupéré la taxe d'amusement et le 1 % de la taxe de vente, enlevant à Mont-réal d'importantes sources de revenus.

 

Dix ans plus tard, c'était au tour des libéraux de donner une gifle à Montréal en balayant dans sa cour les dépenses d'exploitation des transports en commun, une facture salée de 150 millions.

 

Chaque année, les maires Jean Doré et Pierre Bourque devaient se taper un humiliant pèlerinage à Québec pour quêter de l'argent. Gérald Tremblay ne fait pas exception. Lui aussi doit pleurnicher dans les jupes de Québec pour boucler son budget.

 

« Lorsque j'écoute Gérald Tremblay, je me dis : " Tiens, j'ai fait le même discours en 1991 ", rigole l'ex-maire Jean Doré. Mont- réal ramasse les factures, Québec les revenus. »

 

À la tête de cette ville impossible, il y a un homme, Gérald Tremblay. Il ne fait pas l'unanimité. « Il a perdu le contrôle de sa ville. Il est absent, on ne le voit pas beaucoup », tranche Annick Germain.

 

Le maire a les mains attachées. C'est comme si on le jetait dans le fleuve avec un bloc de béton attaché au pied et qu'on lui disait : « Nage! »

 

« Le défi est presque impossible, confie Gérald Tremblay. Si je contrôlais tous les leviers, je n'aurais pas de problème. Je dépends de Québec et je me bats pour obtenir une plus grande autonomie. Même si je travaille jour et nuit et que je fais le concierge, je n'arrive pas à bâtir la métropole. »

 

La Ville rafistole les tuyaux, bouche des trous, retape le boulevard Saint-Laurent. Une administration en rase-mottes. Il y a peu de grandes réalisations, mais beaucoup d'intendance. Et de mots.

 

Depuis mars 2006, la Ville a pondu quatre politiques (sur l'approvisionnement, l'égalité entre les hommes et les femmes...) et six plans (plan d'action corporatif pour préserver le climat, plan d'action 2007 d'accessibilité universelle...). Zzz...

 

En un an et demi, Gérald Tremblay en a vu de toutes les couleurs. D'abord le budget. Pendant la campagne électorale, le maire a fait une promesse impossible : ne pas augmenter le fardeau fiscal des Montréalais au cours de son mandat, c'est-à-dire jusqu'en 2009.

 

Lorsque le maire a présenté sa plateforme électorale et que les journalistes lui ont demandé comment il réaliserait sa longue liste de promesses sans augmenter les taxes, il a laissé son président du comité exécutif répondre.« On va réussir », a répondu, en gros, Frank Zampino.

 

À l'automne 2005, le maire a déposé son budget... avec des hausses de taxes. C'était écrit dans le ciel. Les Montréalais ont protesté. Une semaine plus tard, le maire suspendait l'adoption du budget et demandait à ses fonctionnaires de recommencer à zéro. Du jamais vu.

 

Puis il y a eu le pénible épisode de l'avenue du Parc. L'opposition s'est rapidement mobilisée. Près de 400 manifestants se sont présentés à l'hôtel de ville pour protester contre le changement de nom.

 

Gérald Tremblay a été ébranlé par l'ampleur du mouvement de contestation. Les membres de son comité exécutif se sont lâchement éclipsés, le laissant ramer seul au milieu de la tempête.

 

Lorsque le maire a annoncé à son caucus qu'il renonçait à l'idée de donner le nom de Robert Bourassa à l'avenue du Parc, il a eu les larmes aux yeux. Il avait fait partie de l'équipe de l'ancien premier ministre et ses liens avec l'homme étaient tricotés serré.

 

Il n'en fallait pas plus pour déclencher des rumeurs : le maire est fatigué. Certains médias ont même parlé de dépression. Dépressif, le maire ?

 

« Pas du tout! proteste Gérald Tremblay. Je suis tellement intense, j'ai tellement d'ardeur que parfois, mes propos... Le jour où je n'aurai plus de sentiments, je ne serai plus en politique. »

 

Gérald Tremblay est un émotif. Il est le premier à le reconnaître. « Mon père m'avait dit : " Tu ne peux pas aller en politique, c'est de la chicane et ce n'est pas dans ta nature. Ils vont trouver une façon de te détruire. " »

 

N'empêche, son étoile a pâli. On lui reproche de ne pas être assez présent. « Je devrais faire plus de terrain », reconnaît-il.

 

« Les Montréalais sont très exigeants envers leur maire, croit André Lavallée, membre du comité exécutif de la Ville. Le maire est responsable de tout, même de la température ! »

 

C'est vrai. Lors des inondations du 14 juillet 1986, Jean Doré avait quitté la Ville pendant 24 heures pour aller à son chalet. Les Montréalais lui en ont toujours voulu. « On ne me l'a jamais pardonné, reconnaît Jean Doré. Pourtant, j'étais à une heure de Montréal. »

 

Gérald Tremblay n'est pas un populiste. Il ne court pas les sous-sols d'église et n'écrème pas les parcs pour serrer des mains, comme le faisait l'ex-maire Pierre Bourque.

 

Lors du point de presse où l'on a annoncé la démolition d'une partie de l'autoroute Bonaventure, début avril, le maire a été très discret. Trop. La présidente de la chambre de commerce, Isabelle Hudon, occupait toute la place.

 

Le maire était sagement assis avec le public, sur le premier banc en avant. Comme un petit garçon. Il n'a pas soufflé mot et il n'est pas monté sur l'estrade. À se demander qui est maire de la ville.

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  • Administrator

La honte que j'ai à chaque fois que je prends la sortie de la montagne de la 720, la seconde ou la bretelle se termine et que la rue municipale commence, les nids de poules énormes sont inévitables! La honte c'est de se faire précéder par des voitures plaqués Ontario, New York, Massachussette, etc.

 

Comment ne peux-t-on pas réparer ces quelques métres de pavés qui sont dans cet état depuis des années!!!!

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Autant que les provinces chialent que le Gouv Fédéral garde trop de cash, et qu'ils en ont pas assez, autant que le Gouv Provincial a trop de cash et que le Moteur économique de la province manque d'argent!

 

Aussi longtemps que ce sera le cas, Montrééal restera pauvre et nos rues et Autoroutes ressemblerons à celles que l'on retrouve à Baghdad!

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  • 2 months later...

La Presse Le samedi 07 juillet 2007

 

La rumeur courait depuis quelque temps que Gilbert Rozon en avait contre la Ville de Montréal. Mardi, quand il a appris que l’administration Tremblay voulait imposer des frais de police au Grand Prix de Normand Legault, les plombs ont sauté.

« Moi, cette décision-là ne me touche pas, mais ça montre qu’ils ne comprennent pas l’importance des grands événements à Montréal. Évidemment que ça coûte de l’argent à la Ville, mais combien ça rapporte ? Nous avons tous nos propres services de nettoyage et de sécurité. On me dit que mon festival coûte 300 000 $ en budget policier. Mais je voudrais que ça coûte 400 000 $, 500 000 $ ! Ça voudrait dire qu’on a un succès encore plus grand !

 

« Des fois, je me demande si on dérange, au fond. Oh ! Ils vont me dire : voyons, Gilbert, on t’aime, on adore ton festival. Mais à quelques jours de commencer mon 25e festival, je suis encore à régler des problèmes administratifs, à me battre contre mon propre club ! »

 

Deux poids, pas de mesure

 

Le roi de l’humour québécois et français, maintenant âgé de 52 ans, a hésité un temps quand je lui ai demandé une entrevue… mais pas longtemps. « Je n’ai pas le goût de commencer le festival dans la controverse », a-t-il dit d’abord. Quelques heures plus tard, il se ravisait.

 

Quand je suis entré dans son bureau, sorte de grand loft multicolore savamment désordonné, il était au téléphone avec Franco Dragone. Dragone – qui a conçu quelques-uns des plus grands spectacles du Cirque du Soleil, sans parler de celui de Céline Dion – mettra en scène le spectacle de clôture du festival.

Gilbert Rozon commence calmement, mais il est incapable de tenir en place. Il se lève à tout bout de champ.

 

Depuis le scandale des commandites, c’est-à-dire depuis cinq ans, le financement des festivals est devenu une chose plus délicate du côté d’Ottawa. Il a néanmoins fait la paix provisoirement avec la ministre du Patrimoine canadien. Il est en très bonne entente avec Québec. Mais la Ville de Montréal, c’est une autre affaire…

 

Des 23 millions que coûte le volet spectacle du festival, scène et rue, 3 millions proviennent de fonds publics. Les deux tiers viennent de Québec, un peu moins du tiers d’Ottawa. Montréal verse 100 000 $, Tourisme Montréal 200 000 $. Pour le 25e, Montréal a ajouté 100 000 $.

 

Gilbert Rozon dit qu’il doit essuyer un manque à gagner d’un million. « Pour la FINA (championnats de natation), le maire a déboursé 4 millions. C’est deux fois plus que ce qu’on a reçu en 25 ans ! Est-ce qu’on contribue moins à l’image de Montréal ? Mais si c’était seulement ça ! Je fais affaire avec toutes sortes de services qui se contredisent. »

 

« On me reproche d’user l’asphalte »

 

Un exemple. Cette année, Gilbert Rozon voulait faire son défilé des jumeaux de soir, un samedi. La Ville disait qu’il y avait beaucoup de difficultés : c’est en même temps que les feux d’artifice et la fermeture du Village gai. Mais tout de même, le 23 juin, appel téléphonique de Benoît Labonté, maire de l’arrondissement : c’est réglé, il peut le faire le samedi, sûr, sûr.

 

Le 28 juin, appel du Service des festivals : ce sera le dimanche, rien à faire.

« J’ai 2000 jumeaux qui viennent de partout, plusieurs de l’extérieur du Québec, je les fais venir faire du tourisme de force à Montréal, et là, deux semaines avant l’événement, je leur dis : s’cusez, c’est le dimanche. Il y a plein d’enfants, il y a des gens qui travaillent, mais c’est pas grave, la Ville change d’idée, pis arrange-toi avec ça, Gilbert ! »

 

« J’ai un carnaval d’un million et demi qui nous est donné par la Ville de Nantes, c’est un cadeau aux Montréalais, mais en arrivant, on ne me permet pas de le faire passer rue Saint-Denis, où nous sommes depuis 25 ans. Je fais des tours en passant par Sanguinet. C’est pas grand-chose, vous me direz, mais je me bats continuellement. Les gens de Nantes n’en reviennent pas.

 

« J’anime 2 millions de personnes, on fait venir des touristes, mais on me reproche d’user l’asphalte, au fond ! Un fonctionnaire m’a déjà dit que je devrais fermer la rue, comme ça je serais rentable. Mais c’est ça, l’idée du festival : c’est la rue, c’est ça qui est l’âme du festival. Mais si on dérange, on fera un petit festival en salles pour faire plaisir aux fonctionnaires. Moi, je ne peux pas continuer à fonctionner dans cette atmosphère-là, c’est absurde. »

 

L’argent des autres

 

À ceux qui lui reprochent de quêter sans arrêt, Gilbert Rozon réplique qu’il ne fait pas un sou avec le festival. C’est son empire de production de spectacles, avec bureaux dans six villes de quatre pays, qui le fait vivre.

 

« Je ne demande pas mieux que d’être évalué. Il n’y a aucun modèle de festival qui fait ses frais. Ça n’existe pas. Aux États-Unis, les festivals sont financés à hauteur de 18 %, en France beaucoup plus. Moi, c’est 13 %.

 

« Je suis prêt à m’engager par écrit, j’en fais la demande officielle, à ce que, pour chaque dollar investi par le gouvernement, il en reçoive cinq en revenus directs ou indirects ; à avoir 10 % de touristes étrangers ; à avoir un rayonnement international mesurable et à injecter toute la subvention dans le contenu, tout en croissant de 5 % par année. Et que ce soit mesuré par une firme choisie par le gouvernement. Il faut des critères rigoureux pour tous les festivals. »

 

« Elle s’en va où, la ville ? »

 

« Au-delà de mes petits problèmes, je constate à quel point c’est difficile d’entreprendre quoi que ce soit à Montréal. Je ne veux attaquer personne, Gérald Tremblay est un homme charmant, un bon gars que tout le monde aime. Il est temps qu’il devienne un bon maire ! »

 

L’hiver dernier, le maire Tremblay avait convoqué 75 personnes du milieu des affaires pour leur faire un discours au petit-déjeuner.

 

« À la fin du discours, on se regardait et on se demandait de quoi il avait été question. Il a dit qu’il voulait de nouveaux pouvoirs de taxation. J’ai levé la main et j’ai demandé ce qu’il voulait faire avec l’argent. Il m’a dit que c’était une bonne question !

 

« Moi, je veux bien qu’on demande aux gens un effort. Plus de taxes ? OK. Mais c’est quoi, le plan ? Elle s’en va où, la Ville ? Personne ne peut le dire. Je suis loin d’être le seul à trouver ça. Ça ne peut plus durer. Il faut se donner quatre, cinq objectifs clairs qui font rêver !

 

« Quand le maire de Toronto a dit l’hiver dernier qu’il voulait devenir la grande ville des festivals au Canada d’ici 10 ans, le maire Tremblay a dit qu’il fallait collaborer ! Hey, il vient de te donner une claque en pleine face ! C’est Montréal, la ville des festivals. Est-ce qu’on va se laisser faire ?

 

« Pourquoi pensez-vous que le maire de Toronto veut ça ? Il a vu ce que ça rapporte à Montréal. Mais ici, c’est sans cesse le parcours du combattant. Mais je ne vais pas passer deux autres années avec l’eau sur le bord du nez. S’ils veulent un festival rapetissé, ils vont en avoir un. »

 

Rozon implante d’ailleurs Just for Laughs à Toronto cet été. Va-t-il y déménager son volet anglophone ? Silence. Puis il dit qu’il veut occuper le terrain là-bas, mais faire grandir Montréal encore.

 

« Toronto a supplanté Montréal pour le cinéma depuis longtemps. Guy Laliberté s’est fait revirer de bord avec le projet de casino parce que trois personnes se plaignaient à Pointe-Saint-Charles. Les villes de partout lui offrent des salles, des profits, tout ce qu’il veut, mais ici ? Pas un politicien pour défendre le projet. Combien de claques sur la gueule il faut que Montréal prenne pour qu’on se réveille ?

 

« Je voyage partout, je vais voir le Stampede à Calgary, les festivals à Stratford, à Édimbourg, j’ai plein d’idées pour faire grossir le festival, je sais exactement où mettre l’argent. En six, sept ans, je double la taille du festival, je vends trois ou quatre fois plus de billets, j’augmente le nombre de spectacles, je fais une foire des spectacles. Ça ne coûterait pas 10 millions, seulement quelques millions.

 

«Pour moi, il n’est pas question d’être numéro 2. Mais si ça n’intéresse pas, on sera un événement qui fera ses frais, un beau petit festival de province. Je peux faire le reste ailleurs. Plusieurs grandes villes américaines sont intéressées. » Là-dessus, il est avare de détails. Il est vaguement question de Chicago et d’autres villes, mais rien de précis.

 

« Mais je suis Montréalais, c’est ici que je veux faire ça, je pense que ça fait partie de l’image de Montréal, que ça donne de l’âme au quartier. Et j’ai l’impression qu’on me dit : mon Dieu que c’est du trouble ! Je ne veux attaquer personne. Il me semble juste qu’il faut penser autrement, faut redonner aux gens le goût d’entreprendre à Montréal. Avoir un plan… »

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Presse Canadienne

12/07/2007

 

 

Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, partage en partie les critiques du fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, quant à l'immobilisme qui frapperait le Québec, en raison d'une éternelle recherche du consensus.

Une attitude qui bloquerait le développement de grands projets.

 

Il est important que les gens puissent se faire entendre, selon M. Bachand, mais une fois qu'ils se sont exprimés, s'ils représentent une minorité et que les intérêts de l'Etat et des gens vont dans un sens différent, il faut prendre une décision.

 

Dans une démocratie, quelqu'un qui est contre une idée doit aussi parfois se rallier à la majorité, ajoute-t-il. C'est un dosage qu'on n'a pas vraiment trouvé au Québec, selon le ministre, qui estime qu'il faut être en mesure d'admettre que «le consensus est parfois impossible».

 

Raymond Bachand dit être convaincu que le maire Jean Drapeau n'aurait pas été capable d'amener à Montréal l'Expo 67 dans un contexte comparable à celui d'aujourd'hui.

 

De son côté, la porte-parole de Québec solidaire Françoise David ne partage pas l'analyse de M. Rozon.

 

Elle réfute surtout les critiques que le grand patron de Juste pour rire a adressées à ceux qui s'opposent à certains grands projets, comme le déménagement avorté du Casino de Montréal. Pour elle, il ne s'agit en rien d'une manifestation de l'immobilisme du Québec; c'est plutôt un excellent exemple d'une communauté qui s'est mobilisée, en se disant que ce projet était socialement irresponsable.

 

Contrairement à Gilbert Rozon, qui a dit déplorer «l'inertie qui prévaut au Québec», elle soutient que «les gens disent oui aux bons projets, viables sur les plans social et environnemental».

 

La porte-parole de Québec solidaire précise en outre que le Québec est bel et bien en marche, soulignant le taux de chômage qui est l'un des plus bas des 25 dernières années. Les véritables problèmes de développement auxquels il faut s'attaquer, affirme-t-elle, ce sont les régions éloignées des grands centres qui les connaissent.

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  • 10 months later...

Ça fait un moment que je suit la saga du Hudson Yards, un immense terrain appartenant à la MTA (l'agence de transport en commun de la ville de New York) situé à l'Ouest de Penn Station et qui va jusqu'au bord de la rivière Hudson.

 

J'aimerais partager avec vous cette incroyable histoire, ne serait-ce que pour rassurer certains qui pensent qu'il n'y a qu'a Montréal qu'on tête avant de donner le feu vert à de grands projets.

 

Si vous vous rappelez bien, il y a eut un concours d'idée du CCA avec des propositions de grands architectes en 1999 (exposition en 2001) dont celle-ci de Peter Eisenman qui incluait un nouveau Stade pour les Jets de New York (football).

 

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Site du concours du CCA

 

C'est l'an passé que le concours de la MTA pour les promoteurs a eut lieu, avec chacun leur équipes de stars. Sur les 5 propositions, c'est celle de Tishman Speyer qui a été retenue, principalement à cause du prix de $1 milliard qu'ils proposaient. Tishman a alors perdu son locataire potentiel à cause de la crise du crédit, la compagnie Morgan Stanley, et n'a pas réussit à s'entendre avec la MTA pour un rezonage du site.

 

Proposition de Tishman Speyer sur Curbed NYC

 

La MTA a alors rencontré les autres proposant, dont Durst Vornado avec sa proposition de tram aérien (Highline) reconstruit.

 

Proposition de Durst Vornado sur Curbed NYC

 

Contre toute attente, c'est finalement avec the Related Companies (développeur des tours jumelles du Times Warner Center à Columbus Circle) que la MTA est arrivé à un accord. Comme c'est une proposition entièrement supportée par le magnat des communications Rupert Murdoch, on l'a rapidement renommée "Murdochville".

 

Proposition de Related sur Curbed NYC

 

Voici quelques images, pour votre plaisir:

 

2007_11_related4.jpg

 

2007_11_related3.jpg

 

2007_11_related2.jpg

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