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Montréal aura sa Bourse du carbone

08:55 | Presse Canadienne,

 

 

D'ici la fin de l'année, les entreprises canadiennes pourront s'échanger des crédits de pollution atmosphérique au Marché climatique de Montréal (CMeX).

 

Bourse du carbone

Marché climatique de Montréal

 

Ce sera la naissance d'une coentreprise de la Bourse de Montréal et de la Chicago Climate Exchange, le premier du genre au Canada. La négociation se fera sur des contrats à terme liés à des crédits canadiens d'émissions de gaz à effet de serre.

 

"L'équipe du MCeX a évalué le cadre réglementaire sur les émissions atmosphériques du gouvernement fédéral et conclu qu'il respectait les conditions minimales pour la création d'un marché à terme", a déclaré mercredi le président et chef de la direction de l'institution montréalaise, Luc Bertrand, dans un communiqué diffusé après la fermeture des marchés.

 

Pourtant, à la fin mai, M. Bertrand s'était dit "déçu" des règles fédérales, qu'il jugeait pas suffisamment "alignées" avec les exigences du protocole de Kyoto.

Mercredi, le pdg a admis que les consultations avec le gouvernement conservateur devraient se poursuivre "pour nous assurer que nous continuons de progresser vers l'instauration d'un contexte favorable au lancement de la négociation".

 

La Bourse de Montréal presse plus particulièrement Ottawa de fournir à l'industrie "une plus grande certitude en matière de politique quant aux objectifs de réduction des émissions et à la définition d'une norme unique relativement aux crédits échangeables".

 

L'institution va aussi faire pression sur le gouvernement de Stephen Harper afin que ce dernier l'autorise à mettre en place un registre national permettant de consigner la qualité des crédits de carbone issus de réductions d'émissions, outil essentiel au lancement des nouveaux contrats à terme.

 

Les discussions que la Bourse de Montréal a amorcées il y a plusieurs mois avec le ministère fédéral de l'Environnement et les grands émetteurs industriels devront donc se poursuivre.

 

Environnement Canada doit établir au cours des prochains mois les cibles de réduction des émissions pour chaque secteur industriel. Contrairement à ce que prévoit le protocole de Kyoto, ces cibles seront fondées sur l'intensité des émissions, plutôt que sur leur volume absolu, et elles seront comparées aux niveaux d'émissions enregistrés en 2006, plutôt qu'à ceux de 1990.

 

La Bourse estime que le futur contrat à terme du MCeX établira le prix d'une tonne de carbone au Canada, ce qui permettra aux entreprises de "gérer le risque" lié à la pollution atmosphérique.

 

Se fondant sur l'expérience vécue en Europe et aux Etats-Unis, le président du conseil d'administration et fondateur de la Chicago Climate Exchange, Richard Sandor, a convenu mercredi que le MCeX devrait subir des "ajustements" dans ses premiers mois d'existence. Les autorités réglementaires devront en outre approuver les futurs contrats à terme.

 

"Nous prévoyons une croissance de la demande de produits dérivés environnementaux", a affirmé Luc Bertrand.

 

Résultats

 

La Bourse de Montréal a par ailleurs dévoilé mercredi ses résultats du deuxième trimestre.

 

L'institution a déclaré des profits nets de 6,9 M$, en hausse de 7 % par rapport à la même période de l'année dernière. La marge bénéficiaire est passée de 36 à 40 %.

 

Les revenus de la Bourse ont atteint 21,4 M$, en hausse de 3 %, un résultat principalement attribuable à l'augmentation de 1,6 % du volume de négociation.

 

L'entreprise a annoncé le versement d'un dividende spécial de 35 cents par action, payable le 16 août aux actionnaires inscrits le 3 août.

 

Mercredi, le titre de la Bourse de Montréal a clôturé à 37,10 $, en baisse de 0,5 %.

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  • 4 months later...

03/12/2007 16h47

La Presse Canadienne

Québec profitera de la conférence de Bali pour accentuer la pression sur Ottawa, en vue de faciliter, le plus tôt possible, l'installation de la bourse du carbone à Montréal.

 

Pour ce faire, Ottawa doit au plus tôt modifier son projet de cadre réglementaire, inacceptable aux yeux du Québec, a soutenu la ministre du Développement durable, Line Beauchamp, à La Presse Canadienne, lors d'une entrevue avant son départ pour la conférence internationale sur les changements climatiques qui se tient à Bali, en Indonésie, cette semaine.

 

Le cadre réglementaire fédéral imposé aux entreprises intéressées à transiger à la future bourse du carbone ne doit pas fonctionner «au détriment des intérêts du Québec», fait valoir Mme Beauchamp.

 

La pression sur Ottawa va donc s'accentuer, puisque la Bourse de Montréal tient à lancer son marché d'échanges de crédits d'émissions de gaz à effet de serre (GES) dès le début de 2008.

 

Or, selon Québec, le projet déposé cet automne par le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, pénalise les industriels et manufacturiers québécois.

 

Ottawa doit donc refaire ses devoirs et enlever les nombreux «irritants» de son cadre réglementaire, selon Mme Beauchamp.

 

La bourse du carbone permettra aux entreprises qui défoncent les plafonds de pollution imposés par Ottawa d'acheter des crédits d'autres entreprises plus performantes sur le plan environnemental.

 

«Les règles du jeu ne sont pas assez claires», s'impatiente la ministre, en constatant que des chefs d'entreprise ne prennent pas dès maintenant les moyens de réduire leurs émissions, en attendant qu'Ottawa fasse son lit.

 

Avant d'aller de l'avant, la bourse climatique doit d'abord connaître les règlements fédéraux, qui fixeront les plafonds d'émissions à imposer aux entreprises.

 

À ce chapitre, Québec reproche essentiellement deux choses à Ottawa: l'année de référence, soit 2006, et le fait que Québec ait choisi dans le passé les énergies renouvelables - plutôt que d'autres, plus polluantes - ne soit pas reconnu.

 

Le cadre réglementaire actuellement sur la table définit des cibles fondées sur l'intensité des émissions - et non sur leur volume, conformément à Kyoto - et l'année de comparaison retenue sera 2006 et non 1990.

 

C'est donc dire que tous les efforts accomplis entre 1990 et 2006, par les entreprises québécoises, en vue de diminuer leur production de GES, ne compteront pas.

 

«Ces efforts-là, s'ils ne sont pas bien reconnus, c'est une pression supplémentaire sur les entreprises québécoises» qui s'en trouvent pénalisées par rapport à celles des autres provinces, dénonce la ministre Beauchamp.

 

Par ailleurs, Québec tient aussi à ce que ses choix énergétiques propres - hydroélectricité et énergie éolienne - soient reconnus par Ottawa.

 

Cette revendication n'est pas nouvelle puisqu'elle constituait déjà une pomme de discorde lorsque Thomas Mulcair, à Québec, et Stéphane Dion, à Ottawa, étaient ministres de l'Environnement.

 

Car si une autre province ferme ses centrales au charbon pour aller vers l'énergie atomique, par exemple, elle obtiendra des crédits, tandis que le Québec qui a depuis longtemps investi dans les énergies renouvelables n'aura rien en retour, dénonce la ministre.

 

Parallèlement, pour être crédible, Québec est aussi en train d'élaborer son propre cadre réglementaire du carbone, attendu en 2008, et espère qu'il sera cohérent avec celui d'Ottawa.

 

Cours «101» de la bourse du carbone

 

Québec tient tellement pour acquis que le marché climatique s'installera à Montréal qu'on est en train de mettre sur pied un «cours 101» à l'intention des chefs d'entreprise.

 

Cette initiative au coût de 3,3 millions $, passée inaperçue, apparaît dans la stratégie manufacturière rendue publique à la fin novembre.

 

Ainsi, les chefs d'entreprise seront en mesure de se lancer sur ce marché «le plus tôt possible», dit la ministre, qui ne doute pas que le marché climatique s'installera à Montréal plutôt qu'à Toronto.

 

«Montréal a tous les atouts dans les mains pour être en mesure d'être la bourse la plus gagnante, par rapport à la mise en place du marché du carbone», a-t-elle dit.

 

Comme elle gère déjà les produits dérivés en exclusivité, la bourse montréalaise "a une longueur d'avance, indéniablement". Sauf que cette exclusivité prend fin en 2009 et que Toronto est aussi sur les rangs.

 

De son côté, le gouvernement fédéral n'a toujours pas fait son lit à savoir s'il allait favoriser la mise en place d'une ou deux bourses, mais on sait déjà qu'il ne favorisera pas Montréal au détriment de Toronto.

 

Entre-temps, sans connaître le cadre réglementaire qui régira ses activités, la Bouse de Montréal met déjà quand même tout en place pour se lancer dans le marché du carbone.

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