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Le bas de laine des Québécois malmené


ErickMontreal
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Le bas de laine des Québécois malmené

 

4 novembre 2008 - 07h22

La Presse

Denis Lessard

 

Avec la crise qui a frappé les marchés financiers depuis septembre, et les problèmes du marché immobilier, le rendement de la Caisse de dépôt et placement sera en recul d'environ 20% à moins d'un rebondissement imprévisible des marchés avant la fin de 2008.

 

Chez les organismes publics du gouvernement du Québec, qui confient à la Caisse de dépôt la gestion des milliards de leurs caisses de stabilisation, ce chiffre de 20 % circule désormais largement. Le déclenchement des élections générales cette semaine permettra au gouvernement Charest de repousser à plus tard les mauvaises nouvelles. Ce n'est qu'en février 2009 que la Caisse publiera ses chiffres de 2008. Le recul de la valeur du portefeuille deviendra alors évident. Bien sûr, on ne pourra parler de «perte», la Caisse n'est pas forcée de vendre ces actifs dont la valeur a baissé. La baisse de valeur aura à moyen terme un impact sur la tarification des régimes d'assurance publics.«Tout le débat sur les actifs de la Caisse de dépôt est pour l'instant évacué du radar. Quand les chiffres seront connus, il y aura des conséquences un peu partout», a résumé un haut fonctionnaire sous le couvert de l'anonymat. Ces pertes «sur papier» sont d'une ampleur telle qu'elles inquiètent passablement les conseils d'administration de ces organismes publics.

 

Sur un actif net de 155 milliards, on parle d'une chute de valeur d'environ 30 milliards qui frappera de plein fouet les caisses de stabilisation d'organismes comme la Régie des rentes, la Société de l'assurance automobile du Québec et la Commission de la santé et de la sécurité du travail.

 

Déjà la semaine dernière, le critique financier de l'ADQ, Gilles Taillon, avait évoqué des pertes d'une telle ampleur lors des périodes des questions à l'Assemblée nationale.

 

Des sources aux Finances indiquent qu'il ne faut pas dramatiser, la Caisse a seulement 36 % de ses actifs dans le marché boursier, le secteur le plus malmené depuis septembre. Le tiers de la Caisse est dans des investissements à revenus fixes. On fait valoir aussi que la baisse de la devise canadienne a fait augmenter la valeur des actions étrangères.

 

Vendredi dernier, sentant que l'inquiétude faisait tache d'huile, la Caisse de dépôt avait diffusé un communiqué pour rappeler «qu'historiquement les périodes de grande volatilité (des marchés) se sont toujours résorbées». «Nous traversons cette crise comme nous avons traversé les autres au cours de l'histoire de la Caisse», avait soutenu le président, Richard Guay. La Caisse avait subi des secousses importantes en 2002, à cause de l'explosion de la bulle technologique et des lendemains du 11 septembre 2001. L'actif net des déposants avait tout de même doublé depuis. Les prévisionnistes de la Caisse prévoient une année sur quatre de rendements négatifs. Le rendement annuel moyen a été de 12,4 % sur les cinq dernières années, une avance prise sur l'objectif de rendement à long terme, soit environ 7 %, expliquait M. Guay.

 

Mais dans le réseau des organismes québécois, l'optimisme n'est pas au rendez vous.

 

À la Régie des rentes surtout, la baisse de la valeur des actifs a un impact sur la caisse de 35 milliards. Les cotisations ont été ajustées en 2006, le régime est en équilibre jusqu'en 2050, mais la chute boursière va bousculer les prévisions. L'organisme fait une évaluation actuarielle aux trois ans de la valeur de ses actifs.

 

Tandis qu'aux Finances, on dit qu'il est trop tôt pour prédire l'impact de la baisse de valeur des régimes de retraite, à la Ville de Québec, on a déjà évalué s'il faudrait augmenter sensiblement l'impôt foncier pour maintenir la capitalisation du fond de retraite des employés municipaux. Administrés par la CARRA, les fonds de retraites des fonctionnaires provinciaux sont aussi à la Caisse de dépôt. Des organismes aussi diversifiés que l'Office de la construction ou l'Autorité des marchés financiers sont aussi des «déposants» à la CDP.

 

À la Commission de la santé et de la sécurité du travail, on a 11 milliards placés par la Caisse de dépôt. Une chute de la valeur des actifs frappe de plein fouet la caisse de stabilisation. La CSST a toutefois une certaine marge de manoeuvre qui permet au conseil d'administration d'étaler sur 10 ans des fluctuations trop importantes des cotisations.

 

La Société de l'assurance d'automobile a 8 milliards à la Caisse de dépôt. Une perte de 20 % serait un recul de 1,6 milliard du fonds d'assurance. Déjà l'an dernier, la SAAQ avait dû augmenter ses cotisations, les prix des assurances et des permis, au prix d'un douloureux débat public. À la SAAQ, le conseil d'administration peut étaler sur 15 ans ses interventions pour renflouer ses caisses à la suite d'une secousse du marché. En 2002, avec l'éclatement de la bulle technologique, la SAAQ avait perdu 1,4 milliard, une baisse qui s'était résorbée, naturellement, en quelques années.

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