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ErickMontreal
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Fin de la vague des investissements des détaillants

 

23 octobre 2008 - 06h40

La Presse

Laurier Cloutier

 

Les commerces vont devoir encore rénover pour battre la concurrence, mais la vague des investissements amorcée depuis 2000 est terminée.

 

La récession appréhendée et le plafonnement des ventes au détail n'arrêteront toutefois pas ceux qui veulent bâtir des géants dans les chaînes de pharmacies.

 

Voilà entre autres ce qui va marquer la prochaine année dans le commerce, selon une étude de Joëlle Noreau, économiste principale de Desjardins. Le document dresse le portrait de ce secteur méconnu, malgré ses 650 000 employés répartis dans 40 000 entreprises, et perturbé notamment par la hausse du prix de l'essence et les dettes des ménages.

 

Statistique Canada a par ailleurs dévoilé hier que les ventes au détail ont baissé de 0,3% au pays en août dernier, à 35,9 milliards, principalement en raison du secteur automobile. Le courtier Scotia Capital a rabaissé de 11% ses prévisions de profits annuels des détaillants.

Investissements débridés

 

Depuis 2000, la moyenne annuelle des investissements a atteint au Québec 933,5 millions chez les grossistes et près de 1,4 milliard chez les détaillants. «En 2009, ce sera plus difficile de soutenir de tels investissements», déclare à La Presse Affaires Joëlle Noreau. «Après la vague d'investissements soutenue, sinon débridée, les commerçants vont devoir davantage concentrer les efforts sur la préservation de leurs acquis», ajoute l'économiste de Desjardins.

 

«La tendance des investissements risque de changer, sauf pour des projets spéciaux», renchérit Jacques Nantel, spécialiste du commerce de détail, professeur et secrétaire général de HEC Montréal.

Titans de la pharmacie

La concentration devrait s'accentuer dans la pharmacie. "On verra naître des titans de la pharmacie, semblables à ceux qu'on a créés dans l'alimentation et la quincaillerie", souligne Joëlle Noreau. Deux ou trois géants se sont en effet détachés du peloton dans l'alimentation (Loblaw-Provigo, Sobey-IGA et Metro) au cours des années 1990, et dans la quincaillerie (Rona-Réno-Dépôt, Home Depot) après 2000.

 

«On voit d'ailleurs déjà des pharmacies grossir à vue d'oeil», note l'économiste, dont des Jean Coutu et des Pharmaprix. Surtout, le grossiste McKesson, un des leaders mondiaux du secteur, a acheté la bannière Proxim (ex-Essaim), l'été dernier, et tenterait aussi d'attirer Uniprix dans son giron, dit-elle.

 

«La pharmacie sera un des secteurs les moins affectés par la récession, mais elle connaîtra sans doute une concentration», ajoute Jacques Nantel. Dans l'alimentation, il reste des investissements à faire, mais dans la quincaillerie, le travail est fait, dit-il. Il faut garder au moins deux concurrents.

 

Des chaînes américaines et européennes (H&M, Zara, Mango) ont déjà débarqué au Québec et d'autres viendront, estime tout de même Joëlle Noreau. Elles tiendront cependant compte de la croissance limitée du marché (population, dépenses). Leur arrivée pourra faire mal à des concurrents, mais des indépendants vont tout faire pour fidéliser leur clientèle.

 

Certains vont devoir déclarer forfait, selon Joëlle Noreau; d'autres vont passer aux fusions et acquisitions, dit Jacques Nantel.

 

Par ailleurs, les baby-boomers en particulier, mais aussi les autres clients avec des budgets grugés par l'essence, vont concentrer davantage leurs achats, pour rouler moins et trouver un meilleur rapport qualité-prix.

 

«La consommation deviendra plus raisonnée que débridée», lance Joëlle Noreau.

 

«Ce ne sera pas un épiphénomène« en outre, selon Jacques Nantel. «Le prix le plus bas ne sera pas l'unique critère d'achat», dit l'économiste.

 

Joëlle Noreau ne prévoit «pas un krach des ventes au détail, mais un rythme de croissance beaucoup plus lent». La concentration des achats pourra favoriser des artères commerciales dynamiques, mais aussi des centres commerciaux et des centres style de vie (lifestyle centres) avec une bonne ligne de biens et de services regroupés.

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