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Dans la grosse ville pour la première fois


monctezuma
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Dans la grosse ville pour la première fois

Les régions à Montréal

 

06/10/2008 05h29 - Mise à jour 09/10/2008 12h11

Journal De Montréal

 

Pour plusieurs résidants des régions, Montréal est une ville sale, polluée et dangereuse où il ne fait pas bon vivre. La mort du jeune Fredy Villanueva à Montréal-Nord a renforcé l'idée qu'il était risqué de vivre à Montréal.

 

Ce n'est pas nouveau. L'an dernier, le débat sur les accommodements raisonnables a montré le fossé les gens des régions et ceux de Montréal.

 

Pour démystifier la grande ville et tisser des ponts avec les régions, le Journal a décidé d'inviter cinq personnes habitant en région à visiter Montréal pour la première fois.

 

Avant de mettre les pieds en ville, certains pensaient qu'ils entendraient des coups de feu ou qu'ils seraient étouffés par le smog. Ils ont dû surmonter leur peur en conduisant «dans le trafic» ou en circulant à vélo entre les autos.

 

Ils ont aussi visité des coins typiquement montréalais comme le village gai, le quartier multiethnique de Parc-Extension ou le quartier chinois.

 

Voyez leurs réactions dans une série de reportages signés Noée Murchison et dans les vidéoreportages de Frédéric Mailloux et Sira Chayer, jusqu'à jeudi.

 

http://www.canoe.com/infos/dossiers/archives/2008/10/20081006-052900.html

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Gaétane

79 ans, Hérouxville

Mère de neuf enfants, Surprise par la grosse ville

 

Contrairement à ce qu'aurait pu laisser croire la controverse entourant Hérouxville, Gaétane Goudreau n'a pas été choquée par sa première visite à la mosquée. La prière musulmane l'a même charmée.

 

«Je n'entrerais pas dans leur religion, je vais garder la mienne. Mais c'est quelque chose, on s'aperçoit que le monde a confiance», lance l'Hérouxvilloise, ravie de voir une vraie mosquée.

 

 

«Ils sont gentils», s'étonne Gaétane après avoir jasé quelques minutes avec l'imam de la mosquée Al-Omah Al-Islamiah. Elle accepte de porter un foulard pour se plier aux coutumes de ses hôtes.

 

En janvier 2007, la municipalité d'Hérouxville se dotait d'un code de vie pour baliser la conduite des immigrants. La lapidation et l'excision, des pratiques associées à un islam radical, y étaient notamment interdites.

 

Afin de démystifier la pratique musulmane, le Journal a donc invité Gaétane à découvrir une mosquée montréalaise.

 

Femmes

 

Lors de notre visite, la prière est chantée par un imam égyptien. Pendant que les hommes prient côte à côte dans la grande salle, Gaétane est placée à l'arrière, dans la zone réservée aux femmes.

 

«Quand vous faites la cérémonie, les hommes et les femmes sont séparés?» demande-t-elle. Le guide explique qu'il faut éviter les contacts physiques pendant que les hommes se prosternent.

 

«Je n'ai pas trop compris. Eux autres, c'est leur religion. C'est spécial. Chaque religion a ses coutumes», commente la dame.

 

Accueillant

 

Alors qu'elle s'attendait à une ville plus hostile, Gaétane est surprise de découvrir des Montréalais si chaleureux.

 

«Montréal est très accueillant. Tous les gens que j'ai rencontrés étaient très gentils», dit-elle.

 

Malgré cela, elle ne se promènerait jamais toute seule dans les rues, remplies de «files d'autos», de foules et de vélos roulant à contresens.

 

«Je ne serais pas à mon aise là-dedans, surtout à pied», avoue-t-elle.

 

«C'est épouvantable! Il y a de l'activité, je n'en reviens pas. Je ne m'imaginais pas ça du tout. Je n'avais aucune idée comme c'est gros!» s'exclame Gaétane.

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Josianne

26 ans, Chibougamau

Employée d'une société d'histoire, Un vrai choc

 

Loin de l'unique rue principale de son Chibougamau natal, Josianne Asselin s'est sentie assaillie par les dangers et le stress de la grande ville.

 

C'est un premier pas très prudent qu'elle a fait à Montréal, frappée par l'immensité des foules et de la circulation.

 

 

 

«Je serais curieuse de voir votre espérance de vie à Montréal comparée à en région. Le stress, la pollution, tu es tout le temps à fleur de peau. La voiture, la circulation, tu attends toujours pour aller partout, tu stresses parce que ton parking va dépasser...», lance Josianne, qui s'imagine mal vivre à Montréal.

 

Danger

 

La ville lui semble beaucoup plus dangereuse que son patelin tranquille. Partout, elle se tient à quelques pas seulement de l'équipe du Journal.

 

«Je pensais qu'il y aurait des crimes à tous les coins de rue, qu'il ne fallait pas marcher toute seule, avoue-t-elle. Mais il y a quand même des enfants et des chiens qui ont l'air heureux...», s'étonne la jeune femme.

 

Piquerie

 

Un arrêt près du parc Émilie-Gamelin la confronte à la dure réalité de Montréal. «Hey, il est vraiment en train de se piquer en direct, là!» s'exclame-t-elle sans pouvoir détacher ses yeux d'un jeune homme dans le parc.

 

«Il y a un policier juste là. Ça me frappe ben raide, qu'il se pique devant tout le monde. C'est pas comme si c'était légal! Je trouve ça capoté, et triste», poursuit Josianne, estomaquée.

 

La présence de toxicomanes et de sans-abri dans la rue, un phénomène inexistant chez elle, choque la jeune femme.

 

Froids

 

L'indifférence des passants la frappe tout autant. «C'est moi qui capote ou les gens sont froids? Si on fait un sourire ici, les gens pensent qu'on est des bêtes de cirque», lance-t-elle.

 

«Dans les rues, les gens ne se saluent jamais. Personne ne se parle, le monde ne sourit pas. Même si je faisais une crise de coeur, je ne suis pas sûre qu'ils m'aideraient», dit Josianne en précisant qu'à Chibougamau, tout le monde se parle.

 

La diversité de la ville explique pour elle ce côté «individualiste» des Montréalais.

 

«Tu rencontres des gens et tu ne sais jamais comment ils vont te parler, en français ou en anglais, ou dans une autre langue. Je pense que c'est pour ça que personne ne se parle à Montréal. Si tu ne parles pas la même langue, tu t'isoles», remarque Josianne.

 

«Il y a beaucoup de nationalités différentes. C'est gênant. [...] C'est quasiment rare qu'on rencontre un vrai Québécois comme moi!» conclut-elle.

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Christopher

28 ans, Alma

Pompier, Une sortie dans le Quartier gai

 

Loin de ses camarades pompiers et de la forêt à perte de vue, Christopher Morin a dû surmonter son malaise en découvrant le Quartier gai.

 

«Chez nous, ceux qui le sont, on le sait, mais ils ne s'affichent pas. Si on ne me dérange pas avec ça, je n'ai pas vraiment de problème, mais il ne faut pas qu'ils me tannent avec ça...», lance-t-il d'emblée.

 

 

Tandis que les bars et les couples homosexuels se succèdent sur Sainte-Catherine, Christopher marche en silence. Il ne sait pas où poser le regard.

 

Il croise enfin une quincaillerie Rona et s'arrête, soulagé. «Beau petit magasin, hein!» dit-il.

 

Drag queen

 

Christopher assiste timidement à la première soirée Cook and date au Cabaret Chez Mado, «homme pour homme et femme pour femme».

 

Il garde ses yeux posés sur la table. Dès qu'il peut mettre la main sur une bière, il plonge dessus. «Ça calme», lance-t-il.

 

Le serveur, la drag queen Miss Vicky, lui fait visiter la loge de Mado. «Tu n'es pas dans ton habitat naturel, hum?» demande-t-elle en lui enfilant un boa.

 

«Pas trop!» rétorque Christopher.

 

«Inquiète-toi pas, ils ont tous l'air de ça au début», s'amuse Miss Vicky en le coiffant d'une couronne.

 

Un peu plus détendu, Christopher finit la soirée en jasant de chasse et pêche avec des clients réguliers. «Ce n'est pas si pire», affirme-t-il finalement.

 

En auto

 

Quelques heures plus tôt, le jeune homme originaire du Lac-Saint-Jean affrontait une autre réalité typiquement montréalaise : l'heure de pointe.

 

Il prend le volant sur la Rive-Sud et conduit jusqu'au centre-ville, comme le font chaque jour les banlieusards.

 

Habitué de se rendre au travail en moins de cinq minutes, il est estomaqué. «Je ne vivrais pas ici. Tout est trop long. Je perdrais mon temps, le maximum pour moi, c'est cinq minutes», tranche-t-il.

 

«Tous les déplacements sont trop longs. Ça a pris 20 minutes faire quatre ou cinq coins de rue. Chez nous, tu peux passer un mois avec la même tank de char, tout est à cinq minutes», s'exclame-t-il.

 

La conduite sportive des Montréalais l'épuise. «Le monde, ça coupe, ça s'en permet pas mal ! Nous autres, au centre-ville, le monde s'arrête quand tu sors de ton parking. Je n'ai pas vu ça encore icitte», lance Christopher, soulagé de quitter le volant.

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Sylvie

25 ans, Sept-Îles

Vendeuse, Elle s'imagine mal vivre ça tous les matins

 

Habituée à des trottoirs déserts, Sylvie Cody a dû affronter les foules montréalaises. Avec son fils Adam, elle s'est butée aux innombrables escaliers du métro, un véritable casse-tête en famille.

 

«La poussette, ce n'est pas évident quand on va dans le métro. Quelqu'un qui arrive en chaise roulante, comment il fait? C'est plein d'escaliers partout!» lâche Sylvie avec découragement en demandant de l'aide.

 

La jeune mère se précipite ensuite dans le wagon pour ne pas le manquer. «Eh câline, les portes ne restent pas ouvertes longtemps!» s'exclame-t-elle.

 

 

Puis, en sortant, la poussette de son fils reste coincée dans le tourniquet.

 

Tandis que la mère s'imagine mal vivre ça tous les matins, le petit adore son expérience. «Ah, un train gros!» lance Adam, ravi, en voyant le métro pour la première fois.

 

Wow!

 

«Wow! Wow! Wow!» lance-t-il ainsi à plusieurs reprises en découvrant Montréal.

 

Du Biodôme à La Ronde, tout lui apparaît tellement grand.

 

«Regarde! C'est un immeuble trop haut. Je pense qu'il y en a quatre», s'exclame le petit garçon, impressionné par les tours du centre-ville.

 

Sa mère aussi s'émerveille de la grande ville, surtout de sa diversité.

 

«Chaque quartier est spécial. Dans le Quartier gai, tu vois des hommes partout, dans le Quartier chinois, tu vois plein de Chinois», dit-elle.

 

Peur

 

Mais Sylvie n'aimerait pas pour autant habiter Montréal.

 

«Tout le monde ici a l'air pressé. J'aurais de la misère à m'habituer. C'est achalandé, les rues, les personnes», lance la jeune femme.

 

Elle serait d'ailleurs très inquiète d'y élever son fils, même si la métropole n'est pas aussi épeurante que ce qu'elle avait entendu dire.

 

«Je m'attendais à ce que ce soit plus dangereux, qu'il y ait des fusillades dans la rue», avoue-t-elle.

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Élodie

16 ans

Les Îles-de-la-Madeleine

Élève du 5e secondaire, Une diversité culturelle fascinante

 

Élodie Gaudet a tellement aimé Montréal qu'elle y emménagera dans quelques mois pour poursuivre ses études.

 

«Je déménage à Montréal en septembre prochain et je vais faire mon cégep là-bas», annonce joyeusement Élodie au bout du fil, quelques semaines après sa première visite dans la métropole à la demande du Journal.

 

«C'est sûr que je n'ai pas vu le côté gangs de rue de la ville, mais je trouve que c'est vraiment une belle place, à part la pollution», poursuit la jeune fille.

 

Coups de feu

 

Voir la ville lui a permis de surmonter ses craintes. «Je m'attendais à ce que ce soit plus précipité, à entendre des sirènes et à ce qu'il y ait des coups de fusil», décrit la Madelinienne.

 

Élodie s'assure d'ailleurs de rester à quelques pas de l'équipe du Journal pendant tout son séjour. «Je ne me promènerais pas toute seule», confie-t-elle.

 

Ethnique

 

Mais les rues achalandées de Montréal sont surtout une mine de découvertes pour l'adolescente.

 

Habituée de reconnaître chaque visage, la quantité d'inconnus dans la rue la fascine. Tout comme la diversité culturelle.

 

«C'est vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup ethnique. C'est incroyable. Il y a des endroits où tu sens quasiment que c'est toi qui n'es pas à ta place, même si je viens d'ici. C'est comme si tu te transportes d'un pays à l'autre», remarque la jeune fille.

 

Anonymat

 

Loin de la familiarité des Îles-de-la-Madeleine, Élodie adore même l'anonymat que procurent les foules de la grande ville.

 

«Ce qui est bien à Montréal, c'est que tu peux être ce que tu veux et ça ne dérangera personne parce que le monde est indifférent», apprécie l'adolescente.

 

«Dans le fond, les Montréalais s'en foutent un peu. On dirait qu'ils ne voient pas l'intérêt de s'intéresser à ce qui se passe autour. C'est bien, parce qu'en région il y a tout le temps des histoires. Il faut être comme tout le monde », conclut Élodie.

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Sylvie

25 ans, Sept-Îles

Vendeuse, Elle s'imagine mal vivre ça tous les matins

«Je m'attendais à ce que ce soit plus dangereux, qu'il y ait des fusillades dans la rue», avoue-t-elle.

 

:silly: :silly: :silly:

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Élodie

16 ans

Les Îles-de-la-Madeleine

Élève du 5e secondaire, Une diversité culturelle fascinante

 

 

Voir la ville lui a permis de surmonter ses craintes. «Je m'attendais à ce que ce soit plus précipité, à entendre des sirènes et à ce qu'il y ait des coups de fusil», décrit la Madelinienne.

 

c'est fou ça fait 22 ans que je suis à Montréal, et j'ai jamais entendu un coup de feu:awesome:

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