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L'Agence des PPP veut plus de projets et plus de souplesse


ErickMontreal
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L'Agence des PPP veut plus de projets et plus de souplesse

 

Kathleen Lévesque

Édition du vendredi 03 octobre 2008

 

L'Agence des partenariats public-privé prône une simplification du processus de PPP afin de permettre une multiplication et une accélération des projets.

Depuis sa création en 2005, l'organisme gouvernemental coordonne sept grands projets de PPP: prolongement des autoroutes 25 et 30, construction d'hôpitaux universitaires (CHUM et CUSM), de centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), de haltes routières ainsi que la nouvelle salle de concert pour l'OSM. Mais selon le p.-d.g. de l'Agence des PPP, Pierre Lefebvre, «il en faut plus et il faut les accélérer».

 

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«Il y a un nombre énorme d'étapes avant de lancer un projet en PPP. C'est le gouvernement qui s'est mis ce fardeau-là sur lui-même. Dans la mesure où l'on simplifie le processus, il y aura plus de compétition, les prix seront meilleurs et les entreprises seront plus heureuses», a affirmé hier M. Lefebvre, qui participait à un débat sur les PPP organisé par la Jeune Chambre de commerce de Montréal.

 

Selon lui, la formule des PPP gagnerait à voir s'instaurer une certaine uniformisation des façons de faire d'un ministère à l'autre, et même d'une province canadienne à l'autre. Pour l'instant, l'Agence est confrontée à une vision qui varie beaucoup. «Chaque ministère aimerait avoir son propre type de projet et de documentation. Ils ont une préoccupation d'avoir la propriété d'une solution "made in" le ministère», a indiqué M. Lefebvre en marge du débat.

 

Il s'agit pour lui de rendre plus efficace la gestion des projets en PPP. Cela permettrait de gagner du temps et de réduire les coûts de consultants et d'avocats, croit-il. «Il faut faire en sorte que, tant pour le gouvernement que pour le secteur privé, on ne réinvente pas la roue à chaque projet de PPP», a ajouté M. Lefebvre.

 

Ce dernier ne s'attend toutefois pas à ce que le gouvernement du Québec adopte une directive ferme en ce sens. Mais l'Agence entend bien continuer de faire pression pour qu'un changement s'effectue.

 

Devant la centaine de participants au débat, le p.-d.g. de l'Agence a aussi pointé un autre élément afin d'améliorer la formule des PPP. Disant s'exprimer à titre personnel puisqu'il n'est pas «du gouvernement», M. Lefebvre estime que le gouvernement devrait donner un coup de pouce aux entreprises québécoises pour se lancer dans les PPP.

 

«Le gouvernement devrait aider les entreprises qui ont du retard dans les projets de PPP. Ce serait pour se consolider, pour qu'elles prennent de l'expertise afin de mieux compétitionner au Québec et ailleurs», a-t-il dit.

 

Cette prise de position n'est pas étrangère à une certaine résistance des entreprises devant la formule tant prisée par le gouvernement libéral. Hier, le vice-président de SNC-Lavalin Investissement, André Dufour, qui était un autre participant aux côtés de M. Lefebvre, a soutenu que SNC-Lavalin préfère travailler selon le mode conventionnel.

 

«Il y a moins de risques, et soumissionner en PPP, c'est très dispendieux. Mais on s'est adaptés au marché», a mentionné le vice-président de SNC-Lavalin, qui collabore notamment aux projets des autoroute 25 et 30 ainsi qu'à la construction du CUSM.

 

Selon M. Dufour, la rentabilité d'un projet réalisé en PPP n'est pas plus intéressante que pour un projet construit selon la bonne vieille méthode. «Il n'y a pas de profits extraordinaires», a-t-il assuré.

 

Le p.-d.g. de Cirano et professeur à l'École des HEC, Benoît Aubert, aussi participant hier, a dit que le mode de PPP «est sans pitié pour les entreprises». «Si vous êtes compétent, vous pouvez bien performer, mais une entreprise moins performante va se casser les dents. Les risques sont assumés par les fournisseurs», a rappelé M. Aubert.

 

Ainsi, Pierre Lefebvre estime que le gouvernement doit contribuer financièrement à la préparation des appels de qualifications et de propositions. Or c'est déjà le cas. Les soumissionnaires dont les services ne sont pas retenus lors de la dernière étape reçoivent une compensation financière. Il semble toutefois que l'appétit des entreprises soit plus grand que ce que prévoit -- et que les entreprises soumissionnaires ont accepté -- le gouvernement. Par exemple, dans le dossier du centre de recherche du CHUM, les firmes soumissionnaires réclament plus du double du dédommagement financier prévu (de deux millions à cinq millions). Elles ont même suspendu leurs travaux durant tout l'été.

 

Le coût d'une telle situation semble influencer par ailleurs le choix de l'Agence de restreindre le nombre d'entreprises soumissionnaires lors de la première étape de qualification. Selon M. Lefebvre, trois consortiums est le nombre idéal de soumissionnaires.

 

Selon Benoît Aubert, la formule des PPP «met enfin un peu de rigidité dans les projets». Il a souligné que certaines idées ont été revues et corrigées un nombre incalculable de fois au fil des décennies, comme, par exemple, le tracé du prolongement de l'autoroute 30. «Un moment donné, il faut arrêter de soumettre les projets aux aléas politiques», a-t-il soutenu.

 

Pierre Lefebvre a appuyé son collègue, souhaitant que la politique cesse de se mêler des opérations des projets d'infrastructures.

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