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Exposition au Monument-National - Montréal, ville ouverte


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Exposition au Monument-National - Montréal, ville ouverte

 

Le Devoir

Jean-François Nadeau

Édition du vendredi 26 septembre 2008

 

Mots clés : Montréal, ville ouverte, Exposition, Art, Culture, Montréal, Québec (province)

 

Les photographes Mia Donovan, Guy Glorieux et Gabor Szilasi documentent les changements du centre-ville

 

sex_md_260908.jpg

 

Mia Donovan Les photos de Mia Donovan apparaissent comme une coupe chirurgicale au milieu d'un monde où le sexe s'apparente à une affaire strictement mécanique.

Au coin des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent se trouvait, jusqu'à l'an passé, une sorte de centre du sexe qui surplombait une suite de petits commerces tous plus ou moins misérables: vendeurs de pizzas maigrement garnies, poseurs d'ongles synthétiques, revendeurs de bijoux de pacotille, soldeurs de t-shirts trop petits. Programme principal du lieu: peep shows et danses très lascives. Ce vieil immeuble hideux, enrobé de tôles ondulées et couvert de réclames, a été rasé depuis pour faire place, selon ce qu'on nous promet, à une partie vitale du nouveau quartier des spectacles. Au pire, cela finira encore en terrain vague ou en espaces de stationnement. À Montréal, comme on le sait, l'horreur semble toujours résister à tous les changements.

 

À deux pas de là, lundi dernier, se réunissaient au Monument-National la plupart des organismes culturels qui entendent donner un nouveau lustre à ce quartier qui a connu de meilleurs jours. Juste au-dessus d'eux, une magnifique exposition, bien que modeste, des photos que Gabor Szilasi, Guy Glorieux et Mia Donovan ont consacrées à ce coin de rue qui appartient désormais au passé.

 

Leur travail est le fruit d'une commande passée par UMA, la Maison de l'image et de la photographie, que dirige André Cornellier. «Il n'y aura plus rien de pareil au centre-ville d'ici moins de cinq ans! On ne se souviendra même pas de quoi avait l'air la rue Sainte-Catherine avant. Il allait de soi pour moi, explique Cornellier, de faire en sorte de documenter au plus vite ces changements.»

 

C'est donc dans cet esprit documentaire que les trois photographes reconnus ont entrepris d'observer à leur manière cette part de la vie urbaine qui cède peu à peu le pas à une nouvelle, sous les assauts répétés des pics des démolisseurs autant que sous le poids de cet argent qui rachète tout, même la virginité d'un quartier pourtant ouvert depuis longtemps à toutes les outrances.

 

Guy Glorieux propose une seule photo, très grande, réalisée grâce à une camera obscura géante. Ce procédé ancien, utilisé depuis des siècles par les peintres, permet de contourner les problèmes parfois insolubles du contrôle des perspectives tout en offrant la possibilité de dessiner de grands ensembles. Pour les photographes, cette technique astucieuse permet aussi de réaliser des clichés de paysages sans objectif, selon une approche noble qui confine aux origines mêmes de la photographie.

 

Installé rue Sainte-Catherine, à l'étage d'un ancien hôtel de passe, Guy Glorieux s'est donc évertué pendant 10 nuits à saisir le paysage de ce lieu désormais disparu. Sa chambre, il l'a d'abord réduite à l'obscurité complète. La fenêtre, soigneusement obstruée, ne laissait filtrer de la lumière que par un orifice minuscule. Au mur, solidement fixé, du papier photosensible. Après nombre de tentatives d'exposition très longue à ce filet de lumière, une photo unique de la rue est apparue, diffuse, intrigante, prodigieuse. Le procédé semble s'ajuster parfaitement aux mystères de la nuit. Il présente, tout en douceur, dans des formes presque spectrales, les contours d'un monde aujourd'hui disparu à jamais.

 

Aujourd'hui et demain, dans le cadre des Journées de la culture, on installe d'ailleurs au Monument-National une grande camera obscura. Les visiteurs pourront y entrer et en comprendre le fonctionnement. La visite est gratuite.

 

Gabor Szilasi, vieux routier, a produit pour sa part des images plus classiques de l'extérieur de l'immeuble sis au 2-22, rue Sainte-Catherine Est. En fait, Szilasi montre dans ses photos ce qui semble encore banal pour les habitués des lieux mais qui, à coup sûr, apparaîtra comme étonnant d'ici quelques années à peine. La superposition des images publicitaires enregistrées par l'oeil sûr de Szilasi produit un fouillis unique, véritable oeuvre d'art qui n'en a pas l'allure a priori. Voici les «Ongles glamour», à côté du «Peep Show», des «Danseuses XXX», des pointes de pizza de Miami et des «DVD-VHS» criards. Au milieu de tout cela, cette réclame unique et surréaliste, parfaitement étonnante: «Chaos visuel organisé gratuit!» Ça ne s'invente pas.

 

L'affichage surchargé des lieux apparaît presque aussi vulgaire que les pratiques auxquelles se livrent à l'intérieur des adultes consentants. La photographe Mia Donovan, qui est à réaliser un film sur l'industrie du sexe en Amérique du Nord, avait déjà l'habitude de ce genre d'endroit. Ses photographies au format carré apparaissent comme une coupe chirurgicale au milieu d'un monde où le sexe s'apparente à une affaire strictement mécanique. Nous voici devant le Sex-Machine, fierté de l'établissement disparu, sorte de fétiche géant en plastique pour masturbateurs ultra décidés.

 

«Nous devions vendre le forfait "sex-machine" aux clients parce que plus cher, explique une ancienne employée de l'endroit qui a accepté de se confier au Devoir. Mais lorsque les gars voyaient ce que c'était, la plupart trouvaient la chose ridicule. Je dirais qu'au moins 80 % ne touchaient même pas à ça!»

 

Les cabines de passes que nous montrent les photos de Mia Donovan sont toutes d'un vieux rose. La mélamine règne sur ces lieux où des distributrices de savon à main laissent entendre qu'une relative propreté doit être respectée avec «les demoiselles». Ces espaces réduits ressemblent en fait à des déclinaisons soudainement sexuées de simples salons de bronzage ou de caisses populaires des années 1980.

 

«Mia Donovan a réussi à capter l'esprit d'un lieu, explique André Cornellier. Elle ne prend pas position. Elle n'a pas à le faire: tout est déjà dans ses images! Absolument tout!»

 

La Maison de l'image et de la photographie ne manque pas d'autres projets pour l'avenir. Elle entend d'abord prêter au mieux son concours à des artistes. «Nous n'avons pas de vocation muséale. Nous ne voulons pas collectionner, mais nous pouvons aider les artistes à se retrouver au musée, à favoriser leurs créations.»

 

L'UMA offre des moyens techniques uniques pour contribuer à la réalisation d'oeuvres particulières. Pour André Cornellier, demeure l'espoir de voir apparaître avant longtemps une maison qui serait un point de ralliement pour la culture photographique à Montréal. Cette maison, bien avancée en théorie, souffre néanmoins, pour l'instant, de contraintes hors du contrôle de ses artisans.

 

http://www.ledevoir.com/2008/09/26/207515.html (26/09/2008 13H55)

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    • By mtlurb
      REM de l'est
      Je propose de créer un nouveau fil pour ce projet sorti de nulle part cet après-midi.
      http://journalmetro.com/actualites/montreal/1655839/quebec-allonge-15m-pour-etudier-de-grands-projets-de-transport-collectif/
      "de même que l’extension du Réseau express métropolitain (REM) dans l’emprise du train de l’Est."
    • By ChrisDVD
      Réseau express métropolitain (REM) phase 1

      26 stations / 67 km
      Liens utiles :
      http://www.rem.info/ http://www.nouvlr.com/ https://surlesrails.ca/ https://www.devisubox.com/dv/dv.php5?pgl=Project/interface&dv_pjv_sPjvName=Reseau Express Metropolitain https://www.youtube.com/channel/UCRulWJrtFo8KNxr-2FgILhQ https://twitter.com/REMgrandmtl https://www.instagram.com/rem_metro/ https://www.facebook.com/REMgrandmtl/
      TRAINS
      Voiture de type métro léger, électrique Flotte de 212 voitures Alstom Metropolis Rame de 4 voitures en heure de pointe; rame de 2 voitures en hors pointe Capacité de 150 passagers par voiture (assis et debout) Configuration entre deux voitures de type "boa" Alimentation électrique par caténaire Systèmes et conduite automatisée des trains Vitesse maximale de 100 km/h STATIONS / GARES
      Quais d'environ 80 m de long Portes palières sur les quais Accessibles à pied, vélo, par autobus et en voiture Accès universel Ascenseurs, escaliers mécaniques et supports à vélo Wi-Fi offert sur toute la ligne Préposés circulant dans les rames et stations pour information et contrôle ---
      Fil de discussion pour les prolongements hypothétiques:
      https://mtlurb.com/index.php?/topic/15107-rem-expansion-future/
       
       
       
    • By mtlurb
      Dans LaPresse+
       
      CHICS CONDOS DANS AHUNTSIC
       
       
      DANIELLE BONNEAU
      LA PRESSE
       
      NOM DU PROJET
       
      Terrasse Laverdure
       
      OÙ ?
       
      Le projet se trouve près de la station de métro Henri-Bourassa.
       
      EN TOUT
       
      32 condos et 6 maisons en rangée dans un immeuble en forme de L. Les condos prendront place dans un édifice de cinq étages, qui longera le boulevard Henri-Bourassa. Les maisons en rangée, de deux étages, borderont la rue Laverdure.
       
      APERÇU
       
      Le complexe est construit à la place d’un immeuble qui a déjà abrité un restaurant bien apprécié des résidants du quartier, « La vieille école », et est devenu un lieu de culte par la suite. Le projet a pu aller de l’avant après la tenue d’une consultation publique.
       
      Le Groupe Julmat veut se distinguer en construisant un complexe haut de gamme avec des appartements spacieux et une structure de béton. Pour ce faire, il a fait appel à l’architecte Karl Fischer. Il aura aussi recours à des matériaux de qualité, dont des fenêtres oscillo-battantes en aluminium de la compagnie Alumilex. Tous les stationnements seront souterrains, même ceux des propriétaires des maisons en rangée. C’est pourquoi aucune porte de garage ne sera visible, en façade.
       
      AUTRE PARTICULARITÉ
       
      Une vaste cour intérieure de 4000 pi2 sera aménagée à l’intention de tous les copropriétaires. Celle-ci sera adossée à la cour de la résidence pour personnes âgées voisine, amplifiant l’impression de se trouver dans une oasis de verdure. Le promoteur prend également soin de préserver le plus d’arbres sur le terrain.
       
      Aucune autre aire commune n’est prévue. En l’absence d’une salle d’exercice ou d’une piscine, les charges de copropriétés seront relativement moins élevées.
       
      POUR QUI ?
       
      Une clientèle qui vend sa maison à Ahuntsic ou ailleurs et aime être près de la rivière des Prairies. Plusieurs, avec de grands enfants qui étudient au cégep ou à l’université, apprécient aussi la proximité d’une station de métro.
       
      COMBIEN (TAXES INCLUSES) ?
       
      Condos (il en reste 17 à vendre) :
       
      À partir de 229 000 $, 1 chambre, 769 pi2
       
      À partir de 360 000, 2 chambres, 960 pi2
       
      À partir de 411 000 $, 3 chambres, 1286 pi2
       
      Charges mensuelles de copropriété : environ 19 cents par pied carré
       
      Maisons en rangée (il en reste 3 à vendre)
       
      À partir de 625 000 $, 3 chambres, 2 salles de bains, cour privée donnant sur la cour intérieure, 2539 pi2
       
      Charges mensuelles : 225 $ (pour l’assurance, l’entretien, le déneigement ; chacun est responsable de sa maison)
       
      DANS LE VOISINAGE
       
      Le parc Nicolas-Viel et ses 9 terrains de tennis, traversé par la piste cyclable de la route verte numéro 1, tout près du bord de l’eau. La rue Fleury, avec ses commerces et restaurants, se trouve non loin. La station de métro Henri-Bourassa est à trois coins de rue.
       
      CONSTRUCTION
       
      Elle a débuté. Les copropriétaires devraient commencer à emménager en décembre 2015.
       
      ON AIME ?
       
      Le complexe mettra en valeur le terrain, situé dans un beau quartier. L’ancien stationnement fait place à une grande cour paysagée.
       
      ON AIME MOINS ?
       
      Le boulevard Henri-Bourassa est très passant et manque de charme. Un acousticien veillera à la qualité de l’insonorisation.
       

       

       

       

       

       

       

    • By Nameless_1
      La Ville de Montréal dévoile sa programmation hivernale
      26 novembre 2020 | mise à jour le: 26 novembre 2020 à 17:14 temps de lecture: 5 minutesPar:  Zacharie GoudreaultMétro

      De nouvelles places publiques, des sentiers mieux entretenus dans les parcs, des patinoires: la Ville de Montréal a présenté jeudi sa programmation hivernale. Elle espère ainsi inciter les Montréalais à «bouger en sécurité» au cours des prochains mois, tout en stimulant l’achat local.
      La pandémie, combinée aux journées plus courtes et grises qui marquent l’arrivée de l’hiver, ont affecté le moral des citoyens, constate la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
      «Il y a cette fatigue qui s’installe et qui est plus difficile pour certaines personnes. C’est un climat qui est assez anxiogène», a-t-elle souligné jeudi après-midi lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville. Elle a alors présenté la programmation hivernale 2020-2021 de la Ville de Montréal.
      ...
      Des stations hivernales
      Ce plan prévoit notamment l’aménagement de 25 stations hivernales dans 17 arrondissements de la métropole au cours des prochaines semaines. Celles-ci prendront forme près d’artères commerciales, voire sur celles-ci, afin d’inciter les Montréalais à aller faire leurs emplettes dans les commerces locaux. Ces petites places publiques seront lumineuses afin d’attirer le regard.
      ...
      Pas pour se réchauffer
      Afin d’éviter que ces petites places publiques deviennent des lieux de rassemblements, aucune programmation d’activités culturelles ou ludiques ne sera mise en place pour ces lieux. Par ailleurs, les stations hivernales ne seront pas chauffées.
      ...
      Plus d’activités dans les grands parcs
      Le programme prévoit par ailleurs la création de nouvelles patinoires, dont une au square Cabot et une seconde au parc Jean-Drapeau. Ce dernier accueillera également une glissade, de même que de nouveaux kilomètres de sentiers pédestres et d’autres dédiés aux fat bike et au ski de fond, entre autres.
      Par ailleurs, bien que la Fête des neiges n’aura pas lieu cette année au parc Jean-Drapeau, plusieurs activités gratuites y seront offertes à partir du 19 décembre, assure la Ville. Cette programmation proposera notamment la découverte d’un sentier historique en raquettes et une exposition extérieure baptisée «Océans».
      ...
      Contrôler l’achalandage
      La Ville entend d’ailleurs s’assurer de surveiller les grands parcs cet hiver pour en limiter l’achalandage. Cet été, l’administration municipale a notamment dû fermer le stationnement du parc du Mont-Royal à plusieurs reprises parce que trop de personnes s’y sont rendues les jours de beau temps.
      «Il y a le mont Royal, mais il y a d’autres endroits. C’est ce que je veux dire aux Montréalais.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal
      https://journalmetro.com/actualites/montreal/2583376/la-ville-de-montreal-devoile-sa-programmation-hivernale/
       
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