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L'économie nord-américaine s'enlise

 

1 août 2008 - 06h29

La Presse

Rudy Le Cours

 

Tant aux États-Unis qu'au Canada, la croissance économique paraît compromise. Si le pire est peut-être passé chez nous, la remontée sera lente et cahoteuse.

 

Chez nos voisins, dont l'expansion a surpris depuis le début de l'année en raison d'une nette amélioration de la balance commerciale, l'enfoncement en une lente récession est maintenant à craindre au cours des prochains trimestres.

 

Au Canada, le produit intérieur brut (PIB) réel mesuré par industrie a reculé de 0,1% en mai, selon Statistique Canada. Il s'agissait d'une quatrième contraction en six mois qui a surpris les experts qui avaient parié plutôt sur une modeste expansion de 0,2%, après le rebond de 0,4% en avril. En mai, l'économie avait progressé de 0,6% en un an. On est loin des 2,7% enregistrés pour l'ensemble de 2007.

 

Cela dit, après le recul de 0,3% sur une base annualisée au premier trimestre, l'expansion se situe encore à 0,6% après deux mois au deuxième trimestre. «Nous gardons bon espoir que l'économie canadienne évitera de justesse la récession mais elle traversera plutôt une période prolongée de morosité», prédit Benoit P. Durocher, économiste principal chez Desjardins.

 

La production de biens s'est contractée de 0,5% à la faveur de reculs dans la construction, l'agriculture, l'extraction de minerais non métalliques comme le diamant.

 

C'est toutefois le recul marqué de la production de pétrole et de gaz naturel, malgré l'embrasement de leurs prix, qu'il faut pointer du doigt. «L'activité dans le secteur de l'énergie a plutôt chuté de 4% depuis juin 2007», note Sébastien Lavoie, économiste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

 

Seule surprise du côté de la production de biens, le secteur manufacturier a progressé pour un deuxième mois d'affilée. Son avancée modeste de 0,1% vient des produits aérospatiaux, électroniques et chimiques qui ont pu compenser la nouvelle plongée de l'industrie automobile, encore loin du bout de ses peines.

 

Même le secteur des services a manqué de tonus, à cause des replis du commerce de gros et des services financiers.

 

«Si l'économie se remet de son recul du premier trimestre, sa convalescence sera lente et en zigzags, en partie à cause du ralentissement américain», ajoute Sandy Batten, économiste chez JPMorgan à New York.

 

Aux États-Unis, les données préliminaires du deuxième trimestre font état d'une croissance réelle de 1,9%. C'est beaucoup moins que les attentes de 2,3%, fondées sur l'apport d'environ 2% des rabais d'impôt de l'administration aux dépenses des ménages. Or, elles ont augmenté de 1,5% seulement.

 

N'eût été l'amélioration de la balance commerciale, l'économie se serait en fait contractée de 0,5%, malgré le plan de soutien à la consommation de l'administration Bush qui gonfle de surcroît le déficit national.

 

«La croissance aux États-Unis n'a pas encore atteint un plancher dans ce cycle puisque la consommation a été artificiellement soutenue par des mesures budgétaires, note Yanick Desnoyers, économiste principal à la Financière Banque Nationale. Nous nous attendons à une contraction du PIB au cours du deuxième semestre.»

 

C'était la première mauvaise surprise de la journée pour les Américains. Le Département du Commerce a aussi procédé à la révision des données antérieures.

 

Le tableau est plus sombre que prévu. Au premier trimestre, la croissance est ramenée de 1% à 0,9%. Pire, celle du quatrième trimestre passe de 0,6% à -0,2%, ce qui représente une première contraction depuis l'été 2001.

 

Le département du Commerce a aussi réduit la croissance annuelle en 2005, 2006 et 2007, présenté des chiffres plus noirs encore sur la crise du marché de l'habitation et sur le revenu disponible des consommateurs. Seul point lumineux au tableau, la révision des profits des entreprises montre des bénéfices à la hausse durant les trois années. Ce n'est plus le cas jusqu'ici cette année.

 

Aux États-Unis, on peut déclarer une récession sans que le recul de l'économie se produise durant deux trimestres d'affilée du moment que le chômage augmente et le revenu disponible diminue tout comme la production manufacturière. On n'est plus bien loin du compte.

 

Le département du Travail a aussi jeté de l'huile sur le feu. Les demandes initiales d'assurance chômage ont bondi à 344000 la semaine dernière, soit un bond de 40000.

 

Cela est de très mauvais augure pour les données sur l'état du marché du travail en juillet qui seront publiées ce matin. On s'attend à ce que l'économie ait détruit des emplois pour un septième mois d'affilée cette année.

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