Jump to content

Recommended Posts

La grande arnaque

(Photo La Presse)

Agrandir l'image

 

Photo La Presse

 

Alain Dubuc

 

La Presse

 

Il y un mot qui décrit parfaitement ce qui est en train d'arriver aux consommateurs canadiens. Il est cru. Et je m'en excuse. Mais c'est vraiment de cela qu'il s'agit. Les gens se font «fourrer».

 

Nous ne profitons pas pleinement de l'effet de richesse que procurerait normalement l'appréciation de notre devise. Parce que notre dollar est plus fort, notre pouvoir d'achat devrait augmenter puisque les produits achetés à l'étranger deviennent moins chers. Mais les consommateurs ne font pas d'économies parce qu'il y en a d'autres qui mettent l'argent dans leurs poches.

 

Une étude de la Banque de Montréal, publiée cette semaine, lève le voile sur ce qui est une véritable arnaque. Elle montre qu'un an après la montée du dollar, qui a amené celui-ci à la parité avec la devise américaine, les consommateurs de ce côté-ci de la frontière paient toujours beaucoup plus cher que leurs voisins américains pour leurs biens de consommation. Avec un dollar à peu près égal, ils paient en moyenne 18% de plus sur un vaste échantillon de produits. C'est un peu moins pire qu'il y a un an, mais l'écart reste substantiel.

 

Il devient carrément indécent pour un grand nombre de produits: 21% pour des laveuses-sécheuses Maytag; 33% pour des barbecues; 31% pour des tondeuses à gazon; 19% pour des automobiles de milieu de gamme, mais 30% pour les modèles plus luxueux; 22% pour les livres; 27% pour des couches Huggies.

 

À l'automne 2007, quand on s'est indigné du fait que les prix ne baissaient pas malgré la montée de notre dollar, le monde du commerce du détail avait une explication toute prête. L'industrie, disait-on, devait d'abord écouler des inventaires de produits achetés au prix fort, avant l'appréciation de la devise. Mais un an plus tard, l'explication ne tient plus.

 

Les détaillants, mais certainement aussi l'ensemble de la chaîne, producteurs, importateurs, distributeurs, imposent des prix élevés parce qu'ils le peuvent. Le degré de concurrence n'est pas assez féroce ici pour forcer les plus gourmands à ajuster leurs prix à la réalité; le rapport de force des consommateurs n'est pas assez puissant. En toute logique, les marchands et le reste de la chaîne vont essayer d'obtenir le plus possible pour leurs produits et continueront à le faire tant qu'ils en seront capables.

 

Évidemment, on doit accepter le fait que nous paierons toujours plus cher que les Américains. Le Canada est un petit pays, un petit marché, avec des réseaux de distribution moins efficaces, un rapport de force moindre. La structure de coûts est aussi plus élevée, à cause des salaires, des impôts, du degré de réglementation. Mais ça ne justifie pas l'ampleur des écarts.

 

Le cas de l'automobile est le plus saisissant. Les différences substantielles de prix sont le résultat d'une stratégie voulue par les producteurs. Elle est d'autant plus étonnante que l'industrie est continentale et, qu'à la limite, un Québécois pourrait se retrouver à payer plus cher qu'un Américain pour un véhicule fabriqué au Canada. Certains fabricants ont ajusté leurs prix, parfois en présentant ces baisses comme des «rabais», quand il ne s'agit rien d'autre qu'un ajustement à la réalité des coûts. D'autres vont jusqu'à empêcher les achats outre frontière. Mais si l'écart de prix se maintient, c'est que l'industrie automobile dispose d'un allié imprévu, l'État, dont les règlements et les normes douanières rendent les achats d'autos aux États-Unis fort compliqués.

 

Sommes-nous impuissants, comme face à la spéculation pétrolière? Non. Nous pouvons faire quelque chose. D'abord en dénonçant les abus, en forçant ceux qui exagèrent à s'expliquer, en les montrant du doigt, pour que le risque de voir leur image se ternir les force à respecter les consommateurs.

 

Ensuite, en votant avec nos pieds. Il faut continuer d'acheter des choses aux États-Unis, pour économiser, et pour exercer une pression sur nos commerçants. Les achats outre frontière ont cependant ralenti en raison du prix de l'essence. Mais un calcul rapide montre que les économies compensent largement les quelques dollars de plus pour le carburant.

 

On peut aussi se servir de l'internet pour contourner les marchands trop gourmands. On note d'ailleurs, ce n'est pas un hasard, que dans le cas des produits qui se négocient beaucoup sur le web, les écarts de prix sont beaucoup plus bas, comme les consoles Wii, les jeux vidéo ou un iPod touch.

 

Ensuite, ne l'oublions pas, les gouvernements, qui sont de gros acheteurs, ont ce qu'il faut pour forcer le commerce de détail à s'ajuster. Voilà un bel objectif pour des gouvernements minoritaires, pas loin des élections, à la recherche d'enjeux populistes accrocheurs.

 

http://www.cyberpresse.ca/article/20080615/CPOPINIONS/806150609/-1/CPOPINIONS

Link to comment
Share on other sites

Les prix sont "sticky" et c'est normal car le prix reflète l'ensemble de la structure de coût (et surtout les salaires) sur toute la chaine de production qui n'est pas fléxible à court terme.On ne s'en plaindra pas le jour le dollar can rechutera...

Link to comment
Share on other sites

Une voiture fabriquée en Ontario coûte moins chère en Californie qu'en Ontario.

 

Trouvez le problème.

 

Par contre, plusieurs produits ne coûteront jamais aussi peu cher qu'aux USA. Ils ont la majorité des gros ports ( LA, Seattle, San Francisco) . Beaucoup de nos marchandises transitent par là. Avec les coûts de transport, on est désavantagé.

De plus c'est un marché beaucoup plus compétitif.

Et finalement, le billet vert américain a toujours une valeur psychologique supérieure au dollar canadien.

 

On est avantagé sur les prix de l'alimentation. Ona presque aucune inflation alimentaire tandis qu'aux USA les prix augmentent rondement. Merci dollar canadien !!

Link to comment
Share on other sites

Je ne connais pas le pourcentage du coût attribuable au transport mais je sais que pour les automobiles un bon 25% du prix est attribuable à la chaine de distribution (pas seulement le transport). Pour une voiture ça comprends le concessionaire dont les batisses, taxe foncières, salaires des employés, campagne de publicité, service après-vente, admin etc... ces coûts-ci sont engagés localement et ne varie pas avec la devise.

Link to comment
Share on other sites

Beaucoup de denrées alimentaires sont moins chères aux USA, comme le lait, oeufs, fromages et autres...

 

merci au protectionisme et quotas canadiens qui gardent les prix élevés.

Link to comment
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
 Share

×
×
  • Create New...