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Logement social : les leçons de Vienne


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  • 1 month later...

Logement social

La CAQ manque d’ambition

 

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Le gouvernement Legault – comme d’autres avant lui – ne prend pas assez au sérieux la question du logement.

Vincent Brousseau-Pouliot La Presse

La Coalition avenir Québec a beau tenter de fermer les yeux, il y a une crise du logement social et abordable au Québec.

Publié à 5h00

https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/2022-08-16/logement-social/la-caq-manque-d-ambition.php

Le gouvernement Legault – comme d’autres avant lui – ne prend pas assez au sérieux la question du logement. Vendredi dernier, la CAQ a dévoilé sa première promesse électorale, consacrée au logement social et abordable. Cette promesse manque énormément d’ambition :

La CAQ s’engage à dépenser 1,8 milliard sur quatre ans (2022-2026), alors qu’elle vient de dépenser 2,1 milliards depuis quatre ans (2018-2022). 1,8 milliard, c’est 300 millions de moins par rapport au dernier mandat.

Elle s’engage à construire 7200 logements sociaux alors qu’il y a 37 149 ménages sur la liste d’attente pour un logement social (dont 23 529 ménages à Montréal).

Elle prévoit la livraison de 11 700 logements (7200 pour le logement social, 4500 pour le logement abordable) d’ici quatre ans, alors que son objectif pour le dernier mandat était de « débloquer » la livraison de 15 000 unités. (Avec un peu de chance, la CAQ réussira à débloquer ces 15 000 logements d’ici 2023. En jouant un peu avec les chiffres, car on compte certains projets à la fois dans la promesse de 2018-2022 et celle de 2022-2026.)

Bref, si la CAQ est réélue, elle compte en faire moins pour le logement social et abordable qu’au cours des quatre dernières années. En pleine crise du logement, il faut le faire…

Et pourtant, le premier ministre François Legault affirmait sérieusement vendredi que sa promesse électorale, qui se fonde sur des chiffres du ministère des Finances, « devrait régler le problème du manque de logements sociaux et abordables ».

Sans offrir de preuve concrète, M. Legault prétend qu’il y a des doublons sur les listes d’attente pour les logements sociaux (des gens seraient inscrits dans plus d’une région). Une affirmation étonnante parce que les critères pour s’inscrire sont assez stricts (ex. : preuve de résidence depuis 12 mois) et que les listes sont mises à jour « périodiquement ».

S’il y a un problème important de doublons, que Québec en fasse la preuve et mette la liste d’attente à jour en expurgeant les doublons. Pour l’instant, l’argument ne convainc personne, et les calculs de Québec n’ont aucun sens.

 

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

François Legault a présenté le premier engagement électoral de la CAQ la semaine dernière : la construction de 11 700 unités de logement social et abordable.

C’est assez simple : si on construisait 37 149 logements sociaux durant le prochain mandat, ils trouveraient fort probablement preneur (le FRAPRU, qui défend des locataires à bas revenu, demande 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans).

La CAQ n’en propose qu’une fraction.

Pire, elle veut le faire dans le cadre de son nouveau Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ), créé l’hiver dernier pour remplacer AccèsLogis.

Le PHAQ a beaucoup de défauts.

Premièrement, il n’accordera plus à Montréal au moins 36 % des sommes (comme avec AccèsLogis), ce qui correspond à la proportion des familles à faible revenu du Québec qui vivent dans la métropole. Montréal sera désavantagé.

Deuxièmement, il fonctionne par appels d’offres, ce qui empêche de planifier à long terme et d’accompagner les coops d’habitation.

Troisièmement, il ouvre pour la première fois la porte aux promoteurs privés, qui peuvent construire un immeuble de logements sociaux/abordables, l’exploiter pendant 30 ans, mettre ensuite fin à cette vocation et revendre l’immeuble à profit. Même si Québec a payé 50 % du coût de construction.

Avec les coops d’habitation et les organismes sans but lucratif, les logements gardent leur vocation sociale durant toute leur vie utile. C’est un avantage immense.

La CAQ devrait revenir à la formule d’AccèsLogis, en corrigeant ses défauts (ex. : normes de construction complexes, financement inadéquat depuis 2009).

Mais surtout, Québec doit investir plus d’argent en logement social/abordable. Pas moins.

Qu’est-ce que le logement social et abordable ?

Logement social : pour les ménages à très faible revenu (ex. : moins de 33 500 $/an pour une personne ou un couple à Montréal, moins de 23 000 $/an pour une personne ou un couple à Saguenay, ça varie selon les régions). Ces ménages reçoivent une aide financière de Québec pour que leur loyer ne dépasse pas 25 % de leurs revenus.

Logement abordable : pour les ménages à revenu modeste (ex. : moins de 43 921 $/an pour une personne seule et moins de 62 113 $/an pour un couple à Montréal, ça varie selon les régions). Ces ménages ne reçoivent pas d’aide financière de Québec, mais les coops d’habitation gérant l’immeuble s’assurent de maintenir les loyers bas à long terme.

En pratique, les projets comprennent à la fois des logements sociaux et abordables. Avec AccèsLogis, un projet comprend 50 % de logements sociaux et 50 % de logements abordables. Le ratio du PHAQ : 62 % de logements sociaux, 38 % de logements abordables.

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Habitations à loyer modique

Des locataires endettés à leur insu

 

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Immeuble de HLM de l’Office municipal d’habitation de Montréal

Ne sachant pas le nouveau montant de leur loyer en raison de retards accumulés à l’Office municipal d’habitation de Montréal dans le renouvellement des baux, des milliers de résidants de HLM risquent de se retrouver en défaut de paiement.

Publié à 5h00

https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2022-08-17/habitations-a-loyer-modique/des-locataires-endettes-a-leur-insu.php

Lila Dussault La Presse

En défaut de paiement pour un « déraillement administratif »

Des milliers de ménages montréalais à faibles revenus s’endettent à leur insu en raison de retards accumulés à l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), un « déraillement administratif » qui cause beaucoup de détresse, selon le Comité des résidants de HLM.

Au total, 3065 baux sont en retard dans leur processus de renouvellement à l’Office municipal d’habitation de Montréal, a appris La Presse. De ce nombre, 50 % sont arrivés à échéance en juin et juillet 2022, 15 %, de janvier à juin 2022 et 35 % sont en retard depuis 2021, selon Mathieu Vachon, directeur du service des communications de l’OMHM.

Ce sont donc des milliers de résidants de logements à loyer modique qui ne sont pas informés à temps du nouveau montant de leur loyer, dont le calcul s’effectue en se basant sur les revenus de l’année précédente. Incapables de savoir combien payer, ils risquent d’accumuler des dettes.

« Je connais des dizaines de locataires qui se sont retrouvés en défaut de paiement, quand c’était la faute de l’Office municipal [d’habitation de Montréal] », affirme Robert Pilon, coordonnateur de la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ).

 

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Robert Pilon, coordonnateur de la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec

Et ça, ce ne sont que ceux qui se sont présentés à nous et qu’on a défendus.

Robert Pilon, coordonnateur de la FLHLMQ

En septembre dernier, un audit de la Société d’habitation du Québec sur l’OMHM, obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information et consulté par La Presse, observait déjà que l’organisme public avait « plusieurs retards pour les reconductions de bail, ce qui implique que certains locataires ne paient pas le coût réel de leurs logements ».

Or, en pleine crise des loyers, le spectre d’une éviction est redouté, selon des témoignages recueillis par La Presse. D’autant que de nombreux locataires se sont démenés pour fournir leurs preuves de revenus et contacter les agents de location à l’OMHM, sans succès.

« C’est leur faute »

« Je n’avais pas encore reçu mon nouveau bail, mais la facture, ça, ils me l’ont envoyée : 2320 $ de retard », s’insurge Monique Proulx, résidante d’un HLM de Rosemont. Son renouvellement de bail était dû pour le 1er avril 2021, mais elle n’a reçu son avis qu’un an plus tard, le 30 mars 2022, affirme-t-elle.

Bénéficiaire de l’aide financière de dernier recours, la dame de 59 ans habite avec son fils qui travaille comme aide-cuisinier. Les revenus de celui-ci avaient augmenté de façon significative en 2021.

Monique Proulx s’attendait à une hausse de loyer, mais elle ne savait pas de combien. Elle a fourni la documentation nécessaire à son dossier à plusieurs reprises, en main propre. Elle a remboursé sa dette en piochant dans le revenu de son fils et en se serrant (beaucoup) la ceinture. D’autres personnes dans son immeuble devaient des montants de 300 $ à 400 $, se souvient-elle.

 

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Monique Proulx, résidante d’un HLM du quartier Rosemont

Ce qui est enrageant, c’est que c’est leur faute à eux autres [l’OMHM], que la reconduction du bail n’a pas été faite, mais malgré ça, ils t’accusent toi !

Monique Proulx, résidante d’un HLM du quartier Rosemont

Et elle est loin d’être la seule. « Nous recevons régulièrement des appels de détresse de locataires qui reçoivent soudainement une lettre, parfois même des mains d’un huissier, les avisant d’un retard de paiement de loyer et du fait que leur dossier est transmis à un agent de recouvrement, alors qu’ils n’ont reçu aucun préavis », peut-on lire dans une lettre envoyée en février dernier au conseil d’administration de l’OMHM par Richard Gagné, président du Comité consultatif des résidants de HLM.

 

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Richard Gagné, président du Comité consultatif des résidants de HLM

« Lorsque les locataires, paniqués, tentent de rejoindre leur agent de location, les boîtes de messagerie vocale sont pleines et ils ne reçoivent aucune réponse à leurs courriels, ce qui augmente [leur] sentiment d’impuissance », dénonce aussi M. Gagné.

L’OMHM reconnaît le problème

« Effectivement, l’OMHM a connu un certain retard dans le renouvellement des baux depuis l’an dernier », a reconnu l’organisme public dans un courriel envoyé à La Presse mardi.

Plusieurs raisons, notamment les bouleversements occasionnés par la pandémie et la pénurie de main-d’œuvre, expliquent les délais, soutient Mathieu Vachon, directeur du service des communications. Une restructuration de l’OMHM à l’orée de la pandémie a aussi accentué le phénomène, selon une lettre de la directrice générale, Danielle Cécile, envoyée en février dernier à Richard Gagné.

Un manque de collaboration de la part de certains locataires pour fournir leurs documents peut en plus ralentir le processus. Sur les 3000 dossiers en retard en ce moment, 500 le sont parce que les ménages refusent de fournir les documents nécessaires, selon M. Vachon.

Depuis février, l’Office a mis sur pied un système pour éviter que des lettres de recouvrement ne soient envoyées systématiquement aux locataires. Des ententes de paiement sont aussi mises en place en cas de dette.

« Machine administrative »

Une solution pour diminuer les retards serait de favoriser le renouvellement de bail automatique pour les ménages ayant des revenus fixes, estiment Richard Gagné et Robert Pilon, de la FLHLMQ. Une solution déjà à la disposition de l’Office en vertu de la réglementation provinciale sur les logements à loyer modique. « Le fond de l’affaire, c’est de simplifier cette énorme machine administrative de l’OMHM pour lui permettre de se rapprocher des locataires et de leur offrir des services directs beaucoup plus personnalisés », soutient M. Gagné.

Pas d’évictions… ou presque

 

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Les 16 000 logements subventionnés par un programme de supplément au loyer sont exclus du bilan d’évictions de l’OMHM.

L’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) affirme ne pas avoir évincé de locataires de HLM en défaut de paiement, mais les 16 000 logements subventionnés par un programme de supplément au loyer (PSL) sont exclus de ce bilan.

C’est le cas de Michele Rock, que La Presse avait rencontrée peu après le 1er juillet, au moment où elle s’apprêtait à être évincée de son logement. Nous avons fait le suivi avec elle par la suite, pour constater que sa situation s’apparente fortement à celle de milliers d’autres locataires de l’OMHM.

En 2019, le conjoint de Michele Rock a déménagé avec elle, dans son appartement subventionné situé dans la coopérative d’habitation solidarité Fusion Verte, dans l’est de Montréal.

Michele Rock affirme avoir informé immédiatement l’aide sociale de cette cohabitation nouvelle avec son conjoint en 2019. Son revenu a par ailleurs augmenté dès décembre 2019, selon ses relevés bancaires, que La Presse a pu consulter.

Dans la foulée, elle a tenté de joindre son agente de location de l’OMHM, responsable de sa subvention.

 

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Michele Rock, son conjoint et son fils, quelques jours avant leur éviction de la coopérative d’habitation solidarité Fusion Verte, dans l’est de Montréal.

« Un mois passe, pas de nouvelles. Deux mois, pas de nouvelles. On entame le troisième mois, ça commence à me chicoter, mais [l’agente] était assez dure à rejoindre. On lui laissait des messages, et des messages, et des messages. Elle ne m’a jamais envoyé de documents. Quand je suis venue pour la rappeler après, c’était une autre personne. »

Loyer payé

En attendant, Michele Rock paye tous les mois sa part de loyer à la coopérative Fusion Verte, selon ses relevés bancaires. Elle dit avoir appris qu’elle était en défaut de paiement au détour d’une conversation dans le corridor avec des gestionnaires de sa coopérative.

Lors de son renouvellement de bail, en octobre 2020, son loyer a presque doublé, mais Mme Rock affirme qu’elle n’a jamais été avisée. Selon le jugement du Tribunal administratif du logement rendu en décembre 2021 par le juge Claude Fournier et ordonnant son éviction, il est indiqué que son bail débutait en octobre 2020.

Mme Rock n’avait payé qu’une portion de son loyer pour les mois d’octobre, novembre et décembre. Elle avait donc accumulé une dette de 684 $, à son insu.

Qui plus est, Mme Rock soutient que ses tentatives pour prendre une entente de paiement avec son locateur n’ont jamais porté leurs fruits. La coopérative d’habitation n’avait pas répondu à La Presse au moment d’écrire ces lignes.

Michele Rock est aujourd’hui hébergée chez sa mère. Son fils a été placé et son conjoint est hospitalisé. Quant à ses chats, ils sont hébergés temporairement à la SPCA.

Les bénéficiaires d’un PSL exclus

L’OMHM affirme « qu’aucun locataire de HLM n’a eu de dossier ouvert au Tribunal administratif du logement en raison des retards de reconduction des baux ».

Toutefois, les locataires comme Mme Rock bénéficiant d’un programme de supplément au loyer (PSL) – soit près de 16 000 ménages à Montréal – ne sont pas comptabilisés dans ce bilan.

« Lorsqu’il y a défaut des obligations des locataires, ce sont les propriétaires qui ouvrent des dossiers au TAL », explique Mathieu Vachon, directeur du service des communications de l’OMHM. « Nous demandons aux propriétaires de nous aviser lorsqu’il y a défaut de paiement afin de s’assurer que ce n’est pas en raison d’un retard de reconduction de bail du côté de l’OMHM. »

À l’heure actuelle, Mme Rock, en plus d’avoir perdu son logement, n’est plus admissible à aucune subvention de l’OMHM jusqu’au remboursement de sa dette, jusqu’à concurrence de 10 ans.

En savoir plus

55 000

Nombre de Montréalais vivant dans un logement à loyer modique

Source : Office municipal d’habitation de Montréal

28 810

Nombre de logements en HLM gérés par l’OMHM

Source : Office municipal d’habitation de Montréal

1480

Nombre de dossiers en retard pour le renouvellement d’un programme de supplément au loyer en date du 16 août

Source : Office municipal d’habitation de Montréal

 

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Le chemin de croix du logement social

 

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

La Ville de Montréal a annoncé lundi qu’elle s’apprête à lancer un appel à projets pour la construction de 200 logements sociaux et abordables d’ici 2025 sur le site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets.

Nathalie Collard La Presse

Enfin, on va commencer à construire sur le site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets ! Ce n’est pas trop tôt quand on sait que le dernier cheval y a galopé en 2009 !

Publié à 5h00

https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/2022-08-23/le-chemin-de-croix-du-logement-social.php

La Ville de Montréal a annoncé lundi qu’elle s’apprête à lancer un appel à projets pour la construction de 200 logements sociaux et abordables d’ici 2025.

C’est une excellente nouvelle dans un contexte où ces logements, qui font cruellement défaut, sont une des clés pour résoudre la crise du logement !

Mais c’est aussi le début d’un long calvaire pour les organismes communautaires d’habitation.

Tous les acteurs du milieu vous le diront, construire des logements sociaux, communautaires ou abordables au Québec est un véritable chemin de croix. Il y a une telle complexité dans les programmes qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

Nous avons déjà écrit ici que le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ), créé l’hiver dernier pour remplacer AccèsLogis, devait être amélioré. Mais ce n’est pas le seul problème.

La réalité, c’est que l’ensemble des programmes de financement ne sont pas arrimés. Il est donc impossible de frapper à une seule porte pour développer un projet immobilier à but non lucratif.

Pour réussir un montage financier, il faut « empiler les programmes », nous explique-t-on. Parfois, il faut aussi aller frapper à la porte d’une fondation privée pour boucler son budget.

Pire encore : certains programmes ont des exigences contradictoires. Et tellement d’étapes que cela prend un temps fou avant d’arriver au bout du processus. Bref, c’est lourd, c’est opaque, et les groupes communautaires perdent beaucoup de leur précieuse énergie à remplir des pages et des pages de formulaires, sans compter les allers-retours entre chaque étape technique.

Ces délais font perdre un temps précieux aux promoteurs communautaires qui doivent compétitionner avec le marché privé dans l’acquisition d’un terrain. Le temps qu’ils reçoivent le feu vert et le terrain convoité a été vendu.

Il faut aller plus vite.

L’idée n’est pas de faire disparaître les critères ni de distribuer l’argent sans compter.

Mais il faut trouver des moyens de faciliter la vie des organismes qui souhaitent construire ce type de logements.

Est-ce que la Société d’habitation du Québec (SHQ), dont la responsabilité est de coordonner des programmes en matière d’habitation, pourrait devenir un guichet unique où les promoteurs déposeraient leur projet ? C’est une avenue à explorer sérieusement.

La SHQ devrait également s’assurer que le cadre normatif ainsi que tous les critères de ses programmes (elle en gère une vingtaine) soient harmonisés et à jour afin d’éviter des retards administratifs inutiles. C’est le cas actuellement.

On le disait d’entrée de jeu, la question des logements sociaux, communautaires et abordables est au cœur de la crise de l’habitation que nous vivons actuellement. L’organisme Vivre en ville propose justement un plan de sortie de crise ambitieux, présenté aujourd’hui, qui vise notamment la construction de dizaines de milliers de logements sociaux et abordables d’ici cinq ans. Comment ? En offrant des avantages compétitifs aux projets à but non lucratif, en développant des produits hypothécaires distincts pour les coops d’habitation et les fiducies foncières, et en permettant aux municipalités d’exploiter un parc immobilier, comme en Europe. Ces idées méritent d’être débattues lors du grand sommet sur l’habitation qui se tiendra vendredi, à l’initiative de la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, et du maire de Laval, Stéphane Boyer.

Chose certaine, il faut plus de logements sociaux et abordables. Et pour cela, il faut faciliter la vie de ceux et celles qui souhaitent en construire.

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Il y a 4 heures, acpnc a dit :

On le disait d’entrée de jeu, la question des logements sociaux, communautaires et abordables est au cœur de la crise de l’habitation que nous vivons actuellement. L’organisme Vivre en ville propose justement un plan de sortie de crise ambitieux, présenté aujourd’hui, qui vise notamment la construction de dizaines de milliers de logements sociaux et abordables d’ici cinq ans. Comment ? En offrant des avantages compétitifs aux projets à but non lucratif, en développant des produits hypothécaires distincts pour les coops d’habitation et les fiducies foncières, et en permettant aux municipalités d’exploiter un parc immobilier, comme en Europe. Ces idées méritent d’être débattues lors du grand sommet sur l’habitation qui se tiendra vendredi, à l’initiative de la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, et du maire de Laval, Stéphane Boyer.

Chose certaine, il faut plus de logements sociaux et abordables. Et pour cela, il faut faciliter la vie de ceux et celles qui souhaitent en construire.

(ci-dessus un extrait de l'article cité par acpnc)

Je commencerai par le dernier point.  Oui "il faut plus de logements sociaux et abordables", mais seulement si on suppose que le reste ne change pas.  Le reste, c'est d'abord les revenus (autonomes ou salariés) insuffisants gagnés par un trop grand nombre de ménages.  Un effort au moins aussi grand devrait être consenti pour améliorer cet état de choses.  Je préférerais une situation (pour l'instant utopique) où pratiquement tout le monde a les moyens de se payer un logement au prix du marché libre.  Ça veut dire 1) des revenus personnels gagnés plus élevés, et 2) Des prix moins élevés sur le marché libre; comment?  -- J'y ai déjà fait allusion dans d'autres messages, mais retenons deux points: des prix moins élevés pour les terrains en accroissant l'offre; et des normes plus flexibles pour abaisser les coûts de construction.  Malheureusement, ni 1 ni 2 ne peuvent être instaurés à coup de baguette magique; ce serait plutôt une orientation à suivre, pour des résultats apparaissant graduellement. 

Deuxièmement, concernant les moyens suggérés dans le premier paragraphe cité.

1) Offrir des "avantages compétitifs aux projets à but non lucratif" équivaut à des subventions implicites ou déguisées. Ça ne veut pas dire qu'on ne devrait pas le faire, mais il faut être conscient de la portée de son geste.

2) Concernant les municipalités qui exploitent un parc immobilier en Europe: j'observe que plusieurs ont privatisé leurs parcs d'habitation pour renflouer leurs coffres dégarnis par le déclin socio-économique; ça équivalait à vendre les meubles pour payer l'épicerie.  Le mal est fait.  Le problème, c'est que la fortune des municipalités est très variable au sein d'un même pays; les entités provinciales ou nationales sont bien plus en mesure de combler les écarts, et notamment d'assumer les coûts du logement subventionné. 

Aussi, il subsiste un problème d'iniquité, en ce que l'offre de "logements sociaux et abordables" ne rejoint jamais plus qu'une minorité de tous les ménages dans le besoin.  Les autres sont laissés pour compte; le jour où leur tour viendra est trop lointain, voire même jamais.  Ce qui est réellement proposé et éventuellement réalisé par les pouvoirs publics a plus une valeur symbolique.  Ce n'est pas pour rien qu'il y a un écart abyssal entre les réclamations des groupes de pression et les engagements gouvernementaux.  Le "réalisme" est cruel. 

 

 

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Les 10 plus grandes villes du Québec s’engagent en faveur du logement social

 

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Le maire de Laval, Stéphane Boyer, cohôte du Sommet de l’habitation 2022, prononce une allocution devant les mairesses et maires des autres grandes villes de la province, vendredi, à Laval.

Les dix plus grandes villes du Québec s’engagent à mettre en place au cours de la prochaine année toutes sortes de projets de logement social et abordable, à la suite de leur participation au Sommet de l’habitation, vendredi à Laval.

Publié le 26 août

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2022-08-26/les-10-plus-grandes-villes-du-quebec-s-engagent-en-faveur-du-logement-social.php

Isabelle Ducas La Presse

Alors que la crise du logement frappe partout dans la province, les maires ont voulu présenter des solutions concrètes pour tenter d’améliorer la situation.

Par exemple, la Ville de Terrebonne s’engage à réaliser un projet de logement abordable dans un secteur en revitalisation en mettant en valeur le patrimoine industriel du Vieux-Terrebonne.

La Ville de Laval, de son côté, s’engage à travailler sur la mise en place d’une taxe sur la spéculation foncière afin de financer des initiatives en habitation, comme le maire Stéphane Boyer l’avait évoqué plus tôt dans la journée.

Lisez « Le maire de Laval veut taxer les spéculateurs immobiliers »

Pour la Ville de Trois-Rivières, l’engagement concerne un projet de milieu de vie communautaire pour les étudiantes et les étudiants autochtones et leurs familles.

À Montréal, on évoque le projet sans but lucratif de plus de 200 logements abordables sur le site du futur écoquartier Namur-Hippodrome, un projet déjà annoncé lundi.

Lisez « Ancien hippodrome : un premier projet de logements “100 % abordables” »

« En organisant ce sommet, c’était notre objectif de réfléchir, mais aussi de passer à l’action, et c’est ce que nous avons fait », a affirmé la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, cohôte de l’évènement.

Un besoin criant

Selon un sondage commandé dans le cadre du sommet, 85 % des Québécois estiment que l’accès au logement abordable est un problème important, et 44 % ont dû changer leurs habitudes de consommation pour faire face aux coûts du loyer ou aux paiements hypothécaires.

Le sommet, qui a réuni 400 personnes, a permis à plusieurs experts en habitation, en plus d’élus et d’administrateurs municipaux, d’échanger sur différentes solutions possibles pour augmenter l’offre de logements, densifier les secteurs urbains et construire plus.

On a discuté aujourd’hui de l’importance d’avoir des programmes qui sont flexibles, rapides d’application et qui respectent la réalité des différentes régions du Québec.

Stéphane Boyer, maire de Laval, cohôte du Sommet de l’habitation

Les villes demandent aussi davantage de financement de la part du gouvernement provincial, et des changements réglementaires qui leur permettraient de mettre en place de nouvelles approches fiscales pour favoriser le logement social et le financer.

Des demandes entendues par Québec

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, qui a prononcé une allocution à l’ouverture de l’évènement, s’est montrée ouverte aux demandes des villes.

 

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales

« J’ai vu vos demandes en prévision des élections. Vous voulez plus de pouvoirs, vous voulez plus de responsabilités, vous êtes sur la bonne voie, » a dit Mme Laforest, qui a évoqué le fait, à la veille du déclenchement des élections, qu’elle pourrait rester « ministre des Affaires municipales pour peut-être longtemps encore ».

Les solutions discutées ici, je veux les entendre.

Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales

Malgré les solutions qui peuvent être mises de l’avant par les municipalités, notamment dans leur réglementation, « le nerf de la guerre, c’est que le gouvernement du Québec investisse plus en logement social, parce que c’est sa responsabilité ultimement », a lancé la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en participant à une table ronde dans le cadre de l’évènement.

« Le logement social, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement », a-t-elle ajouté.

 

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Catherine Fournier, mairesse de Longueuil, cohôte du Sommet de l’habitation 2022

« C’est clair que les engagements actuels ne sont pas à la hauteur des attentes », a soutenu la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier.

Valérie Plante a même fait un lien entre la vague de violence par armes à feu qui sévit dans la métropole et la crise du logement, soulignant le fait que procurer un toit décent à tous peut être considéré comme un outil de prévention.

« Il faut agir sur tous les paliers, a-t-elle insisté. La prévention, ça passe aussi par avoir un toit au-dessus de sa tête et avoir un milieu de vie intéressant. C’est un droit fondamental de pouvoir se loger à un prix décent. »

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  • 2 weeks later...

Investissement de 2 milliards Le gouvernement fédéral construira 17 000 logements

 

PHOTO PETER POWER, LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé mardi à Kitchener la construction de 17 000 logements pour un investissement total de 2 milliards.

(Kitchener) Le gouvernement fédéral affirme qu’il dépensera plus de 2 milliards pour construire 17 000 logements, y compris des milliers de logements abordables.

Mis à jour le 30 août

https://www.lapresse.ca/actualites/national/2022-08-30/investissement-de-2-milliards/le-gouvernement-federal-construira-17-000-logements.php

La Presse Canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l’annonce mardi à Kitchener, en Ontario, aux côtés du ministre du Logement, Ahmed Hussen, après avoir rencontré des politiciens locaux et d’autres intervenants.

M. Trudeau a rappelé que les prix des logements augmentaient dans tout le pays et que de nombreux Canadiens craignaient de ne pas pouvoir se payer un logement, qu’ils louent ou cherchent à acheter une maison.

« Quand une personne a son propre endroit où habiter — qu’elle soit locataire ou propriétaire —, il est plus facile pour elle d’investir en elle-même, d’investir dans sa communauté », a-t-il ajouté.

L’Initiative pour la création rapide de logements sera prolongée pour une troisième phase afin de construire 4500 logements abordables, dont certains feront partie de projets de logement axés sur les femmes et de projets d’aide aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir.

Au moins 10 800 autres logements seront construits grâce au Fonds d’innovation pour le logement abordable, dont 6000 seront des logements abordables.

Le gouvernement fédéral crée également un programme de location avec option d’achat de cinq ans pour aider à développer et à tester des modèles et des projets de location avec option d’achat.

Le financement a été alloué à ces projets dans les budgets fédéraux 2021 et 2022.

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17,000 logements pour l'ensemble du pays c'est une goutte d'eau dans l'océan. Ce n’est certainement pas avec ces chiffres que le fédéral reprendra son retard considérable dans sa participation au logement social et abordable.

il y a 5 minutes, acpnc a dit :

Le gouvernement fédéral crée également un programme de location avec option d’achat de cinq ans pour aider à développer et à tester des modèles et des projets de location avec option d’achat.

Ici toutefois il ouvre la porte à une formule qui pourrait certainement aider les gens à prendre pied dans la propriété sans se ruiner. Reste à voir comment cette formule sera arrimée avec celle des provinces.

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