Jump to content

Étalement urbain -- Considérations supplémentaires.


Recommended Posts

Ici comme ailleurs, les méfaits de l'étalement urbain sont documentés depuis longtemps, et diverses mesures ont été prises pour le contrer, avec un succès plus ou moins grand selon les cas.  Dans ce nouveau fil, j'aborde la question sous un angle différent, dans l'espoir que les discussions apporteront un éclairage utile sur les politiques afférentes.

Le point de départ de la discussion est à la fois rétrospectif et prospectif: il consiste à s'interroger sur la forme qu'aurait pris (passé) et prendrait (futur) le déploiement spatial des activités urbaines (résidence, emploi, services publics, loisirs,tourisme, industrie et commerce, transport, etc.)   si   des mesures plus contraignantes et plus efficaces avaient été/seraient prises pour contrer l'étalement.  On peut faire l'exercice dans l'abstrait, mais vaut mieux le faire dans un cas concret  -- en l'occurence la région de Montréal, parce que les circonstances propres à chaque ville sont susceptibles  d'influencer substantiellement les résultats (conclusions).  Mais notons d'abord que la notion d'étalement urbain contient deux dimensions distinctes: la densité des espaces construits (y compris les axes de transport), et l'étendue du périmètre "urbain" (à l'intérieur duquel des zones ne sont pas nécessairement construites).  

1) Qu'est-ce qui "consomme" de l'espace?  --a) les immeubles à fonction résidentielle y compris les terrains souvent plus vastes sur lesquels ils sont bâtis;  b) les immeubles (+ terrains) abritant les autres fonctions sus-mentionnées; c) les rues, routes, voies ferrées et toutes autres formes d'axes de transport en surface; et d) les parcs et autres espaces verts.

2) Que peut-on densifier?  -- La plupart des immeubles, en augmentant les hauteurs (sauf pour certaines fonctions industrielles et commerciales).

3) La longueur des axes de transport s'en trouverait-elle réduite?  -- Certainement, mais probablement pas autant proportionnellement, à moins que le TEC occupe une place plus importante dans les modes de déplacements des personnes  -- ce qui serait par ailleurs vraisemblable, parce qu'une densité plus grande rentabiliserait plus de parcours offerts en plus grande fréquence. 

4) Le transport des marchandises à l'intérieur de l'agglomération serait altéré  --comment, si on suppose que le volume serait inchangé?

5) Le transport des marchandises en provenance et à destination de l'extérieur serait altéré --comment?

6) Des activités économiques consommatrices de grands espaces et/ou qui imposent des nuisances locales (carrières, industrie lourde) pourraient-elles encore trouver leur compte dans un environnement dense?

7) Le prix des terrains constructibles (au sens où c'est permis) augmenterait-il, du fait de sa plus grande rareté relative?  Quel effet cela aurait-il sur le prix de l'immobilier, tant résidentiel que commercial/industriel?

huit*) Les personnes qui sont réticentes à vivre dans un milieu dense s'adapteraient-elles, ou bien seraient-elles inclinées à s'établir ailleurs?   -- S'il y en a des centaines, on n'en parle pas; s'il y en a des centaines de milliers, peut-être.  

9)  Quels seraient les effets combinés possibles des trois précédentes interrogations sur la population totale et la production intérieure brute de la RMR de Montréal?

10)  Les gains issus de la densification surpasseraient-ils les pertes sus-mentionnées?  (je pense que c'est concevable: on pourrait les identifier et les quantifier).

Maintenant, regardons Montréal:

M1) Il reste des espaces vierges ou sous-utilisés sur l'Île de Montréal.  Parmi les espaces vierges, on cherche à en conserver une bonne partie pour fins de parcs à vocation locale ou régionale.  Les espaces sous-utilisés comprennent des sites industriels désaffectés, dont certains se prêtent bien à d'autres usages, tandis que d'autres sont des sols contaminés qu'il n'est possible de requalifier qu'à grand frais.  Il y a aussi des sites à vocation commerciale grands consommateurs d'espace et de type banlieue d'une autre époque qui pourront (et sont déja pour certains) reconvertis. 

M2) Le bâti résidentiel montréalais comprend pour une bonne part des duplex/triplex que je ne considère pas comme étant de la haute densité, mais qui ne sont vraiment pas susceptibles d'être démolis.  Aussi, surtout dans l'ouest de l'Île, on trouve des quartiers résidentiels à basse densité qui ressemblent en tous points à ceux qu'on retrouve à l'extérieur.  En résumé: les démolitions ne sont pas à l'ordre du jour.

M3) Le territoire de l'Île accueille aussi des installations aéroportuaires et ferroviaires grandes consommatrices d'espace.  Dans d'autres grandes villes, ces installations sont maintenant établies en banlieue.  Je ne crois pas que c'est susceptible de changer avant longtemps à Montréal.

M4) Au total, le potentiel inexploité sur l'Île de Montréal n'est pas négligeable, mais il n'est pas et n'aurait pas été capable d'accueillir la moitié (un peu plus) de la population de la RMR qui habite à l'extérieur ainsi que les sites d'emplois et de services publics de proximité qui vont de pair.  La question, plus intéressante, est de "savoir" quelle part de l'expansion future peut se produire à Montréal.  La réponse dépendra en partie de l'ampleur de la croissance future; si c'était pour ajouter 500,000 habitants, ça ne serait pas la même chose que d'en ajouter quatre millions.   

M5) Quand on regarde le territoire urbanisé à l'extérieur de l'Île, on remarque d'abord une plus grande prévalence des résidences unifamiliales-- ce qui est "normal".  Idem pour les sites à vocation commerciale.  Mais on voit aussi que les plus récents développements, notamment dans la "première couronne", sont plus denses qu'avant -- souvent autant que dans les nouveaux développements à Montréal à l'extérieur du centre-ville.  Deuxièmememt, on remarque de nombreuses discontinuités dans les développements; on comprend assez bien les causes originales (développements à partir des noyaux anciens des villages, puis le long des axes routiers).  Maintenant, l'expansion spatiale dans la première couronne (et même la seconde)  est à son tour limitée par la rareté des terrains constructibles, notamment à cause des restrictions imposées par la protection des terres agricoles.  Les conséquences sont doubles: la première, c'est de forcer la densification des sites disponibles; la seconde, c'est de favoriser l'étalement urbain à très basse densité encore plus loin en périphérie.  Ce problème est reconnu, il reste à trouver des remèdes efficaces pour le contrer.  Je pense aussi que la question des discontinuités mérite une attention sérieuse qui pourrait résulter en des changements dans les politiques actuelles.

M6) L'expansion des axes de transport (routes et TEC) demeure au coeur des facteurs qui détermineront la localisation et la densité des développements futurs: cela concerne autant l'Île de Montréal que les banlieues proches et la lointaine périphérie.  Des conséquences "inattendues" sont possibles.

FIN (ce n'est pas une conclusion)  -- plusieurs points ont été soulevés, souvent laissés sans réponses, en attendant les vôtres.☺️ 

*  octo -- sha'té:kon -- a'tere -- ne veut pas s'écrire en chiffre arabe sur mon clavier, et ce n'est pas la première fois... ne me dites pas que cela a un rapport avec les Chinois et le sens  qu'ils accordent à ce chiffre!  -- parce que si j'appuie sur la touche  8 et que j'y appose ), j'obtiens 😎

 

 

Link to comment
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
 Share

×
×
  • Create New...
adblock_message_value
adblock_accept_btn_value