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Montréal, je t’aime

En réponse au texte de Marc Sylvain, « Montréal, je te quitte », publié le 1er août. L’auteur est de retour à Montréal après quelque 10 ans en banlieue.

Stéphane Lacroix

J’ai décidé de revenir à Montréal il y a cinq ans après avoir passé une dizaine d’années en banlieue. J’ai habité à Blainville et à Laval et, même si j’y ai vécu de beaux (et moins beaux) moments, j’ai constaté au fil des ans à quel point je suis un Montréalais. 

J’habite présentement à Saint-Léonard. À moins de cinq kilomètres de chez moi, on retrouve le marché Jean-Talon et ses étals spectaculaires, le cinéma Beaubien, où je peux voir autre chose que des films américains pas toujours très intéressants, le marché Maisonneuve, où le meilleur boucher en ville a élu domicile, et le parc Maisonneuve, lieu majestueux et accueillant où je vais faire mon jogging presque tous les jours. 

Sans compter que j’habite à deux pas des futures stations de métro de la ligne bleue. Dans quelques années, j’aurai la possibilité de me débarrasser définitivement de mon automobile. 

Bien entendu, Montréal comporte des désavantages. Pour l’automobiliste que je suis, c’est parfois fort compliqué de se stationner dans certains quartiers centraux pour aller faire ses emplettes. Cependant, il y a d’autres moyens d’y arriver : transports en commun l’hiver ; vélo l’été. 

Les rues sont en mauvais état, la planification et la mise en place des voies actives sécuritaires se sont faites de manière un peu incohérente (et en consultant peu) et la mairesse me donne parfois l’impression de ne pas parler à toutes les parties prenantes lorsqu’elle prend des décisions, notamment en matière de transport et d’économie. 

Cela dit, je ne retournerais pas en banlieue. Me rendre au travail en transports en commun me prend à peine plus de temps qu’en auto et je pollue moins. Je me suis également mis au vélo, et les 15 kilomètres qui me séparent de mon boulot me permettent de rouler sur des pistes cyclables plutôt agréables. En fait, c’est à Laval que ça devient moins chouette. 

J’ai pris de nombreuses décisions personnelles au cours des dernières années pour réduire mon empreinte environnementale, et c’est de ne pas vivre en banlieue qui me permet d’y arriver. Il y a aura sans doute des gérants d’estrade domiciliés en banlieue qui flaireront le mépris dans mes propos, mais sachez qu’il n’en est rien, puisque je faisais face au même dilemme il y a 10 ans et que la décision a été très difficile. Il a fallu que je fasse certains réaménagements et sacrifices, mais j’y suis arrivé. 

J’ai choisi Montréal pour sa proximité avec les activités économiques, culturelles et sociales. J’ai tourné le dos à la banlieue pour réduire mes répercussions négatives sur l’environnement et arrêter de perdre du temps sur l’autoroute au milieu d’une mer de véhicules occupés par une seule personne. Et il est faux de dire que c’est plus tranquille en banlieue. Qui dirait que le concert de tondeuses du samedi matin n’est pas cacophonique ? 

Contrairement à certains, je ne méprise pas les citoyens qui vivent dans la deuxième, troisième, voire quatrième couronne de banlieue. Je trouve dommage qu’ils passent autant de temps dans leur auto. J’ose espérer qu’un jour, on développera Montréal correctement et que le prix des maisons y sera enfin abordable. 

En attendant, je continue à vivre dans cette île aux mille charmes et focalise mon attention sur le positif.

https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-08-03/montreal-je-t-aime.php

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il y a 35 minutes, Normand Hamel a dit :

’ose espérer qu’un jour, on développera Montréal correctement et que le prix des maisons y sera enfin abordable. 

En attendant, je continue à vivre dans cette île aux mille charmes et focalise mon attention sur le positif.

(extrait d'un texte cité par Normand Hamel).

C'est bien, mais quelques remarques me viennent à l'esprit:

- Le Montréal dont il parle, c'est sa partie centrale (on peut bien y inclure Saint-Léonard, mais ce n'est pas le Plateau ni la Petite Patrie ni le Mile End etc.),  mais pas ses arrondissements excentriques (RDP/PAT à l'est, Pierrefonds/Roxboro à l'ouest).  Aussi, il faut admettre que même dans cette partie dite "centrale", les conditions ne sont pas invariablement idéales: présence de nuisances (eg. industrielles), quasi-déserts alimentaires, rareté des espaces verts, insalubrité des logements etc.  

- (Espère qu'un jour) le prix des maisons y sera enfin abordable:  avec tous les avantages qu'il énumère, il sera toujours normal que le prix sera supérieur à celui des banlieues (à maison/logement comparable) moins bien pourvues en attraits et commodités de toutes sortes. On peut alors se demander pour qui le prix à Montréal serait abordable?  --Une réponse facile serait: pour ceux qui en ont les moyens.  Une réponse plus nuancée inclurait la possibilité que les maisons/logements soient  fortement subventionnés sur le territoire de la ville: je pense que c'est possible sur une petite échelle, mais pas universellement.  

- La prise de décision est présentée comme s'il n'y avait que deux options: Montréal ville-centre ou banlieue de Montréal.  En réalité, la gamme des options est beaucoup plus vaste: une autre grande ville, ou une petite ville éloignée des grands centres (pas la banlieue donc), ou la pure ruralité.  Ces "autres" options comportent chacune son lot d'avantages et de désavantages.  La pondération est subjective (dépend des préférences et des circonstances individuelles, qui peuvent aussi varier/évoluer au fil du temps).   Les quartiers centraux de Montréal ont leur charme propre, mais en même temps, les quartiers centraux d'autres villes comparables comprennent des caractéristiques communes, comme la proximité des services et des petits commerces locaux. Si c'est surtout cet aspect qui séduit l'auteur, Montréal n'en a pas le monopole.  Idem pour la diversité ethnique/culturelle des habitants.  

L'auteur semble avoir connu deux amours dans sa vie: Montréal, puis sa banlieue, puis un retour vers la première.  D'autres personnes en ont connu bien plus que deux, et l'histoire n'est pas toujours terminée!

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La Presse se sent mal d'avoir traité ses lecteurs montréalais de "malades" et publie son backlog de gens contents ayant pris la peine d'écrire? Un autre texte ce matin, dans le même sens:

https://plus.lapresse.ca/screens/c5cc8c53-aa4f-439b-9e6e-0e3c097424d0__7C___0.html

 

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Il y a 6 heures, Né entre les rapides a dit :

(extrait d'un texte cité par Normand Hamel).

C'est bien, mais quelques remarques me viennent à l'esprit:

- Le Montréal dont il parle, c'est sa partie centrale (on peut bien y inclure Saint-Léonard, mais ce n'est pas le Plateau ni la Petite Patrie ni le Mile End etc.),  mais pas ses arrondissements excentriques (RDP/PAT à l'est, Pierrefonds/Roxboro à l'ouest).  Aussi, il faut admettre que même dans cette partie dite "centrale", les conditions ne sont pas invariablement idéales: présence de nuisances (eg. industrielles), quasi-déserts alimentaires, rareté des espaces verts, insalubrité des logements etc.  

Déserts alimentaires? S'il est vrai qu'ils subsistent dans certains quartiers centraux, ceux que tu prends la peine de nommer en exemple n'en ont que très peu. Des quartiers excentrés comme Montréal-Nord, RDP ou Pierrefonds sont, dans la plupart des secteurs, des déserts alimentaires. Tu ne peux pas sortir de chez toi et aller te chercher du pain, du lait et des oeufs à pied; c'est possible de faire ça dans la plupart des quartiers centraux de Montréal, que ce soit à l'épicerie du coin, au dépanneur ou dans les grandes chaines de supermarché.

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Quel mot utiliser pour l'inverse de désert alimentaire?? Et il manque le IGA sur la carte, au rez-de-chaussé du nouveau Beaumont sur Côte-St-Luc. Je fais 95% de mes courses alimentaires à pieds (pour une raison quelconque, ma femme doit absolument aller au Maxi de temps en temps 😂)
(échelle en noire: 1km)
 

Épiceries NDG.jpg

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Il y a 5 heures, Gabmtl a dit :

Déserts alimentaires? S'il est vrai qu'ils subsistent dans certains quartiers centraux, ceux que tu prends la peine de nommer en exemple n'en ont que très peu

C'est vrai.  J'avais choisi de "nommer" des quartiers que je considérais comme étant parmi les meilleurs, pas les moins bons.

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C’est rendu complètement ridicule de toujours associer automobile et banlieues ou quartiers non centraux. C’est comme s’il n’y avait que ça qui compte. Mes amis banlieusards ne mentionnent jamais leur auto comme étant une nuisance, mais j’en entends parler que dans les médias et ce genre de texte d’opinion.  Il y a un mode de vie complètement différent qui est dans les quartiers moins centraux que beaucoup apprécient et souhaitent garder. 

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Il y a une différence entre auto et dépendance à l'auto. La voiture n'est pas une nuisance dans les banlieues, c'est elle permet de vivre dans les banlieues. Et c'est aussi très légitime d'aimer sa voiture, comme n'importe quoi dans la vie. Tout comme elle a sa place dans le cocktail des transports, peu importe où on habite.

Mais d'avoir enligner l'urbanisme sur l'utilisation de celle-ci et rien d'autre, ça fait des nuisances pour le transport actif, le transport en commun, les trames urbaines variées, la santé publique, l'environnement, ou toutes les autres corrélations de la dépendance automobile qu'on a fait dans les dernières décennies dans une tonne de publications.

Ce sont des points négatifs légitimes, et certains assez critiques ou avec des répercussions globales qui justifie une discussion. Comme c'est légitime de critiquer les nids-de-poule ou le prix/rareté du stationnement à Montréal, les îlots de chaleur, le prix des maisons, taille des habitations, ou le manque de propreté ou biens d'autres trucs. On améliore les choses en ciblant des problèmes.

Mais bon, en général, je pense que ce genre de débat est effectivement trop centré sur l'automobile et pas assez sur tous les autres aspects qui constitue une ville. Résumer Montréal à son accès automobile est extrêmement réducteur (ce qu'on amplement dans les médias et les opinions), et ce serait d'une tristesse infinie si la vie en banlieue ne se résumait qu'au parking gratuit accessible. Les défis contemporains des villes sont plus larges que ça, les centres-villes autant que les banlieues doivent pousser une réflexion plus loin.

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https://plus.lapresse.ca/screens/f0d127fa-e75c-4be6-b5b0-8e048c9085f6__7C___0.html

Un autre texte dans la même veine. Le texte d'opinion monsieur de Mascouche qui a quitté Montréal alors qu'il n'habite pas Montréal depuis 10 ans continue de faire réagir.

 

Jacques Nacouzi est un propriétaire de café/espace coworking sur Saint-Denis (à mon avis un des meilleurs pour les prix et le concept que j'ai vu, la place est vraiment chouette), très vocal pro-transport actif/environnement/etc.

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