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La Compagnie de la Baie d'Hudson fête discrètement ses 350 ans

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La Compagnie de la Baie d'Hudson fête discrètement ses 350 ans

À l'époque, les activités de l’entreprise reposaient sur le troc entre des fourrures et des marchandises dans différents postes de traite d’Amérique du Nord.

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La Compagnie de la Baie d'Hudson a récemment fêté ses 350 ans. Cette image d'archive montre des trappeurs devant un bâtiment de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dans le nord du Manitoba, en 1947.

PHOTO : RICHARD HARRINGTON/COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON/ARCHIVES DU MANITOBA

 

Le 2 mai devait marquer le 350e anniversaire de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), l’une des plus vieilles entreprises au monde à être toujours en service, mais la pandémie de COVID-19 l'a forcée à temporairement fermer boutique.

Malgré la réouverture graduelle des succursales, plusieurs experts s'interrogent sur l'avenir de l'entreprise, qui est en voie de privatisation et fait face à une industrie de vente au détail ébranlée par la pandémie.

La principale préoccupation de l’entreprise est de s’assurer qu’elle soit financièrement capable de maintenir ses activités tout en se mettant à l’abri de ses créanciers, affirme le rédacteur en chef du média spécialisé Retail Insider.

Amelia Fay, conservatrice de la galerie de la CBHCompagnie de la Baie d’Hudson au Musée du Manitoba, à Winnipeg, affirme quant à elle que l’entreprise a surmonté plusieurs périodes incertaines à travers son histoire.

Ils ont traversé une panoplie de changements importants, comme la grippe espagnole, relate-t-elle. Le monde entier a été touché par cette pandémie. Les guerres mondiales ont aussi bouleversé les choses.

La CBH Compagnie de la Baie d’Hudson a été fondée en vertu d’une charte royale octroyée par le roi d’Angleterre Charles II en 1670.

Initialement, les activités de l’entreprise reposaient sur le troc de fourrures contre des marchandises dans différents postes de traite à travers l’Amérique du Nord.

Le roi Charles II lui avait conféré un monopole sur le commerce de fourrure dans la région de la Terre de Rupert, qui englobait à l’époque le tiers du Canada et une partie du nord des États-Unis.

Il est assez inhabituel de se dire qu’une entreprise s’est établie dans un autre pays après s’être fait octroyer des terres où elle n’avait jamais été, affirme Amelia Fay, en ajoutant que des populations autochtones avaient déjà établi d’importants réseaux commerciaux.

 

Relations avec les populations autochtones

Les 350 ans d’histoire de la CBHCompagnie de la Baie d’Hudson n’ont toutefois pas toujours été roses, souligne quant à lui le professeur associé au Département des études autochtones de l'Université du Manitoba, Fred Shore.

L’entreprise est notamment responsable d’avoir introduit plusieurs virus, comme la rougeole et la variole, dans des communautés autochtones.

De nos jours, la majorité des Autochtones voient La Baie comme un magasin où les prix sont élevés et l’offre limitée.

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Fred Shore, professeur associé au Département des études autochtones de l'Université du Manitoba.

Selon Fred Shore, la relation entre l'entreprise et les commerçants de fourrures autochtones oscillait à la fois entre collaboration et exploitation.

Ils ont été un vecteur du colonialisme et, en tant que tel, leur effet global sur les communautés demeure colonial, affirme le professeur associé.

 

Des modèles d’affaires en évolution

Au cours de son histoire, la CBHCompagnie de la Baie d’Hudson a dû s’adapter à l’évolution du marché et à la compétition avec la Compagnie du Nord-Ouest, à la fin du 18e siècle.

Lorsque la fourrure a commencé à perdre en popularité, ils se sont tournés vers la vente au détail, indique Amelia Fay. Ils sont allés vers le thé, le tabac, le café, l’alcool puis le pétrole et le gaz.

 

Un avenir incertain

Récemment, l’entreprise a toutefois traversé des moments difficiles, notamment au troisième trimestre de 2019, lorsqu’elle a enregistré une perte nette de 226 millions de dollars, soit 65 millions de dollars de plus que l’année précédente.

Jeudi, elle a par ailleurs annoncé qu’elle fermerait cet automne sa succursale du centre-ville d’Edmonton, en Alberta.

La Compagnie de la Baie d’Hudson devra relever de très grands défis et mettre en œuvre des mesures draconiennes afin de garder sa place dans l’industrie, estime Craig Patterson, de Retail Insider.

Plus que jamais, avec l’explosion du commerce en ligne, ajoute-t-il, les clients ne voient plus l’utilité de se rendre dans un magasin de détail qu’ils ne voient pas comme un lieu phare, tels que les Galeries Lafayette, à Paris, et Harrods, à Londres.

Si certains demeurent sceptiques quant à l’avenir de la compagnie, Amelia Fay pense quant à elle que la CBH Compagnie de la Baie d’Hudson parviendra à remonter la pente.

 

La CBHCompagnie de la Baie d’Hudson n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue pour cet article.

 

Avec les informations de Karen Pauls

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1703603/compagnie-baie-hudson-350-ans-histoire-autochtones

 

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