Normand Hamel

Économie mondiale

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Le 2019-11-06 à 10:04, Normand Hamel a dit :

C'est exactement ce à quoi on fait allusion lorsque l'on parle de crise systémique et c'est en grande partie dans le but de prévenir une telle crise que depuis un certain temps la Fed injecte quotidiennement 120 milliards de dollars. Or, les media mainstream en parle très peu malgré l'ampleur du phénomène et les terribles conséquences que le scénario que l'on tente d'éviter pourrait engendrer.

Le phénomène qui pousse la Fed à intervenir est (superficiellement) assez facile à comprendre, et est +/-  bien décrit dans les "médias".  Diverses "causes" sont aussi  avancées pour expliquer le phénomène.  

Mais ce n'est pas sous cet angle que je voudrais aborder la question.  Dans mon précédent message, je me demandais comment le système économique mondial se comporterait en cas d'éclatement.  Une réponse courte, humoristique à souhait, serait qu'il éclaterait.  Ah Ah!  

Ce que je voudrais visualiser, ce n'est pas The Moment It Happened (titre fictif), mais The Days, Months and Years After (autre titre fictif).   Un film de fiction, comportant plusieurs scènes, où chacune de celles-ci a un impact sur la suivante.  

Une telle approche serait-elle utile, ou au contraire ne serait-elle qu'un simple objet de divertissement?  -- Je pense qu'elle serait "utile", parce qu'elle pourrait servir de guide pour les mesures à prendre maintenant et plus tard.  Avant d'aller plus loin dans les détails, voici une analogie méthodologique: supposons que vous êtes un joueur d'échecs, amateur ou grand maître, peu importe. Vous êtes seul devant l'échiquier, et vous expérimentez des ouvertures inédites (vous pouvez faire la même chose avec des positions connues à différents stages de la partie).  Vous poursuivez ensuite avec les meilleurs coups à votre connaissance de part et d'autre de l'échiquier.  La plupart du temps, la voie que vous explorez mène au désastre pour le joueur qui a osé un coup inédit.  Mais l'exception survient.  Vous reprenez ce scénario en cherchant à déceler l'erreur.  Et s'il n'y en a pas (selon vous😞 vous pensez avoir découvert quelque chose!  

Passons aux choses +/- sérieuses. (Chaque scène à partir de la deuxième est sujette à réfutation; ce qui suit n'est fourni qu'à titre d'illustration; c'est pourquoi j'accueilerais très favorablement des corrections, des nuances ou des raffinements)

- Scène Un:  la Fed a finalement décidé de ne plus intervenir, ou son intervention n'a pas suffi à contenir l'éclatement.

- Scène Deux: des banques majeures sont incapables de rencontrer leurs obligations et doivent déclarer faillite.  La bourse tremble.

- Scène Trois: par un effet de domino, d'autres banques tombent  aussi.  La crise s'étend à une grande partie du reste du monde.  Le commerce international est (momentanément?) paralysé.  Les bourses sont (provisoirement) fermées. 

- Scène Quatre: des gouvernements nationaux sont dans l'impossibilité de poursuivre leurs opérations courantes.

- Scène Cinq: à l'intérieur de plusieurs pays, les relations économiques normales entre les citoyens (travailleurs et consommateurs) et les entreprises acheteuses et/ou vendeuses de services et/ou produits intermédiaires ou finis) sont plongées dans l'incertitude , notamment parce que la valeur de la monnaie nationale est devenue très incertaine.  Et pour ajouter aux difficultés, les fournisseurs et les clients étrangers ne répondent plus.

- Scène Six: en parallèle, tout au long du scénario qui se déroule devant nos yeux depuis la scène Deux, on voit apparaître dans un coin de l'écran les grands dirigeants gouvernementaux et privés qui se concertent et discutent des moyens d'enrayer la crise.  Dans l'ombre, on aperçoit sans les entendre des hordes d'experts qui s'agitent sans parvenir à s'entendre.

- Scène Sept: des décisions draconniennes sont prises (lesquelles?), et on met les dernières touches à la stratégie de communication, en même temps qu'on s'assure que les forces de l'ordre sont prêtes.  On sait qu'il y aura beaucoup de perdants.  Des gagnants aussi.   

- Scène Huit (finale): après maintes tribulations, la lumière luit au bout du tunnel (comme dans tout bon film américain!)  En petits caractères apparaît la phrase "Les choses ne seront plus jamais comme avant.

LEÇON  (c'est le mot qu'aurait employé Ronald Reagan, qui s'inspirait souvent des scènes cinématographiques pour faire passer son message)

Si on est capable, avant l'éclatement, de prévoir les suites vraisemblables de l'éclatement évoqué à la Scène Un,  on est mieux préparé à juger des moyens les plus efficaces de le prévenir, ou sinon d'en minimiser les conséquences.  Si en 1929, avant le Krach, on avait mieux apprécié les signes annonciateurs, on serait intervenu avant  --c'est d'ailleurs ce que la Fed tente de faire aujourd'hui, dans des circonstances toutefois beaucoup plus compliquées.  Ensuite, en supposant que le Krach serait survenu malgré tout, on aurait évité de prendre des mesures (comme celles qui le furent dans la réalité) qui ont ajouté de l'huile sur le feu (ont empiré l'ampleur de la crise) durant les années 1930, notamment l'érection de barrières tarifaires insurmontables et la tentative d'équilibrer le budget face à la chute des revenus.

La situation en 2019 est à la fois différente de celle de 1929 et comporte des similitudes.  Ce dont je suis convaincu, c'est qu'il ne suffira pas de mettre des pansements sur les plaies apparentes.  On parle beaucoup des actions de la Fed, on imagine aussi les préoccupations des milieux financiers américains et du gouvernement du pays, mais (et c'est plus difficile à déciphérer)  on ne sait pas trop bien comment les autres grands acteurs se comporteront.  La Chine avant l'Union Européenne.  Les trois (USA, Chine, UE) ont des économies de taille comparable, mais je pense que cette dernière aura beaucoup plus de difficulté à adopter une approche cohérente.

Dans mes réflexions, que je ne m'astreins pas à faire de façon rigoureuse pour de "bonnes raisons", j'accorde beaucoup de temps et d'efforts à accumuler puis à juxtaposer des données, d'autres informations et des analyses de toutes provenances, sur de longues périodes (=historiques) et sur des dimensions diverses, notamment l'évolution démographique, les progrès technologiques présents et passés, l'éducation et la science, les politiques économiques et sociales, les flux commerciaux, l'épargne et l'investissement etc.  Du sujet qui nous occupe sur ce fil, je ne me limite pas à considérer les niveaux d'endettement, la croissance de la masse monétaire, les taux d'intérêts actuels et les cours boursiers.  Un élément du puzzle qui m'intrigue particulièrement est la prétension à l'effet que l'inflation (des prix) est maîtrisée pour longtemps  --justifiant des taux d'intérêt à long terme historiquement bas.  Je pense aussi que l'impact des changements démographiques (pas seulement en Occident mais aussi en Chine, notamment) est sous-estimé. Par ailleurs, les futurs  coûts directs et indirects engendrés par les changements climatiques à l'échelle du monde sont pratiquement ignorés.  Quand  tous ces changements pratiquement inéluctables se manifesteront avec plus d'acuité, les hypothèses sur lesquelles sont fondés les équilibres économiques actuels seront bouleversées, ce qui sera pleinement reflété par "la finance".  Les émules de Ben Bernanke ou de Hjalmar Schacht n'y pourront rien; les tours de magie ne durent qu'un temps.

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De Hongkong à Santiago, une contestation mondialisée

Malaise profond, ralentissement économique, creusement des inégalités, corruption, écrasement des classes moyennes, jeunesse sans avenir, marginalisation politique… Le monde est en proie à une flambée de mouvements contestataires.

Nicolas Bourcier - Le Monde

Alger, Beyrouth, Bagdad, Hongkong, Khartoum, Santiago : une flambée de protestations embrase le monde depuis plusieurs mois. Au Chili, l’étincelle est venue mi-octobre d’une mesure visant à augmenter le prix du ticket de métro dans la capitale. Au Liban, c’est une taxe sur les appels WhatsApp qui a mis le feu aux poudres le 17 octobre. Le Soudan, lui, a connu durant huit mois à partir de la fin décembre 2018 une mobilisation aussi spectaculaire qu’inédite à la suite de l’augmentation du prix du pain. Pendant la première moitié du mois d’octobre en Equateur, à l’instar des « gilets jaunes » en France, c’était l’essence. Comme si la planète était soudainement en proie à des convulsions multiples, oscillant entre les mouvements de protestation collective, l’intransigeance ou le sauve-qui-peut des dirigeants.

Différentes mesures touchant directement au coût de la vie, et d’apparence souvent dérisoire, ont ainsi provoqué de véritables ondes de choc, caractéristiques de l’effet papillon, libérant une colère populaire contre des élites politiques allègrement brocardées dans les cortèges. Les rues et les places sont occupées. Les poings levés. Autant d’explosions sociales venues s’ajouter à la déferlante de manifestations aux causes plus politiques, essentiellement autour de revendications démocratiques, comme celles survenues en Bolivie, en Catalogne, en Russie, en Algérie, au Nicaragua, au Venezuela ou encore au Kazakhstan.

Lire la suite derrière le paywall:

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/08/de-hongkong-a-santiago-une-contestation-mondialisee_6018419_3210.html

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