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L’urgence climatique et la crise de l’architecture

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https://www.ledevoir.com/opinion/idees/549300/l-urgence-climatique-et-la-crise-de-l-architecture

L’urgence climatique et la crise de l’architecture

Antoine Mathys
Architecte à L’Abri
7 mars 2019

Il ne passe plus une journée sans que les médias nous parlent d’urgence climatique ou de crise du réchauffement climatique, au point que ces mots semblent se vider de leur sens. C’est vrai, dans le fond, que ça fait bien au moins 50 ans qu’on en parle… Le problème, il me semble, est que ces mots ne s’inscrivent dans aucun récit qui fasse sens pour nous. Mais quel est le rôle de l’architecture dans cette crise ? Que dit-on à travers nos constructions qui représentent 46,8 milliards de dollars d’investissements au Québec ? Pour la majorité des gens, l’architecture s’est en grande partie enfermée dans une tour d’ivoire et ne semble plus être qu’un vaste cabinet de curiosités, où tout se vaut plus ou moins et se fond dans le tissu urbain. Au-delà de l’indifférence, une méfiance envers les architectes semble s’être développée dans certains milieux. La crise climatique est l’occasion de remettre notre rôle en question.

Selon l’écrasant consensus scientifique relayé par le Pacte pour la transition, « il est technologiquement, humainement et économiquement possible de limiter le réchauffement de la planète. La solution passe par la volonté politique ». Or le gouvernement Couillard avait fixé comme objectif de parvenir à une réduction de 20 % des émissions de GES en 2020 et de 37,5 % en 2030, même si en 2016 ces émissions n’avaient reculé que de 9,1 % par rapport à celles de 1990. Et dire que le secteur du bâtiment au Québec représente 30 % de la consommation totale d’énergie et 12 % des émissions de GES ! Bien sûr, les architectes ne sont pas les uniques responsables de ce bilan, mais ne sommes-nous pas parmi les mieux placés pour voir à la réhabilitation du bâti existant et à ce que les nouvelles constructions contribuent à nos ambitions collectives en matière de lutte contre les changements climatiques ?

Il est temps pour l’architecture d’entrer dans le XXIe siècle. Il est temps pour les architectes de se responsabiliser, et d’enfin travailler de concert avec les donneurs d’ouvrage, les ingénieurs, les universitaires, les constructeurs, les groupes communautaires et les citoyens usagers pour tenter de répondre de manière adéquate à l’urgence climatique. Aujourd’hui, plus que jamais, nous comprenons qu’un bâtiment n’est qu’une interface, une zone d’échanges que nous devons mieux contrôler pour protéger les écosystèmes naturels et humains dans lequel il s’intègre. Nous pensons encore nos bâtiments comme autant de petites frontières avec le monde, gagnées à grands coups de défrichage et d’extraction, au prix d’un immense gaspillage.

Le plan d’action fédéral en matière de lutte contre les changements climatiques prévoit l’adoption d’un code énergétique, avec un objectif « prêt à la consommation énergétique nette zéro » pour les bâtiments neufs d’ici 2030, et l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2050. Parallèlement, on entend souvent dire dans les cercles de construction que notre label écoénergétique québécois Novoclimat est le prochain code et que nous devrions tous minimalement construire selon ce programme. Le hic, c’est que le prochain code, c’est demain ! Littéralement l’année prochaine. Est-ce réaliste de penser atteindre notre objectif de carboneutralité avec de si faibles mesures ? Peut-on réellement se contenter de construire en faisant (un peu) moins (de) mal qu’un bâtiment construit selon le code actuel ?

Une nouvelle génération d’architectes préconise une approche intégrée à la conception architecturale qui ne peut être sortie du contexte de l’horizon de la carboneutralité. Et cette approche a déjà près de trente ans ! C’est le label d’efficacité énergétique international bâtiment passif. Il représente ce qui se fait de mieux pour l’atteinte d’une réelle efficacité énergétique, unique voie responsable vers des bâtiments à consommation « nette zéro ». La beauté de la norme passive est qu’elle commande des réponses hautement créatives et s’appuie sur une approche collaborative de la conception à la réalisation.

Même les détracteurs de l’adoption du standard passif au Québec admettent que les surcoûts liés à ce type de constructions diminuent radicalement dès la deuxième itération, passant de 30 % à parfois 15, voire 10 % de surcoûts par rapport à une construction standard. Faire les choses la première fois et à petite échelle va toujours coûter plus cher, mais ce n’est pas une raison pour jeter l’éponge ! Dans le domaine de la construction, comme dans les autres secteurs clés de l’économie — l’énergie, les transports, l’agriculture —, les « petits pas » sont non seulement inutiles, mais carrément contre-productifs.

Des dizaines de bâtiments passifs ont déjà été construits au Québec, dont deux sont certifiés. Nous nous devons aujourd’hui de rénover et de construire enfin à la mesure de nos connaissances si nous voulons avoir la moindre chance de dévier de notre trajectoire suicidaire. Construire mieux, c’est aussi innover dans notre manière de vivre — toujours chercher à tisser des liens plus riches entre l’humain et son environnement, et inventer des formes nouvelles de cohabitation. N’est-ce pas précisément le rôle que devrait jouer l’architecte dans la société ? L’adoption à grande échelle de la norme passive est l’occasion pour l’architecture de reprendre sa place parmi les grands enjeux de société et de sortir enfin la création architecturale de sa tour d’ivoire pour l’ancrer dans l’urgence de notre époque.

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Chronique de Marc-André Carignan à ce sujet

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-15-18/segments/chronique/109006/architecture-batiments-vert-environnement-maison-developpement-durable

À quand des bâtiments écologiques (pour vrai)?

PUBLIÉ LE JEUDI 7 MARS 2019

Le chroniqueur et architecte Marc-André Carignan se demande quand le Québec prendra un véritable virage écologique dans son secteur immobilier. Il déplore que l'on parle beaucoup d'environnement dans le milieu du bâtiment, mais que peu de gestes concrets soient posés.

Depuis les dernières années, on voit de plus en plus de projets à caractère écologique, observe Marc-André Carignan. Mais en réalité, souvent, ce n’est qu’un vernis, soutient-il.

Il précise que moins de 5 % des bâtiments sont certifiés écologiques au Québec.

Le chroniqueur déplore que l'environnement soit trop souvent mis de côté au moment de concevoir un projet architectural. Il donne l’exemple de la place Ville-Marie, à Montréal, qui a annoncé l’aménagement d’une toute nouvelle aire de restauration dotée d’un toit en verre, sans prendre en considération les pertes de chaleur que cela va engendrer. J’ai même parlé à des architectes qui ont travaillé sur ce projet qui m’ont dit qu’ils étaient gênés de présenter ça au public, mais que c’était ce que leur client voulait, raconte-t-il.

Marc-André Carignan fait remarquer que les obstacles sont nombreux à l’adoption de techniques de construction plus écologiques. Non seulement il est toujours difficile de changer les habitudes dans ce milieu, puisque le changement représente un risque, mais certains promoteurs craignent aussi de se lancer dans la construction verte, car ils n’ont pas d’expertise dans ce domaine. Marc-André Carignan s’est d’ailleurs fait dire par un promoteur que son premier projet certifié LEED l’avait plongé dans le rouge.

Le chroniqueur mentionne que les bâtiments écologiques coûtent entre 10 % et 12 % de plus à construire, mais qu'il est généralement possible de rentabiliser cet investissement à long terme grâce aux économies d’énergie.

Dans le secteur public, comme les écoles, on devrait assumer ce coût supplémentaire parce qu’on n’a pas la pression d’entrer tout de suite dans notre investissement, pense Marc-André Carignan.

Il insiste sur le fait que pour entreprendre un véritable virage, tout le monde doit revoir son approche : les architectes, les clients, les promoteurs, mais aussi le gouvernement, qui peut élever les standards du code du bâtiment.

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    • Par ToxiK
      Une idée intéressante d'Énergir annoncée il y a quelques jours.  Je n'ai pas vu de fil à ce sujet.  Ça semble être une bonne idée.  Évidement, si on consomme notre propre gaz plutôt que d'importer celui de l'Alberta, on nous aimera encore moins et on nous accusera de ne penser qu'à nous...  Mais dans les faits, ça pourrait rapporter gros au Québec tout en nous permettant de revaloriser nos déchets et de diminuer nos importations en gaz naturel.
      https://www.lapresse.ca/affaires/economie/energie-et-ressources/201902/06/01-5213711-gaz-naturel-renouvelable-une-solution-a-20-milliards.php
    • Par IluvMTL
      https://saportareport.com/tim-keane-to-atlanta-no-more-ugly-buildings-focus-on-quality-design/
      Tim Keane to Atlanta: No more ugly buildings; focus on quality design
      December 17, 2018, 3:40 pm/24 Comments   By Maria Saporta
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      Planners Tim Keane and Terri Lee look over the watercolor depiction of how Atlanta can grow and retain its beauty (Photo by Maria Saporta)
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      For Keane, this is not a job; it’s a mission to create greater awareness of the importance of quality design on our urban environment.
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      Keane moved to Atlanta nearly three years ago after serving as the planning commissioner for the City of Charleston, S.C.
      “It was a big change for me coming from Charleston where design was seen as contributing to a better life for residents. We cared about every detail,” Keane said. “In Charleston, there was a three-step design review process to get a building approved. It was too much. Charleston was so over the top, but Atlanta is on the opposite end of the spectrum.”
      So Keane is changing Atlanta’s laissez-faire approach and emerged as a good cop (or bad cop) insisting on quality design for projects that land on his desk.
      “I have started to say: ‘You can’t build that. You can’t build insulting buildings in Atlanta anymore,’” Keane said. “This is not about architecture and architectural awards. It is more how architecture contributes to a better public realm.”
      Initial design for the 445 Marietta St. building (Special: City of Atlanta)
      The revised design for a building at 445 Marietta St. Notice how the building incorporates an historic building in the lower right corner (Special: City of Atlanta)
      It is his attempt to stop the development of “Mr. Potatohead” buildings – structures where architects add different design features to try to make an ugly building better. Keane would rather architects start out with a simple building design with high quality materials and amenities.
      As the law currently stands, the city of Atlanta would have a hard time enforcing a design standard. And Keane acknowledges the city is not authorized to mandate good design. But he has told developers that the city won’t approve a project unless they change the architecture. Developers could take the city to court, but that would cost time and money.
      So far, developers have been willing to work with the city to redesign their buildings in order to get the project moving. Eventually, Keane hopes developers will know to incorporate quality design principles before they bring their proposals to the city.
      “The main point is that design is not a frivolous endeavor,” Keane said. “It is integral to a city’s development.”
      Keane did acknowledge that quality design can be in the eyes of the beholder – and he is not advocating for classical or modern design.
      “We are going to be advocates for a better public realm,” Keane said. “It’s how a building meets the street. It has to have good proportions with quality materials. It should have a balanced window to wall ratio that fit in with the overall composition of the building.
      “Everything has to be done well – designed well – no matter what your style is,” Keane said. “I’m interested in contemporary architecture, but it has to achieve the basics of good design in order to be built.”
      One area where Keane does not have a lot of room for compromise is historic preservation.
      “I think Atlanta has enough old buildings that if we save them, we still have enough fabric to build around them and make a distinct city,” Keane said. “What we are struggling with is the quality of the new buildings that fall around the historic buildings.  So far we haven’t been able to build to consistent design quality buildings that stand up to the test of time.”
      640 Peachtree St. – initial design for the hotel at the important Ponce de Leon Avenue intersection (Special: City of Atlanta)
      Revised design for 640 Peachtree St. hotel project (Special: the City of Atlanta)
      Historically, Atlanta has let zoning laws regulate urban development (the city has been revamping its zoning ordinances with several new rules passing the Zoning Review Board on Dec. 13).
      “This is about the city taking responsibility or the quality of architecture in Atlanta. The city has relied on zoning, but zoning doesn’t make good buildings,” Keane said “Only design can do that.”
      The city has started having internal discussions about developing a design process that will lead to better architecture. It is working on how best to involve the Atlanta Urban Design Commission as well as the development review committees within certain community improvement areas. Keane said he hopes to have a new process adopted within the next year.
      “All of that needs to be up for refinement,” Keane said. “The saving of old buildings is job No. 1. We can never replicate the design of our old buildings.”
      So far, Keane has been a successful good design cop – especially with the three developments where he was able to influence the ultimate design.
      “In every one of these cases, the developers have been thrilled with the process,” Keane said. “What they got was so much better.”
      It’s only been a little more than three years since Keane came to Atlanta – and he can best be described as a change agent. He worked with Ryan Gravel to have the city adopt the Atlanta City Design Project – which outlined ways the city could increase its population while improving its quality of life. He has been working on a host of institutional changes – the zoning ordinance, a new tree ordinance, an urban ecology framework plan, a more pedestrian-oriented transportation plan and now better design standards.
      In Keane’s mind, we can’t look at the city in silos. We need to integrate all the various urban amenities so they create a balanced, equitable city that respects our unique history and location.
      That includes affordability, transit, accessibility, quality design, historic preservation, protection of high value trees as well as making sure residents have ample opportunities to be involved in the evolution of Atlanta.
      524 West Peachtree at Baltimore Row. The image shows the initial plans on the left and the revised design on the right (Special: City of Atlanta)
      This is one of my favorite examples of a modern building respecting the historic fabric of its neighbor:
      Photo shows the addition to the Boston Public Library that opened in 1972. The addition was designed by architect Philip Johnson, who used design motifs from the historic library (Special: Boston Library)
       
    • Par ScarletCoral
      J'ai cru rêvé en entendant la présidente de la CSDM Catherie Harel-Bourdon dire qu'elle allait présenter une résolution ce soir au conseil des commissaires pour permettre des concours d'architecture dans la construction et l'agrandissement des écoles!! ?
      Elle était en entrevue avec Annie Desrochers cet arpès-midi à ce sujet :
      Résolution de la CSDM pour permettre des concours d'architecture pour les écoles https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-15-18/episodes/407799/audio-fil-du-mercredi-23-mai-2018/3
      L'architecture Pierre Thibault a souvent dit que son rêve était de construire une école, mais qu'il ne pouvait parce qu'il en avait jamais fait avant..
      Cet article du Journal de Montréal a bien résumé ses propos recueillis lors d'une entrevue avec Infoman : http://www.journaldemontreal.com/2015/04/05/a-quand-une-ecole-pierre-thibault
      « La question qu’Infoman a posée à Pierre Thibault : À quand une école construite par lui au Québec? Sa réponse : « Cela est Impossible parce que pour avoir le droit de construire une école, il faut déjà en avoir construit une avant. » Et vous savez quoi, une école construite d’après des dessins d’architecte ne coute que 1% plus cher. »
    • Par Flo
      radio-canada.ca
      PUBLIÉ LE SAMEDI 28 OCTOBRE 2017 À 19 H 36
      Au lendemain du Sommet Mondial du Design tenu dans la métropole québécoise dernièrement, le directeur général de Montréal autochtone, Philippe Meilleur, souhaite l'adoption prochaine d'un guide du design pour orienter de futurs chantiers autochtones en milieu urbain.
      Un texte d’Anne-Marie Yvon
      Sur les rives du fleuve Saint-Laurent, à quelques encablures des rapides de Lachine, se dresse Nations sur le fleuve, un site culturel autochtone évoquant l’occupation amérindienne. Outre un centre culturel, on y trouve un camping urbain et partout autour des plantes indigènes.
      Si le lieu est magnifique, il est avant tout virtuel, sorti tout droit de l’imagination de la designer d’ascendance malécite, Johanne Aubin, qui s’inspire de la culture autochtone dans son travail.
       
       
      Leprojet Nations sur le fleuve illustre comment Montréal pourrait, de manière très concrète, intégrer
      et valoriser la culture et l’histoire des Premiers Peuples. Photo : Radio-Canada/Anne-Marie Yvon
       
      Nations sur le fleuve illustre bien comment Montréal pourrait, de manière très concrète, intégrer et valoriser la culture et l’histoire des Premiers Peuples.
      Le projet verra-t-il le jour? C’est le souhait de Philippe Meilleur qui, au sein de Montréal autochtone, fait tout pour intégrer des milieux de vie autochtones au cœur de la ville. Celle-ci accuse un certain retard comparativement à d’autres grandes métropoles du pays et du monde.
      L’urbanité autochtone
      Les données dévoilées par Statistique Canada le 25 octobre le montrent clairement : les Autochtones sont de plus en plus urbains. Le recensement de 2016 révèle que plus de la moitié (51,8 %) des Autochtones vivaient dans une région métropolitaine de plus de 30 000 habitants au pays.
      Quelque 34 745 Autochtones habitent dans la région urbaine de Montréal, comparativement à 18 465 en 2006. Sur l’île de Montréal, ils sont environ 12 000, précise Philippe Meilleur.
      L’organisme qu’il dirige a été fondé en 2014, pour pallier l’absence de service pour les familles et la jeunesse, de plus en plus nombreuses. Mais qu’en est-il de l’environnement bâti?
      Une promenade dans les divers quartiers de Montréal ne permettra pas de mesurer à sa juste valeur la présence des Premières Nations. Il y a bien eu, en septembre, l’ajout d’un cinquième symbole, le pin blanc, placé au centre des armoiries de la Ville pour illustrer leur présence ancestrale sur le territoire.
      Il y a aussi des représentations de leur culture dans les musées, tenus par des non-Autochtones, tient à préciser Philippe Meilleur, que ce soit le Centre d'histoire de Montréal ou le Musée McCord d'histoire canadienne, mais le reste tient de l’évènement ponctuel, qu'on pense aux pow-wow annuels, au festival Présence autochtone ou même au café de la Maison ronde, fermé pendant l’hiver.
       
       
       
      Philippe Meilleur, directeur général de Montréal autochtone Photo : Radio-Canada/Anne-Marie Yvon
       
      Ce que souhaite Philippe Meilleur, et dont il a été question pendant l’exposition publique Autochtoniser Montréal, dans le cadre du Sommet Mondial du Design, c’est l’élaboration d’un guide de design autochtone en collaboration avec le Bureau du design de Montréal.
      « Pour tout projet tagué autochtone et qui demande un terrain de la ville pour pouvoir exister, par exemple le projet de logement social à Verdun, ces projets seraient soumis à une réflexion sur la qualité, opérée par le bureau du design », mentionne-t-il.
      Ailleurs au Canada et dans le monde, des infrastructures publiques collent déjà à la réalité de leur population autochtone, tout en offrant un milieu inspirant pour les non-Autochtones.
      À Oujé-Bougoumou au Québec, l’Institut culturel cri Aanischaaukamikw s’appuie sur l’architecture de la maison longue traditionnelle de cette nation.
       
       
      L’Institut culturel cri Aanischaaukamikw à Oujé-Bougoumou au Québec. Photo : Radio-Canada/Anne-Marie Yvon
       
      À Whistler, en Colombie-Britannique, le Centre culturel Squamish Lil'wat, soutenu par des poutres de sapins de Douglas géants, réinterprète aussi à sa manière les habitations traditionnelles de ces peuples.
      L’idée est la même derrière la construction, à Taïwan, de la galerie autochtone de Taitung et de l’école primaire Ming-Chuan.
       
       
      L’école primaire Ming-Chuan à Taïwan Photo : Radio-Canada/Anne-Marie Yvon
      À Christchurch en Nouvelle-Zélande, la bibliothèque centrale, reconstruite après les tremblements de terre de 2010 et de 2011, met en valeur l’héritage de la tribu maorie des Nghai Tahus. À Auckland, on s’est basé sur le manuel de design Maori Te Oro pour réaliser des projets, dont le centre culturel Te Oro.
      Un projet pourrait bénéficier des cinq principes élaborés dans ce guide de design autochtone, dont un principe d’autorité et de consultation, et devenir une première référence. Cette idée de logement social pourrait se concrétiser à Verdun d’ici quelques années.
      « La pérennité de ces projets va passer par leur réflexion approfondie, collée à nos réalités, à nos valeurs; donc il nous faut un guide du design pour orienter un grand plan communautaire du développement des grands chantiers autochtones », conclut Philippe Meilleur.
    • Par guil3433
      Une page Facebook démontrant à l'aide de montages photos les bons et les aberrations au niveau de l'urbanisme au Québec.
      Ça se passe ici : https://www.facebook.com/Lévolution-du-patrimoine-bâti-et-des-paysages-au-Québec-289514968148402/
      Quelques exemples :