Normand Hamel

Baisse marquée du nombre de Montréalais à faible revenu

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Baisse marquée du nombre de Montréalais à faible revenu

Le nombre de personnes à faible revenu a chuté à Montréal depuis 15 ans, selon une donnée statistique dont se sert la Ville de Montréal pour dresser le profil sociodémographique de ses secteurs et arrondissements.

ANDRÉ DUBUC - La Presse

Selon cet outil, on compte 176 000 personnes de moins parmi les ménages les plus pauvres depuis le début du millénaire.

Ils étaient plus d'un demi-million au recensement de 2001, 515 000 pour être précis, ce qui correspondait à 29 % de la population. Quinze ans plus tard, leur nombre est tombé à 339 000 et ils ne représentent plus que 18 % de la population de la région administrative de Montréal.

Les données étudiées sont les seuils de faible revenu après impôt. Elles sont tirées des recensements de Statistique Canada. La Ville de Montréal les a reproduites dans le profil sociodémographique du quartier des Faubourgs dans le cadre de la consultation publique qui se déroule sur le plan particulier d'urbanisme qui viendra encadrer le développement du territoire à l'avenir.

« Ces seuils sont des limites de revenu en deçà duquel un ménage est susceptible de consacrer une part plus importante de son revenu après impôt à l'achat de nécessités comme la nourriture, le logement et l'habillement qu'une famille moyenne. » - Le service des études économiques du Mouvement Desjardins, dans une étude sur la pauvreté parue en 2017

Trois autres outils statistiques y sont utilisés pour quantifier les ménages à faible revenu.

Dans cette étude, Desjardins observe une baisse du nombre de Québécois touchés par la pauvreté depuis 2012, peu importe la mesure utilisée, mais les données observées s'arrêtent en 2014. L'étude conclut cependant que de nombreux Québécois n'arrivent pas à joindre les deux bouts et qu'il faut rester à l'affût du phénomène.

Pour Lassad Damak, économiste chez Emploi Québec, l'embellie du marché du travail explique certainement la tendance baissière. « Le marché du travail s'est tellement amélioré, que ça se reflète forcément sur la distribution des revenus », dit-il dans un entretien téléphonique.

De meilleurs moments

Il est vrai que l'agglomération montréalaise connaît ses meilleurs moments sur le plan économique. Depuis 2014, il s'est ajouté 150 000 emplois dans la région et le chômage est passé d'un taux de près de 11 % pour glisser à 7,3 % en 2018, et il pourrait atteindre 6,8 % en 2019.

Depuis 2017, l'économie de l'île de Montréal progresse à un rythme plus rapide que celui de la province et ça se poursuivra en 2019, selon un état de la situation, publié par le Mouvement Desjardins en décembre dernier.

Néanmoins, cette baisse draconienne de personnes à faible revenu ne convainc pas tous les économistes. 

« La diminution de 515 000 à 339 000 pour la région de Montréal m'apparaît d'emblée énorme et je ne me l'explique pas », confie Stéphane Crespo, analyste-Statistiques et indicateurs sociaux à l'Institut de la statistique du Québec. Elle est contradictoire avec d'autres mesures. Étant donné ces contradictions, j'associerais [le] résultat moins à une tendance franche qu'à un effet de méthode. »

Personnes à faible revenu(1) dans l'agglomération de Montréal

2001 : 514 925 ou 29 % de la population

2016 : 339 060 ou 17,9 % de la population

(1) Population dans les ménages privés à faible revenu fondée sur les seuils de faible revenu après impôt (SFR-I)

Source : StatCan, recensements de 2001 et 2016 tirés de Profil de quartier, secteur des Faubourgs, arrondissement de Ville-Marie, une publication de Montréal en statistiques du Service du développement économique, août 2018.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/quebec/201901/16/01-5211200-baisse-marquee-du-nombre-de-montrealais-a-faible-revenu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_cinemaStandard__4249193_section_POS4

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Je suis heureux de voir que le nombre de gens à faible revenu est en baisse. Il est temps de réduire le fardeau et la laideur de la précarité. C est malheureusement un sujet tabou au Québec et dans le reste du Canada. Je suis heureux que davantage de Montréalais puisse profiter du développement de cette magnifique métropole. À mes yeux, la réduction de la pauvreté rend la ville plus belle. Mais, il y a beaucoup à faire pour diminuer ce nombre de manière plus significative. Nous ne devons pas nous arrêter là. Il faut poursuivre cette bonne voie. La pauvreté c est quelque d immonde. 

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il y a 5 minutes, enrigue9 a dit :

Mais, il y a beaucoup à faire pour diminuer ce nombre de manière plus significative.

À mon avis le prochain recensement devrait donner encore de meilleurs résultats que cette étude qui est basée sur le période de 2011 à 2016. C'est que la prochaine période, soit 2016 à 2020, coïncidera avec le début de la renaissance économique de Montréal.

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Si je peux me permettre une question. Est-ce qu'on sait si ces statistiques représentent vraiment une augmentation de la richesse chez les gens à faibles revenus, ou plutôt que ces gens quittent la région pour aller s'installer plus loin pour laisser leur place à des gens à revenu plus élevé? Ou est-ce un mélange des deux?

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9 minutes ago, Faitlemou said:

Si je peux me permettre une question. Est-ce qu'on sait si ces statistiques représentent vraiment une augmentation de la richesse chez les gens à faibles revenus, ou plutôt que ces gens quittent la région pour aller s'installer plus loin pour laisser leur place à des gens à revenu plus élevé? Ou est-ce un mélange des deux?

It can be both for sure, but poverty rates have been decreasing across the board. Usually, when you see poorer people move to regions, their poverty rates increase, but within the island of MTL/GMA it has been decreasing. Regardless, to go to 17.9% of the population when after the 1995 referendum that number was at 40% is absolutely stunning honestly.

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On ‎16‎/‎01‎/‎2019 at 3:16 PM, Normand Hamel said:

Baisse marquée du nombre de Montréalais à faible revenu

Le nombre de personnes à faible revenu a chuté à Montréal depuis 15 ans, selon une donnée statistique dont se sert la Ville de Montréal pour dresser le profil sociodémographique de ses secteurs et arrondissements.

ANDRÉ DUBUC - La Presse

Selon cet outil, on compte 176 000 personnes de moins parmi les ménages les plus pauvres depuis le début du millénaire.

Ils étaient plus d'un demi-million au recensement de 2001, 515 000 pour être précis, ce qui correspondait à 29 % de la population. Quinze ans plus tard, leur nombre est tombé à 339 000 et ils ne représentent plus que 18 % de la population de la région administrative de Montréal.

Les données étudiées sont les seuils de faible revenu après impôt. Elles sont tirées des recensements de Statistique Canada. La Ville de Montréal les a reproduites dans le profil sociodémographique du quartier des Faubourgs dans le cadre de la consultation publique qui se déroule sur le plan particulier d'urbanisme qui viendra encadrer le développement du territoire à l'avenir.

« Ces seuils sont des limites de revenu en deçà duquel un ménage est susceptible de consacrer une part plus importante de son revenu après impôt à l'achat de nécessités comme la nourriture, le logement et l'habillement qu'une famille moyenne. » - Le service des études économiques du Mouvement Desjardins, dans une étude sur la pauvreté parue en 2017

Trois autres outils statistiques y sont utilisés pour quantifier les ménages à faible revenu.

Dans cette étude, Desjardins observe une baisse du nombre de Québécois touchés par la pauvreté depuis 2012, peu importe la mesure utilisée, mais les données observées s'arrêtent en 2014. L'étude conclut cependant que de nombreux Québécois n'arrivent pas à joindre les deux bouts et qu'il faut rester à l'affût du phénomène.

Pour Lassad Damak, économiste chez Emploi Québec, l'embellie du marché du travail explique certainement la tendance baissière. « Le marché du travail s'est tellement amélioré, que ça se reflète forcément sur la distribution des revenus », dit-il dans un entretien téléphonique.

De meilleurs moments

Il est vrai que l'agglomération montréalaise connaît ses meilleurs moments sur le plan économique. Depuis 2014, il s'est ajouté 150 000 emplois dans la région et le chômage est passé d'un taux de près de 11 % pour glisser à 7,3 % en 2018, et il pourrait atteindre 6,8 % en 2019.

Depuis 2017, l'économie de l'île de Montréal progresse à un rythme plus rapide que celui de la province et ça se poursuivra en 2019, selon un état de la situation, publié par le Mouvement Desjardins en décembre dernier.

Néanmoins, cette baisse draconienne de personnes à faible revenu ne convainc pas tous les économistes. 

« La diminution de 515 000 à 339 000 pour la région de Montréal m'apparaît d'emblée énorme et je ne me l'explique pas », confie Stéphane Crespo, analyste-Statistiques et indicateurs sociaux à l'Institut de la statistique du Québec. Elle est contradictoire avec d'autres mesures. Étant donné ces contradictions, j'associerais [le] résultat moins à une tendance franche qu'à un effet de méthode. »

Personnes à faible revenu(1) dans l'agglomération de Montréal

2001 : 514 925 ou 29 % de la population

2016 : 339 060 ou 17,9 % de la population

(1) Population dans les ménages privés à faible revenu fondée sur les seuils de faible revenu après impôt (SFR-I)

Source : StatCan, recensements de 2001 et 2016 tirés de Profil de quartier, secteur des Faubourgs, arrondissement de Ville-Marie, une publication de Montréal en statistiques du Service du développement économique, août 2018.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/quebec/201901/16/01-5211200-baisse-marquee-du-nombre-de-montrealais-a-faible-revenu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_cinemaStandard__4249193_section_POS4

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Does anyone know how does it compare to Toronto and Vancouver?

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Une fois de plus, une analyse de l'évolution des conditions économiques (mesurées par le revenu disponible) de l'Île de Montréal (+ l'île Bizard) = "Agglomération de Montréal"  (une "région administrative") est problématique, pour l'évidente raison qu'elle dissocie l'économie de la région urbaine (approximativement la Région Métropolitaine de Recensement) de celle de la soi-disante "agglomération de M.", laquelle regroupe approximativement la moitié de la population de la RMR, et une part beaucoup plus importante des emplois.  

Ainsi, un emploi créé sur le sol de l'Île de M. mais occupé par un résident  de par exemple Laval n'est pas inclus dans le total "montréalais"; inversement, un emploi créé à Laval mais occupé par un résident de Montréal est inclus dans le total "montréalais".   Quand on dit  " Que depuis 2014  il s'est ajouté  150 000 emplois dans la région", on devrait plutôt dire que 150 000 "Montréalais de l'Île" de plus occupent en emploi.

Ce que les statistiques dévoilées dans l'étude citée nous apprennent, c'est que les résidents de l'agglomération de M. ont amélioré leurs conditions --peu importe qu'ils travaillent à Montréal ou pas, et peu importe aussi  si leurs revenus proviennent d'un emploi ou d'autres sources.  Par contre, ces statistiques ne disent rien (et pour cause!) sur les conditions des résidents de la RMR qui habitent à l'extérieur de l'Île (un peu plus de la moitié du grand total).  Il nous manque donc la moitié du portrait global.  Ainsi, qui sait ce qu'il est advenu de ces Montréalais de l'Île qui ne font plus partie de la catégorie "à bas revenus"?  -- Est-ce parce que leurs revenus ont augmenté, ou bien  (deux alternatives non exclusives) parce qu'ils ont déménagé hors de l'Île?  Finalement, il faudrait voir aussi dans quelle mesure l'augmentation s'est manifestée, puisqu'il ne s'agit que du passage d'un seuil. (On n'est pas beaucoup plus riche à 20,100$ qu'à 19,900$).

La même critique sur le découpage s'appliquerait à des études économiques des "régions administratives" de Laval, Montérégie, Laurentides et Lanaudière.  Pour ma part, c'est le portrait d'ensemble de la grande région constituée de celles-ci + Montréal qui  est significatif.  Les  découpages à l'intérieur de la grande région ont aussi leur utilité, mais principalement dans une perspective administrative. 

 

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La pauvreté recule à Montréal, mais moins qu'annoncé

ANDRÉ DUBUC - La Presse

Le nombre de personnes à faible revenu a bel et bien baissé dans l'île de Montréal dans les dernières années, mais pas dans les proportions que pouvait laisser croire un document récent de la Ville de Montréal.

Après vérifications auprès de Statistique Canada et de la Ville de Montréal, le nombre de personnes à faible revenu a diminué de 18 % dans l'île de Montréal en 10 ans, entre 2005 et 2015.

Or, le 16 janvier dernier, La Presse a écrit que la population de personnes à faible revenu avait diminué de 175 000 personnes en 15 ans, une diminution de 34 % qui avait laissé dubitatif Stéphane Crespo, analyste statistiques et indicateurs sociaux à l'Institut de la statistique du Québec.

Les données ayant servi de référence à notre article avaient été tirées d'un profil de quartier préparé par Montréal en statistiques à la demande de l'arrondissement de Ville-Marie, dans le cadre de la préparation du programme particulier d'urbanisme (PPU) pour le secteur des Faubourgs. Le document en question est diffusé sur le site internet de l'Office de consultation publique de Montréal.

Le nombre de personnes à faible revenu reposait sur les seuils de faible revenu après impôt utilisés par Statistique Canada. Ces seuils sont calculés sur une base canadienne et sont établis en fonction de la taille de la région. Pour Montréal, les seuils en 2015 s'élevaient à 20 386 $ pour une personne seule et à 38 544 $ pour un ménage de quatre personnes.

Le scepticisme de M. Crespo s'est avéré justifié. La Ville a reconnu avoir comparé des pommes avec des oranges dans son profil de quartier.

Dans un courriel reçu le 28 janvier, le Service de développement économique de la Ville explique avoir comparé des données avant impôt de 2001 avec des données après impôt de 2016, ce qui a eu pour effet d'exagérer la diminution du nombre de personnes à faible revenu entre les deux périodes.

Le dénombrement des personnes se trouvant sous les seuils de faible revenu après impôt n'a malheureusement pas été calculé par Statistique Canada lors du recensement de 2001.

Pour refaire les calculs, on doit se contenter des seuils avant impôt, moins intéressants parce qu'ils ne tiennent pas compte des transferts gouvernementaux, dont l'un des buts est de réduire la pauvreté.

Sur cette base imparfaite, le nombre de personnes à faible revenu a reculé de 13 % en 15 ans, soit une diminution de 67 705 personnes, donc beaucoup moins que les 175 000 espérés.

À notre demande, Statistique Canada a comparé les seuils de faible revenu après impôt pour la plus longue période disponible. Entre 2005 et 2015, le nombre de personnes à faible revenu dans l'île de Montréal a diminué de 73 845 personnes, passant de 413 530 personnes à 339 685, une baisse de 18 % en 10 ans.

Raisons du recul de la pauvreté

La Ville explique ce recul par la croissance du revenu moyen des ménages de l'île qui a excédé le rythme de l'inflation au cours de la période. 

« Le montant qui détermine les seuils de faible revenu a augmenté de 30,5 % de 2001 à 2016 alors que les revenus médians des Montréalais ont augmenté de 46,3 % », écrit Benoit Van de Walle, membre de l'équipe de Montréal en statistiques.

Il rejette aussi l'hypothèse, évoquée par certains de nos lecteurs à la publication de notre article original, selon laquelle le recul de la pauvreté s'expliquerait par le déménagement des ménages à faible revenu en banlieue, où le logement est moins cher.

« Parce que le nombre de personnes à faible revenu a reculé partout au Québec dans les mêmes proportions qu'à Montréal, rien ne permet d'estimer que cette diminution serait le résultat d'un déplacement des Montréalais moins bien nantis vers d'autres régions du Québec. »

Historiquement, ce sont des travailleurs professionnels qui quittent Montréal pour acheter une maison en banlieue dans le but d'élever une famille. Ceux-ci sont remplacés dans l'île en bonne partie par des étudiants et par des immigrants qui n'ont pas nécessairement de gros moyens.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/emploi/201902/01/01-5213288-la-pauvrete-recule-a-montreal-mais-moins-quannonce.php

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C’est quand même énorme, l’industrie de la pauvreté sera pas contente. 

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