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Vivre près de l'eau: Stockholm et Amsterdam


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Publié le 03 septembre 2018 à 08h00 | Mis à jour à 08h00

http://www.lapresse.ca/maison/architecture/201808/30/01-5194769-vivre-pres-de-leau-stockholm-et-amsterdam.php

Vivre près de l'eau: Stockholm et Amsterdam

Maisons contemporaines à Amsterdam.... (Photo fournie par Pierre Thibault)

Maisons contemporaines à Amsterdam.

Photo fournie par Pierre Thibault

 
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Pierre Thibault

Collaboration spéciale

La Presse
 

Voilà, j'ai fait le saut. Vous pouvez lire aujourd'hui mon premier billet. Cet été, comme tous les étés depuis plusieurs décennies, j'ai organisé ma propre «école d'été» qui combine le plaisir de voyager et la découverte de nouveaux projets qui sont une source d'inspiration pour mes propres créations. En juillet, j'ai mis le cap vers le nord de l'Europe. Deux villes près de l'eau que j'affectionne particulièrement, mais dans lesquelles je n'avais fait que de courts séjours: Stockholm et Amsterdam.

Amsterdam est environ à la latitude de Chibougamau tandis que Stockholm est à la même latitude que les monts Torngat à la frontière du Québec et du Labrador. Je pensais donc visiter des villes aux longues soirées lumineuses, sûrement froides. Mais, changements climatiques obligent, le thermomètre était plutôt au-dessus de 30 °C.

Stockholm est une ville sur l'eau ayant été construite sur 14 îles, elles-mêmes entourées de milliers d'autres. C'est impressionnant de voir les nombreux bateaux et marinas. Avec ce bel été, les gens se déplaçaient en grand nombre vers les îles où l'on retrouve de très beaux chalets en bois. C'était presque idyllique.

Un des projets que je voulais vraiment revoir était Hammarby Sjöstad, un écoquartier qui a été développé dans une ancienne zone industrielle, initialement prévue pour la candidature de Stockholm aux Jeux olympiques de 2004. Il a donc été planifié à la fin des années 90 et terminé en 2010. Il compte 8000 appartements et une population de 25 000 habitants. Le quartier longe le lac Hammarby qui est à une écluse de la mer Baltique. La plus grande partie de la rive du lac est végétalisée et accessible par une grande promenade de bois. Elle offre de belles perspectives sur l'eau et les autres rives. On y a même construit des passerelles étroites, perpendiculaires à la promenade, qui nous donnent l'impression d'avancer dans le lac. De plus, il y a une navette fluviale qui relie le quartier au centre-ville, accentuant le caractère maritime de l'endroit.

 

Cet été, c'était frappant de voir tous les gens utiliser ces espaces publics pour la marche, le jogging, les pique-niques, les apéros ou encore le yoga. Un véritable lieu pour le bonheur citoyen. L'espace public est soigné, il offre de nombreux jardins collectifs et des aires de jeux pour les enfants. Même au coeur du quartier, on est en contact avec l'eau. J'avais visité ce quartier, il y a 10 ans, lorsqu'on y construisait les derniers projets. Aujourd'hui, la croissance de la végétation, la diversité des commerces de proximité et le contact avec le lac en font un quartier très prisé. Il faut dire aussi qu'au coeur de chaque îlot, il y a des cours intérieures offrant de beaux espaces apaisants. Chaque unité d'habitation est traversante et dispose d'un balcon qui donne sur l'eau ou un espace vert.

La clé du succès de ce quartier: un plan d'ensemble longuement réfléchi avec des constructions à l'échelle humaine intégrant des espaces publics généreux. La ville, propriétaire des terrains, a pu s'assurer du respect du plan d'ensemble pour chacun des îlots confiés à des promoteurs. La cohérence de l'ensemble est remarquable.

Un autre quartier, Le Royal Seaport, est actuellement en construction selon les mêmes règles et des principes de développement durable les plus innovants. Il sera terminé en 2030. J'aimerais vraiment voir un tel quartier, à Montréal ou à Québec. Pourquoi pas?

La proximité de l'eau

On a tous en tête une photo d'Amsterdam avec ses canaux, ses ponts et ses maisons de brique avec leurs frontons distinctifs. Je vous en présente une autre image. Un des éléments que j'y ai appréciés est le nombre remarquable de bâtiments publics contemporains construits à proximité de l'eau. On les voit de loin. Et, placés stratégiquement, ils aident à s'orienter. Le musée du cinéma EYE est un bel exemple. Le projet est tout blanc avec une forme facilement reconnaissable. De plus, à l'intérieur du musée, on a des gradins qui permettent de voir l'eau, l'activité maritime et le centre. La terrasse du café-restaurant donne directement sur l'eau.

Stockholm, une ville sur l'eau.... (Photo fournie par Pierre Thibault) - image 2.0

 

Stockholm, une ville sur l'eau.

Photo fournie par Pierre Thibault

Pour une autre expérience captivante, il suffit de prendre les navettes fluviales pour s'y rendre, un peu comme à Stockholm. Comme il faisait très chaud, la fraîcheur sur l'eau était agréable. J'ai toujours aimé prendre des traversiers, même sur de courtes distances. On voit le bateau arriver. Les gens montent à bord. On voit une rive s'éloigner, l'autre se rapprocher. C'est une expérience agréable, tellement différente d'aller prendre le métro ou l'autobus. Les navettes sont de petites dimensions, accessibles seulement aux piétons et aux vélos. Comme visiteurs, on peut y prendre le pouls de la cité. On a le temps d'observer les gens.

Pourquoi pas de telles navettes à Montréal ou à Québec? Il y a bien sûr le traversier à Québec, mais il est grand et le temps d'embarquement et de débarquement des autos et camions est très long. On trouve aussi de trop rares navettes à Montréal, du Vieux-Port au parc des Îles et à Longueuil, par exemple. 

Or, à Amsterdam (comme à Stockholm), les citadins ont accès à des embarcations agiles avec une fréquence rapide. On relie différents points de chaque côté des rives. On glisse sur l'eau avec plaisir.

Autre élément inspirant : de nouveaux quartiers, tout près du centre-ville, sur les quais de l'est. Plusieurs stratégies y ont été mises à l'essai, dont une série de maisons en rangées. Chaque unité a environ sept mètres de large, un côté donne sur la rue et l'autre, sur l'eau. On peut même y accrocher son bateau et avoir son propre quai. À 35 degrés, c'était le bonheur d'y voir les enfants sauter dans l'eau. Nous avons ici que très peu de résidences sur l'eau qui favorisent un tel mode de vie. 

Dans le nouveau quartier IJburg, on a demandé à plusieurs architectes de concevoir ces maisons et, ce qui est surprenant, c'est qu'on retrouve tout à fait dans ces maisons accolées toutes neuves l'esprit d'Amsterdam et de la vie sur l'eau. Est-ce que l'on ne pourrait pas avoir des quartiers entiers qui s'inspirent de cela au Québec, avec tous les lacs et rivières que nous avons? Je pense que ce serait particulièrement intéressant.

Dans les deux villes que j'ai visitées, j'ai pu observer à de nombreuses reprises le plaisir de manger au bord de l'eau. On y retrouve plusieurs endroits accessibles près de l'eau, de même que des restaurants saisonniers ou tout simplement des tables et des bancs. Quel bonheur que représentent toutes ces soirées passées sur la rive à voir des embarcations et les gens se balader et bavarder. Comme si le fait d'être en présence de l'eau nous rendait plus ouverts et généreux. Comme si le fait d'être près de l'eau nous donnait l'impression d'être tout simplement plus heureux.

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C'est bien plaisant habiter près de l'eau...

- Dans la région de Montréal, il y a déjà des dizaines de kilomètres de rives qui sont bordées d'habitations...privées?, unifamiliales pour la plupart.

- Il reste encore beaucoup de potentiel, idéalement pour de l'habitat «collectif»

- On veut aussi préserver plusieurs sites dans leur état naturel, et en aménager d'autres en parcs publics.

Toutefois, le paradis d'aujourd'hui (l'habitation à proximité de l'eau) peut se transformer en cauchemar...

- Pour cause d'inondations: les changements climatiques accentuent le risque.  Les zones dites «inondables»  sont à éviter.

- Pour cause de rehaussement probable du niveau de la mer. 

-Pour le risque de pollution marine, particulièrement dans les zones de navigation intense (par exemple les rivages de la mer du Nord) ou d'exploitation pétrolière sous-marine (par exemple le golfe du Mexique, et bien d'autres).

- Pour cause de réchauffement de l'eau, propice au développement incontrôlable des algues.

Par conséquent, ma préférence va pour de meilleurs accès à l'eau, pour en jouir quand les conditions sont propices.?  Habiter à proximité, c'est se mettre à la merci de conditions...qui ne sont pas toujours propices.  Et même si (pour combien de temps?) par la «grâce de Dieu» les désastres nous sont épargnés, les saisons ne sont pas toutes pareilles: passer l'été sur le bord de l'estuaire ou le golfe du Saint-Laurent c'est magnifique; l'hiver, pas tellement...

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