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Centre hospitalier Jacques-Viger / Hôpital de la Miséricorde

Il n'y a pas de projet proposé, mais intéressant reportage au Téléjournal sur ce batîment, situé au 840-890, boulevard René-Lévesque Est.

 

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Le parc institutionnel à Montréal est tellement considérable qu'il n'est pas évident de tout recycler en même temps. Ces grands immeubles à valeur patrimonial incontestable sont tout de même un poids financier qui pèse lourd sur les budgets des institutions propriétaires. Ils ne sont pas non plus faciles et économiques à rénover et malheureusement dans bien des cas moins concurrentiels que des constructions équivalentes neuves à vocation commerciale ou résidentielle.

Il serait donc aberrant d'obliger une quelconque entreprise publique ou privée à regarder de ce côté avant de construire un projet en ville. Rénover coûte très cher, prend un temps considérable et comporte des risques qui peuvent mettre à mal les finances d'une société même la mieux gérée. On connait tous les défis que certains entrepreneurs ont rencontré dans ce type de projet, qui demande de l'expérience et des fonds importants pour les mener à terme.

Dans un monde idéal on sauverait tous ces bâtiments en leur donnant une seconde vie. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire et sans l'apport d'argent public, on réduit automatiquement le bassin d'entrepreneurs qui voudraient se lancer dans ce genre de travaux.

On parle cependant beaucoup du grand besoin en logements sociaux et abordables dans la ville-centre. D'un autre côté des programmes fédéraux et provinciaux sont annoncés. N'est-ce pas justement l'occasion de lancer un programme municipal qui pourrait coordonner cet apport d'argent frais pour le diriger vers ces édifices devenus orphelins, en faisant d'une pierre deux coups?

C'est en fait une belle occasion pour PM de faire ses preuves en prenant l'initiative de sauver des immeubles patrimoniaux, tout en donnant suite à une de ses promesses électorales en matière d'habitation. Il y a encore plusieurs de ces immenses édifices en attente de sauvetage à Montréal, je pense notamment à l'ancien Hôpital Royal Victoria. Alors le besoin ne manque pas, pas plus que les occasions d'agir.

L'avenir nous dira ultimement si cette formation a non seulement les compétences, mais aussi la vision, la détermination et la volonté pour livrer la marchandise. 

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il y a 16 minutes, acpnc a dit :

C'est en fait une belle occasion pour PM de faire ses preuves en prenant l'initiative de sauver des immeubles patrimoniaux, tout en donnant suite à une de ses promesses électorales en matière d'habitation. Il y a encore plusieurs de ces immenses édifices en attente de sauvetage à Montréal, je pense notamment à l'ancien Hôpital Royal Victoria. Alors le besoin ne manque pas, pas plus que les occasions d'agir.

L'avenir nous dira ultimement si cette formation a non seulement les compétences, mais aussi la vision, la détermination et la volonté pour livrer la marchandise. 

A ces immeubles, on peut ajouter notamment celui de l'Hotel-Dieu qui sera libre en 2021 et a celui de l'Institut des sourdes-muettes, lui aussi a l'abandon rue St-Denis, c'est l'empreinte du passé qui fait la richesse de MTL, si elle disparait, c'est MTL qui disparait aussi.

 

http://journalmetro.com/local/le-plateau-mont-royal/actualites/1250652/imbroglio-autour-dun-batiment-historique-de-montreal/

Edited by urbanophile
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Il y a 2 heures, urbanophile a dit :

A ces immeubles, on peut ajouter notamment celui de l'Hotel-Dieu qui sera libre en 2021 et a celui de l'Institut des sourdes-muettes, lui aussi a l'abandon rue St-Denis, c'est l'empreinte du passé qui fait la richesse de MTL, si elle disparait, c'est MTL qui disparait aussi.

 

http://journalmetro.com/local/le-plateau-mont-royal/actualites/1250652/imbroglio-autour-dun-batiment-historique-de-montreal/

Cela montre l'importance du défi qui attend l'administration PM dans son nouveau mandat à la tête de la Ville. L'occasion est belle d'agir promptement et mettre les autres niveaux de gouvernement dans le coup. J'ai mentionné la transformation de ces établissements en logements sociaux et/ou abordables, mais ils pourraient aussi répondre à d'autres besoins dans une vocation mixte.

Je prends pour exemple la Maison-Mère à Baie-St-Paul dans Charlevoix http://www.baiesaintpaul.com/citoyens/complexe-conventuel-des-petites-franciscaines-de-marie  qui devient une occasion formidable en locaux très abordables autant pour la Ville et d'autres institutions et entreprises du milieu. Ces grands édifices doivent d'ailleurs être vus dès le départ comme des actifs et non comme une dépense. Ils sont généralement très bien situés, solides et spacieux, tout en étant proches de tous les services et bien desservis par les transports.

Finalement ces constructions sont souvent l'âme de leur quartier et prennent racine profondément dans son histoire. Raison de plus pour leur accorder une nouvelle vocation qui les projettera cette-foi-ci dans l'avenir, en servant encore longtemps la communauté dans laquelle ils ont pris naissance.

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La Ville invitée à racheter l’ancien centre hospitalier Jacques-Viger

Journal Métro
Mathias Marchal

Des organismes pressent la Ville de Montréal de racheter l’ancien centre hospitalier Jacques-Viger afin de le rénover pour y loger dans le futur des familles, d’ex-itinérants, ainsi que des artistes.

L’ancien Institut des Sœurs de la Miséricorde, a été construit en partie il y a plus de 150 ans. Le bâtiment bordé par les rues Saint-Hubert, Saint-André, De la Gauchetière et le boulevard René-Lévesque faisait office de centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD), avant sa fermeture en 2012. L’édifice d’intérêt patrimonial situé entre Radio-Canada et l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est à l’abandon depuis et des organismes tentent de lui donner une nouvelle vocation.

«Le site appartient au ministère de la Santé via un CIUSSS [Centre intégré de santé et de services sociaux], explique Marc-André Fortin, de la Table de concertation du Faubourg Saint-Laurent. Avant de le vendre, ils doivent vérifier si un autre ministère ou une société parapublique est intéressé. Comme l’édifice ne semble pas avoir trouvé preneur, c’est devenu au tour de la Ville de Montréal de signifier son intérêt. Sinon, il sera offert au privé.»

Son organisme travaille depuis 2012, avec plusieurs partenaires, pour présenter un projet de relance pour l’édifice qui compte plusieurs ailes. La Maison du Père créerait 55 studios supervisés pour itinérants alors qu’une coopérative d’habitations offrirait 160 logements de 2 à 4 chambres. Ateliers créatifs Montréal proposerait de son côté une soixantaine de lofts d’artiste. Enfin, l’ancienne chapelle aurait une vocation muséale.

«Mis à part l’aspect muséal qui reste à boucler, on parle d’un budget total de 70M$», ajoute M. Fortin, qui est dans l’attente d’une rencontre avec le nouvel élu responsable du développement économique et social de l’administration Plante, Robert Beaudry. Le projet serait en partie financé grâce au programme Accès-Logis, dont la gestion doit être transférée à la Ville par le gouvernement.

Interrogé sur le projet, Robert Beaudry se dit ouvert. «La volonté politique et là, dit-il. Maintenant, on va rencontrer les partenaires pour vérifier si le projet est bien ficelé et ensuite on rencontrera le CIUSSS.»

Lorsqu’il oeuvrait dans le milieu communautaire, M. Beaudry a notamment participé à la transformation de l’ancienne église Sainte-Brigide-de-Kildare en centre culturel et social, qui offre aussi de l’hébergement à des personnes âgées et à des adolescents en difficulté.

«Ce genre de projets créé de l’emploi, rend les communautés plus fortes et tous les organismes qui y sont rentrés ont augmenté leur financement par la suite», mentionne M. Beaudry, qui dit vouloir donner plus de place à l’économie sociale à Montréal, sans toutefois négliger les autres secteurs de l’économie.

Selon Héritage Montréal, l’ancien centre hospitalier Jacques-Viger, dont la construction date de 1853, a une «valeur patrimoniale exceptionnelle».

Au moment de publier, le CIUSSS Centre-Sud de l’île de Montréal n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue.

14,55M$

Il y a un an, l’administration Coderre avait acquis le couvent des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, qui se trouve sur l’avenue des Pins, à l’angle de l’avenue du Parc.

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Un ensemble conventuel d'une grande valeur mais en très mauvais état. 

Il semble que les fondations des ailes les plus anciennes soient à refaire. Ça va prendre du gros bidoux pour ces travaux là.

Tant mieux si la Ville décide d'en faire l'acquisition, en souhaitant que les subventions des gouvernements provincial et fédéral pour couvrir les frais soient généreuses.  

Le plan du site au fil des ans. 

 

Plans.JPG

Quelques photos d'Archives. 

1908 Crèche de la Miséricorde c.post.anc.jpg

1937 Archives de la Ville de Montréal,VM98-Y-4P013-2.jpg

La chapelle.

chapelle.0 - Copie.jpg

Crèche de la Miséricorde c.post.anc.jpg

Et d'autres photos plus récentes du bâtiment.

2014 06_big.jpg

2014.06web heritage-montreal-hopital-de-la-misericordehr.jpg

Edited by MontréalMartin
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il y a 12 minutes, MontréalMartin a dit :

 

Crèche de la Miséricorde c.post.anc.jpg

Et d'autres photos plus récentes du bâtiment.

 

 

Il y a du en avoir des bébés qui sont tombés de ces lits-là!  Les barreaux ne montaient pas haut!  Pauvres ti-pous!

Et que dire du bébé qu'on a laissé à terre pour prendre la photo!  Quelle époque!    

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  • 1 month later...

Group urges Montreal to buy vacant hospital to house homeless, families

by Jesse Feith
 
 

When religious congregation les Soeurs de Miséricorde erected a building on René-Lévesque Blvd. E. in the mid-1800s, it was with a specific purpose in mind: to shelter unwed mothers and orphans who had nowhere else to go. 

The site expanded through the years, eventually growing into a combination of buildings that included lodging, a school, a chapel, courtyards and a hospital. Known as the Jacques-Viger hospital complex, it housed a CHSLD until 2012. 

Barricaded and deteriorating, the complex has been sitting vacant since then. 

Now a group is urging the city of Montreal to buy it back from the provincial health ministry and turn it into a project aligned with the original spirit of the place: a site that would offer affordable housing for families, artists and aging homeless men trying to transition into more stable lifestyles. 

“We know downtown is a place where a lot of different social issues, including homelessness, come together,” explained Marc-André Fortin of the Table de concertation du Faubourg Saint-Laurent, which is leading the push to convert the site.

“When the congregation sold the building to the government, they wanted it to keep a similar goal or aim,” he said. “In that sense, I think we’re walking in their footsteps.”

The proposed project, which started coming together in 2012, would include a wing of supervised, semi-autonomous units for homeless men from the Maison du Père shelter and residence who are 55 or older. 

It’s a need president François Boissy said is pressing. 

“We have waiting lists that have no end. We don’t know where to place people,” he said.

“Quebec’s population is aging, and so is our homeless population,” Boissy explained. “Being on the street ages someone about 10 years. A homeless man who is 55 years old, his body is actually 65 years old, if not more. And that’s not counting their addictions and mental health issues.”

Maison du Père, located across the street, would look to duplicate the 88 units it has in its current location by taking over what was once the Miséricorde hospital. Having the men live among families as the project proposes, Boissy said, will help their reintegration and be beneficial for all.

“These men deserve the opportunity to be part of a community, not excluded from society.”

Preliminary plans for the project also call for 160 apartments for families, as well as combined workshop and apartment spaces for artists. Fortin believes the housing aspect of the project would be done under the AccèsLogis program, which oversees social and community housing. 

The site is bordered by René-Lévesque Blvd. E., de la Gauchetière, St-Hubert and St-André Sts. The oldest building on the grounds dates back to 1853.  

Heritage Montreal considers the site on a whole to have “exceptional heritage value” that’s being threatened by its abandonment and the “absence of any proposal for repurposing that would provide the incentive to invest in urgently needed restoration work.”

To preserve the historical value of the site, Fortin said, the plans also include a museum and archival centre. 

Fortin said the group plans to seek funding from different levels of government for the project. 

But the first hurdle remains convincing the city of Montreal to purchase the complex, which has been owned by the CIUSSS Centre-Sud de Montréal since Quebec’s 2015 health reforms. If the city isn’t interested, Fortin explained, the fear is that it would be sold to the private sector, “at which point we could still bid, but I wouldn’t like our chances.”

In its 2017 strategic plan for downtown, the city of Montreal mentions the site and says it would like to see it developed into something “predominantly residential” that would also enhance its heritage features.

In an interview, newly elected Ville-Marie city councillor Robert Beaudry said it’s a shame the buildings have been left to rot and agreed something needs to be done with them.

“It’s a very interesting project,” he said of the group’s proposal. “We would like to support a project that comes from the community, that would answer not only the heritage aspect but also answer the area’s needs, which are varied.”

Beaudry said the city has shown the CIUSSS that it’s interested in the site and would like to further evaluate the state of the buildings.

“Now more than ever is a good time for a project that is unifying, useful and beneficial for downtown Montreal,” Beaudry said. “We’ll be in touch with (the CIUSSS) soon, and with other community partners who have ambitious ideas for the site.”

CIUSSS Centre-Sud de Montréal spokesperson Justin Meloche confirmed preliminary discussions with the city are underway, but no decisions have been made. 

image.jpeg
“We have waiting lists that have no end. We don’t know where to place people,” says Maison du Père president François Boissy, outside the Jacques-Viger hospital complex. A proposed project for the vacant site would include housing for men from Boissy's shelter who are 55 or older.
John Mahoney / Montreal Gazette

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Voilà ici un défi à la mesure de PM. L'acquisition de cet édifice et sa rénovation pourrait effectivement contribuer à répondre aux urgents besoins de logements pour les familles et d'autres classes de gens dans le secteur. C'est sûr qu'un projet de rénovation coûte toujours plus cher qu'une construction neuve, mais comme il s'agit de sauver en même temps un édifice patrimonial, on ne devrait pas hésiter à s'y engager.

Comme le gouvernement a indirectement une certaine part de responsabilité dans l'état de détérioration de l'immeuble, il devrait contribuer aux coûts de sa remise à niveau. On pourrait peut-être procéder par phase pour mieux absorber ce gros morceau. Peut-être même faire un développement mixte où on trouverait une partie coop, une autre en HLM, une autre en logements pour familles,  une aile condos, une autre en logements locatifs, etc.

Les exemples de rénovation de ce type d'immeubles ne manquent pas heureusement à Montréal. On peut alors avoir une bonne idée de la faisabilité du projet et des investissements qui seront nécessaires pour compléter l'ensemble des travaux.

Disons en terminant que PM a un beau problème sur les bras qui va tout à fait dans le sens de ses promesses électorales. Ce projet pourrait donc devenir une excellente occasion de démontrer le sérieux de son engagement vis à vis de la communauté montréalaise. Il faudra alors non seulement mettre la population dans le coup, mais aussi les organismes communautaires, les institutions, les différents paliers de gouvernement et aussi idéalement l'entreprise privée.

D'autres arrondissements abritent eux aussi de grands édifices institutionnels désaffectés, auxquels il faudra trouver une nouvelle vocation. Pourquoi pas alors développer une expertise réelle à l'interne dans ce genre de projets, pour ne pas avoir à repartir à zéro à chaque fois? 

 

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  • 3 months later...

 

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HÔPITAL DE LA MISÉRICORDE 
Devoir de mémoire
Un musée doit être créé dans l’ancien hôpital de la Miséricorde en hommage aux filles-mères, aux orphelins et aux religieuses 

CAROLINE MASSE ET BENOIT PILON
RESPECTIVEMENT ENFANT DE LA MISÉRICORDE ET CINÉASTE
Site d’une valeur patrimoniale exceptionnelle selon Héritage Montréal, l’ancien hôpital de la Miséricorde, boulevard René-Lévesque, est à l’abandon depuis 2012. Le temps a commencé à faire son œuvre sur le fragile bâtiment, suscitant l’inquiétude des résidants du secteur. 
La Miséricorde est un lieu symbolique et chargé d’émotion, qui a vu des dizaines de milliers de filles-mères donner naissance à des enfants hors mariage au cours du siècle dernier. Il ne peut en aucun cas être laissé à l’abandon et sa mémoire doit rester vivante à l’intérieur même de son enceinte.
Un projet de redéploiement du site, piloté par la coalition Quatuor Quartier Latin, se profile à l’horizon. Exposé aux résidants lors d’une assemblée publique le 20 mars dernier, il rencontre la volonté des Sœurs de Miséricorde qui ont souhaité « que les bâtisses servent à des fins humanitaires et sociales » lorsqu’elles ont fait le transfert du site au gouvernement en 1973.
Mais dans cette proposition, la mémoire est pour l’instant absente. Or, l’histoire du lieu doit être au centre du projet pour assurer sa légitimité. 
Un projet de réaménagement qui n’intégrerait pas un musée serait, selon nous, inacceptable et constituerait un manquement grave à notre devoir de mémoire.
FILLES-MÈRES ET ORPHELINS
Du début du XXe siècle aux années 70, c’est près de 250 000 naissances « illégitimes » qui ont marqué le Québec. Dans les années 50, pour pallier ce phénomène et le « gérer » socialement, il y avait dans la province de Québec 16 crèches et 53 orphelinats. C’était donc loin d’être un phénomène isolé. Combien de centaines de milliers de vies broyées par la honte pour ces filles « perdues » et pour leurs enfants, bientôt « orphelins » ?
Fondée en 1848 par Rosalie Cadron-Jetté dans le but d’accueillir les mères célibataires, la maternité de la Miséricorde fut pendant près de 130 ans un refuge pour des dizaines de milliers d’entre elles venues y accoucher. Pourtant, pour bon nombre de Québécois, le simple nom de la Miséricorde suffisait à évoquer la honte d’une famille et la déchéance de ces filles « tombées ». Et la grande majorité de ces jeunes mères repartaient seules, la pression sociale les forçant à abandonner leur enfant en adoption ou aux crèches.
Avec le temps des crèches, c’est toute une société qui a failli à son devoir de protection de l’enfance et des plus faibles, stigmatisant les « pécheresses » avec la complicité des familles, du clergé, des ordres religieux, mais aussi de la classe politique et de l’ensemble de la société civile.
Si les orphelins de Duplessis ont obtenu, après de chaudes luttes, un certain dédommagement, les mères célibataires, elles, n’ont jamais revendiqué. Trop écrasées par le mépris qui recouvrait leur situation, elles ont bien souvent caché toute leur vie à leurs proches cet épisode douloureux.
La Miséricorde est un lieu important pour toutes ces femmes endeuillées par l’abandon quasi systématique (et systémique) de leur enfant et pour tous ces orphelins, dont une bonne partie des orphelins de Duplessis. Ce bâtiment est le dernier témoin d’une page oubliée, cachée, de l’histoire du Québec.
Le temps des crèches et des filles-mères a beau avoir disparu de notre horizon à l’aube de la Révolution tranquille, ses blessures sont encore bien vivantes. Quand une société a vécu un tel traumatisme, la réparation doit être à la hauteur pour que la guérison puisse s’amorcer.
La magnifique chapelle de la Miséricorde doit devenir le symbole de cette réparation. Notre devoir de mémoire ne peut prendre plus belle forme qu’un espace muséal à l’intérieur même des lieux qui ont vu défiler des générations de femmes et d’enfants : un musée qui mettrait en valeur l’expérience vécue par les mères célibataires et leurs « orphelins », mais aussi l’histoire de la Miséricorde et des religieuses qui s’y sont dévouées et de toutes ces femmes investies dans les crèches, les œuvres de charité et l’action sociale.
L’année 2018 marque le 170e anniversaire de la fondation des Sœurs de Miséricorde et de leur œuvre la plus emblématique. Intégrer un projet de musée au redéploiement du site rappellerait de façon claire et forte l’importance de son rôle pendant plus d’un siècle. Il s’agit là d’un rendez-vous essentiel avec notre Histoire, que nous ne pouvons manquer sous aucun prétexte.

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