Recommended Posts

La Presse+, la semaine dernière, a levé le voile sur une entreprise dont peu de Québécois connaissaient l’existence, MindGeek, un géant mondial du XXX. Cette entreprise a un siège social fictif au Luxembourg, à des fins d’évitement fiscal, mais ses opérations sont à Montréal.

 

Si des Américains prenaient le contrôle de MindGeek, est-ce que des voix s’élèveraient pour déplorer le fait que cette entreprise passe en des mains étrangères ? Évidemment pas. Et pourtant, cette entreprise, établie à Montréal, dirigée par des Montréalais, a créé dans la métropole 900 emplois de qualité, souvent des emplois de siège social ou liés aux nouvelles technologies de l’information.

 

Pourquoi ce long préambule ? Pour illustrer le fait que le débat sur les sièges sociaux a une dimension subjective.

 

La vigueur des réactions lorsqu’un siège social passe dans des mains étrangères dépend, du moins en partie, de facteurs comme la notoriété de l’entreprise, sa cote d’amour, sa présence dans notre vie quotidienne. On l’a vu avec Rona.

 

Sans vouloir nier la pertinence de ces considérations plus affectives, il faut trouver des approches plus rationnelles. Je me suis par exemple aperçu, dans un débat amical avec mon collègue Gérald Fillion de RDI, que le simple fait de parler de défense de nos « champions » plutôt que de nos « fleurons » suffisait déjà à changer la perspective.

 

Une étude toute récente de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), signée par Yvan Allaire et François Dauphin, permet de faire un pas de plus dans cette recherche de la rationalité. Parce qu’elle nous aide à savoir de quoi on parle.

 

Cette étude identifie les entreprises vulnérables. Dans la liste du FP 500, on dénombre 69 entreprises québécoises ayant des ventes supérieures à un milliard en 2015. Là-dessus, 14 étaient des filiales de sociétés non québécoises. Il en reste 45. De ce total, 29 sont à l’abri, parce qu’elles sont des coopératives (4), des sociétés d’État (6), des sociétés par actions privées (8), des sociétés cotées en Bourse avec un actionnaire de contrôle ou protégées par des droits de vote multiple (13) ou des sociétés dont l’actionnariat est réglementé, comme Air Canada ou Groupe Transat (8).

 

Il en reste 16 qui pourraient faire l’objet d’une prise de contrôle hostile ou amicale. Les voici : Metro, SNC-Lavalin, Valeant Pharmaceuticals, WSP Global (ancien Génivar, ingénierie), Produits forestiers Résolu, TransForce (camionnage), Gildan Activewear, Dollarama, Aimia (Aéroplan), CAE (simulateurs de vol), Uni-Select (distributeur de produits automobiles), Groupe Canam (produits métalliques), Stella-Jones (transformation du bois), Colabor (distribution alimentaire), Tembec (produits forestiers), Amaya (jeu en ligne).

 

La première chose qui frappe, c’est que plusieurs de ces entreprises sont inconnues du public. Il serait pas mal plus difficile de se mobiliser pour Stella-Jones que pour Metro. Il y en a d’autres qu’on n’aime pas. Qui voudrait défendre le prédateur pharmaceutique Valeant ou Amaya ? D’autres n’ont pas le même enracinement économique, comme Dollarama.

 

Cela montre à quel point il sera difficile d’établir une politique de protection de ces sièges sociaux qui soit cohérente.

 

Voici quelques pistes pour y parvenir.

 

Premièrement, s’entendre sur l’importance des sièges sociaux comme industrie, pour les emplois de qualité qu’elle crée, l’industrie de services professionnels qu’elle soutient, le prestige, des bénéfices indirects, comme le mécénat, pour les partenariats stratégiques.

 

Deuxièmement, savoir de quoi on parle. Il faut un inventaire des entreprises plus détaillé. Certains sièges sociaux ne sont que des coquilles vides. D’autres, dont le siège social n’est pas ici ou qui ne sont pas sous contrôle québécois, ont des activités de siège social significatives, comme Rio Tinto. La dernière étude sur la question, de Secor-KPMG, date de 2011.

 

Troisièmement, il faut savoir ce que l’on tient à protéger, au-delà du siège social, les symboles ou les bénéfices économiques, comme le dynamisme de l’entreprise, son potentiel d’avenir, ses effets structurants, son rôle stratégique. C’est ce qui permet de déterminer les efforts que l’on doit déployer pour éviter qu’une entreprise change de mains.

 

Quatrièmement, définir la palette d’outils que l’on peut utiliser. L’étude de l’IGOPP écarte une politique d’opposition systématique aux transactions qui pousserait les entreprises à installer leur siège social ailleurs et estime que la création d’un fonds de blocage est coûteuse et inefficace. Elle propose plutôt des mesures préventives, recours balisé à des actions à droit multiple, modifications réglementaires pour permettre à un conseil d’administration de bloquer une offre hostile ou pour l’empêcher d’être séduit par une offre amicale. Le Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises a remis au gouvernement Marois un rapport en 2014 qui allait dans le même sens, avec des recommandations très fouillées dont le gouvernement Couillard devrait s’inspirer.

 

Cinquièmement, il faut mettre sur pied un organisme pour faire le suivi. Pas nécessairement une nouvelle structure, mais un mécanisme permanent qui peut suivre la marche des entreprises, prévenir plutôt que guérir, centraliser l’information, coordonner les interventions parfois disparates. Pour éviter ce que la saga du ministre Jacques Daoust a révélé dans le cas de Rona : l’absence de leadership.

 

La raison plutot que la passion - La Presse+

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now

  • Similar Content

    • By Né entre les rapides
      On entend et on lit que le taux d'inoccupation des logements locatifs est extrêmement bas,  que de nombreux ménages sont contraints de consacrer une part excessive de leurs revenus au logement, que d'autres ne parviennent pas à se trouver un toit, etc.  Tout cela est bien réel, et je n'ai nulle intention de le mettre en doute. Mon propos est autre, et porte sur un point qu'on prend pour acquis, soit le prix moyen observé (ou médian, c'est différent, mais ça ne va pas davantage au coeur de la question).  Deux catégories d'information supplémentaire seraient très utiles:
      1) Isoler (considérer séparément) les prix des logements qui sont disponibles sur le marché.  Actuellement, on fait une agrégation (on rassemble des éléments) des loyers payés par des locataires qui occupent des logements depuis longtemps, avec les loyers demandés aux nouveaux-venus (sans égard à leur origine/provenance, ce n'est pas la question).  Par exemple, des jeunes qui habitaient chez leurs parents et qui recherchent leur premier logement sont des "nouveaux-venus" sur le marché.  Or, on sait que les loyers des logements occupés de longue date sont "contrôlés", et qu'ils sont (presque) toujours moins chers que les nouveaux logements (ou les anciens logements remis sur le marché suite au départ des précédents locataires).  Nos nouveaux-venus n'ont pas accès, par définition, à ces logements dont le loyer est contrôlé.  Les données qui sont pertinentes pour eux concernent exclusivement les logements présentement disponibles.  Il est à peu près certain que leur prix moyen/médian est sensiblement supérieur: quel est-il? --C'est ce que j'aimerais savoir.
      2) Ni la moyenne ni la médiane ne peuvent pleinement rendre compte de la gamme des prix demandés.  Au minimum, j'aimerais voir voir la distribution en déciles.  
      Dans une ville ou une région stagnante, il y a de fortes chances que le loyer moyen/médian observé soit assez proche du loyer demandé pour les logements disponibles.  Le contraire est intuitivement vrai pour une ville ou une région dynamique.  Dans ce cas, le problème des logements trop chers pour les nouveaux-venus serait plus grave qu'il n'y paraît.  L'attention des autorités gouvernementales (et des médias) porte presque exclusivement sur les difficultés vécues par les personnes à faible revenu: d'accord que c'est la priorité. 
      Mais il faut aussi s'intéresser au cas des personnes (surtout les nouveaux-venus) disposant d'un revenu moyen mais qui ne trouvent pas à se loger en fonction de leurs attentes "moyennes"  -- un phénomène très visible dans Silicon Valley, et qu'on voit aussi à Vancouver et Toronto; à Montréal, la situation est comparativement  bénigne  --ce qui en fait un facteur attractif -- et il faut s'assurer que cet avantage demeure.  Pour moi, ça ne veut pas dire contrôler les loyers;  de préférence, il s'agirait plutôt d'éviter les erreurs qui ont conduit à une explosion des prix ailleurs  --spécifiquement des freins (zonage, frais excessifs) à l'expansion de l'offre.  
       
    • By Flo
      Des femmes exclues d’un chantier à proximité d’une mosquée
      TVA Nouvelles | Publié le 12 décembre 2017 à 12:59 - Mis à jour le 12 décembre 2017 à 19:57
      Le propriétaire de deux mosquées a fait des pressions sur un entrepreneur pour qu’il n’y ait aucune femme sur des chantiers de construction à proximité de ses lieux de culte, le jour de la prière du vendredi.
      Celui qui possède notamment la mosquée Ahl-Ill Bait, située dans l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, a d’abord demandé à l’entrepreneur de ne pas faire de travaux le vendredi pour ne pas nuire au jour de la prière. Cette requête lui a été refusée en raison des retards qui en auraient résulté.
      Il a ensuite réclamé que les femmes ne soient pas visibles les vendredis sur les chantiers à proximité des deux mosquées. Cette clause est d’ailleurs écrite noir sur blanc dans le contrat signé par l'entrepreneur.
      La mesure vise cinq femmes, quatre signaleuses et une ingénieure, qui ont dû être réaffectées ailleurs, selon une information obtenue via le compte Facebook de TVA Nouvelles.
      «En retrait, juste un peu plus loin»
      «Aujourd’hui, dans la construction, on a beaucoup de femmes, parce qu’on a réussi à les faire rentrer [dans le milieu]», a indiqué Jean-Sébastien Samson, contremaître pour l'entreprise G-Tech, à TVA Nouvelles.
      M. Samson a mentionné qu’une travailleuse visée par la demande a «travaillé pareil», mais que sa présence a nécessité quelques accommodements.
      «Elle n’a pas manqué de travail parce qu’elle ne pouvait pas être là, sauf qu’on l’a mise juste en retrait, un peu plus loin», a-t-il expliqué.
      Pour sa part, le PDG de Map Signalisation n'a pris connaissance de cette exigence que lundi, car il était absent depuis deux semaines. «Je trouvais ça complètement inacceptable», a déclaré Marc-Alexandre Perreault à TVA Nouvelles.
      Malgré tout, il s'est senti obligé de donner son aval à cette demande. «On m'a dit qu'elle serait en danger si elle travaillait le vendredi. Une fois, elle a été obligée de travailler et elle devait être accompagnée d'un travailleur», a ajouté M. Perreault qui a évoqué des menaces et de l'intimidation.
      Il maintient que les femmes ont leur place sur les chantiers de construction. «Peu importe, le chantier, peu importe l'endroit, les femmes ont autant le droit de travailler sur n'importe quel chantier», a-t-il insisté.
      «Inacceptable»
      La porte-parole de l'opposition officielle en matière de condition féminine, Catherine Fournier, estime qu'il s'agit d'un cas de discrimination.
      «Ça va à l'encontre de la Charte des droits et libertés du Québec. Moi, je trouve ça totalement inacceptable que la religion serve de prétexte pour violer l'égalité entre les hommes et les femmes», a affirmé la députée Catherine Fournier.
      Les responsables des mosquées se défendent d'avoir demandé aux entreprises d'empêcher les femmes de travailler sur les chantiers le vendredi et parlent d'un coup monté. «Il y a quelqu'un qui est derrière ça, qui veut du mal à la mosquée. Je ne sais pas, moi», a affirmé l'un d'eux.
      Le chantier est actif depuis un peu plus d’un mois dans ce secteur de la ville. Les femmes qui y oeuvraient ont été déplacées du site il y a trois semaines.
      Les collègues des femmes visées songent à perturber la prière de vendredi en organisant une manifestation devant ces mosquées.
      *********************************************************************************************************************************************************************************
      The response of the protagonists when challenged by the female reporter @01:18 is epic. The fact of the matter is for sake of political correctness:
      women did accept being withdrawn working contracts for fear of not offending those pure believers employers did sign up for dire conditions imposed by way of threats and intimidation this is a harsh reality check depicting the kind of immigrants securing the Certificate de Sélection... though dunno how much of a "selection" was done to come up with such "Quebecois" who contemptibly reply in gibberish English in response to a question clearly formulated in French. So much for Montreal's cowardliness and hypocrisy for not taking a bold stance against obscurantism and legislating accordingly. For several reasons, it's starting to turn into a cocky city that's standing off from the rest of Quebec.
       


    • By IluvMTL
      http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=6877%2C142660188&_dad=portal&_schema=PORTAL
      Consultation publique sur le Projet de Plan d'action en patrimoine 2017-2022 de la Ville de Montréal
      Commission sur la culture, le patrimoine et les sports
      Avis public
      Avis public - Reprise de la séance d'information du 15 mars (français) (2017-03-22)[173,1 ko - 1 page] Avis public - Reprise de la séance d'information du 15 mars (anglais) (2017-03-22)[174,5 ko - 1 page] Avis public (français) (2017-03-01)[173,8 ko - 1 page] Avis public (anglais) (2017-03-01)[172,9 ko - 1 page] Invitations
      Invitation - Reprise de la séance d'information du 15 mars (2017-03-22)[189,9 ko - 1 page] Invitation (2017-02-16)[231,5 ko - 1 page] Communiqué
      Communiqué (2017-02-21) Calendrier
      Calendrier des séances publiques d'audition des mémoires (2017-05-02)[75,2 ko - 1 page] Documents de consultation
      Présentation (2017-03-29)[6 Mo - 26 pages] Projet de Plan d'action en patrimoine 2017-2022 (2017-02-15)[4,3 Mo - 37 pages] Documents d'information
      Bilan 2005-2006 de la Politique du patrimoine (Mai 2007)[186,1 ko - 15 pages] Bilan 2005-2008 de la Politique du patrimoine (Septembre 2008)[1,5 Mo - 38 pages] Bilan 2005-2010 de la Politique du Patrimoine (Novembre 2010)[9 Mo - 56 pages] Mémoires
      Consulter la page des mémoires Recommandations
      Recommandations adoptées[112,8 ko - 4 pages] Rapport
      Rapport et recommandations portant sur le projet de Plan d'action en patrimoine 2017-2022 - déposé au conseil municipal le 12 juin 2017[526,9 ko - 27 pages]  
    • By BrunoSoloHayUno
      L'article est vieux, mais je passe par ce coin en rentrant chez moi et les excavations ont commencé il y a quelque temps.
       
       
       
       
      http://www.lesactualites.ca/01_anciensite/?site=CDN&section=page&1=C120321&2=C120321_social
       
      New social housing on Victoria Ave.
      Photo: Marie Cicchini
       
      The 4 Seasons depanneur will be demolished.
       
       
      The CDN-NDG borough plans to begin a social housing project on Victoria Ave. at the corner of Barclay Ave. in the fall of 2012.
       
      At the March 5 borough council meeting notice was given of a motion to approve higher-density housing at 6610 Victoria Ave. in Côte-des-Neiges.
       
      Since the attribution of social housing is within the domain of Montreal’s agglomeration council, CDN-NDG council adopted a motion requesting authorization for the construction of a residential building reserved for residents in need, with space for community activities.
       
      The land belongs to Rouge Condominiums. The construction of new social housing units is part of the compensation that developer Devmont must offer in return for the construction of new condo units in the Triangle.
       
      The promoter for the 66 affordable units will be l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM). The Côte-des-Neiges technical resources group involved in the project will be le Regroupement des organismes du Montréal ethnique pour le logement (R.O.M.E.L.), and will receive financial support from AccèsLogis.
       
      “Montreal holds 87% of the votes at Montreal’s agglomeration council. With projects that we launch thanks to the compensation that we secure from the developers, we have very good arguments for a social housing project in our borough,” said Snowdon Councillor Marvin Rotrand.
       
      The 4 Seasons depanneur that currently occupies the site will be demolished to make way for the building. It will be eight stories high, like the neighbouring building, which requires a minor variance from the current three-story limit.
       
      This project will further the work undertaken to revitalize the commercial sector along Victoria Ave. for which Rotrand secured $3M worth of funding three years ago. “It made possible the renovation of the sidewalks, new street furniture and resurfacing the street,” said Rotrand.
       
      Rotrand added that the project goes back to the time when CDN-NDG Mayor Michael Applebaum was responsible for housing. “It was his file and he worked very hard on it.”
       
      The Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises (urban planning and business services department) thinks that the project meshes well with the City of Montreal’s policy directions.
       
      In addition to revitalizing and densifying the neighbourhood that needs new construction, the project is located in an area where most of the population is comprised of single-parent families and young people, with lots of immigrants and low-income residents who spend more than 30% of their income on rent and have an urgent need for affordable housing. Many people are on the waiting list for help. The building would include 775 m2 of community space in the basement and on the ground and first floors.
       
      Construction is expected to start in the spring.
    • By mtlurb
      Quartier Concordia
       
      Quartier Concordia will transform the Sir George Williams campus from a collection of scattered buildings into a welcoming and cohesive urban campus in the area bordered generally by Sherbrooke, Guy, René-Lévesque, and Bishop.
      The goals of the Quartier Concordia project include improving the use of outdoor spaces, stimulating street life, and providing respite for the Concordia community and the public. The project will optimize vehicular and bicycle traffic as well as pedestrian flow, facilitate movement between campus buildings, and ensure the safe interaction of vehicles and pedestrians. Quartier Concordia will also maintain a welcoming environment for the Concordia community and the public, highlight landmarks, improve the use of space, promote the display of artwork and create a distinct campus environment within the downtown core.
      The project will be carried out over several years by Groupe Cardinal Hardy and in conjunction with the City of Montreal.
       
      Facts:

      A multi-year project
      Landscape architect: Groupe Cardinal Hardy
      Location: The area bordered by Sherbrooke, Guy, René-Lévesque, and Bishop
      The project will promote a distinct, welcoming, and efficient downtown campus