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http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2016/7/eglises-montreal-decouvrir/

 

 

Vue sur la nef à l'intérieur de l'église Sainte-Geneviève

 

VOICI 7 ÉGLISES DE MONTRÉAL À DÉCOUVRIR

De l'Art déco à la représentation de Mussolini, préparez-vous à voyager à travers le patrimoine religieux montréalais.

 

Au-delà des lieux de culte que proposent les guides touristiques, plusieurs églises restent méconnues et mériteraient d'être découvertes. Nous avons demandé à deux spécialistes du patrimoine religieux de nous proposer quelques détours.

 

Un photoreportage d'Anne-Louise Despatie

 

À la fin du XIXe siècle, on parlait de Montréal comme étant la ville aux 100 clochers. En fait, il y en a beaucoup plus dans la métropole québécoise. Aujourd'hui, malgré la fermeture de paroisses, la vente et la conversion de dizaines d'églises, il en reste plus de 300 encore dédiées au culte. Plusieurs sont de magnifiques bâtiments que les passants ne voient plus. En voici certaines, suggérées par nos deux experts en patrimoine religieux qui ont accepté de se limiter à deux ou trois églises, celles qui, selon eux, méritent d'être mieux connues.

 

L'église Saint-Georges : retour au Moyen-Âge

 

Carte indiquant l'emplacement de l'église Saint-GeorgesExtérieur de l'église Saint-Georges, située sur la rue Stanley à Montréal

Située devant la gare Windsor, l'église Saint-Georges est un lieu patrimonial méconnu. Nichée dans les arbres et à l'ombre des immeubles qui l'entourent, l'église anglicane est un véritable bijou, selon le professeur David Hanna de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

 

Vue sur le choeur à l'intérieur de l'église Saint-Georges

Construite en 1870 par l'architecte William Thomas, son style gothique impose un retour au Moyen-Âge, même si elle est beaucoup plus récente. « L'ambiance est médiévale, souligne M. Hanna. C'est une traduction extraordinaire, je trouve, de l'apogée du gothique en Angleterre ». Il faut remarquer ses vitraux, son choeur, la richesse et le travail du bois.

 

La nef de l'église Saint-Georges

La charpente de l'église est remarquable. Cette structure à blochets qui soutient le toit permet d'éliminer les colonnes. L'effet arqué de ces poutres de bois est unique à Montréal. C'est l'un des plus grands plafonds du genre dans le monde.

 

Des gargouilles sculptées autour de l'entrée de l'église Saint-Georges

À l'extérieur, il faut s'attarder aux détails et aux sculptures dans le grès. Les arbres constituent un écrin de verdure pour cette église dédiée au saint patron de l'Angleterre.

 

L'église Saint-Esprit-de-Rosemont : Art déco unique

 

Carte indiquant l'emplacement de l'église Saint-Esprit-de-RosemontExtérieur de l'église Saint-Esprit-de-Rosemont, située sur la rue Masson à Montréal

Sa façade est particulière et fait la fierté des gens de Rosemont, sondage à l'appui. Construite au début des années 1930, Saint-Esprit-de-Rosemont a d'abord porté le nom de Sainte-Philomène jusque dans les années 1960. Elle porte la signature de l'architecte Joseph-Elgide-Césaire Daoust. Pour le professeur Luc Noppen de l'UQAM, ce monument mérite d'être mieux connu. Ce serait la seule église de style Art déco au Canada.

 

Bancs de style Art déco à l'intérieur de l'église Saint-Esprit-de-Rosemont

Tout est intégré et porte la signature de l'architecte. Les luminaires, les confessionnaux, le chemin de croix et le mobilier. À l'avant, les bancs des marguilliers sont uniques et entièrement Art déco; un style prisé dans les bâtiments institutionnels des années 1930, mais qui a été plus rarement utilisé dans les églises.

 

Luminaire de style Art déco dans la nef de l'église Saint-Esprit-de-Rosemont

Les luminaires sont remarquables et caractéristiques. Ils mettent en valeur l'ensemble. « Lorsqu'ils sont éteints, on a l'impression qu'il manque quelque chose. Ils font partie de l'effet recherché par l'architecte », explique Luc Noppen, professeur et historien d'architecture.

 

Vitrail de Nincheri

L'église Saint-Esprit compte une importante collection de vitraux signés par l'artiste montréalais Guido Nincheri. Il faut remarquer le vitrail de la tribune d'orgue, un chef-d'oeuvre d'Art déco.

 

L'église unie Saint-James : véritable surprise

 

Carte indiquant l'emplacement de l'église unie Saint-JamesExtérieur de l'église unie Saint-James, située sur la rue Sainte-Catherine à Montréal

La façade de grès rose et jaune ne passe pas inaperçue, mais peu de gens osent entrer. Il faut prendre le temps de regarder les animaux sculptés dans le bandeau sous la rosace qui est joliment éclairée le soir.

 

Motifs sculptés à la place du prolongement d'une colonne à l'intérieur de l'église Saint-James, construite en 1888.

L'architecte Francis Dunlop a remplacé les colonnes par une structure complexe dissimulée derrière le plafond de style gothique. Cela permet à tous les fidèles d'avoir une meilleure vue.

 

Les bancs arrondis au balcon de l'église unie Saint-James

« Chez les protestants, l'accent est mis sur les chants, sur la célébration, c'est pourquoi l'architecte a conçu l'église comme un amphithéâtre », explique le professeur David Hanna. L'effet de courbe des bancs au jubé est magnifique. C'est de là-haut qu'il faut contempler cette église.

 

Vue de la façade de l'église Saint-James sur la rue Sainte-Catherine

Des années 1920 à 2005, la façade de grès et l'immense rosace étaient cachées par des commerces construits devant l'église. Leur démolition a permis à l'église Saint-James de retrouver sa place rue Sainte-Catherine.

 

Saint-Pierre-Apôtre : rare catholique néo-gothique

 

Carte indiquant l'emplacement de l'église Saint-Pierre-ApôtreExtérieur de l'église Saint-Pierre-Apôtre, située sur la rue de la Visitation à Montréal

C'est l'une des rares églises catholiques construites dans le style néo-gothique. Saint-Pierre-Apôtre a été réalisée par l'architecte Victor Bourgeau de 1851 à 1853, selon des plans de John Ostell.

 

Des arcs-boutants en métal plutôt qu'en pierre à l'extérieur de l'église Saint-Pierre-Apôtre

Les catholiques ont abandonné le gothique associé davantage aux églises anglicanes et protestantes. Ce virage a été amorcé par monseigneur Ignace Bourget, évêque de Montréal, pour que les églises catholiques se distinguent.

 

La chaire de style gothique de l'église Saint-Pierre-Apôtre

Ses colonnes de pierre sont uniques. L'église qui devait être toute en pierre a finalement été terminée en bois et en plâtre. « Le travail n'est pas terminé en haut des colonnes. Tout à coup, on revient avec les traditions du Québec : du bois et du plâtre et forcément de l'imitation de pierre », raconte l'historien d'architecture Luc Noppen.

 

Des banderoles multicolores dans la nef de l'église Saint-Pierre-Apôtre

Saint-Pierre-Apôtre est la paroisse du village gai. On y trouve l'arc-en-ciel emblématique et une chapelle dédiée aux victimes du sida.

 

L'église Sainte-Geneviève de Pierrefonds : un classique

 

Carte indiquant l'emplacement de l'église Sainte-Geneviève de PierrefondsExtérieur de l'église Sainte-Geneviève, située sur le boulevard Gouin Ouest à Montréal

Située près de la Rivière-des-Prairies, l'église Sainte-Geneviève a été terminée en 1844. C'est la seule église montréalaise signée par l'architecte Thomas Baillairgé de Québec.

 

Vue du balcon sur la nef de l'église Sainte-Geneviève

Pour le professeur Luc Noppen, c'est une église qui vaut le détour. « L'architecte Victor Bourgeau qui a travaillé à la voûte va ensuite prendre ce modèle d'église et en construire d'autres dans la région de Montréal. C'est une architecture qui va connaître un certain succès, dit-il, et ça commence ici! »

 

Colonne de style néo-classique à l'intérieur de l'église Sainte-Geneviève

Réalisée dans le style néo-classique, l'église Sainte-Geneviève est bien conservée.

 

L'église de la Visitation de la Bienheureuse-Vierge-Marie : vestige du régime français

 

Carte indiquant l'emplacement de l'église de la Visitation de la Bienheureuse-Vierge-MarieExtérieur de l'église de la Visitation de la Bienheureuse-Vierge-Marie, située sur le boulevard Gouin Est à Montréal

Dans le quartier Ahuntsic, La Visitation est la plus ancienne église datant du régime français encore debout. La nef et la première sacristie datent des années 1750. Cependant, la façade actuelle a été réalisée près de 100 ans plus tard.

 

Choeur à l'intérieur de l'église de la Visitation de la Bienheureuse-Vierge-Marie

La décoration d'une grande finesse est un plaisir pour les yeux. C'est une église à découvrir aussi pour son emplacement au bord de la Rivière-des-Prairies.

 

Vitrail dans la nef de l'église de la Visitation de la Bienheureuse-Vierge-Marie

Des artistes ont travaillé et sculpté l'intérieur pendant des décennies. Il s'agit de Philippe Liébert, David-Fleury David et Louis-Amable Quévillon.

 

Portes menant à la sacristie de l'église de la Visitation de la Bienheureuse-Vierge-Marie

Il faut s'attarder aux deux portes du sanctuaire. Richement travaillées, leur état de conservation les rend uniques.

 

L'église Notre-Dame-de-la-Défense : pour voir Mussolini

 

Carte indiquant l'emplacement de l'église Notre-Dame-de-la-DéfenseExtérieur de l'église Notre-Dame-de-la-Défense, située sur l'avenue Henri-Julien à Montréal

Très italienne, l'église Notre-Dame-de-la-Défense a été inaugurée en 1919 dans la Petite-Italie, à côté du parc Dante. Elle fut réalisée selon les plans de Roch Montbriand et Guido Nincheri, peintre et artiste-vitrier qui a travaillé dans une centaine d'églises.

 

Fresque représentant Benito Mussolini à l'intérieur de l'église Notre-Dame-de-la-Défense

La présence de Mussolini à cheval et à côté du pape Pie XI dans la fresque au-dessus du choeur a de quoi surprendre. La fresque du Duce a même valu à son auteur d'être emprisonné pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le peintre et artiste-vitrier Guido Nincheri a toujours soutenu avoir été obligé par l'Église de représenter Mussolini.

 

Vue sur la chaire en marbre de l'église Notre-Dame-de-la-Défense

Outre les fresques de l'abside, il faut remarquer les vitraux et le travail du marbre importé d'Italie.

 

Un groupe visite l'église Notre-Dame-de-la-Defense

Avec un peu de chance, vous croiserez le petit-fils de l'artiste Guido Nincheri. Photographe et guide, Roger Nincheri raconte comment son grand-père s'est inspiré de membres de sa famille pour peindre les anges dans la fresque de l'abside.

 

La passion des experts

 

Luc Noppen, historien d'architecture, auteur et professeur au Département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM

Luc Noppen est historien d'architecture, auteur et professeur au Département d'études urbaines et touristiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM)

 

David Hanna, professeur à l'UQAM

Spécialiste en patrimoine et développement durable, David Hanna est professeur à l'UQAM. Il est l'ex-président du Conseil du patrimoine religieux du Québec.

 

Le choix a été difficile pour Luc Noppen et David Hanna qui ont accepté gracieusement de se plier à l'exercice. Ils ont choisi les églises qui méritent d'être mieux connues du grand public pour leur beauté et leurs particularités. En bons traducteurs de l'architecture religieuse, ils nous font faire ces belles découvertes.

 

Si vous connaissez une église qui mérite un détour, n'hésitez pas à partager et à m'écrire : [email protected].

 

 

 

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