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Le mercredi 16 avril 2008

Défendre Montréal

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Photo La Presse

 

 

 

Alain Dubuc

Collaboration spéciale, La Presse

 

 

Le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoît Labonté, a offert son soutien au maire Tremblay pour que celui-ci réunisse une vaste coalition qui défendrait les intérêts de la région montréalaise dans le dossier de la refonte de la carte électorale.

 

document.write(''); 817-grey.gif CPOPINIONS;tile=16;sz=160x40;ord= L'Assemblée nationale, les trois partis confondus, s'apprête à mettre à la poubelle la nouvelle carte électorale proposée par le Directeur général des élections, pour rééquilibrer les circonscriptions et donner à chacune à peu près le même poids. Ce projet propose entre autres choses l'élimination de trois sièges dans des régions qui se dépeuplent, pour en ajouter trois dans la région montréalaise.

 

Ce dossier soulève deux enjeux qui ne sont pas tout à fait de même nature. Le premier, c'est un principe démocratique. Le second, qui m'inquiète beaucoup plus, c'est la place de Montréal au Québec.

 

On peut douter de la pureté des intentions de M. Labonté; il dit tendre la main, mais allonge aussi le pied pour faire trébucher le maire dont il convoite le poste. Mais il a raison. La région montréalaise est sous-représentée à l'Assemblée nationale, ce qui veut dire que le vote d'un Montréalais vaut moins que celui de bien des Québécois des régions. Si le maire de Montréal ne se lève pas pour défendre les intérêts de la métropole, qui va le faire?

 

L'enjeu démocratique est connu. En principe, les circonscriptions devraient avoir la même taille pour que chaque vote soit égal. Au Québec, idéalement, chacune des 125 circonscriptions devrait compter 45 000 électeurs. C'est difficilement praticable et on accepte un écart, raisonnable, de 25% par rapport à cette moyenne. Une circonscription ne devrait pas avoir moins de 34 000 électeurs ou plus de 56 000. Une vingtaine de circonscriptions dépassent ces seuils; sept d'entre elles sont trop populeuses dans le Grand Montréal, et 13 qui sont sous-peuplées, en région. Pour corriger les déséquilibres, le DGE propose le redécoupage de 86 circonscriptions, l'élimination de trois sièges et la création de trois autres. C'est un processus qui devrait être normal en démocratie.

 

Mais pas en politique. Les trois partis hésitent, pour ne pas provoquer de remous dans les régions pénalisées. On explique souvent cette réticence par un calcul politique. Les élections se gagnent en région, notamment parce que les circonscriptions montréalaises changent peu de mains. Il n'y aurait donc pas d'intérêt à courtiser cet électorat captif. L'explication est courte, entre autres parce que les trois nouveaux sièges ne seraient pas à Montréal, mais en banlieue, où justement, il peut y avoir du changement.

 

La mécanique est d'un autre ordre. Elle tient au fait qu'un enjeu comme celui-là laissera les gens de la métropole relativement indifférents tandis qu'il mobilisera des régions pour qui la perte d'une circonscription est un coup dur de plus. Un politicien répondra naturellement aux pressions les plus fortes.

 

Mais il y a autre chose. On comprend qu'un politicien veuille traiter les régions avec respect. Ce qui est plus difficile à comprendre, c'est que trop peu de politiciens semblent capables de se lever avec la même passion pour la métropole, de se porter à la défense de ses citoyens, de leurs besoins ou de leurs droits démocratiques.

 

Ce n'est pas que du calcul électoral, mais le reflet d'une conception du Québec enracinée dans les réflexes politiques, selon laquelle l'âme québécoise est dans les régions tandis que la métropole est en quelque sorte une excroissance, extérieure, étrangère par sa démographie, ses activités économiques et sa culture. Un sentiment diffus renforcé par le fait que la capitale et l'appareil d'État soient dans une autre ville.

 

En soi, ces tensions ne sont pas uniques. Les gens des régions n'aiment pas leur métropole, les Américains n'aiment pas New York, les Ontariens et les Canadiens anglais se méfient de Toronto, les Français des régions détestent Paris. Mais ailleurs, cette animosité contre les grosses villes n'empêche pas de reconnaître leur rôle essentiel et d'être fiers de leur performance. Pas ici.

 

C'est ici que le maire à un rôle à jouer. Il est vrai que les trois sièges proposés ne sont pas sur l'île, mais dans le «450». Mais justement, c'est une occasion en or pour M. Tremblay d'appuyer les banlieues. Le maire est aussi président de la Communauté métropolitaine de Montréal, et c'est son devoir de défendre les intérêts de la grande région montréalaise. :rolleyes:

 

Et si les pressions semblent fonctionner dans le cas des régions, le message est clair. Si c'est le seul langage qui semble fonctionner, il faut que les leaders montréalais exercent eux aussi toute la pression dont ils sont capables, pour que le pouvoir politique sache qu'il y a un coût à ne pas soutenir sa métropole.

 

 

 

http://www.cyberpresse.ca/article/20080416/CPOPINIONS05/804160658/6742/CPOPINIONS

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