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À Berlin, ce sont les voisins qui devront s’adapter, pas les clubs

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À Berlin, ce sont les voisins qui devront s’adapter, pas les clubs

par Vincent Glad | 3 days ago

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Journaliste basé à Berlin, Vincent Glad nous a envoyé une nouvelle chronique.

 

Après la grande chaîne berlinoise de l’amitié nue entre inconnus, il nous parle aujourd’hui de la difficile cohabitation entre monde de la nuit et riverains dans la capitale allemande.

 

 

Sisyphos, Berlin © Vincent Glad

Les clubs, d’abord. Pour les habitations, on verra ensuite. La mairie de Berlin veut mettre en place une nouvelle règle : avant de construire un immeuble, les promoteurs devront s’assurer qu’aucun club n’est situé à proximité, en consultant une carte des établissements de nuit. S’ils veulent vraiment construire, ce sera à eux de s’adapter, en insonorisant les nouveaux logements.

 

La capitale allemande veut défendre un de ses plus grands patrimoines : sa vie nocturne. “Notre objectif est que Berlin reste palpitant et sauvage“, a déclaré le 2 juin Andreas Geisel, responsable du développement urbain à la mairie de Berlin. Les autorités veulent éviter que de nouveaux clubs soient fermés à cause de ce dangereux fléau que sont les voisins. Les établissements de nuit pourraient devenir une sorte d’espèce naturelle protégée dans la faune berlinoise.

 

Le King Size obligé de fermer

La cohabitation entre le monde de la nuit et les riverains est de plus en plus compliquée. Berlin n’est plus l’immense squat qu’il était à la chute du Mur et le nombre d’espaces vierges dans le centre-ville s’est considérablement réduit ces dix dernières années. De grands noms de la nuit berlinoise subissent régulièrement les foudres du voisinage : le SO36, le Lido, le Yaam ou encore la Kulturbrauerei.

 

Le 23 avril, le King Size, un bar de nuit de la Friedrichstrasse, équivalent berlinois du Baron parisien, a dû fermer ses portes après cinq années de fêtes légendaires, harcelé par les plaintes des voisins. S’attaquer aux clubs, c’est aussi et avant tout s’attaquer au tourisme. Berlin est devenu la troisième ville la plus visitée d’Europe, notamment grâce aux nuées d’EasyJet qui débarquent tous les week-ends pour faire la fête.

 

Dimitri Hegemann, fondateur du séminal Tresor en 1991, devenu un club à touristes, connaît bien le sujet: “Je pense que 60% des visiteurs viennent à Berlin pour la culture alternative — et pas pour faire du shopping dans des centres commerciaux. Des Rolex, vous pouvez aussi en acheter à Dubaï, mais des clubs comme dans notre ville vous n’en trouverez nulle part ailleurs“, déclarait-il récemment au Tagesspiegel.

 

Une carte des clubs berlinois à travers le temps

Pour préserver cette exception culturelle, Musicboard, une initiative de la mairie berlinoise en faveur de la musique, vient de présenter un très officiel “cadastre“ des établissements de nuit de la capitale allemande. Cette carte doit permettre aux autorités de n’autoriser des permis de construire que si ceux-ci n’empiètent pas sur le monde de la nuit.

 

Le cadastre, accessible en ligne, est un formidable document pour qui s’intéresse à la scène berlinoise. Mais attention, prévient Katja Lucker, directrice générale de Musicboard, cette carte “n’est pas faite pour donner des bons plans aux touristes“.

 

carte

Carte tirée du site http://www.clubkataster.de

Sous réserve de ne pas faire le touriste, donc, il est aussi possible de remonter dans le temps et de voir la géographie des clubs telle qu’elle était il y a cinq ans ou à la chute du Mur — même si de nombreux clubs illégaux des années 90 ne sont pas encore répertoriés.

 

Le cadastre de 2015 montre une grande concentration des lieux de fête à l’Est, dans les quartiers de Kreuzberg et de Friedrichshain, le long de la Spree, des espaces encore “sauvages” où les voisins se font rares. C’est là que sont installés la majorité des clubs techno : le Berghain, par exemple, est planté au milieu d’une anonyme zone industrielle, à côté d’un magasin d’usine Metro.

 

L’Ouest a complètement disparu de la carte

D’après les chiffres fournis par le cadastre, le quartier qui a connu la plus grosse saignée est Mitte. Le quartier, aujourd’hui largement embourgeoisé, était en ruines à la chute du Mur. Ce sont dans ses espaces abandonnés que s’est développée la scène techno dans les années 90.

 

Aujourd’hui, Mitte compte 93 clubs fermés pour seulement 32 encore ouverts. À l’inverse, on dénombre 26 établissements ouverts à Kreuzberg, contre 23 fermés. L’Ouest a complètement disparu de la carte, à l’image du quartier de Schöneberg (où vivait David Bowie) qui n’a plus de 4 clubs, pour 18 fermés.

 

 

Kater Blau © Vincent Glad

À Berlin, les clubs ferment mais rouvrent souvent ailleurs. Le mythique Bar 25 a fermé en 2010, avant de réapparaître sur l’autre rive de la Spree sous le nom de Kater Holzig (lui-même fermé en 2014). Aujourd’hui, le Kater Blau, héritage des deux clubs précédents, a repris l’emplacement de l’ancien Bar 25.

 

La surprenante fermeture du Stattbad

Cette initiative de la mairie — qui ne reste pour l’instant qu’une belle déclaration d’intention — intervient dans un climat morose. La scène berlinoise a la gueule de bois depuis que le Stattbad, un des meilleurs clubs techno de la ville, situé dans une ancienne piscine, a soudainement fermé mi-mai.

 

Et cette fois-ci, ce ne sont pas les voisins qui sont à blâmer. Suite à une dénonciation anonyme, la mairie d’arrondissement a découvert que l’établissement (pourtant mondialement connu) faisait office de club, ce qui n’était pas prévu dans le permis de construire. De gros problèmes de sécurité anti-incendie ont par ailleurs été constatés. Le Stattbad a annoncé avoir besoin de plus d’un an de travaux pour s’adapter, mais l’établissement pourrait ne jamais avoir le droit de rouvrir. Une fermeture qui laisse des doutes quant aux réelles intentions des autorités berlinoises.

 

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    • By amos404
      Voila mes premières photos de nuit avec mon nouvelle appareil photo! j'ai choisis les raffinerie de Montréal par grand froid ça donne un air dramatique!







    • By Cataclaw
      Est-ce que le métro devrait être en service la nuit ou est-ce que ça serait une dépense inutile?
    • By Atze
      Montréal Art déco
       
      Jean-Christophe Laurence
      La Presse
      Publié le 20 mai 2009 à 07h44 | Mis à jour le 20 mai 2009 à 07h52
       

      Le cinéma Snowdon, boulevard Décarie.
      Photo fournie par Art Déco Montréal
       
      Bien peu de gens le savent, mais Montréal compte parmi les plus importantes villes d'architecture Art déco de la planète. Le problème, c'est que ce patrimoine bâti est trop souvent négligé, quand il n'est pas carrément démoli, comme ce fut le cas l'an dernier du mythique Ben's Delicatessen.
       
      C'est un peu, beaucoup dans l'espoir de sensibiliser nos élus à cette richesse mal exploitée, que Sandra et Colin Cohen-Rose, fondateurs de l'organisme Art déco Montréal, ont décidé d'accueillir le 10e Congrès international d'Art déco le week-end prochain, avec des visiteurs venus d'aussi loin que la Nouvelle-Zélande.
       
       
      «Les gens ne réalisent pas l'importance de cet héritage, souligne Sandra Cohen-Rose, auteure du livre Northern Deco: Art Deco Architecture in Montreal. Au delà de sa valeur historique, c'est une richesse qui pourrait rapporter beaucoup d'argent au plan touristique. À New York, le bâtiment le plus populaire est encore le Chrysler Building. Ça en dit beaucoup sur l'attrait de ce style.»
       
      Selon Mme Rose, d'autres villes dans le monde exploitent déjà avec succès leur patrimoine Art déco. C'est le cas de South Beach en Floride, de Napier en Nouvelle-Zélande et de Saint-Quentin en France, qui l'ont mis au centre de leurs programmes touristiques.
       
      Avec des lieux aussi connus que le cabaret du Lion d'or, la Casa d'Italia, le Cinéma Empress, le théâtre Le Château, l'église Saint-Esprit, l'Université de Montréal ou le mythique 9e étage de chez Eaton, Montréal a tout ce qu'il faut pour jouer dans les mêmes ligues, croient M. et Mme Cohen-Rose. Mais encore faut-il que le politique s'en soucie, ajoutent-ils.
       
      Si certains de ces édifices sont aujourd'hui protégés (Eaton's, le Château), la plupart ne bénéficient d'aucun statut, ce qui les rend encore vulnérables. Le cas de Ben's, détruit il y a peu, est encore frais dans les mémoires. Mais on pourrait aussi mentionner le théâtre York, le théâtre Snowdon, l'ancien Woolworth. l'ancien Kresge ou l'hôtel Laurentien, que Sandra et Colin ont vu disparaître, en tout ou en partie, pendant le dernier quart de siècle.
       
       
      Un Art déco typiquement canadien?
       
      Consacré à Paris en 1925, l'Art déco (pour Art décoratif) a connu son heure de gloire jusqu'au milieu des années 50.
       
      Fait intéressant, Montréal a adopté très tôt ce style architectural en vogue, parce que plusieurs architectes allaient étudier en France.
       
      C'est le cas d'Ernest Cormier, à qui l'on doit certains des plus prestigieux édifices du genre, à commencer par le pavillon central de l'Université de Montréal, son grand oeuvre, dont la construction dura plus de 12 ans.
       
      Autre fait intéressant: l'Art déco canadien avait aussi sa propre couleur, ou plutôt son absence de couleur!
       
      Moins flamboyants qu'en Floride et moins mégalo qu'à New York, les constructions montréalaises se caractérisent généralement par leurs dimensions modestes (l'édifice Aldred, sommet du genre, ne fait que 24 étages) et leur côté «pierreux» un peu gris.
       
      Ironiquement, ce sont nos églises qui ont été les plus excentriques. Les créations du moine français Dom Bellot, surnommé le «poète de la brique» sont, à ce chapitre, très impressionnantes, notamment l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac avec ses mosaïques de briques colorées.
       
      «L'architecture Art déco reflète le contexte social et économique d'une certaine période, souligne Sandra Cohen-Rose. Les églises voyaient gros et cherchaient à se moderniser. On remarque aussi des bas-reliefs très éloquents sur les édifices publics, qui représentent souvent l'époque ou un certain folklore propre à l'histoire du Québec.»
       
      C'est pourquoi il est vital de préserver ces bâtiments, conclut-elle.
       
      «Ils sont attirants pour les visiteurs, mais aussi importants pour les générations futures qui voudront comprendre d'où l'on vient...»
       
       
      En savoir plus
       
      Dixième Congrès international d'Art déco, du 24 au 30 mai. Informations sur le programme:
       
      http://artdecomontreal.com/fr/
       
       

      La maison Cormier, avenue des Pins.
      Photo fournie par Art Déco Montréal
       
       
      Montréal Art déco
      10 adresses
       
      1. Pavillon principal de l'Université de Montréal.
       
      2. Oratoire Saint-Joseph.
       
      3. Théâtre Snowdon.
       
      4. Cinéma Empress.
       
      5. Neuvième étage de chez Eaton
       
      6. Pavillon central du Jardin botanique
       
      7. Cabaret le Lion d'or (rue Ontario, angle Papineau)
       
      8. Théâtre Le Château (angle Saint-Denis et Bélanger)
       
      9. Casa d'Italia (angle Berri et Jean-Talon)
       
      10. Église Saint-Esprit (angle Rosemont et 8e Avenue)
    • By rosey12387
      Collège Marianopolis: feu vert à une version réduite du projet
       
      Martin Croteau
      La Presse
       
       
      Site du promoteur: http://www.msurlamontagne.com/
    • By Maximus
      J'ai cherché tant bien que mal et je n'ai pas trouvé de discussion donc j'en ouvre une nouvelle pour les phases 3 et subséquentes, entamées en 2008 et qui devraient durées encore un bon nombres d'années.
       
      Site internet:
      http://www.boisfranc.com/fr/