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http://www.journaldemontreal.com/2015/01/30/les-horreurs-de-montreal

 

 

Les horreurs de Montréal

Le Journal a dressé la liste des 9 endroits les plus laids en ville

 

Sarah Bélisle

SARAH BÉLISLE

Vendredi, 30 janvier 2015 18:17

MISE à JOUR Vendredi, 30 janvier 2015 19:02

 

« Cheaps », « moches », ou carrément dignes de « l’ère communiste », les alentours de l’aéroport, l’îlot Voyageur et l’échangeur Turcot brillent au palmarès des endroits les plus laids de Montréal.

 

L'échangeur Turcot

 

Nul doute que l’enchevêtrement de bretelles d’autoroutes qui constituent l’échangeur Turcot est vital aux transports routiers sur l’île, alors que plus de 300 000 véhicules l’empruntent chaque jour. N’empêche que la structure de béton qui tombe en ruines ne gagnera pas de concours de beauté.

 

L’îlot Voyageur

 

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, CAROLINE D’ASTOUS

 

L’îlot Voyageur est une véritable «verrue» qui défigure le centre-ville de Montréal. Vestige du fiasco financier et immobilier qui a secoué l’UQAM, la construction résidentielle qui devait surplomber la rue Berri a été laissée en plan en 2007. Depuis, les Montréalais attendent le parachèvement de la construction de ce squelette de béton, ce qui devrait être chose faite d’ici quelques années.

 

Autour de l'aéroport

 

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, PIERRE-PAUL POULIN

 

«C’est cheap (...) Ça fait comme les pays de l’Est sous le communisme»

– Professeure Anne-Marie Broudehoux

«Ce n’est pas normal que la première impression qu’on ait en débarquant de l’avion soit celle d’une zone de guerre», lance le professeur de marketing à l’UQAM, André Richelieu, à propos des abords de l’aéroport de Montréal. «Ce n’est pas acceptable. L’image que ça laisse, ce n’est pas tolérable», déplore-t-il. Sa collègue, Anne-Marie Broudehoux, professeure de l’UQAM spécialiste en images de la ville et marketing urbain partage cet avis. Alors que le chemin reliant l’aéroport au centre-ville est la toute première chose que les touristes voient en arrivant à Montréal, «c’est toutes des arrières cours de hangars [...] Ça fait cheap. Ça ne donne pas beaucoup de prestance quand tu arrives dans une grande ville. Ça fait comme les pays de l’Est sous le communisme. C’est moche.»

Notre-Dame Est (entre le centre-ville et l'Autoroute 25)

 

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, PIERRE-PAUL POULIN

 

La rue Notre-Dame Est «à moitié abandonnée»

 

n’est pas un des endroits les plus reluisants de Montréal, selon la professeure Anne-Marie Broudehoux de l’UQAM, spécialiste en images de la ville et marketing urbain, partage cet avis. «C’est vraiment moche!», s’exclame-t-elle. Mais c’est aussi l’un de ces lieux plutôt laids qui mériteraient le plus qu’on s’attèle à renverser la vapeur, selon elle.

 

François Racine, professeur au département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM, classe cette portion de rue dans sa liste des «lieux marqués par la présence d'infrastructures véhiculaires lourdes et dépourvus de toutes qualités urbaines». Il s’agit là d’«espaces discontinus et disloqués très peu attrayants pour les piétons et même pour les automobilistes, voire insécurisants», note le professeur.

 

Les viaducs en particulier

 

PHOTO AGENCE QMI, PASCAL GIRARD

 

Tout particulièrement, les viaducs font partie d’une série d’«espaces inquiétants et sinistres pour les piétons et les cyclistes», note François Racine, professeur au département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM.

La faute revient aux chemins de fer qui, en plus de scinder des quartiers en deux, obligent les résidents à emprunter des viaducs pas du tout accueillants, mal éclairés et peu sécuritaires, ajoute sa collègue, la professeure Anne-Marie Broudehoux de l’UQAM, spécialiste en images de la ville et marketing urbain.

 

Sous les autoroutes

 

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, BEN PELOSSE

 

Les dessous des autoroutes de Montréal n’ont rien de bien rassurant. Sinitres et épeurants, il suffirait d’un rien pour en faire des endroits captivants et surprenants. «Le moche c’est souvent des endroits (comme sous les autoroutes) tellement potentiellement intéressants, mais qui sont négligés», explique Dinu Bumbaru, directeur des politiques chez Héritage Montréal. D’autres villes que Montréal «ne peuvent pas se permettre des plaies béantes en plein dans leur ville» ainsi et y ont installé une foule de choses, allant jusqu’à en faire une marque de commerce, relate M. Bumbaru qui propose notamment d’installer de la végétation sous les voies rapides de Montréal.

 

Raffineries de l’est

 

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, CHANTAL POIRIER

 

Les grandes raffineries de l’Est de l’île d’où s’échappent des filets de fumée ne sont pas en reste. Leurs immenses structures métaliques tout droit issues du monde industriel ne sont pas particulièrement douces aux yeux de bien des gens.

 

Les routes et infrastructures routières «pour l’ensemble de l’oeuvre»

 

PHOTO AGENCE QMI, JOËL LEMAY

Il ne fait nul doute dans l’esprit de plusieurs que les routes et infrastructures de la métropole ont grand besoin d’être retapées. Et le mot est faible, selon le professeur titulaire en marketing de l’UQAM, André Richelieu. «Pour une ville du standing de Montréal, ça prend des infrastructures dignes de ce nom. L’état des routes est pitoyable. C’est inacceptable», lance celui qui raconte avoir l’impression de conduire un jeep dans une course à obstacles lorsqu’il circule à Montréal.

Sainte-Catherine Ouest

 

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, SARAH BÉLISLE

 

«Si on veut être dans les ligues majeures, on doit avoir un centre-ville digne de ce nom»

– Professeur André Richelieu

La rue Sainte-Catherine est l’artère de Montréal qui constitue LA vitrine de la ville auprès des touristes. Or, tout un pan de la Sainte-Catherine Ouest jusqu’à l’ancien Forum «fait pitié», regrette le professeur en marketing de l’UQAM, André Richelieu.

«L’ouest tout simplement abandonné. Ça fait vraiment pitié, alors que c’est une localisation de premier ordre. Il y a beaucoup trop d’édifices abandonnés, délabrés. Je ne me l’explique pas», laisse tomber le professeur. «Si l’on veut être dans les ligues majeures, on doit avoir un centre-ville digne de ce nom. La Sainte-Catherine n’est pas à la hauteur.»

 

Quoi faire pour embellir la ville?

 

Faire au moins attention à son apparence

 

Qu’on considère que certains endroits plus laids que d’autres, «ce n’est pas un problème de beauté en fait. On peut discuter longtemps d’esthétisme, de goûts. C’est une question d’avoir l’air de faire l’entretien de la Ville, de faire attention à son apparence, de souci de présentation», insiste la professeure Anne-Marie Broudehoux.

Pour l’heure, plusieurs lieux montréalais «donnent l’image d’une société mal organisée, un peu toute croche».

 

Elle ne suggère pas pour autant qu’on ait recours à des architectes de renom ou encore qu’on injecte des millions de dollars. Nul besoin de porter des vêtements hors de prix pour donner l’impression de faire attention à sa personne et bien se présenter en public, plaide la professeure.

 

Place aux arts urbains

 

Montréal regorge de talents et il ne tient qu’à elle de les utiliser pour embellir ses rues, fait valoir la professeure Anne-Marie Broudehoux.

 

Des arbres à la tonne

 

Il ne suffirait que de planter des arbres et de verdir certains coins de Montréal pour les rendre bien plus jolis, plaide la professeure Anne-Marie Broudehoux.

 

Réparer (enfin) les routes

 

Impossible de passer à côté, il faut régler une fois pour toutes la question des routes en mauvais état de la métropole, est d’avis le professeur André Richelieu. D’autant plus qu’«on se soucie tellement de l’image de marque de Montréal à l’international (alors qu’on laisse les rues dans un tel état)», fait-il valoir.

 

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