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PERSPECTIVES

Seul avec son pétrole

13 novembre 2014 |Gérard Bérubé | Actualités économiques

Le gouvernement fédéral est rattrapé par son obsession pétrolière. Il doit aujourd’hui composer avec une chute importante des cours et un accord sino-américain sur le climat l’isolant dans son aveuglement bitumineux.

 

La mise à jour économique faite mercredi par le ministre des Finances Joe Oliver ramène à l’avant-scène ce déséquilibre fiscal avec des provinces qui, comme c’est le cas au Québec, peinent à dénicher les revenus salvateurs. Elle réveille également cette blessure, issue du « mal hollandais », ayant longtemps imposé aux provinces manufacturières le lourd tribut au développement des sables bitumineux dans l’Ouest.

 

Pourtant, ils étaient nombreux et incessants ces appels dirigés au gouvernement Harper l’exhortant à tenir compte des « risques bitumineux » dans ses choix politiques. L’industrie pétrolière et gazière étant de nature spéculative et les cours, hautement volatils, le gouvernement fédéral a été plus d’une fois convié à bien mesurer l’ampleur des distorsions et la précarité d’une ruée des cours de l’or noir pouvant rapidement se transformer en bulle pétrolière. Au sommet d’avant la récession à 147,50 $US le baril, la coûteuse exploitation des sables bitumineux était financièrement rentable. À 95 $US, soit le cours d’équilibre retenu dans les divers scénarios, l’exploitation du pétrole de l’Ouest pouvait se poursuivre, mais au prix d’un contrôle rigoureux des coûts. Le cours de référence se situe désormais à 77 $US, son plus bas en trois ans.

 

Il faut le rappeler. Nous sommes passés d’une pénurie appréhendée à un choc de l’offre en l’espace de six ans. Si la prophétie du « peak » hantait le marché pétrolier en 2007, les grandes agences ont annoncé que la grande révolution énergétique devient celle du schiste. Avec, aux premières loges, les États-Unis se hissant au premier rang des producteurs mondiaux. Les hydrocarbures non conventionnels ont littéralement changé la donne.

 

Illusion bitumineuse

 

Dans sa mise à jour économique, le ministre fédéral des Finances nous confirme donc que le gouvernement fédéral est revenu à l’ère des surplus budgétaires. Mais quant aux externalités de l’illusion bitumineuse…

 

On le sait, le redressement des finances publiques fédérales s’est fait largement sur le dos des provinces. Réforme de l’assurance-emploi et de la Sécurité de la vieillesse, plafonnement des transferts en santé et en péréquation, et incursion dans le programme de formation de la main-d’oeuvre ont été autant d’initiatives ayant contribué au retour du déséquilibre fiscal. On oublie toutefois que s’ajoute ce clivage Est-Ouest, manufacturiers contre pétrolières, sans autre compensation, adoucisseur ou mécanisme de redistribution de la rente pétrolière, grossi par la fièvre fédérale des sables bitumineux.

 

Le syndrome hollandais a été bien présent. Ce lien entre la flambée des cours pétroliers, la hausse du dollar canadien et le déclin du secteur manufacturier fut démontré dans nombre d’études. Selon l’opposition néodémocrate, près de 500 000 emplois manufacturiers, concentrés essentiellement dans les provinces de l’Ontario et du Québec, auraient été sacrifiés sur l’autel du boom pétrolier dans l’Ouest ayant poussé le dollar canadien à sa parité avec le dollar américain.

 

Or cela, c’est du passé. Aujourd’hui, le gouvernement Harper est invité à sortir de son engouement pétrolier aveugle. La manne n’est plus ce qu’elle était, les revenus du fédéral étant désormais amputés par la chute des cours pétroliers. Il n’a également plus l’excuse de l’inaction des autres grands pollueurs de la planète. Les engagements de la Chine et des États-Unis à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre imposent un nouveau leadership mondial dans la lutte contre le réchauffement climatique. Certes, cet accord est surtout politique et les cibles retenues se veulent minimalistes. Mais s’y greffent les engagements récents de l’Europe. Les projecteurs sont désormais braqués sur des pays qui, comme le Canada — qualifié de plus grand émetteur de GES par habitant parmi les pays industrialisés —, ratent systématiquement leur cible.

 

Le gouvernement fédéral peut toutefois se consoler. Le Conference Board a prédit que l’intensification de l’activité économique américaine et la dépréciation du huard appellent le secteur manufacturier à redevenir le principal moteur de la croissance de l’économie canadienne.

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Je crois que rien de sérieux ne se passera tant que la tendance actuelle ne se sera pas confirmée sur le long terme. C'est sûr que plus que jamais il faudra chercher des débouchés plus près de la ressource elle-même en Alberta, c'est à dire aux USA par le pipeline XL et via la C-B. Mais avec leur propre production domestique qui continuera de croître, les américains auront-ils besoin de ce pétrole à court ou moyen terme? La pression sur la diminution des gaz à effet de serre et la nécessité de réduire notre consommation d'énergie fossile, surtout celle qui sont plus coûteuses à exploiter et plus sales, seront certainement des éléments qui influenceront la direction des cours et le futur des sables bitumineux.

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