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05/11/2014 Mise à jour : 5 novembre 2014 | 22:47

Oui, on manque d’audace…

Par Marc-André Carignan

 

L’animatrice Marie-France Bazzo posait une excellente question la semaine dernière à son émission Bazzo.tv: manque-t-on d’audace à Montréal dans nos projets de revitalisation urbaine?

 

Le «oui» a rapidement fait consensus auprès de ses invités. Pour Daniel Gill, professeur à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal, ce manque d’audace s’explique en partie par le fait que l’administration montréalaise ne semble pas avoir de vision à long terme depuis des années. Pour François Cardinal, chroniqueur à La Presse, on ne valorise pas suffisamment la «culture du beau» et on écrase fréquemment les concepteurs qui essaient de s’exprimer. Pour monsieur Infoman, Jean-René Dufort, on attend trop souvent à la dernière minute pour agir (citant en exemple le pont Champlain), ce qui nuit à la réflexion et la planification de nos projets urbains. Tous d’excellents points.

 

Avoir eu la possibilité de me joindre à la discussion, j’aurais apporté une explication supplémentaire: on ne valorise plus le risque au Québec depuis malheureusement trop longtemps. La peur du changement l’emporte très rapidement sur l’audace. On préfère souvent copier des formules d’ici et d’ailleurs déjà éprouvées au lieu d’avoir confiance en nos propres moyens et en nos propres concepteurs.

 

Pour être audacieux, cela prend du courage. Il faut se donner le droit de rêver, de sortir des sentiers battus. Et surtout, nos élus doivent mettre de côté cette volonté maladive de chercher à tout prix un taux d’approbation populaire de 98% pour chaque projet. Il faut savoir se tenir debout avec une vision cohérente et planifiée, malgré l’opposition de certains groupes. Il faut savoir prendre des risques calculés.

 

L’ancienne mairesse de Strasbourg, qui était récemment de passage à Montréal, en est le parfait exemple. Lorsqu’elle a voulu verdir son centre-ville et implanter des lignes de tramway, une controverse a éclaté. Des membres de son parti politique ont même été agressés physiquement, ce qui ne l’a pas empêchée de se battre contre vents et marées. En 2014, les résidants de Strasbourg n’oseraient jamais imaginer leur ville sans tramway. On planche d’ailleurs sur une septième ligne.

 

Même genre de controverse à Marseille lorsque le directeur de l’agence d’urbanisme du secteur a décidé d’éliminer deux voies de circulation automobile du Vieux-Port pour aménager une grande place publique. Il me confiait récemment qu’on l’avait traité de tous les noms inimaginables, en plus de lui proférer des menaces. Pourtant, deux ans plus tard, le succès de cette revitalisation urbaine est si impressionnant qu’on désire faire disparaître complètement la voiture de cette fenêtre maritime d’ici les prochaines années.

 

Et au diable le mythe qu’il faut avoir de l’argent pour être audacieux. Il faut juste penser autrement. On a dépensé des centaines de millions de dollars pour l’aménagement du Quartier des spectacles: peut-on vraiment dire que nous avons eu de l’audace avec cette réalisation?

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Fort bien, mais je trouve que les motifs évoqués par les participants à l'émission citée font plutôt pitié et sont aussi ternes que le manque d'audace qu'ils décrient (infinitif décrier, pas décrire...)

 

Tout d'abord, qui est "on"? Grammaticalement, c'est l'équivalent de dire que l'audace est rare, globalement, c'est-à-dire que c'est le fait de tous les acteurs potentiels, pas seulement l'administration municipale. Ensuite, il faudra éviter de confondre "audace" et fanfaronnade, car si on trouve (ailleurs seulement parait-il) d'excellents exemples de projets audacieux réussis, il existe par ailleurs une multitude de projets du plus mauvais goût.

 

Le but de mon intervention ici est simplement de (nous) mettre en garde contre la tentation de supporter le n'importe quoi sous prétexte que c'est "audacieux".

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Attention, il ne faut pas tomber dans la généralisation, encore moins dans l'auto-flagellation. On n'arrête pas de dire sur ce forum que tel projet ou tel autre manque d'audace. Demeurons dans ce contexte et évitons de créer un profil erroné de notre société. Je crois que les succès internationaux de nos artistes et créateurs sont la preuve que de ce côté l'audace ne manque pas. C'est plutôt du côté urbain que l'audace fait défaut parce que justement on a peur de rêver, de bouleverser l'ordre établi ou de trop innover.

 

A ce propos je pense aux projets de Bergeron, ancien chef de PM qui a présenté des idées justement audacieuses pour un tramway à Montréal, pour le développement de l'est du pont J-C et bien d'autres projets qui n'ont eu aucune suite. C'est dans ce domaine qu'il faut oser et voir plus grand. Les occasions nous sont fournies, mais on hésite devant les coûts parce que l'austérité est devenue à la mode, avec un pied sur l'accélérateur, tout en gardant l'autre bien au fond sur le frein. Rappelons-nous que les projets structurants sont des investissements et non des dépenses et c'est sur le long terme qu'il faut les regarder.

 

Le SLR est un autre exemple de cette retenue maladive qui nous empêche de bien faire dès le début. Pourtant partout où on a construit de telles infrastructures on a littéralement transformé l'efficacité des transports et entraîné des retombées nombreuses et fort bienvenues. Mais si les autorités ne se contentent que de bien gérer (c'est déjà ça de gagner) on demeurera cependant prisonnier de notre manque de vision, en regardant les autres villes réaliser nos rêves. Je reprends la phrase à mon avis la plus significative du texte du début de ce fil, qui résume parfaitement le sens de mon intervention: Et au diable le mythe qu’il faut avoir de l’argent pour être audacieux. Il faut juste penser autrement.

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On ne valorise plus le risque au Québec depuis 1976, soit depuis le fiasco Olympique. Cela a traumatisé le petit peuple pour probablement au moins un siècle.

 

Il est vrai que le stade olympique (surtout) fut un fiasco, mais ce ne fut pas dû tant au fait que son design était audacieux, que parce sa mise en chantier débuta trop tard et que la surveillance du progrès du chantier fut fortement déficiente. Je ne sais pas quelles balises vous-même et d'autres utilisez pour évaluer le caractère audacieux d'un projet (par exemple design, innovations technologiques, ampleur de l'impact économique, etc) mais pour ma part, le projet le plus audacieux de l'ère moderne au Québec fut le "Projet de la Baie James"; ceci, pas simplement à cause de son ampleur, mais surtout parce qu'il fut lancé en dépit de pronostics fort pessimistes de plusieurs--qui durent se raviser par la suite). Dans le privé, de temps en temps, émergera un projet dont les qualités architecturales lui vaudront le qualificatif d'audacieux; mais son promoteur n'aura eu qu'à convaincre ses bailleurs de fonds et le comité d'urbanisme concerné, s'il y a lieu. Par contre, et ce qui est plus difficile et plus rare, c'est un projet d'envergure, financé par des fonds publics, controversé au départ et célébré par la suite.

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Il faudrait en effet distinguer l'audacieux du spectaculaire. Le quartier international était audacieux : recouvrir une portion d'autoroute, construire le siège de la caisse de dépôt comme un "gratte-ciel horizontal", retisser les liens entre le vieux Montréal et la ville, créer ou améliorer deux places publiques, déplacer la joute de Riopelle, etc.

 

Au final, on oublie tout ce qui a été fait, on trouve ça "normal", parce que rien n'est "à couper le souffle", du genre musée Guggenheim à Bilbao. Et ceux qui radotent toujours les mêmes commentaires sur l'argent trouvent sans doute que ça ne fait pas assez parvenu à leur goût. Mais le projet dans son ensemble était néanmoins audacieux et a d'ailleurs gagné de nombreux prix canadiens et internationaux d'aménagement urbain.

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you can't be audacious when there's no money to be made in Quebec.

 

 

Dear Mark,

 

I wondered how all through these posts of yours, you managed to indiscreetly dampen the reputation of Kweebeck on account of your personal delusions about nationalism and such. You are working for a Montreal, and by extension Kweebeck based company, and the only tune you have learned to whistle in all this time is the one you happily dispense on us now. When you travel on business or pleasure, your ambassadorial skills are wont to disperse the impression that all is well and fine in the ROC, and that Kweebeck is the pits. Your role in Air Canada's roster of employees is unknown to me, but be assured that you are identifying yourself as a naysayer par excellence of all things Kweebeck. There is a definite conflict between the position you hold and the wholesale negative comments you spew, wouldn't you agree?

 

"There's no money to be made in Kweebeck". Think about it. There's no money to be made in Kweebeck.

Edited by Habsfan
No need for insults.
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you can't be audacious when there's no money to be made in Quebec.

 

Justement, tu peux partir faire de l'argent ailleurs car pour les gens comme toi, c'est la seule chose qui compte dans la vie. Quand tu seras sur ton lit de mort, avec ton compte en banque plein de cash, tu pourras dire que tu auras réussi ta vie contrairement à tous ces québécois. Minable.

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